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Full text of "La littérature syriaque"

Bibliothique de /'enseignement de I'histoire ecclesiastique 



ANOENNES 



LITERATURES CHRtfTIENNES 



II 

o 

LA LITTERATURE SYRIAQUE 



Rubens DUVAL 



TROISIEME EDITION 



PARIS 
LIBRAIRIE VICTOR LECOFFRE 

J. GABALDA & Cie 
RUE BONAPARTE, 90 

1907 



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AVANT-PROPOS 

DE LA PREMIERE EDITION 



La litterature syriaque avait sa place marquee 
dans la Bibligtheque de Venseignement de VHis- 
toire eccldsiastique , car elle constitue une des 
principales sources de Phistoire de TEglise orien- 
tale. Le livre qui lui est consacr^, a et6 divise en 
deux parties : dans la premiere, on s'est propose de 
donner une vue d'ensemble des ceuvres litteraires 
qui nous sont parvenues des Syriens; la seconde 
renferme de breves notices sur les auteurs syria- 
ques, classes suivant l'ordre chronologique , d'a- 
pr&s le modele de l'article de W. Wright sur la 
litterature syriaque dans le XXIP volume de YEn- 
cyclopedia britannica*. Les textes edit^s jusqu'a 
ce jour forment une bibliotheque de plus de deux 
cents volumes, dont la majeure partie a paru pen- 
dant ce siecle. Nous croyons avoir mentionne tous 

1. Une Edition a part de cet article a 6te" faite apres la mort 
de Pauteur : A short History of syriac Literature by the late 
William Wright, Londres, 1894. C'est cette Edition que nous 
avons citee dans les notes de ce livre sous le titre de Wright, 
Syr. lit., 2° eU 

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x AVANT-PROPOS. 

ceux qui presentent quelque inter^t litteraire , mais 
nous avons laisse de c6t£ les publications faites 
dans un but pratique, telles que liturgies, rituels et 
breviaires. 

La litterature syriaque n'est reellement entree 
dans le domaine des etudes orientales que depuis le 
XIX siecle, quoique, des le commencement du 
XVIII 6 , Joseph Simon Assemani en ait revele Pim- 
portance en ^crivant sa celebre Bibliotheca orien- 
talis. Gette oeuvre capitale demeura sans rivale; 
elle suffisait aux besoins du temps. Autrefois Fe- 
tude du syriaque , qui avait principalement en vue 
l'exegese biblique, n'etait pas poussee tres loin. 
La version syriaque de PAncien et du Nouveau 
Testament, dite La Peschitto, avait ete editee 
dans les Polyglottes; en 1669, Edmond Gastell 
avait r^dige son Lexicon heptaglotton pour la Po- 
ly glotte de Londres. C'est sur ce fonds, grossi de 
quelques autres publications analogues, que Ton 
vivait; il fournissait la matiere des livres d'ensei- 
gnement : grammaires, chrestomathies et lexiques. 
Quand la Bibliotheca orientalis d'Assemani eut 
paru, on lui emprunta quelques textes, mis a la 
porWe des eleves; le Chronicon syriacum de 
Barhebraeus, edite par Bruus et Kirsch, a Leipzig 
en 1789, procura ensuite quelques nouvelles contri- 
butions aux chrestomathies. 

Si Ton excepte Renaudot qui , dans sa collection 
des liturgies orientales, traduisit les liturgies 



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AVANT-PROPOS. xi 

syriaques , il faut reconnaitre que c'est aux Maro- 
nites et notamment a la famille des Assemani que 
revient Fhonneur d'avoir initio les savants de TEu- 
rope aux richesses litteraires renfermees dans les 
manuscrits syriaques. Ges manuscrits n'etaientpas 
encore tres nombreux dans nos bibliotheques. 
J.-S. Assemani avait dot6 la Bibliotheque du Vati- 
can d'une belle collection, qu'il tira en partie du 
couvent de Notre-Dame des Syriens, situd dans le 
desert de Nitrie (ou Scete) en Egypte ; c'est dans 
cette collection qu'il prit les maWriaux de sa Biblio- 
theca orientalis. Le catalogue des ms. orientaux 
du Vatican, qu'il redigea avec l'aide d'Etienne 
Evade Assemani, permettait a d'autres Orientalistes 
de continuer et d'am&iorer son oeuvre , mais la Bi- 
bliotheque Vaticane etait alors peu accessible aux 
Strangers. Les autres bibliotheques de PEurope, 
moins riches, n'avaient pas encore public leurs 
catalogues, a l'exception de la Laurentienne de 
Florence, dont Evode Assemani avait d^crit les 
ms. orientaux, parmi lesquels figurent quelques 
ms. syriaques. 

De nos jours , les Syrologues sont mieux parta- 
ges ; le fonds syriaque des principales bibliotheques 
s'est largement accru , surtout celui du Mus^e bri- 
tannique qui a acquis Timportante collection du 
touvent de Notre-Dame des Syriens, que J. Asse- 
mani avait seulement entamee. Des catalogues 
descriptifs et analytiques , redig^s par des biblio- 



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xii AVANT-PROPOS. 

thecaires competents, sont maintenant a la disposi- 
tion de tous les travailleurs. D'un autre c6te, les 
relations que les savants de FEurope ont nouees 
avec le monde oriental, permettent d'utiliser les 
tresors litteraires qui sont rest^s en Orient. 

Gr&ce a ces heureuses circonstances, il s'est pro- 
duit pendant notre siecle une renaissance des etu- 
des syriaques qui ont, dans une grande mesure, 
particip6 au nouvel essor imprim6 a Forientalisme 
et a Thistoire ecclesiastique. De r^cents travaux 
ont mis k nu les lacunes et les imperfections du 
grand travail de J. Assemani; neanmoins la Biblw- 
theca orientalis demeure toujours une source abon- 
dante d'informations. La fievre de l'in^dit qui s'est 
empar^e de la jeune generation des Orientalistes 
ne parait pas, heureusement, pres de se calmer. 

Ge livre a 6t6 6crit pour le public savant autant 
que pour les Orientalistes; nous avons done jug6 a 
propos d'adopter, pour la transcription des noms 
propres syriaques, la forme la plus simple et la plus 
repandue , alors m6me quelle ne rendrait pas exac- 
tement la prononciation orientale. Dans ce dessein, 
nous avons neglig6 les signes conventionnels 
dont on marque les lettres syriaques qui n'ont pas 
leur equivalent dans notre alphabet, et nous avons 
supprime toute distinction entre la prononciation 
des Syriens occidentaux et celle des Syriens orien- 
taux, nous en tenant a la premiere que les Maronites 
ont popularise chez nous. Nous 6crivons Barde- 



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AVANT-PROPOS. % «n 

sane, fiphrem, Narses, selon Forthographe vul- 
gaire; Barhebr&us avec la forme latinis6e de ce 
nom ; Ebedjisu selon la prononciation des Maro- 
nites (et non Abdischo ou Audischo, qui reprodui- 
rait mieux la prononciation nestorienne), etc. 

Une carte geographique , jointe au volume, donne 
un aper^u du domaine litteraire des Syriens et ai- 
dera le lecteur a s'orienter dans les diverses con- 
trees qui sont mentionn^es dans Fouvrage. 

Paris, Janvier 1899. 



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AVANT-PROPOS 

DE LA SECONDE EDITION 



La seconde edition de La littirature syriaque 
differe peu de la premiere edition qu'elle suit de si 
pres. Cependant les publications parues en 1898 et 
1899 et que nous n'avions pu encore utiliser, ont 
fourni une contribution importante. D'un autre 
cdte, on a fait les corrections n^cessaires et repard 
les omissions gr&ce aux bienveillantes communica- 
tions de MM. Nestle, Lamy, Franz Gumont, Bed- 
jan, Guidi et Chabot, auxquels nous adressons nos 
vifs remerciements. 

Afin que les acquereurs de la premiere edition 
puissent profiter de ces ameliorations, nous avons 
reuni les nouvelles additions dans un appendice, 
dont un tirage a part est mis a la disposition des 
premiers lecteurs de La littirature syriaque. Get 
appendice est suivi de la liste des corrections faites 
dans le corps du livre. 

Quelques critiques ont exprim6 le regret qu'un 

livre 6crit en vue de Tenseignement eccl^siastique 

6 

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xvi AVANT-PROPOS. 

ne comprit pas un chapitre sur la liturgie si bien 
representee chez les Syriens 1 . Nous avouons notre 
incompetence pour 6crire ce chapitre. De plus, le 
sujet est, semble-t-il, trop vaste pour 6tre ren- 
ferme dans quelques pages, il devrait 6tre traits 
dans un volume special de la Bibliotteque de Ven- 
seignement de VHistoire ecclisiastique 2 . 

Paris, novembre 1899. 

1. M. Tixeront, U University calholique de Lyon, aout 1899, 
p. 633; M. Ghabot, Revue critique, 16 octobre 1899, p. 298. 

2. Les personnes que le sujet inte>esse pourront consulter : 
Bickell, Conspectus rei Syrorum litterariae, Munster, 1871 , VII, 
De liturgiis Syrorum, p. 59 et suiv., et les ouvrages cites dans 
ce livre. — Eberhard Nestle, Syrische Grammatik mit Litteratur, 
Chrestomathie und Glossar, Berlin, 1888, Litteratura, III, Libri 
ecclesiastici (liturgici, Rituales) , 31-34. — P. Bedjan, Breviarium 
chaldaicum (en syriaque), I-III, Paris, 1886-1887. — Liturgia 
S. Aposlolorum Addaei et Maris, cui accedunt duae aliae in 
quibusdam festis et feriis dicendae, necnon Ordo baptismi (en sy- 
riaque), Ourmia, Mission de PArchev^que de Canterbury, 1890. — 
Brdviaire d Vusage du clerge" maronite, 2* 6d., Beirouth, 1893 
(en syriaque) — Arthur John Maclean, East Syrian Daily Offices 
translated from the syriac with introduction, notes and indices... 
Londres, 1894. — F. E.Brightmann, Eastern and western liturgies, 
Oxford, 1896, t. I, Eastern liturgies — Ephraem ii Rahmani, Testa- 
mentum Domini Nostri Jesu Chrisli, Mayence, 1899, Disserta- 
tio III, De liturgia Missae, p. 169. 



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AVANT-PROPOS 

DE LA TROISIEME EDITION 



Pendant les quelques annees qui se sont ^coulees 
depuis la seconde edition de ce livre, il a paru de 
nombreuses publications concernant la literature 
syriaque et l'histoire de FEglise orientale, nous 
nous felicitons que le rapide epuisement de la 
seconde edition ait rendu necessaire une troisieme 
edition pour laquelle nous avons tenu compte de 
ces publications : des chapitres ont ete refaits en 
totalite ou en partie ; tous ont subi de notables mo- 
difications. Nous avons d^veloppe YIndex alpha- 
betique qui ne comprenait que le nom des auteurs 
syriaques, en y ajoutant les noms des auteurs etran- 
gers cites ou traduits en syriaque. 

Nous remercions les savants qui nous ont aide par 
les renseignements qu'ils nous ont fournis, et en 
particulier M. Tabbe Chabot qui a relu et annote les 
epreuves. 

Paris, mai 1906. 

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PREMIERE PARTIE 

LA LITTERATURE STRIAQUE ET SES DIFFERENTS 
GENRES 



LITTERATURE SYRIAQUE. 



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LES ORIGINES DE LA LITTERATURE SYRIAQUE. 



La litterature syriaque s'est formee et d^veloppee 
dans la Mesopotamie sous Tinfluence du christia- 
nisme auquel elle doit le caractere religieux qui la 
distingue. Elle est avant tout une literature ec- 
clesiastique, les ceuvres qu'elle nous a laiss^es ayant 
pour auteurs, presque sans exception, des membres du 
clerg6 ou des theologiens. Les docteurs m£mes qui se 
consacrerent a l^tude de la philosophie grecque, 
commeles maitres de l'ficole d'Edesse, au V e siccle, ou 
aux sciences naturelles et mSdicales, comme Sergius de 
Reschaina, au siecle suivant, et les c&ebres medecins 
syriens de Bagdad, au temps des califes Abbasides, 
tous etaient verses dans la tWologie. Les sciences, en 
effet, etaient resumees en Orient dans le mot philoso- 
phie y et la premiere et la plus importante des branches 
de la philosophie, c'etait la connaissance de Dieu et 
des dogmes de la religion. Cette direction des etudes 
tenait k Tesprit religieux des Semites, aussi profon- 
d£ment enracine chez les Syriens que chez les Israe- 
lites et les Arabes. L'activit6 intellectuelle des Juifs 
etait surtout concentree dans Tetude de la Thora, 
c'est-a-dire de la loi religieuse, et Fenseignement se 
donnait chez les Musulmans dans les madrasse de- 



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4 , LES ORIGINES 

pendant des mosquees et dirigees par des oulema 
(docteurs de la loi) : de meme les Chretiens syriens 
allaient etudier dans les ecoles rattachees aux cou- 
vents. 

La Mesopotamie paienne ne compte pas parmi les 
nations douees d'un genie litteraire. On comprend que 
les oeuvres qu'elle aurait produites aient sombre avec 
le paganisme, a Fexception de quelques inscriptions 
conservees par lapierre. Mais, s'il y avait eu une vraie 
culture nationale, la tradition s'en serait conservee ou 
elle aurait laisse son empreintesurFepoquechretienne. 
11 n'en est rien : la litterature syriaque est sortie tout 
entiere du grand mouvement religieux qui se produisit 
I en Orient vers notre ere et qui entraina la Mesopotamie 
\avec une rapidite surprenante. Cette contree ne tarda 
pas a devenir un des principaux centres des luttes re- 
ligieuses et a prendre une place importante dans Fhis- 
toire de FEglise. Elle sera avec Bardesane le dernier 
rempart du gnosticisme, puis les Syriens de Fempire 
perse accueilleront le nestorianisme vaincu en Occident, 
pendant que les Syriens de Fempire romain se decla- 
reront partisans de Fher6sie monophysite et formeront 
la secte Jacobite. 

Nous avons dit que la Mesopotamie avait et6 le ber- 
ceau de la litterature syriaque. Les Syriens etaient, il 
est vrai, repandus sur une vaste etendue de territoire. 
La Syrie proprement dite, ou Syrie cis-euphratique, la 
Mesopotamie, la Babylonie, les provinces orientales r 
telles que FAdiabene, la Garamee, la Susiane, Etaient 
en grande partie habitees par des Arameens qui, apr6s 
Fevangelisation de ces contrees, prirent le titre de Sy- 
riens 1 . Mais la Syrie, apres Foccupation des Seleuci- 

\. Le mot aramien devintdans la litterature juive le synonyme de 
paten quand les Juifs, transports en Babylonie, se trouverent entoures 



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DE LA LITTfiRATURE SYRIAQUE. 5 

des, s'etait promptement hellenisee. L'idiome vulgaire 
etait le syriaque, mais on ecrivait en grec. L'usage du 
grec etait general et se maintint longtemps apres la 
conqu&te romaine A . Le syriaque mesopotamien ne de- 
vint la langue litteraire et ecclesiastique de la Syrie 
qu'apres Tetablissement definitif du schisme monophy- 
site dans cette contree. Auparavant, les offices etaient 
Celebris en grec et les saintes Ventures etaient vrai- 
semblablement expliquees oralement dans le dialecte 
populaire, qui se distinguait sensiblement del'arameen 
parle dans la Mesopotamie et la Babylonie 2 . 

Les origines de la litterature syriaque sont etroite- 
ment liees a F evangelisation de la Mesopotamie qui, 
suivant une tradition constante, debuta a fidesse. 

L'heureuse influence du christianisme ne tarda pas 
a se faire sentir en Mesopotamie. Des relations suivies 
s'etablirent entreEdesse et TEglise de Jerusalem d'a- 
bord, et TEglise d'Antioche ensuite ; elles cr^erent un 
mouvement intellectuel qui fit d'fidesse un grand 
centre des etudes religieuses et scientifiques, et de l'a- 
ram£en mesopotamien la langue litteraire, qu'adop- 
teront un jour tous les Syriens, depuis les bords de la 
Mediterran^e jusqu'a TAdiabene, et depuis le Taurus 
jusqu'au golfe Persique. 

Cette langue litteraire apparait definitivement cons- 

de populations aram^ennes adonn6es au culte des astres. Les Aram^ens 
Chretiens accepterent le mot grec -Zv^oi pour se distinguer des Ara- 
me'ens demeure"s pai'ens. 

1. BARHEBiEcs, Chron. syr., 6d. Bruns, Leipzig, 1789, p. 420, 6d.BEDjAN, 
Paris, 1890, p. 445, nous apprend que le grec resta la langue litteraire 
jusqu'au VIIl e siecle de notreere, notammenta Damas oule calife Wa- 
lid Finterdit pour la redaction des actes officiels et y substitual'arabe. 

2.- Sur ces d liferents dialectes voir Bariiebr^eus, CEuv. gramm., 6d. 
Martin, II, p. 5, et Histoire des dynasties, ed. Pocock, Oxford, 1663, p. 16 ; 
£d. Salhajki, Beyrouth, 1890, p. 18. Le syriaque occideDtal, tres corrompu, 
est encore parl6 aujourd'hui dans deux villages des environs de 
Damas. 



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6 LES ORIGINES DE LA LITTERATURE SYRIAQUE. 

tituee dans les anciennes versions syriaques de TAii- 
cien et du Nouveau Testament ; elle se maintint intacte 
pendant le cours des siecles et elle demeura la langue 
savante lorsque, apres la conquSte musulmane, l'arabe 
fut devenu la langue vulgaire des Syriens. 

On a cru pouvoir remonter plus haut : on a rattache 
les origines de la litterature syriaque a la civilisation 
chald£enne, mais sur cette question on n'a formule que 
de vagues hypotheses. 



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11 



CARACTERES GENERAUX DE LA L1TTERATURE SYRIAQUE. 
LA POESIE. 



§ 1. — Caract&res de la litterature syriaque. 

La litterature syriaque n'est pas la creation geniale 
d'une nation qui se developpe progressivement et pos- 
sede une tradition suivie. Nous l'avons dit, rien ne re- 
lie cette litterature a un passe indigene. Elle germa 
comme un rejeton de la litterature sacree de la Pales- 
tine sur lequel se grefferent les rameaux de la culture 
grecque. Aussi bien, les monuments qu'elle nous a lais- 
ses n'ont pas le caractere original des oeuvres des 
grands ecrivains qui refletent le g6nie propre de leur 
peuple. 

L'int6r6t de cette litterature est surtout historique. 
Les chroniques renferment des documents de premier 
ordre pour Thistoire de TAsie anterieure sous les Ro- 
mains, les Perses, les Arabes, les Mongols et les 
Turcs. Mais ce sont les historiens ecclesiastiques qui 
revendiqueront la plus grande part de cette litterature. 
La Syrie ne resta indifferente a aucune des luttes qui 
troublerent le monde chretien : les heresies et les 
schismes y trouv&rent un terrain fertile, facile k ex- 
ploiter, et jusqu'au VH e siecle, les dissensions, les po- 



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8 CARACTERES 

lemiques et les controverses religieuses agiterent les 
esprits des Syriens dans Fempire romain et dans Fem- 
pire perse. 

Par leur anciennete, les versions bibliques se recom- 
mandent a Fexegete* La Peschitto apporte un contr61e 
utile a la critique du texte h^breu, comme FHexaplaire 
syriaque a celle des Septante. Les versions du Nou- 
veau Testament, y compris FHeracleenne, sont con- 
sultees avec fruit, ainsi que les commentaires que lers 
Peres de FEglise syrienne ont faits des saintes Ecri- 
tures. 

La litterature apocryphe de la Judee eut son echo en 
Syrie, ou Fimagination s'exer^a sur les Patriarches 
bibliques, sur la vie de Notre-Seigneur, sur la Vierge 
et les Ap6tres. II s'y forma des legendes qui furent ac- 
ceptees en Occident m£me. 

L'hagiographie occupe dans la litterature syriaque 
une place aussi grande que dans les autres litteratures 
chretiennes. Les Actes des martyrs rediges par les 
Syriens occidentaux different, par leur caractere, de 
ceux qui ont ete ecrits par les Syriens orientaux. Ces 
derniers renferment des donnees historiques et geo- 
graphiques qui servent a eclairer des points obscurs 
de Fhistoire des temps anciens. 

Nous ne nous appesantirons pas sur ces sujets qui 
trouveront leurs developpements dans le cours de ce 
livre, mais nous ferons ressortir ici la valeur des tra- 
ductions des livres grecs, qui forment une des bran- 
ches importantes de la litterature syriaque. 

La Mesopotamie pai'enne etait restee fermee aux let- 
tres grecques. La necessite de connaitre les ceuvres 
des Peres de FEglise grecque et de FEglise helleni- 
sante d'Antioche se fit sentir dans la Mesopotamie 
chretienne des le commencement du V e stecle. A cette 



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DE LA LITTfiRATURE SYRIAQUE. 9 

epoquo, l'enseignement du grec faisait partie du pro- 
gramme de la celebre 6cole d'Edesse, qui publie suc- 
cessivement des traductions des commentaires de 
Theodore de Mopsueste, des traites de saint Cyrille 
d'Alexandrie, de la logique d'Aristote et d'autres livres 
de VOrganon. De la, Fetude du grec se repand dans 
toute la Mesopotamie et se continue pendant les siecles 
suivants. Sous les Abbasides, apparait a Bagdad une 
renaissance scientifique creee paries illustres medecins 
que les califes entretiennent a leur cour. Des ecoles 
dirigees par des maitres en renom revisent et r^editent 
les anciennes traductions d'Aristote et de Galien, et 
publient en syriaque les oeuvres de Dioscoride et de Paul 
d'Egine. Ce sont encore les Grecs qui initient les Sy- 
riens a la connaissance de la grammaire et de la lexicon 
graphic La langue syriaque porte la marque visible de 
cette culture. Apres avoir. et4 les disciples de&XJree&j 
les Syriens deviendront les maitres des Arabes et leur 
transfnettro m V feyfl vye s grecs . n n'est guereile version 
ar abe dHiue ^euvre grecque qui he suppose un interme- 
dtS^syrlaqu^. 1*ar un curieux retour des choses, la 
philoso^fite~grecque reviendra d'Orient en Europe par 
les livres arabes qui firent autorite chez nous au moyen 
age. 

Nous devons encore aux Syriens orientaux des ver- 
sions syriaques de livres pehlwis : le livre de Kalila 
et Dimna, le Roman a" Alexandre le Grand, et pro- 
bablement le livre de Sindbdn ou des Sept sages. 

Ces traductions nous ont conserve un certain nom- 
bre d'oeuvres dont les originaux sont perdus, soit en 
totality, soit en partie. Certaines versions d'ecrits 
grecs valent par leur age un bon manuscrit et meritent 
d'etre consultees pour une edition critique. 



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10 LA POESIE SYRIAQUE, 



§ 2. — La pogsie. 



Si Ton veut toucher du doigt la note personnelle de 
Pesprit litteraire des Syriens, c'est dans leur poesie 
qu'il faut la chercher. On ne s'attendra pas a trouver 
dans leurs productions poetiques les hautes envolees 
du lyrisme, ni le charme naif et captivant de l'^popee 
heroique, mais le caract^re particulier de cette poesie 
en fait un evenement litteraire qui vaut la peine qu'on 
s'y arr^te et qu'on suive son histoire dans le cours des 
siecles ' . 

La poesie syriaque, purement ecclesiastique, est nee 
et s'est d6veloppee dans le clerge pour lequel elle fut 
1' instrument le plus apte k repandre dans le peuple 
l'instruction religieuse et a donner aux offices du culte 
toute la solennite qu'ils comportent. Ici encore nulle 
trace d'une tradition qui relie la poesie chretienne aux 
chants populaires des temps pai'ens. C'est du cdte de 
l'ancienne poesie hebraique qu'on pourrait chercher 
quelques analogies : les vers syriaques groupes deux 
par deux forment une phrase metrique, un edifice 
(\LJ>), comme disent les Syriens, repondant assez bien 
au parallelisme des versets hebreux. II ne fait pas de 
doute, d'autre part, que l'usage des strophes acrosti- 
ches, qui suivent Tordre alphab§tique, se soitintroduit 
dans la poesie syriaque par imitation de certains 
Psaumes et des Lamentations de Jeremie qui presen- 
tent cet arrangement strophique 2 . 

1. Ge que nous disons plus loin de la poesie syriaque a fait l'objet 
d'une lecture a rAssembtee de la Society asiatique du mois de juin 1897, 
et a et6 imprim6 dans le Journal asiatique, n° de juillet-aout 1897. 

2. Les homelies metriques de Narses (v* s.) presentent de nombreux 
exemples de rSponse, c'est-a-dire de la reprise, au commencement 
d'une strophe, d'un mot ou d'une pens6e de la strophe prec6dente. Ce 



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LA POESIE SYRIAQUE. 11 

Cependant le principe fondamental de la mcHrique 
syriaque, le nombre determine des syllabes du vers, 
n'existe pas en hebreu. Ce serait fairefausse route que 
d'en chercher l'origine dans l'ancienne po£sie grecque 
et latine. Les Syriens ne distinguaient pas dans les 
vers les voyelles longues des breves, et rien ne trahit 
chez eux la connaissance de la poesie occidentale a 
1'aurore de leur epoque litteraire. La langue syriaque, 
emoussee par Pusure, ne maintient que tr&s rarement 
la voyelle breve dans une syllabe ouverte ; par suite, 
les mots se decomposent en syllabes bien tranchees qui 
ont la m6me valeur prosodique. II etait done naturel 
qu'une phrase rythmee comprit un nombre determine 
de syllabes. C'est le phenomene qui s'est produit ega- 
lement pour le vers frangais, dans lequel il n'est pas 
tenu compte de la duree d'emission des voyelles. 

On serait plutdt tente d'admettre une certaine pa- 
rente entre l'hymnologie syriaque et Thymnologie 
byzantine, mais les nombreuses controverses que cette 
question a suscitees n'ont pas abouti a une solution de- 
finitive et nous croyons devoir les passer sous silence. 
/ C'est au cetebre Bardesane d'Edesse, qui vivait a la 
fin du IP siecle de notre ere, que revient, dit-on, Thon- 
neur de la creation de la poesie syriaque. Dans une de 
ses hymnes contre les her£tiques\ saint Ephrem dit 
de Bardesane : 

II crea les hymnes et y associa des airs musicaux. 
11 composa des cantiques et y introduisit les metres. 
En mesureseten poids, il divisa les mots 2 . 

phenomene poetique a 6t6 signale" pour The'breu par M. D. H. Miiller 
dans les livres des Prophetes, les Psaumes et diverses poesies bibli- 
ques. II y a encore la une analogie frappaDte entre la poesie he"bra'ique 
et la poesie syriaque. 

1. S. Ephrsemi syri opera syriace et latine, ed. Steph. Evod. Asse- 
MANI, Rome, 17371743, II, p. 554. 

2. C'est-a-dire il divisa les vers en mesures rythmics et accentue'es. 



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12 LA POESIE SYRIAQUE. 

II oflrit aux gens sains le poison amer dissimule" par la douceur. 
Les malades n'eurent point le choix d'un remede salutaire. 
II voulut imiter David et se parer de sa beaute\ 
Ambitionnant les memes 61oges, il composa comme lui 
Cent cinquante cantiques. 

Selon saint Ephrem, Bardesane avait ecrit ces hym- 
nes pour graver dans l'esprit du peuple ses enseigne- 
ments religieux. Son invention eut, parait-il, un grand 
succes, et son fils Harmonius, rapportent les ecrivains 
ecclesiastiques, excella tellement dans cetart qu'il sur- 
passa meme son pere. Malheureusement, il nenous est 
rien reste de ces poesies, si Ton excepte quelques vers 
de Bardesane cites par saint Ephrem. Les ecrits des 
gnostiques ont definitivement peri avec les theories 
qu'ils exposaient. 

Mais, si l'ceuvre disparut, le moule qui l'avait facon- 
nee subsista. Un siecle et demi plus tard, saint Ephrem 
empruntait a Bardesane son armure poetique pour 
combattre les doctrines erronees, et c'est sous la forme 
d'hymnes et d'homelies metriques que Tillustre Pere 
de l'Eglise syrienne refuta les heretiques et popularisa 
les doctrines orthodoxes. 

La fecondite litteraire de saint Ephrem tient du pro- 
dige. Ses nombreuses ceuvres poetiques ont ete reli- 
gieusement conservees et sont aujourd'hui publiees. II 
est vrai que Tauteur, si Ton pouvait evoquer son t^- 
moignage, en renierait un certain nombre. On a mis 
sous Tautorite de son nom des compositions de son 
ecole, notamment d'Isaac le Docteur, et meme de nes- 
toriens, tels que Narses. 

Ephrem fut dans cet art le grand maitre que les 
ecrivains de l'epoque classique imiterent et rarement 
depasserent. On lui a reproche son manque de chaleur 
et sa prolixite. Le genre didactique et parenetique se 



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LA P0ES1E SYRIAQUE. 13 

pr6te peu au lyrisme. II ne faut pas non plus perdre de 
vue le caractere special de Thymne sacree, qui etait 
chantee par deux choeurs pendant les offices ; or, dans 
ce genre de poesies, la phrase est subordonnee au 
chant qui lui donne son relief. 

Quant a la prolixity de saint Ephrem, que nous trou- 
vons parfois fastidieuse, on ne peut la condamner sans 
tenir compte du gout des Syriens qui aimaient les re- 
petitions et les developpements de la m&me pens^e, et 
voyaient des qualites la ou nous trouvons des defauts. 
Ces defauts, nous les rencontrons les m£mes non seu- 
lement chez les poetes les plus estimes, Isaac d'An- 
tioche, Narses, Jacques de Saroug, mais aussi chez les 
prosateurs de la meilleure epoque, Aphraate et Phi- 
loxene de Mabboug. 

La po£sie syriaque se divise en deux groupes princi- - 
paux : les homelies m^triques et les hymnes. 

Les homilies ou discours poetiques (|S^u^e> tf*+£>) ap- / 
partiennent au genre narratif et epique ; elles suivent ^ 
une marche reguliere et se composent de vers du meme 
metre. Saint Ephrem fit usage, dans ses homelies, du 
vers de sept syllabes qui, le plus souvent, se divise en 
deux mesures rythmiques de trois et quatre syllabes. 
Apres lui, d'autres metres furent aussi employes pour 
ce genre poetique. MarBalai composa des homelies en 
vers de cinq syllabes, comprenant deux mesures de 
deux et trois syllabes. Narses, dit-on, preferait le me- 
tre de six syllabes ; mais cette assertion ne s'est pas 
veriftee jusqu'a ce jour ; on ne connait de cet auteur que 
des poesies en vers de sept syllabes et en vers de douze 
syllabes. C'est egalement le vers de douze syllabes, 
divise en trois mesures de quatre syllabes chaeune* 
qu'employa Jacques de Saroug dans ses nombreuses 
homelies. 



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14 LA POESIE SYRIAQUE. 

Les homelies etaient le plus souvent ecrites en vue 
des f&tes de l'Eglise et des commemoraisons des saints 
et des martyrs, pendant les offices desquels elles 
etaient recitees. Parfois aussi elles etaient destinees a 
l'edification des fideles et servaient de lectures pieuses. 
Dans ce cas elles pouvaient avoir l'£tendue d'un long 
poeme. Nous possedons d'Isaac d'Antioche une home- 
lie sur la penitence de 1928 vers et une autre de 2136 
vers sur un perroquet qui chantait a Antioche l'hymne 
du Trisagion. Jacques de Saroug est 1'auteur d'une ho- 
melie de 1400 vers sur le char qui apparut a Ezechiel, 
d'une autre de 730 vers sur les legendes d'Alexandre le 
Grand. Si le poeme etait trop long pour 6tre lu d'une 
seule haleine, on le divisait en plusieurs homelies. 
Ainsi le poeme sur Joseph fils de Jacob, attribue a 
saint £phrem, comprend douze homelies ou chants. 

Les hymnes forment le second groupe de la poesie 
syriaque. Je retiens le mot hymne qui est consacre par 
l'usage. Mais les Syriens ne connaissaient pas ce 
terme ; ils appelaient ces poesies des instructions (tfv>*>). 
C'etait, en effet, nous Favons rappele, par des hymnes 
que Bardesane repandait dans le peuple ses doctrines, 
et saint Ephrem suivit son exemple consacre* par le 
succes. Si Bardesane composa cent cinquante hymnes, 
les oeuvres de saint fiphrem comprennent plus du 
double de ces poesies. Les unes sont dirigees contre 
les heretiques et les sceptiques ; d'autres sont pare- 
netiques ; d'autres encore etaient destinees aux f&tes 
de l'Eglise et des saints et etaient chantees a la suite 
des homelies. 

« Lorsque saint Ephrem, rapporte son biographe, 
vit le gout des habitants d'Edesse pour les chants, il 
institualacontre-partie des jeux et des danses des jeunes 
gens. 11 etablit des qhceurs de religieuses auxquelles il 



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LA POfiSlE SYRIAQUE. 15 

fit apprendre des hymnes divisees en strophes avec des 
refrains. II mit dans ces hymnes des pensees d61icates 
et des instructions spirituelles sur la Nativity, sur le 
bapt£me,le jeune et les actes du Christ, sur la Passion, 
la Resurrection et V Ascension, ainsi que sur les con- 
fesseurs, la penitence et les defunts. Les vierges se 
reunissaient le dimanche, aux grandes tetes et aux 
commemoraisons des martyrs : et lui, comme un pere, 
se tenait au milieu d'elles, les accompagnant de la 
harpe. II les divisa en choeurs pour les chants alter- 
nants et leur enseigna les differents airs musicaux ; de 
sorte que toute la ville se reunit autour de lui et que les 
adversaires furent converts de honte et disparurent. » 

Une legende, recueillie par l'historien Socrate (VI, 8) 
et suivie par Salomon de Bassora (Le livre de I'abeille, 
130, trad. 115) et par BarhebraBus (Chron. eccl., I, 41), 
attribue Institution de l'antiphone, en Syrie, a saint 
Ignace d'Antioche, qui en aurait regu Tinspiration 
dans une vision. Les anges lui etaient apparus cele- 
brant les louanges de la Trinite dans des hymnes 
qu'ils chantaient alternativement * . 

A la difference des homelies, les hymnes repre W 
sentent le genre lyrique ; elles renfermaient toutes les 
varietes dont ce genre est susceptible, depuis le vers 
de quatre syllabes jusqu'a celui de dix syllabes, et 
comprenaient un nombre variable de strophes de diffe- 
rente longueur. Les strophes les plus longues etaient 
chantees par le premier choeur; les strophes les plus 
courtes formaient le refrain et la partie du second choeur. 

Le refrain se composait d'une doxologie ou d'une 
priere ; il revenait sans changement apres chaque stro- 

i. L'institution des choeurs en Babylonie et dans la Mgsopotamie orien- 
tate est due a Sime"on bar Sabbae", mort en 341, suivant Barhebileus, 
Chron, eccl., II, 33. 



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16 LA POESIE SYRIAQUE. 

phe principale, ou il variait dans ses expressions. II 
etait chante sup le m£me air que les autres strophes de 
Thymne. 

Les airs musicaux etaient indiqu6s par desrubriques. 
Ces rubriques donnaient les premiers mots de l'hymne 
dont le chant connu servait de modele ; par exemple, 
la rubrique Sur Vair de « Ce jour » indiquait le chant 
de l'hymne sur la Nativite de Notre- Seigneur, qui com- 
mengait par Ce jour. C'est d'une maniere analogue 
que les airs sont notes dans nos recueils de cantiques 
ou de chansons populaires. 

Les airs variaient suivant les diverses especes d'hym- 
nes, dont les strophes etaient formees de metres pa- 
reils, ou de metres d'inegale longueur. M. Lamy, qui a 
consacre une etude aux poesies de saint Ephrem, a re- 
connu soixante-quinze varietesd'hymnes chez cet au- 
teur K . 

Saint Ephrem nous alaisse un certain nombre d'hym- 
nes acrostiches dans lesquelles les strophes sont dispo- 
sees suivant l'ordre alphabetique, a l'instar de plusieurs 
poesies h^brai'ques de la Bible. Avant lui, Aphraate 
avait deja fait usage de ce proc^de de nume>otage; 
chacune de ses homelies en prose commence par une 
lettre de l'alphabet, qui en determine la place. Des 
acrostiches de mots sont plus rares. Saint Ephrem a 
signe quelques-unes de ses compositions au moyen 
de Tacrostiche forme des lettres de son nom. 

Une variete de l'hymne etait le cantique, sougtthd 
(iEj^co), qui contient une priere ou les louanges de la 
Divinity ou d'un saint. On possede des cantiques de 
Narses ecrits en strophes acrostiches et rattaches a 
des homelies, a la suite desquelles ils etaient chantes 

4. S. Ephraem syri Hymni et Sermones, t. IV, p. 486-494, Malines, 
4902. 



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LA POfiSIE SYRIAQUE. 17 

par les choeurs pendant les f£tes religieuses*. Le ca- 
ractere distinctif de ces cantiques est la forme dialo- 
gue. Apres une courte introduction dont Petendue 
varie de cinq a dix strophes de quatre vers de sept 
syllabes, commence un dialogue entre deux person- 
nages ou groupes de personnes ; ainsi, dans le cantique 
de la Nativite, le dialogue a lieu entre la sainte Vierge 
et les rois Mages ; dans le cantique de TAnnonciation, 
entre l'archange Gabriel et la Vierge Marie. A chaque 
personnage est attribute, a tour de r61e, une strophe ; 
les strophes sont rangees par ordre alphabetique , 
chaque lettre de r alphabet a deux strophes, ce qui 
donne pour la partie dialoguee quarante-quatre stro- 
phes, les lettres de Talphabet syriaque etant au nom- 
bre de vingt-deux. 

Ces cantiques sont des petits drames d'une vive 
allure et empreints d'une certaine gr&ce ; ils rappel- 
lentles drames religieux du moyen &ge dans lesquels 
les principaux actes de Notre-Seigneur et de la Vierge 
etaient mis en scene. Les Syriens semblent avoir fort 
goute ce genre. Les cantiques sur la Nativite, sur 
PAnnonciation et sur l'Epiphanie, bien qu'ecrits par 
un nestorien, ont ete admis dans le breviaire maronite 
pour Toffice de ces f£tes, mais debaptises et places 
sous l'autorite de saint Ephrem 2 . 

Telle est, esquissee a grands traits, la poesie syria- 
que de Tepoque ou florissait la litterature, du IV e au 
VIII e siecle de notre ere. 



4. Sachau, Ueber die Poesie in der Volksprache der Nestorianer, dans 
Jes Rapports de l'Academie de Berlin, 1896, p. 495-208; Feldmann, Sy- 
rische Wechsellieder von Narses, Leipzig, 4896; Mingana, Narsai Bo- 
miliae et carmina, Mossoul, 4905. 

2. M. Mingana, I. c, t. I, p. 24, croit que ces cantiques ne sont pas 
de Narses quoiqu'ils se trouvent dans le breviaire nestorien a la suite 
des homelies de Narses. 



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18 LA POESIE SYRIAQUE. 

I La decadence commence un siecle apres la conquete 

j arabe, lorsque le syriaque, cessant d'etre parle, n'est 

i plus que la langue litteraire. 11 ne semble pas, autant 

que nous pouvons en juger dans Fetat actuel de nos 

connaissances, que la poesie arabe ait exerce de Fin- 

fluence sur la poesie syriaque avant le IX e siecle 4 . 

C'est vers cette epoque que nous constatons l'usage 
de la rime introduite dans la poesie syriaque par imi- 
tation de la poesie arabe 2 , et cet usage ne tarda pas a 
se gen^raliser 3 . Les anciens Syriens ne connaissaient 
pas Tart de separer les vers par la rime. On a releve, 
il est vrai, quelques traces de rimes dans les poesies de 
saint Ephrem et d'autres poetes de la bonne epoque, 
mais ce sont simplement des assonances qui plaisent 
aux Orientaux ; ces assonances n'ont pas le caractere de 
la rime qui marque par une cadence la coupe des vers 4 . 
Comme ddmsla kasida arabe, la rime est quelquefois 
la m6me pour tous les vers d'une poesie 5 . Mais, dans 

1. Le Liber thesauri de arte poetica du P. Cardaiii, Rome, 1875, 
renferme des poesies rimees attributes a des auteurs anterieurs a 
cette Epoque, mais ces attributions sont erron£es. La poesie de la page 
124, dont l'acrostiche est forme par la rime, commune a tous les vers 
de la strophe, n'est certainement pas de J6suyab d'Adiabene. Les dales 
indiquees dans ce recueil, a la fin de chaque morceau, pourlamort des 
auteurs, sont fausses en grand e partie. II n'est pas possible d'accepter 
la date de 500 pour Jean bar Khaldoun, p. 78; de 600 pour Baouth, 
p. 76; de 793 pour Israel d'Alkosch, p. 96; de 790 pour Adam d'Akra, 
p. 102. Bar Khaldoun vivait auX e siecle, cf. ViedumoineRabban Youssef 
Bousnaya dans la Revue de VOrient Chretien, 1897 et 1898. 

2. Antoine le Rheteur composa, vers 820, des po6sies rimees, voirun 
specimen dans la Chrestom. syr. de Roediger, 2 e ed., Halle, 1868, p. 110, 
111; voir aussi dans le Liber thesauri les poesies : de Saliba al-Man- 
souri, dont leP. Cardahi place a tort la mort en 900, p. 57; d'Elias d'An- 
bar, vers 922, p. 72; d'Ebedj^su bar Schahhare\ vers 963, p. 136. 

3. Lespo6sies non rimees sont rares a partir de cette epoque; on en 
trouve une de Timoth6e de Karkar (f 1169), qui ne differe pas des an- 
ciennes homelies, Liber Thesauri, p. 145. 

4. Les objections de M. H. Grimme, Zeit. f. Assyriologie, XVI, p. 276, 
ne nous paraissent pas probantes. 

5. D6ja au dixieme siecle, chez Elias d'Anbar, Liber thesauri, p. 72, 
et au siecle suivant, chez Elias bar Schinaya, ibid., p. 83; comp. encore 
dans ce livre pour les siecles posterieurs : Al-Madjidi, p. 160; Ibrahim 



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LA POESIE SYRIAQUE. 19 

la majorite des cas, les vers de la strophe seulement 
riment entre eux. Les Syriens, d'ailleurs, ne se sont 
pas astreints aux regies etroites de la prosodie arabe ; 
ils ont cree un nouvel art qui comporte plusieurs va- 
rietes. Le metre de douze syllabes, par exemple, qui, 
comme nous l'avons dit, se divise en trois mesures de 
quatre syllabes, peut recevoir la rime a la fin de cha- 
que mesure ; parfois les deux premieres mesures auront 
une rime propre ou rimeront chacune avec la mesure 
correspondante dans les autres vers de la strophe. On 
trouve une variete dans laquelle chaque strophe a sa 
rime propre, excepte le dernier vers qui reprend, 
comme un refrain, la rime de la premiere strophe 4 . 
Quand les strophes sont acrostiches, et le cas est fre- 
quent, il arrive que la rime de la strophe est formee 
par la lettre correspondante de l'alphabet 2 . L'art su- 
preme consiste dans un double acrostiche, la lettre al- 
phabetique commengant et terminant le vers 3 . 

On voit que les Syriens de la decadence accumule- 
rent les difficultes de versification et firent de la poSsie 
un jeu de l'esprit ou le talent eut une part bien mi- 
nime. C'est des Syriens de cette periode qu'on peut 
surtout dire qu'ils furent des versificateurs et non des 
poetes. 

Les metres ordinaires des anciennes homelies, le 
metre de sept syllabes et celui de douze syllabes de- 
meurerent en faveur, et peu de nouvelles lignes metri- 



de Seleucie de Syrie, p. 104; Ebedj^su, le patriarche chaldeen, p. 80; 
Gabriel le Chaldeen, p. 120; Asko al-Schabdani, p. 168. Voir aussi le 
Paradis de V&den d'Ebedj6su, publie par le P. Cardahi, Beyrouth, 1889, 
et The life of Rabban Hormizd, par Wallis Budge, Berlin, 1894. 

1. Voir la XlII a hom^lie du Paradis de VEden d'Ebedj^su. 

2. Voir dans le Liber thesauri les poesies imprimees, p. 124, p. 130, 
etc. 

3. Voir, outre le Paradis de Vfiden, la po6sie d'Israel d'Alkosch dans 
le Liber thesauri, p. 96, et celle d'lbn Al-Masihi, ibid., p. 105. 



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20 LA POESIE SYRIAQUE. 

ques furent introduites. L'homelie et l'hymne furent 
confondues. On transporta aux homeliesles proprietes 
des hymnes, a savoir, la coupe reguliere des strophes 
et Tacrostiche. Rarement cependant on fit usage dans 
les strophes de metres differents; on rencontre des 
strophes de vers de sept et huit syllabes et des stro- 
phes d'un vers de quatre syllabes et de trois vers de 
sept syllabes 4 . 

Frappes delarichesse de la langue arabe, les Syriens 
de la basse epoque voulurent prouver que le syriaque 
ne le cedait en rien a Tidiome de leurs rivaux. lis re- 
chercherent les expressions rares ou artificielles qu'ils 
affectaient de considerer comme des archai'smes pro-* 
pres a donner du relief aux images po^tiques. Le lexi- 
que dans lequel Bar Bahloul avait reuni et commente 
les mots de cette nature, fut une mine precieuse pour 
les compositions metriques des derniers siecles. 

Le modele du genre est le Paradis de VEden qu'E- 
bedjesu, metropolitan! de Nisibe, composa en 1290. 
Ebedjesu prit comme modele le celebre auteur arabe 
Hariri qui, dans cinquante Makdmdt ou « Stances », se 
livra aux exercices des jeux de l'esprit les plus surpre- 
nants. Agr^mentee du sel de Tironie orientale, reprodui- 
sant avec un art rare les finesses de la langue vulgaire, 
Toeuvre de Hariri fut fort appreciee non seulement par 
les Arabes, mais aussi par les Juifs et les Syriens. 
Un poete juif de la fin du XII e siecle, Juda Harizi, de 
Tolede, fut si charme par la lecture des Makdmdt, 
qu'il les traduisit en h£breu et ^crivit, pour les imiter, 
le S&pher tahkemoni, ouvrage qui, s'il reste bien au- 
dessous de 1'original, ne manque pas d'une certaine 
saveur litte>aire. 

i. Voir Liber thesauri, p. 76, 126 et OS, Le Paradis de VEden ren- 
ferme d'autres varies. 



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LA POfiSIE SYRIAQUE. 21 

Le Paradis de I'Eden ne se recommande que par 1'ha- 
bilete de l'auteur dans les tours de force de Tesprit. 
Ebedjesu travaillait avec une langue morte et, en pa- 
reil cas, le talent n'est plus que de Tartifice. En outre, 
les cinquante homelies metriques, qu'il ecrivit a Pins- 
tar des cinquante Makdmdt, traitent de sujets religieux 
qui se pr^tent peu aux fantaisieS de Fimagination. Le" 
plaisirde la difficulty vaincue peut remunerer l'auteur 
de ses peines, il ne rachete pas la fatigue qu'eprouve 
le lecteur a suivre le recit. Quelques exemples don- 
neront une idee de ce pastiche. La troisieme homelie se 
compose de lignes metriques de seize syllabes se lisant 
a volonte de droite a gauche ou de gauche a droite, et 
formant un double acrostiche. Dans la quatrieme ho- 
melie tous les mots se terminent par la lettre olaf; les 
strophes doublement acrostiches ont quatre vers de 
sept syllabes. En sens inverse, il n'y a pas un seul olaf 
dans la quinzieme homelie, composee egalement de 
strophes doublement acrostiches de quatre vers de sept 
syllabes; de plus il y a une rime unique en an K . La 
sixieme homelie est ecrite en vers de sept syllabes qui 
deviennent des vers de six syllabes si Ton retranche 
dans chacun d'eux un mot £crit en rouge (une cheville, 
autrement dit),qu'on peut supprimer sans que le sens 
soit modifie ; c'est une poesie acrostiche avec la m6me 
rime pour tous les vers. Dans la vingt-unieme homelie, 
chaque vers contient les vingt-deux lettres de l'al- 
phabet, ni plus ni moins ; ce sont des vers acrostiches 
de douze syllabes. Aux nombreuses varietes prosodi- 
ques que ses devanciers lui avaient 16gu6es, EbedjSsu 
ajouta de nouvelles subtilites, imitees de Hariri 2 . L'au- 

1. Comp. une poesie d'Elias bar Schinaya, Egalement sans olaf et 
avec la rime unique an, dans le Liber thesauri, p. 83. 

2. Nous parlons du Paradis de V&den d'apres i'edition du P. Cardaiu, 



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22 LA POESIE SYRIAQUE. 

teur, pour faciliter la lecture de ce Paradisfjugeoi op- 
portun d'y ajouter un commentaire qu'il ecrivit en 1316. 
Nous terminons cette revue de la poesie decadente 
par la mention dune autre oeuvre aussi bizarre, mais a 
un titre different. C'est un poeme sur Rabban Hormizd, 
J le fondateur du couvent nestorien, d'Alkosch; l'auteur, 
un moine de ce couvent, du nom de Sergis, ne peut guere 
&tre anterieur au XVII e siecle*. Ce poeme, en vers 
de douze syllabes, est un long acrostiche divise en 
vingt-deux chants suivant les vingt-deux lettres de 
l'alphabet syriaque, non compris le prologue et Tepi- 
logue. La rime, qui est la meme pour tous les vers d'un 
chant, est fournie par la lettre alphabetique a laquelle 
le chant correspond. Mais c'est moins la forme poetique 
du livre que la langue dans laquelle il est ecrit qui lui 
donne sa physionomie etrange. L'auteur recherche 
d'une fa$on inouie les mots rares ou inusites, cree des 
neologismes d'une singuliere audace, detourneles locu- 
tions de leur sens naturel, et il en arrive a composer 
de veritables rebus dont on n'aurait la clef qu'en feuil- 
letant les lexiques de Bar Ali et de Bar Bahloul, si un 
commentaire marginal n'epargnait ce travail au lecteur 
en reproduisant les gloses explicatives de ces lexi- 
ques. 

Beyrouth, 4889, qui ne renferme que les vingt-cinq premieres homilies. 
Ass6mani a donne une analyse de cet ouvrage, B. 0., Ill, part. T, 325- 
332. Le P. Cardahi a imprim6 dans son Liber thesauri, p. 54, une 
partie de la treizieme homelie r^pondant a la onzieme Makdma de 
Hariri; on y trouve, p. 36, 1. 13-18, six vers qui ont et6 sautes dans 
Petition du Paradis de Vtlden. Le P. Gismondi a public dix homelies 
avec une traduction latine, EbH-Jesu Sobensis carmina selecta, Bey- 
routh, 1888; dans sa Linguae syriacae grammatica, 2° e"d., Beyrouth, 
1900, p. 159 de la Chrestomathie, il a reproduit la trente-septfeme 
homelie « sur la dissolution de l'univers ». 

1. Georges d'Alkosch qui, selon le P. Cardahi, mourut en 1700, est l'au- 
teur d'un poeme public dans le Liber thesauri, p. 131, et dont la fac- 
ture rappelle beaucoup le genre de Sergis d'Alkosch. Le poeme de 
Sergis a et6 public par M. Budge, The life of Rabban Hormizd, Berlin, 
1894. 



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LA POESIE SYRIAQUE. 23 

Rappelons aussi le petit poeme sur la scienceet la 
vertu, publie par M. Salomon Samuel 1 , que Tauteur a 
surcharge de mots grecs et ({'expressions syriaques 
rares ou artificielles. Cet £crit, accompagn6 d'un com- 
mentaire, appartient aussi a la derniere 6poque de la 
literature. 11 est peu probable qu'il soit sorti de la 
plume de Barhebraeus, auquel l'^diteur est port6 k 
Tattribuer. 

Le p&le eclat que les lettres syriaques jeterent pen- 
dant leur decadence, brilla surtout dans la Mesopotamie 
orientale ou les Syriens les moins eloignes du siege du 
Gouvernement menaient une existence supportable. 
C'est aux Nestoriens que nous devons la plupart des' 
compositions qui nous ont permis de jeter un coup 
d'ceil sur la po6sie syriaque de basse epoque. 

1. Das Gedicht oxu^c^d))! aa(L, Halle, 1893. 



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Ill 

LES ANCIENNES VERSIONS DE l'aNCIEN 
ET DU NOUVEAU TESTAMENT. 

§ 1. — La version de l'Ancien Testament 
dite la Peschitto. 

II ne rentre pas dans notre cadre de parler de l'ecri- 
ture syriaque, et nous laisserons de c6te les anciennes 
monnaies et les inscriptions lapidaires d'fidesse, qui 
offrent un inter^t historique et paleographique, mais 
n'ont qu'un rapport tres eloigne avec la literature 
chretienne. 

Le plus ancien monument de cette literature est 
sans conteste la version de l'Ancien Testament desi- 
gnee sous le nom de Peschitto ()k$jjL»), que la tradition 
fait remonter a Tepoque de l'etablissement du christia- 
nisme dans la Mesopotamia L'abbe Martin a reproduit 
dans son Introduction a la critique textuelle du N. T, 
(I, p. 101} un passage de YHexameron de Moi'se bar 
Kepha (-j- 913), qui est ainsi congu : « II faut savoir qu'il 
existe dans notre langue syrienne deux versions de 
l'Ancien Testament : l'une, appelee la Peschitto, et 
qui est celle que nous lisons, a ete traduite de l'h6- 
breu en syriaque; l'autre, celle des Septante (c'est-a- 
dire l'Hexaplaire syriaque), a ete traduite sur le grec. 

2 



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t>6 LES ANCIENNES VERSIONS 

La Peschitto, qui a ete traduite de Fhebreu, a 6te 
faite au temps d'Abgar, selon ce que dit Mar Jacques 
d'Edesse. Mar Jacques dit, en effet, que l'apdtre Addai 
et le fidele Abgar envoy erent a Jerusalem et en Pales- 
tine des hommes qui traduisirent TAncien Testament 
de l'hebreu en syriaque. La version syriaque des Sep- 
tante a ete faite du grec par Paul, 6v&que de Telia de 
Mauzalat. » Quoique cette tradition derive directement 
de la 16gende d'Abgar, pour ce qui concerne l'origine 
de la Peschitto, elle ne semble pas cependant denuee 
de tout sens historique. II est Evident que cette ver- 
sion, ecrite dans la langue m^sopotamienne , a ete 
faite pour les Chretiens de la M^sopotamie, les Chre- 
tiens hell^nisants de la Syrie proprement dite faisant 
usage des Septante. 

On peut afflrmer qu'il existait une communaut6 
chretienne a Edesse vers Tan 150 de notre ere. La 
premiere mention des communautes chretiennes de 
l'Osrhoene (naQoixlai) se trouve dans Eusebe (Hist. 
eccL 9 V, 23), a propos des discussions qui surgirent a 
la fin du second siecle sur la question pascale. 

Un temoignage de Tanciennete de la Peschitto sem- 
ble fourni par M&iton, ev&que de Sardes vers 170, 
qui, dans une scolie sur la Gsnese, xxu, 13, aurait 
dit au sujet du chevreau substitue a Isaac pour le 
sacrifice : xaxe/6fxsvog twv xsgdriov, o 2vgog xal o K E- 
Bqcuoc, xQs/nd^isvdg (paow. Dans nos textes actuels, le 
syriaque et Fh6breu ne presentent pas de variante et 
ont, comme les Septante, la le<?on « tenu » par les 
cornes, et non pas « suspendu » par les cornes, xqshoL- 
{isvog, comme l'aurait note Meliton. On en a conclu 
que, par les mots d c E6Qcuog et 6 2vQog 9 Meliton n'au- 
rait pas design^ le texte hebreu vequ et la Peschitto, 
mais quelque version grecque faite, d'une part, par 



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D£ L'ANCiEN TESTAMENT. 27 

un juif hellenisant et, d'autrepart, par un Syrien 4 . 
Mais la question se complique (Tun autre probleme. 
Les Hexaples d'Origene et les anciennes oeuvres 
patristiques donnent, sous les rubriques o c E6q<uoq, 
o 2vQog, to SaiiaQsixixdv, des variantes grecques, qui 
tant6t concordent soit avec le texte hebreu, soit avec 
la Peschitto, soit avec le samaritain (texte hebreu 
samaritain, ou version samaritaine), et tantdt s'en 
ecartent. On a emis a ce sujet beaucoup d'hypotheses 
invraisemblables. 

Field, dans Introduction de son edition des Hexa- 
ples d'Origene, supposait que 6 c E6Qcuog indiquait une 
version grecque de certains livres bibliques faite par un 
juif; o 2vgog, une autre version grecque faite en Syrie ; 
enfin to ^ajuaQsiTucdv, une version grecque du Penta- 
teuque hebreu samaritain ou de la version samari- 
taine. « Mais, observe M. I'abb6 Loisy 2 , il est bien 
douteux que toutes ces versions aient existe. Pourquoi 
donner le nom d'hebreu ou de syriaque a des versions 
qui se seraient trouvees absolument dans les m£mes 
conditions que les autres versions grecques ? Les va- 
riantes de YHebreu n'auraient-elles pas 6te emprun- 
t6es a quelque targoum, celles du Syriaque a la Pe- 
schitto, celles du Samaritain aux livres samaritains? 
Ces variantes ne pouvaient &tre donnees qu'en grec, 
mais Origene a pu se les procurer sans avoir la traduc- 
tion complete des documents ou il les a puises. Certai- 
nes citations du Syriaque ne s'accordent pas avec le 
texte traditionnel de la Peschitto ; seulement, comme il 
y en a d'autres qui sont conformes a ce texte, pour 



1. Eichhorn, de Wette, Field, et d 'autres. Renan, dans son Histoire des 
langues simitiques (4« 6d., Paris, 4853, p. 263, note 4), accepte cette these. 

2, Histoire critique du texte et des versions de la Bible dans la revue 
L'enseignement biblique, janvier-f6vrier 1893, p. 33. 



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28 LES ANCIENNES VERSIONS 

^carter l'idee d'un emprunt fait a la version syriaque, 
il faudrait aussi pouvoir dire que la Peschitto n'a pas 
et6 revisee apres le temps d'Origene. » Elle Ta ete en 
r6alit£, nous le verrons plus loin, au commencement 
du IV e siecle, et la nouvelle recension s'est faite en 
conformite avec les Septante. Ce fait suffit a expliquer 
comment la glose citee par Meliton sous le titre o 2v- 
Qog peut ne pas se trouver dans le texte syriaque ac- 
tuel, bien que Meliton ait entendu parler de la Pe- 
schitto * . 

Un autre argument en faveur de Tanciennete de la 
Peschitto de l'Ancien Testament se tire des citations 
bibliques de la Peschitto du Nouveau Testament. Un 
nombre important de ces citations, comme il resulte du 
travail de M. Frederic Berg 2 , concorde avec le texte de 
la Peschitto de FA. T., et s'ecarte a la fois de Fhebreu 
et du grec. En raison du grand nombre de ces cas, il est 
difficile d'expliquer cette concordance par une revision 
harmonistique posterieure ; il est plus admissible que 
la Peschitto de FA. T. a precede la Peschitto du N. T. 
M. Merx 3 a remarqu£, et sa remarque semble fondee, 
que Bardesane, auteur de la fin du II e siecle, connais- 
sait deja la Peschitto de l'A. T. 

Nous rappelons ici, a titre de curiosite, quelques 
legendes qui avaient cours chez les auteurs syriaques 
relativement aux origines de la Peschitto. Jesudad, 
eveque de Haditha, rapporte 4 que TAncien Testament 

1. M.Perles, dans ses MeletemataPeschittoniana,Hres]aiu, 4859, p. 49, 
a, de son c6te\ 6tabli que o 2vqog d6signe dans les Hexaples la ver- 
sion Peschitto. C'est ^galement l'opinion de Wellhausen, Einleitung in 
das alte Testament de Bleek, 4 e 6d., Berlin, 1878, p. 604. 

2. The influence of the Septuagint upon the Peschitta Psalter, New- 
York, 4895, p. 437-450. 

3. Bardesanes von Edessa, Halle, 4863, p. 49. 

4. Voir Assemani, Bibliotheca orientalis, Rome, 4749-4728, III, part. I, 
42 et suiv. 



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DE L'ANCIEN TESTAMENT. 29 

avait ete traduit en syriaque du temps de Salomon, a 
la demande du roi de Tyr, Hiram, a l'exception des 
Chroniques et des Prophetes dont la version fut faite 
seulement sous le roi d'Edesse, Abgar. Selon d'autres A , 
Fauteurdela Peschitto etait le pr£tre Asa, qui avait ete 
envoye pour cet objet a Samarie par le roi d'Assyrie. 
Theodore de Mopsueste 2 , au commencement du V e sie- 
cle, ignorait quel etait Tauteur de cette version. 

Le nom de Peschitto, to^***, litt. « la (version) 
simple », n'est pas tres ancien; il se lit dans des ms. 
du IX e et du X° siecle, mais pas avant. On a donne de 
ce nom plusieurs explications dont nous ne voulons re- 
tenir quune seule, comme £tant la plus vraisemblable. 
Le mot Peschitto a ete forme par imitation du grec t« 
anXtk designant les ms. qui renferment le texte seul des 
Septante, par opposition a xd 6$an)M, titre de la grande 
edition critique d'Origene qui donnait, a c6te de la 
transcription de l'hebreu, les differentes versions grec- 
ques. Par analogie, on aurait nomme Fancienne ver- 
sion syriaque la simple pour la distinguer de YHexa- 
plaire faite sur le texte des Septante dans les Hexaples. 
Ces deux versions sont, en effet, opposes Tune a l'au- 
tre chez les auteurs syriaques, notamment dans le 
passage de Moise bar K6pha que nous avons cite ci- 
dessus. 

Les critiques reconnaissent tous, et c'est peut-&tre le 
seul point dans ces questions delicates sur lequel Tac- 
cord soit unanime, les critiques reconnaissent que plu- 
sieurs auteurs ont collabore a la redaction de la Pe- 
schitto de l'A. T. Les exegetes syriaques semblent 



1. Voir Bahf.br.eus dans la preface de son commentaire intitule" Le 
maty as in des mysteres et dans son Histoire des dynasties, ed. PococK t 
Oxford, 1663, p. 100; 6d. Salhant, Beyrouth, 1890, p. 100. 

2. Dans son commentaire sur Sophonias, i, 6. 



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30 LES ANCIENNES VERSIONS 

avoir eu aussi ce sentiment ; saint Ephrem et Jacques 
d'Edesse, dans leurs commentaires de la Peschitto, 
disent les interpretes, au pluriel, en parlant des auteurs 
de cette version. 

Mais, sur la nationality et la religion de ces traduc- 
teurs, on cesse des'entendre. Hirzel, Kirsch, Gesenius 
les tenaient pour des Chretiens grecs ; d'autres, comme 
Perles et Prager, pour des Juifs ; Dathe, Noeldeke et 
Renan, pour des Judeo-chretiens. Cette derniere opi- 
nion est la plus vraisemblable, si Ton prend dans son 
bon sens le mot de Jud£o-chretiens, c'est-a-dire dans 
le sens de Juifs convertis et non dans celui d'Ebionites. 
Dans la Mesopotamie, en effet, ou lar Peschitto a 6te 
composee, c'est au milieu des communautes juives que 
le christianisme, semble-t-il, commenca a se propager* 
Suivant la Legende d'Abgar, Addai, Papdtre de TOs- 
rhoene, est originaire de Paneas de Palestine ; il des- 
cend a fedesse chez le juif Tobie. A sa parole, les Juifs 
d'Edesse se convertissent avec le meme empressement 
que les pai'ens. II est certain, d'un autre c6te, que 
•J la Peschitto procede de l'hebreu et non des Septante* 
Comme le canon hebreu, la Peschitto primitive 
n'avait pas les livres deuterocanoniques que renfer- 
ment les Septante. L'influence des targoums sur la 
version syriaque a ete constatee, d'une maniere in- 
deniable, par M. Perles \ en particulier pour le Penta- 
teuque, par M. Cornill 2 pour Ez^chiel, et par M. Sieg- 
mund Fraenkel pour les Chroniques 3 . 

Si l'hypothese de traducteurs grecs Chretiens doit 
6tre ecartee, differents passages qui ont un caractere 

4. Meletemata Peschittoniana, Breslau, 1859. 

2. Das Buck des Propheten Ezechiel, Leipzig, 1886, p. 454-155. 

3. Die syrische Uebersetzung zu den Buehern der Chronik, dans 
Jahrb. fur protest. Theologie, 1879. Cf. Barnes, Apparatus criticus to 
Chronicles in the Peschitto, Cambridge, 1897. 



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DE L'ANCIEN TESTAMENT. 31 

chr^tien incontestable semblent bien prouver que les 
auteurs de la Peschitto etaient des Juifs convertis. Dans 
IsaTe, vn, 14, la version syriaque porte : « Voici que 
la Vierge concevra » , et rend par vierge le mot hebreu 
que la tradition juive entend d'une jeune femme. Ce 
changement est d'autant plus frappant que dansd'autres 
endroits,le syriaque conserve lem&me motquel'hebreu. 
On cite encore, a l'appui de cette opinion, d'autres 
versets des Prophetes et des Psaumes. 

Comme les Septante, la Peschitto n'est pas une ceu- J 
vre faite d'un seul jet. Les livres qui la composent ont 
ete traduits a differentes epoques ; on commenca par 
ceux dont le besoin se fit sentir plus tot, tels que le 
Pentateuque, les Prophetes etle Psautier. Les Chroni- < 
ques, Esdras avec Nehemie et Esther ne faisaient pas 
primitivement partie du canon de l'Eglise syriaque. 
Dans les anciens ms., ces livres sont distincts des li- 
vres protocanoniques*. Au IV e siecle, la serie des tra- - 
ductions des livres bibliques etait complete ; elle com- 
prenait m£me des livres apocryphes, comme l'indi- 
quent les citations d'Aphraate et de saint Ephrem. 

Quoique la Peschitto procedede Thebreu et reflete la , / 
tradition targoumique, l'influence des Septante s'y fait 
sentir plus ou moins grande suivant les livres bibli- 
ques. Cette influence est sensible dans le Pentateuque 
et dans Josue 2 , plus sensible encore dans le Psautier z 
et les Prophetes 4 . Pour le Psautier, on ne saurait, 



1. Wright, Syriac literature, 2 e ed., Londres, 1894, p. 4-5. 

2. Perles, Meletemata Peschittoniana, Breslau, 1859; Holzinger, 
Das Buck Josue, Leipzig, 1901, p. xiv. 

3. Fr£d£ric Berg, The influence of the Septuagint upon the Peschitta 
Psalter, New- York, 1895; comparer Oppendeim, Die syr. Uebersetzung des 
fuenften Buches der Psalmen, Leipzig, 1891; Baethgen, Untersuchungen 
uber die Psalmen, Kiel, 1878, et Jahrbucher fur protest. Theologie, VIII, 
405 et suiv., 593 et suiv. 

4. Nestle pour Isaie et les douze petits prophetes; Cornill pour 



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32 LES ANCIENNES VERSIONS 

comme Font demontre MM. Nestle et Bsethgen 4 , 
invoquer dans ce sens les titres des Psaumes. Ces 
titres n'etaient deja plus compris avant notre ere, en 
ce qui concerne les notes musicales qu'ils renferment, 
et les auteurs de la Peschitto les avaient laisses de c6te. 

v'C'est a Theodore de Mopsueste qu'on doit les nou- 
veaux titres du Psautier que Ton trouve dans les ms. 
et les editions syriaques ; du reste, ces titres varient sui- 
vant les ms. 

Les livres qui ont subi le moins cette influence sont : 
Job, qui suit depresle targoum 2 , les Cbroniques, Es- 
dras, N6hemie et Esther, qui furent traduits plus tard. 
On avait aussi compris dans cette categorie les Pro- 
verbes, dont le texte, dans la Peschitto, pr^sente une 
ressemblance frappante avec celui du targoum ; mais 
M. Pinkuss 3 a etabli, en rapprochant un certain nombre 
de passages, les rapports qui existent, egalement pour 
ce livre, entre la Peschitto et les Septante. D'un autre 
c6te, ilnefait plus dedoute aujourd'hui que le targoum 
des Proverbes depend de la Peschitto ; l'opinion qui 
faisait deriver la Peschitto du targoum est complete- 
ment abandonnee. 

\J Comment expliquer l'influence des Septante sur la 
Peschitto? Certains critiques ont fait une double con- 
jecture sans se prononcer dans un sens plutdt que dans 
un autre : ou les auteurs de la Peschitto £taient verses 
a la fois dans la connaissance de Phebreu, de Tara- 
meen et du grec, et se servaient pour leur traduction des 

£z6chiel ; Ryssel pour Mich6e;SEB0EK, Die syriscke Uebersetzung der 
zwdlf kleinen Propheten, Brcslau, 1887. 

1. Nestle, Theol. Liter aturzeit., 1876, col. 283; Baethgen, Zeitschr. 
f. die alttestamentliche Wissenschaft, 1885, p. 66 et suiv. 

2. Comp. Stenij, De syriaca libri lobi interpretatione, Helsingfors, 
1887; Mandl, Die Peschittho zuHiob, Leipzig, 1892. 

3. Die syrische Uebersetzung der Proverbien, dans la Zeitschr. fur 
die alttest. Wissenschaft, t. XIV, 1894, p. 65-141 et 161-222. 



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DE L'ANCIEN TESTAMENT. 33 

targoums et des Septante ; ou une revision die la Pe- 
schitto, basee sur les Septante, a eu lieu posterieure- 
ment. Cette derniere hypothese est seule possible. Les 
Juifs arameens de la Mesopotamie — rappelons que les 
auteurs de la Peschitto etaient des Juifs convertis de 
cette contree — cesjudeo-chr^tiens ignoraient le grec, 
mais eussent-ils et£ capables de lire les Septante, ils 
ne se seraient pas servis de cette version, que les 6co- 
les juives de la Palestine et de la Babylonie conside- 
raient comme une oeuvre mauvaise, portant atteinte au 
caractere sacre du texte hebreu. En fait, les Septante 
n'eurent de credit en Palestine et en Syrie que chez 
les Chretiens. Or, TEglise de FOsrhoene est, dans ses 
premiers temps, judaisante. Au IIP siecle se produit 
wn revirement : Palout, ev£que d'fidesse, veqoit Tim- ^ 
position des mains de S^rapion, ev6que d'Antioche 
vers Tan 200 ; des lors c'est a Antioche, a la metropole 
des chretiens hellenisants de la Syrie, que se rattache 
rfiglise d'Edesse. II est tres admissible qu'apres cette 
epoque Fancienne version syriaque ait ete soumise 
a une revision pour la mettre en harmonie avec 
les Septante dont les Syriens hellenisants faisaient 
usage. 

Cette revision doit 6tre posterieure a Origene et aux v 
premiers Peres de FEglise qui citent des lemons de 
la version syriaque que Ton ne trouve plus dans notre 
texte actuel.Elledevait£tre achevee au commencement 
du IV e siecle, car Aphraate (vers 340) et saint Ephrem ^ 
(f- 373) avaient sous les yeux une version syriaque tres 
proche de celle que les ms. reproduisent. A cette 
epoque la recension de Lucien d' Antioche * £tait re- ~ 
pandue en Syrie, et il y aurait inter£t a rechercher si 

1. Sur cette recension, voir Paul de Lagarde, Librorum Vcteris Te- 
stamenti canonicorum pars prior grace, Goettingue, 1883. 



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y 



34 LES ANCIENNES VERSIONS 

la revision de la Peschitto est demeuree etrangere a 
cette recension 1 . 

Vers la m6me epoque remonte la version syriaque 
des livres deuterocanoniques, dont les citations d'A- 
phraate et de saint Ephrem etablissent l'existence au 
IV e siecle. Ces livres ont ete traduits du grec, a Tex- 
ception de FEcclesiastique qui procede directement de 
l'hebreu 2 . 

L'Ecclesiastique syriaque renferme de nombreuses 
et importantes lacunes, qui sont soit intentionnelles, 
soit occasionnees par le mauvais etat du manuscrit 
dont le traducteur se servait. De fausses lectures ont 
engendre des erreurs de traduction ; la version n'est pas 
toujours litterale, parfois elle abrege ou elle d&veloppe 
et paraphrase. Ces defauts ont ete mis en evidence par 
la publication defragments de l'original hebreu recem- 
ment decouverts 3 . Dans la partie syriaque correspon- 
dant a ces fragments, on croit reconnaitre plusieurs 
mains. « Jusqu'au chapitre xliii, observe M. Israel 
Levi 4 , le traducteur suit avec une certaine attention 
l'original hebreu. Tout d'un coup il s'arr6te, puis vient 
un fragment du chapitre xliii, 1-10, qui est une tra- 
duction faite sur le grec. Au chapitre xliv, commence 

1. M. Driver a remarqug, dans Notes on the Hebrew Text of the Books 
of Samuel, Oxford, 4890, p. lxxii, qu'un certain nombre de passages 
des livres de Samuel concordent dans Lucien et dans la Peschitto et 
s'eloignent £galement des Septante et du texte h6breu. Cf . Stockmayer, 
Zeitschr. fur die alttestam. Wissenschaft, 4892, t. XII, p. 218 ; Meritan, 
La version grecque des livres de Samuel, Paris, 4898. p. 96-413. 

2. Distinct de rEccl£siaslique de l'Hexaplaire, qui a ete traduit du 
grec, voir ci-apres, p. 50. 

3. Les fragments ont ete" retrouv^s en diff6 rentes fois et ont fait Tob- 
jet de plusieurs publications et de nombreux travaux de critique. Nous 
renvoyons pour les details au livre de M. Norbert Peters, Der jungst 
wiederaufgefundene hebraische Text des Buches Ecclesiasticus, Fri- 
bourg en Brisgau, 4902. 

4. VEccUsiastique ou la Sagesse de Jesus, fils de Sira, Paris, 4898, 
p. lii,X c vol., fasc. I de la Bibliotheque des Haute s etudes, section 
des Sciences religieuses. 



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DE L'ANCIEN TESTAMENT. 35 

une version qui n'a plus ce caractere, mais qui se dis- 
tingue par son infidelite Une autre main semble 

avoir revise le tout en mettant d'accord le syriaque 
avec le grec : nombreuses sont les traductions qui s'e- 
cartent de l'hebreu pour se concilier avec le grec... 
Malgre ces defauts de toute nature, le syriaque Tem- 
porte generalement sur le grec, lorsqu'il serre de 
pres le texte et ne se livre a aucune fantaisie* . » 

Au sujet du livre de Tobie, il y a lieu de rappeler 
que la version syriaque que nous possedons est com- 
posee de deux morceaux differents : Tun, i-vn, 11, est 
tire de THexaplaire ; l'autre, vii, 12-xiv, 15, provient 
d'une source que les ms, ne designent pas 2 . 

A la fin du V e siecle, lorsque les Syriens orientaux 
devenus nestoriens se separerent des Syriens occi- 
■dentaux, le texte de la Peschitto £tait d^finitivement 
<5onstitu£, car on ne constate pas de variantes notables 
dans les versions qui avaient cours chez les uns et les 
autres. 

Les travaux critiques sur la Peschitto 3 sont bases 



4. M. Norbert Peters, op. cit., p. 61, § 9, ne considere pas comme demon- 
tree la these de M. Israel Levi admettant plusieurs traducteurs. 

2. Ceriam, Le edizioni... del Vecchio Test., dans les Memoires du 
R. Jstiluto Lombardo, XXI, 2, p. 22; Field, Origenis Hex, fragmenta, 
Oxford, 1875, I, p. lxviii, note 3; Noeldeke, Monatsberichte der Berliner 
Akademie der Wissenschaf ten, 1879, p. 46. 

3. Nous ne pouvons donner ici la longue liste de ces travaux; 
nous avons cit6 plus haut quelques-uns des plus recents, et les 
plus aneiens n'offrent qu'un interet relrospectif. On trouvera cette liste 
dans l'article de M. Nestle, Syrische Uebersetzungen dans la Real-En- 
-cyklopedie fur protest. Theologie und Kirche, 3 e ed. ; ajouter encore : 
Schmidt, Die beiden syrischen Uebersetzungen des I Maccabaeerbuches 
•dans IdiZeitschr.fur die alltestam. Wissenschaf t,\wn ;Techen, Syrisch- 
Hebr. Glossar zu den Psalmen nach der Peschita, ibid., 1897; Schwartz, 
Diesyr. Uebersetzung des ersten B. Samuelis, Berlin, 1897 ; Baumann, 
Die Verwendbarkeit der Peschita zum Buch Ijob, dans la Zeitschr. f. 
fittest. Wissensch., XVIII, 305; XIX, 288; Chajes, Etwas uberdie Peschita 
zu den Proverbien, dans Jewish Quart. Review, XIII, 86; Euringer, Die 
Bedeutung der Peshitto f. die Textkritik des Hohenliedes dans Biblische 
Studien, VI, 117; Lazarus, zur syr. Uebersetzung des Buches der Richter, 



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36 LES ANCIENNES VERSIONS 

sur l'edition de Samuel Lee ou sur l'edition d'Ourmia 
el sur quelques ms. particuliers. 

L'edition Lee, faite en 1823 pour la Societe biblique 
anglaise, en vue des Chretiens du Malabar, est la repro- 
duction dutexte imprimedans la Polyglottede Walton, 
quoique Samuel Lee ait consulte quelques manuscrits. 
Walton, de son c6te, n'avait fait que reimprimer le 
texte publie par Gabriel Sionita dans la Polyglotte de 
Paris ; il y ajouta les livres deut^rocanoniques. 

Le texte dont se servent les Syriens orientaux a ete 
imprime a Ourmia en 1852 par la Mission americaine. 
La Mission catholique en a donne egalement une edi- 
tion a Mossoul en 1887. 

Les editions concordent entre elles, quoique l'ordre 
dans lequel sont classes les livres bibliques soit dif- 
ferent dans les deux recensions, Torientale et Focci- 
dentale. L'edition d'Ourmia a Tavantage de donner 
un texte enti&rement vocalist qui reproduit la pronon- 
ciation orientale. 

Les livres deuterocanoniques ont ete publies sepa- 
rement par Paul de Lagarde 4 , d'apres la Polyglotte 
de Londres et des ms. du MuSee britannique 2 . 

Le manque d'une edition critique de la Peschitto se 
fait vivement sentir, et il est a soubaiter qu'une oeuvre 
aussi utile pour Texegese biblique soit bientdt entre- 

Kirchhain, 1901 ; Holtzmann, Die Peschitta zu der Weisheit, Fribourg 
en Brisgau,1903 ; Kahexetzky, Die Peschitta zuKoheleth,d&nsl3i Zeitschr. 
f. alttest. Wis&ensch., XXIV, 181. 

1. Libri Vet. Test, apocryphi syriace, Leipzig, 1861. 

2. M. Ceriani, qui a tant fait pour la critique des versions syriaques de 
la Bible, a publie une reproduction photolithographique du cod. 
Ambrosianus (un ms. Jacobite du VI 6 siecle) qui contient non seule- 
ment les livres protocanoniques, mais aussi les livres deuterocanoni- 
ques : Translatio syra-pescitto vet. Testamenli , vol. I, 4 e part., Milan, 

1877-1887. 

Le Mus6e britannique possede un ms. £crit a Amid en 464, qui ren- 
ferme le Peutateuque, a l'exception du Levitique;et un autre ms., date* 
de 532, contenant le Livre de Daniel. 



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DU NOUVEAU TESTAMENT. 37 

prised M. Barnes a publie recemment une edition de 
ce genre pourle Psautier 2 . 



§ 2. — Les anciennes versions 
du Nouveau Testament. 

Les Evangiles etaient representes en syriaque par 
trois anciennes versions : 1° VHarmonie composee 
par Tatien sous le titre de Diatessaron et designee 
parfois par le nom ftEvangile des [textes) miles 
\%\~'x> ls oj±^°\ ; 2° h'Evangile des {textes) separes v a^ s$ io{ 
M*a*» ; 3° et la Peschitto du Nouveau Testament. On 
a beaucoup discute* sur la date respective de ces trois 
documents et les rapports qu'ils ont entre eux; on 
n'est pas encore arrive* a une conclusion definitive. 
Nous resumons ici les hypotheses proposees recem- 
ment par M. Burkitt dans son livre intitule : Evange- 
lion da-Mepharreshe 4 * ) Evangile des [textes) separes. 

IS Evangile des [textes) separes est conserve dans 
deux ms., C et S, qu'on croyait autrefois renfermer 
chacun une version differente : C etait la version edi- 
tee par Cureton 4 , et S, la version retrouvee par Mrs. 
Lewis, en 1892, dans un palimpseste du couvent de 
Sainte-Catherine au mont Sinai. M. Burkitt, qui fut 

1. Une liste des Editions de livres particuliers de la Peschitto a 6t6 
donnee par M. Nestle, Syrische Uebersetzungen, dans la Real-Encyklo- 
pedie fur protestantische Theologie und Kirche, 3° 6d.; voir aussi sa 
Syrische Grammatik, 2 e 6d., Berlin, 1888, Litteralura, p. 17 et suiv. 

2. W. E. Barnes, The Peshitta Psalter according to the West Syrian 
Text with an Apparatus criticus, Cambridge, 1904. 

3. F. Crawford Burkitt, Evangelion da-MepharresM. The Cureton ian 
Version of the four Gospels with the readings of the Sinai palimpsest 
and early syriac patristic evidence, edited, collected and arranged^ 
2 vol., Cambridge, 1904. 

4. Cureton, Remains of a very ancient recension of the four Gos- 
pels in syriac, Londres, 1858 ; Wright, Fragments of the Curetonian 
Gospels (for private circulation), Londres, 1872. 

LITTERATURE SYRIAQUE. 3 



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38 LES ANCIENNES VERSIONS 

l'un des editeurs de cette derniere version \ a reconnu 
depuis que ces deux textes n'etaient que des recen- 
sions d'une m6me version. II a te6dite cette version 
avec une traduction anglaise dans le premier volume 
de son Evangelion da-MepharreshS en prenant pour 
base le texte de Cureton (C) et en rejetant en notes les 
variantes de la Sinai'tique (S) avec les passages du 
Diatessaron pris de cdte et d'autre. Le second volume 
de YEvangelion expose les recherches de M. Burkitt 
sur les anciennes versions du Nouveau Testament et 
les r^sultats auxquels il est arrive et qu'il formule ainsi : 

« (1) La Peschitto est une revision de VEvangelion 
da-Mepharreshiy ayant surtout pour but de confor- 
mer davantage la traduction au texte grec lu, a Antio- 
che, au commencement du V e siecle. Elle a 6te preparee 
par Rabboula, evSque d'fidesse (411-435), et elle a ete 
publteepar sonautorit^commesubstitut du Diatessaron. 

« (2) Le Diatessaron est la forme la plus ancienne 
de rfivangile syriaque. II a ete fait primitivement en 
grec, probablement a Rome, par Tatien, le disciple de 
Justin le Martyr, et traduit en syriaque pendant la vie 
de Tatien, vers 170 de notre &re. Comme on pent 1'at- 
tendre d'un document qui est geographiquement d'o- 
rigine occidentale, le texte evangeliaire du Diatessa- 
ron est tres proche parent du codex Bezae (D) et 



1. The Four Gospels in Syriac transcribed from the sinaitic Palim- 
psest by the late Robert L. Bensly, Ren del Harris and Crawford Burkitt 
with an Introduction by Agnes Smith Lewis, Cambridge, 1894; Agnes 
Smith Lewis, Somes pages of the four Gospels retranscribed from the 
sinaitic Palimpsest, Londres, 1896. M. Merx a traduit en allemand le 
texte syriaque, et il a fait suivre sa traduction d'un commentaire criti- 
que qui n'est pas encore acheve : Adalbert Merx, Die vier Kanoni- 
schen Evangelien nach ihrem dltesten bekannten Texte, Uebersetzung 
und Erl&uterung der syrischen im Sinaikloster gefundenen Palim- 
psesthfindschrift; erster Teil : Uebebersetzung, Berlin, 1897; zweiter 
Teil: Erlduterung; erste Rdlfte, Das Evangelium Matthaeus, Berlin, 
1902; zweite Hdlfte, Das Evangelium Markus und Lukas, Berlin, 1905. 



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DU NOUVEAU TESTAMENT. 39 

des differentes formes de Tancienne version latine. 

« (3) UEvangelion da-Mepharresh£ date environ 
de Tan 200 de notre ere. C'etait la premiere ver- 
sion syriaque des quatre Evangiles separes. Le tra- 
ducteur etait familiarise avec le Diatessaron dont il 
adopta souvent la phrasSologie. II est tres probable 
que YEvangelion da-MepharreshS fut prepare sous les 
auspices de S6rapion, Fev6que d'Antioche qui est 
mentionne, dans THistoire ecclesiastique d'Eusebe, 
commeayantsupprimerfivangileapocryphe de Pierre, 
et il y a quelque raison d'identifier le traducteur avec 
Palout, le troisieme ev&que (connu) d'Edesse. 

« (4) Le texte de YEvangelion da-Mepharreshe*, en 
tant que traduction directe du grec, reproduit pour 
nous le texte qui etait en usage a Antioche, a la fin du 
second siecle, un texte d'une grande valeur critique , 4 
tres mSdiocrement represents d£ns les manuscrits 
grecs existants. L'emploi du Diatessaron par le tra- 
ducteur a introduit des legons qui, en reality, appar- 
tiennent aux textes ayant cours dans les pays occi- 
dentaux. S et C, les deux ms. de YEvangelion da- 
MepharreshS, contiennent tous deux des lemons qui 
ont ete conformSes au Diatessaron par les copistes ; 
C reprSsente, en outre, un texte qui a ete en partie 
revise sur des ms. grecs posterieurs. » 

II est difficile d'admettre sans reserve que Palout fut 
Tauteur de YEvangelion da-Mepharresh& qu'il aurait 
traduit a Tinstigation de Serapion sur le texte grec 
en usage a Antioche a la fin du second siecle. Plus 
vraisemblable est Thypothese que la version du Nou- 
veau Testament attribute a Rabboula par le biographe 
de cet ev&que d'Edesse * est la Peschitto du Nouveau 

1. Overbeck, Ephraemi syri opera selecta, Oxford, 1863, p. 220. 

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40 LES ANCIENNES VERSIONS 

Testament, devenue la Vulgate des Syriens. Cetteth^se 
avait d&ja et6 exposee precedemment par M. Burkitt * . 

C et S different entre eux par de notables variantes. 
Tons deux, remarque M. Burkitt, ont subi une re- 
vision d'apres le Diatessaron, mais on ne doit pas con- 
clure que, la ou ils s'ecartent du Diatessaron, ils ont 
conserve le texte primitif. La divergence peut prove- 
vir d'une revision post&rieure faite sur les ms. 
grecs. C'est le cas pour C qui renferme des lemons ou 
interpolations occidentales. Le texte de S est, au con- 
traire, presque toujours le texte de XEvangelion da- 
MepharreshS ou celui du Diatessaron 2 . 

L'original du Diatessaron est aujourd'hui perdu. Le 
commentaire que saint fiphrem en fit s'est conserve dans 
une traduction armenienne que Mcesinger reproduisit 
en latin en 1876. A Taide du travail de Moesinger et 
des citations d'Aphraate et d'Ephrem, M. Zahn tenta 
en 1881 de reconstituer le Diatessaron 3 . La traduction 

1. S. Ephr aim's Quotations from the Gospel collected and arranged 
by F. Crawford Burkitt, Texts and Studies, .VII , n° 2, Cambridge, 19<M. 

2. Nous donnons ici une breve liste des publications relatives aux 
anciennes versions du N. T., parues anterieurement au livre de 
M. Burkitt : Bickell, Conspectus rex Syrorum litterariae, Munster, 1871, 
p. 8; Wildeboer, De Waarde desyr. Evangelien door Cureton ontdekt 
en uitgegeven, Leide, 4880 ; Harnack, Die Ueberlieferung der griechi- 
schen Apologeten, Leipzig, 1882 ; Zahn, Forschungen zur Geschichte des 
neutest. Kanons, I Teil, Leipzig, 1881 ; Geschichte des neul. Kanons, 
I Teil, 1, Leipzig, 1888, p. 405; Evangelien Harmonie dans la Real- 
Encykl., 3 e ed., V, p. 657 ; Baethgen, Evangelien Fragmente. Der griech. 
Text des Cureton, Introd., Leipzig, 1385 ; Hilgenfeld, Zeitschr. f. wis- 
senschaft. Theologie, 1889, p. 119; Woods, Studia biblica,\ll, p. 105, Ox- 
ford, 1891 ; Parisot, Patrologia syriaca (Graffin), t. I, p. xlvi, Paris, 
4894: Harris, dans la Contemporary Review, novembre 1894; Cvrl Holz- 
het, Der neuentdeckte Codex Syrus sinaiticus, Munich, 1896; Albert 
Bonus, Collatio codicis Lewisiani rescripti, Oxford, 1896; Be we r, The 
history of the New Testament canon in the Syrian Church, Chicago, 
1900; Hjelt, Die altsyrische Evangelienubersetzung und Tatians Dia- 
tessaron, Leipzig, 1901 ; Adalbert Merx, Die vier Kanonischen Evan- 
gelien; II Teil, Das Evangelium Matthaeus, p. xvi, Berlin, 1902; W. 
Bauer, Der Aposlolos der Syrer , Giessen, 1903. 

3. Zaun, Forschungen zur Geschichte des neutest. Kanons, I Teil, Ta- 
tians Diatessaron, Leipzig, 1881. 



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DU NOUVEAU TESTAMENT. 41 

arabe du Diatessaron attribute a Aboul-Faradj ibn at- 
Tayib, a ete publiee et traduite en latin par A. Ciasca ' . 
Les passages du Diatessaron cites dans les com- 
mentaires de saint Ephrem ont ete reunis et traduits 
en anglais par Hill et Robinson 2 . Harris et Goussen 
ont publie des extraits qu'ils ont tires des commen- 
taires de Jesudad et d'autres auteurs 3 . 

Le Diatessaron demeura en vigueur chez les Syriens 
jusqu'a Rabboula, eveque d'EdesSe (f 435), qui en in- 
terdit l'usage dans les eglises et les couvents de son 
diocese. Le biographe de cet ev&que nous informe que 
Rabboula ordonna aux pr&tres et aux diacres de veil- 
ler a ce qu'il y eut dans chaque eglise un exemplaire 
des Evangiles separes 4 . A la m£me epoque, Theodo- 
ret, ev&que de Cyr, fit detruire plus de deux cents 
exemplaires du Diatessaron. 

Le texte de la Peschitto du Nouveau Testament 
etait, comme celui de la Peschitto de l'Ancien Testa- 
ment, definitivement constitue a la fin du V e siecle, 
au moment de la scission qui se produisit entre les 
Syriens occidentaux et les Syriens orientaux. On ne 
trouve pas de difference entre les textes re^us dans 
les deux communautes 5 . 

4. Augdstinl's Cusca, Tatiatii Evanrjeliorum Barmoniae arabice, 
Rome, 1888. La traduction arabe ne reproduit pas le texte original, cf. 
E. Sellin, Der Text des von Ciasca herausg. arab. Diatessaron unter- 
sucht dans Forschungen zur Geschichte des neutest. Kanons, IV, 
p. 225; Zahh, Geschichte des neutest. Kanons, II, 2, p. 530. Suivant 
le P. Cheikho {Journ. asiat., sept.-oet., 1897, p. 301), la traduction 
arabe est anterieure au Xl e siecle et par consequent a Ibnat-Tayib, a en 
juger par des fragments trouves en Orient. 

2. Hamly Hill et Armitage Robinson, A dissertation on the Gospel, 
commentaries of S. Ephrem the Syrian, Edimbourg, 1895. 
_ . 3. Harris, Fragments of the commentary of S. Ephrem Syrus upon 
the Diatessaron, Londres, 1895; Goussen, Apocalypsis S. Joh. versio Sa- 
hidica, Leipzig, 1895. Cf. G. Diettricu, Ischodad's Stellung in der Aus- 
legungsgeschichte des A. T..., Giessen, 1902, p. 24. 

4. Overbeck, Ephraemi syri...., opera selecta, Oxford, 1865, p. 220. 

5. Cf. G william, Studia biblica, III, Oxford, 1891. 



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42 LES ANCIENNES VERSIONS pU NOUVEAU TESTAMENT. 

La Peschitto primitive renfermait,' outre les quatre 
fivangiles, les Actes des Apdtres auxquels etaient 
jointes trois des Epitres catholiques : la l re de saint 
Pierre, la l re de saint Jean, et celle de saint Jacques; 
et, en dernier lieu, les Epitres de saint Paul. Elle ne 
comprenait pas la 2 e Epitre de saint Pierre, les 2 e et 
3 e de saint Jean, l'Epitre de saint Jude, ni l'Apocalypse. 
II manquait encore les versets 17 et 18 du ch. xn de 
TEvangile de saint Luc, les versets 1-11 du ch. viii 
de l'Evangile de saint Jean\ et le verset 7 du ch. v 
de la l re Epitre de saint Jean. 

La Peschitto du Nouveau Testament fut imprimee 
a Vienne par Widmanstadt, en 1555, d'apres un ms. 
analogue au Tetraevangelium du Vatican, dat6 de 
548 2 ; puis reimprimee plusieurs fois de 1569 a 1621, 
notamment dans la Polyglotte d'Anvers. En 1627, 
Louis de Dieu £dita a Leide un texte de l'Apocalypse 
qui semble reproduire THeracleenne. En 1630, Po- 
cock publia a Leide les quatre Epitres catholiques 
manquant dans l'ancien canon, d'apr&s un ms. qui 
represente peut-6tre la Philoxenienne. La Peschitto 
ainsi completee fut imprimee dans les Polyglottes de 
Londres et de Paris, puis par Gutbir, Schaaf, Lee, 
et dans les Bibles d'Ourmia et de Mossoul. 

II est inutile d'enumerer ici les anciens ms. de la 
Peschitto, et de rappeler les travaux de Wickelhaus, 
Adler, Jones, Cureton, Gwilliam, etc., bases surces 
manuscrits. MM. Pusey et Gwilliam ont donne une 
edition critique des fivangiles 3 . 

1. Versets surla femme adultere ; cf. Zachariedans Land, Anecdota sy- 
riaca. III, p. 252. 

2. Cf. Albert Bonus, Collatio codicis Lewisiani, Oxford, 1895. 

3. Tetraeuangelium sanctum, simplex Syrorum versio, P. E. Pcsey 
et G. H. Gwilliam, Oxford, 1901. Cf. H. Gressmann, Studien zum syrischen 
Tetraevangelion dans Zeitschr. f. neutest. Wissenchaft, 1905, p. 135. 



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IV 



LA VERSION SYROPALESTINIENNE DE L ANCIEN 
ET DU NOUVEAU TESTAMBNT. 

Une communaute chr&ienne de la Palestine posse- 
dait une litterature eccl£siastique conforme au rite 
melkite et Scrite dans un dialecte tres voisin du judeo- 
arameen qui nous est connu par les Targoums pales- 
tiniens et le Talmud de Jerusalem. Les documents qui 
nous en sont parvenus proviennent d'une version et de 
lectionnaires de l'Ancien et du Nouveau Testament, 
d'homelies, d'hymnes et de vies de saints. Les lection- 
naires et quelques fragments de l'Ancien Testament 
sont assez bien conserves, mais le reste est malheu- 
reusement tres mutile. 

On ne connait ni l'origine de cette communaute\ ni 
l'etendue du territoire qu'elle occupait. Les textes que 
nous possesions ne remontent pas tres haut : les plus 
anciens peuvent etre du VI C ou du VII e siecle ; les plus 
modernes sont du XI e ou descendent encore plus bas. 
Le lectionnaire des quatre Evangiles, date de 1030, a 
et6 £crit par le pretre Elias d'Aboud dans le monastere 
de Moise, a Antioche des Arabes. Les autres ms.^on 
fragments se trouvent dans le couvent de Sainte-Ca- 
therine au mont Sinai ou ont ete apportes d'Egypte ou 
de Damas. 



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44 LA VERSION SYROPALESTINIENNE 

M. Burkitt* a etabli qu'Antioche des Arabes doit 
s'entendre d'Antioche de Syrie, et qu'Aboud etait un 
gros village a moitie chemin entre Jaffa et Cesaree. 11 
en conclut qu'une partie de cette communaute chre- 
tienne etait fix£e, au XI e siecle, a Antioche et sur les 
confins de la Judee et de la Samarie. Des moines ortho- 
doxes, originates de la Palestine, ont habite le cou- 
vent de Sainte-Catherine au Sinai', a en juger par le 
norabre des ms. et fragments syropalestiniens que ce 
couvent renferme. En outre, il y a eu des Chretiens 
de la m&me nationality en Egypte puisqu'un ms. pro- 
venant d'Egypte contient le rite de la benediction an- 
nuelle du Nil. La se bornent nos connaissances ac- 
tuelles sur les dates et les lieux d' habitation de cette 
communaute. 

Voici la liste des ms. et fragments syropalestiniens 
connus jusqu'a ce jour : 

1° Un lectionnaire des quatre Evangiles dans le ms. 
du Vatican, syr. n° 19, date d'aout 1341 des Seleucides 
(1030apres J.-C.) 2 . 

2° Des fragments acquis par Tischendorff et conser- 
ves a Saint-Petersbourg, et des fragments provenant 
du desert de Nitrie et deposes au Musee britannique 3 ; 
ils contiennent des portions du Deuteronome, d'lsaie, 
des Psaumes, des Proverbes, de Job, des quatre Evan- 

i. Dans Christian Palestinian Literature,' Journal of theological 
Studies, II, p. 474-183 ; cf. Actes du XII e Congres des Orientalistes, Rome, 
1899, t. HI, l re partie, p. 419-126. Le travail de M. Burkitt nous a servi 
de guide pour la redaction de ce numero. Nous n'avons pas mentionne 
les anciennes hypotheses qui, apres l'^tude de M. Burkitt, se trouvent 
sans objet. 

2. Son existence fut revClee par le catalogue d'AssEMANi; Adler l'ana- 
lysa dans ses Novi Testamenti versiones syriacae, Copenhague, 4789. 
Edite d'abord par le comte Miniscalchi Emzzo, Evangeliarium Hieroso- 
lymitanum..., 2 vol., Verone, 4861-1864, il fut r66dit6 d'une maniere plus 
critique par P. de Lagarde dans Bibliothecae a Paulo de Lagarde col- 
lectae, Goettingue, 1892, p. 257-404. 

3. Publics par Land, Anecdota syriaca, IV, p. 403-224, Leide, 1875. 



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DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT. 45 

giles, des Actes des Apotres, d'homelies, des Actes de 
saint Philemon et, probablement, des Actes de saint 
Saba. 

3° Deux feuillets d'un ms. du couvent de Sainte-Ca- 
therine; ils contiennent des fragments de l'Epitre aux 
Galates 4 . M me Lewis a ajoute le contenu des deux 
feuillets suivants avecdes fragments de saint Matthieu, 
de saint Jean et d'une homelie sur saint Pierre et saint 
Paul 2 . 

4° Sept fragments palimpsestes, provenant de la 
Gueniza de la synagogue du Caire, actueliement a la 
Bodleienne ; cinq 3 renferment une partie des Nombres 
et des Epitres paulines, et les deux autres 4 ont quel- 
ques versets de l'Exode et de la Sagesse. 

5° Des fragments d homelies copies par M me Bensly 
au couvent de Sainte-Catherine 5 . 

6° D'autres feuillets palimpsestes trouves egalement 
dans la Gueniza de la synagogue du Caire et actuel- 
iement a Cambridge. Ce sont des passages du Penta- 
teuque, des Prophetes et des Epitres paulines; des 
morceaux de theologie et de la vie de saint Antoine 6 . 

7° Des lemons pour le rite de la benediction du Nil, 
que M. G. Margoliouth a extraites d'un ms. du Mu- 
s6e britannique, Or. 4951, renfermant une serie de 

4. Publics par Rendel Harris, Biblical fragments from Mound Sinaij 
Londres, 4890; reimprimes par Schw ally dans Idioticon des christlich 
paldstinischen Aram&isch, Giessen, 4893, p. 131-434. 

2. Agnes Smith Lewis, Catalogue of the syriac mss. ofS. Catherine on 
Mount Sinai; Studia Sinaitica, n° 4, Londres, 4894, p. 9D-402, avec 
quelques corrections aux deux premiers feuillets. 

3. £dit£s par Gwilliam, The Palestinian Version of the Holy Scrip- 
tures, Five more fragments... Anecdota Oxoniensia, Oxford, 4893. 

4. Editcs par Gwilliam et Stennikg, Biblical and patristic relics of 
the Palestinian Syriac Literature... Anecdota Oxoniensia, Oxford, 4896, 
avec des additions et corrections aux cinq premiers fragments. 

K. Publics par Gwilliam et Burkitt dans Anecdota Oxoniensia, Oxford, 
4896, voir la note pr^cedente. 

6. Public* par M me » Lewis et Gibson, Palestinian Syriac texts from 
palimpsest Fragments in the Taylor-Schechter collection, Londres, 4900. 

3. 



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46 LA VERSION SYROPAtESTINIENNE 

services du rite melkite * . Ces legons sont tirees de la 
Genese, des Rois, d'Amos et des Actes des Apotres. 

8° Un lectionnaire, contenant des lemons tirees de la 
Genese, de l'Exode, du Deuteronome, des Psaumes, des 
Proverbes, de Job, des Proph&tes (Jonas tout entier), 
des Actes des Apdtres, des Epltres paulines et de 
l'Epitre de saint Jacques; il a 6ie acquis en £gypte 
en 1895 par M me Lewis 2 . 

9° Deux lectionnaires du Nouveau Testament exis- 
tant au couvent de Sainte-Catherine 3 . 

10° Des fragments, pour la plupart palimpsestes, 
que M. Bruno Violet decouvrit en 1900 dans la Mos- 
quee des Omayades a Damas; ils renferment des pas- 
sages de l'Ancien Testament (Genese, Exode, Nom- 
bres, I Rois, Psaume 16, Ecclesiaste, Ecclesiastique) ; 
du Nouveau Testament (des quatre Evangiles, de l'E- 
pitre II de saint Pierre, des Epltres paulines) ; des Actes 
d'Andre et de Matthias; d'Evangiles apocryphes; de 
la lettre de Lucien sur la decouverte des reliques 
d'fitienne, de Gamaliel, Nicodeme et Abib; des Actes de 
saint Adrien ; et de plusieurs hymnes 4 . 

1. G. Margoliouth, The Liturgy of the Nile... dans le Journal of the 
Royal Asiatic Society, octobre 1896, p. 667-673. L'annee suivatite, M. Mar- 
goliouth a donne" une seconde Edition avec des versets des Psaumes et 
de S. Luc, des facsimiles photographiques, une transcription, une tra- 
duction, une introduction, un vocabulaire et des notes : The Palesti- 
nian Syriac Version of the Holy Scriptures, Four recently discovered 
portions, privately printed by the Society of Biblical Archaeology, 
Londres, 1897. 

2. Agnes Smith Lewis, A Palestinian Syriac Lectionary... dans Stu- 
dia Sinaitica, n° VI, Londres, 4897, avec des notes de M. Nestle et un 
glossaire de M me Gibson. 

3. M me » Lewis et Gibson ont public" ie texte de Tun d'eux et donne les 
variantes du second et du ms. du Vatican, d'apres l'edition deLagarde : 
The Palestinian Syriac Lectionary of the Gospels, re-ediled from two 
Sinai ms. and from P. de Lagarde's edition of the Evangeliarium 
Hierosolymitanum, Londres, 1899. 

4. Publies par M. Schdlthess qui les avait deja utilises pour son 
Lexicon syropalaestinum : Friedricii Schultiiess, christlich-paldsti- 
nische Fragmente aus der Omajjaden-Moschee zu Damaskus, Berlin, 



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DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT. 47 

11° Deux feuillets contenant des fragments d'oeuvres 
patristiques traduites du grec, qui se trouvent a Saint- 
P^tersbourg^ 

Quelques-uns de ces fragments denotent un texte 
continu et prouvent qu'il existait une version complete 
de l'Ancien et du Nouveau Testament dans le dialecte 
palestinien. C'est de cette version qu'ont ete tir^s les 
lectionnaires qu'on croyait autrefois avoir ete traduits 
directement du grec. La version et les lectionnaires pre- 
sentent dans les differents textes d'importantes varian- 
tes. lis ont certainement eu un champ d'extension beau- 
coup plus vaste que ne le suppose M. Burkitt : « Le seul 
endroit, dit-il 2 , ou cette litterature semble avoir ete la 
langue ecclesiastique du peuple, est Aboud, une place 
non eloignee de la frontiere entre la Judee et la Samarie. 
Tout cela rappelle l'6poque de Justinien et d'Heraclius 
et les efforts resolus de ces empereurs pour extirper 
du territoire Chretien le judaisme et d'autres anciennes 
confessions... Sans aucun doute, le succes, dans une 
certaine mesure, servit momentanement le zele perse- 
cuteur des empereurs byzantins, et c'est ainsi que des 
communautes de chretiens parlant arameen furent fon- 
, d^es en Palestine. Les proselytes et leurs descendants 
avaient besoin d'une instruction religieuse dans leur 
propre langue, et la Bible (ou une grande partie de la 
Bible) fut traduite en m&me temps que des homelies 
et d'autres documents ecclesiastiques, dont la plus 
grande partie a peri. » 
M. Burkitt ajoute que cet expose de la question est 

1905. Cf. les fragments publics par Schulthess dans la Zeilschr. der deut. 
morgenl, Gesellschaft, LVi, p. 249. 

4. Publics par P. Koilowzoff, Nouveaux fragments syro-palesliniens, 
Saint-Petersbourg, 1906. 

2. Dans Particle cite plus haut du Journal of theological Studies, 
p. 181-182. 



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48 LA VERSION SYROPALESTINIENNE. 

purement hypothetique : « J'ai surtout voulu, conclut- 
il, faire ressortir qu'il n'y a pas, dans la litterature 
chretienne-palestinienne, de r6els signes d'une haute 
antiquite, ni d'un rapport special avec des formes 
plus anciennes de la chretiente. Nous pouvons fixer 
son existence presque au temps de Justinien, mais une 
date plus ancienne n'est sugge>ee ni par le cours ge- 
neral de rhistoire, ni par le caractere des documents 
qui ont survecu. » 

Nous remarquerons seulement que lYpoque de Jus- 
tinien, pendant laquelle le monophysisme eut une si 
grande extension en Syrie, n'est pas favorable a la 
these de M. Burkitt. En outre, on ne s'explique pas 
comment les Chretiens de la Palestine, completement 
hellenises au temps de Justinien, se seraient forme une 
litterature ecclesiastique dans un dialecte arameen. II 
est plus vraisemblable que cette ancienne litterature 
ne nous est parvenue que dans des manuscrits relati- 
vement recents. 

Les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament 
sont traduits du grec. Ceux de l'Ancien Testament re- 
presented gene>alement une forme des Septante pos- 
terieure aux Hexaples d'Origene. Le fragment de Job 
(ch. xxn) est compris dans la partie qui manquait pri- 
mitivement dans les Septante et qui a ete ajoutee par 
Origene d'apres Theodotion. Rien ne permet de re- 
chercher des rapprochements avec la recension de 
Lucien, mais la Peschitto syriaque a ete mise a con- 
tribution dans quelques cas, notamment pour la bene- 
diction du Nil. Du reste, le dialecte palestinien que ces 
textes nous r^velent a subi 1'influence du syriaque 
m^sopotamien, et c'est principalement par cette in- 
fluence qu'il s'est differencie du judeo-arameen de la 
Palestine. 



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V 



LES VERSIONS POSTERIEURES DE L ANCIEN 
ET DU NOUVEAU TESTAMENT. 



Les Syriens occidentaux, en prenant part, au com- 
mencement du VP siecle, aux controverses christolo- 
giques qui agitaient 1'Eglise, sentirent la necessite de 
posseder une version de la Bible plus conforme aux 
Septante que ne 1'etait la Peschitto. L'Ancien et le 
Nouveau Testament etaientlabase de toute discussion, 
et des malentendus devaient forcement surgir d'une 
interpretation fondee sur des textes diffe>ents ; on n'e- 
tait que trop porte a accuser ses adversaires de falsi- 
fication. La version des Septante, pour TAncien Tes- 
tament, faisait autorite non seulement dans TEglise 
grecque, mais'aussi dans la Syrie hellenisee; les Sy- 
riens des provinces Euphratesiennes et de la Mesopo- 
tamie occidentale durent, dans ces conditions, se pro- 
curer une version syriaque des Septante. lis etaient 
d'autant plus sollicites par ce desideratum que 1'E- 
glise syrienne, devenue monophysite, eut avec l'Eglise 
d'Alexandrie des relations beaucoup plus intimes et 
plus suivies qu'autrefois. La Peschitto del'Ancien Tes- 
tament, nous l'avonjs vu precedemment, avait deja subi 
une revision d'apres les Septante, mais cette revision, 



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50 LES VERSIONS POSTfiRIEURES 

n'ayant change que quelques mots ou groupes de mots, 
ne l'avait pas profondement modifiee. 

En 505 ou 508 <, Philoxene, evSque de Mabboug, Tun 
des plus fougueux defenseurs de l'heresie monophysite, 
chargea le chorev^que Polycarpe de faire sur le grec 
une traduction litterale de l'A. et du N, T. Cette nou- 
velle version semble avoir joui d'un certain credit pen- 
dant le VI e siecle : Moi'se d'Aghel (vers 570) mentionne 
les Psaumes et le Nouveau Testament 2 ; mais elle 
tomba en desuetude lorsque parurent l'Hexaplaire sy- 
riaque de l'Ancien Testament et THeracleenne du Nou- 
veau Testament. II n'en existe plus que des fragments 
dans quelques manuscrits 3 . 

L'Hexaplaire syriaque a ete* composee un siecle plus 
tard, 615-617, par Paul, eveque de Telia de Mauzalat 
(Constantine de Syrie), a la demande du patriarche 
d'Antioche, Athanase I. C'estune version syriaque des 
Septante d'apres les Hexaples d'Origene ; elle reproduit 
consciencieusement les additions et les variantes mar- 
quees par des asterisques et des obeles, ainsi que les 
notes iharginales relatives a des versions grecques 
autres que les Septante 4 . En fait, cette version ne sup- 
planta pas la Peschitto qui continua a 6tre la Bible 

1. Cf. Assemani, B. 0., II, 23; Ignatius Ephraem II Rahmani, Studia sy- 
riaca, Mont Liban, 1904, p. 54. 

2. Voir Assemani, B. 0., II, 82. 

3. Des fragments d'lsaie dans un ms. du British Museum ; comp. Guidi, 
Rendiconti della R. Accademia dei Lincei, 1886, p. 404; voir aussi Hall, 
Syriac ms., Gospels of a pre-Harkleian Version, Philadelphie, 1884. 
Les fragments d'lsaie ont et6 public's par M. Ceriani, Monumenta sacra 
et prof ana, Milan, 1873, t. V, fasc. I, p. 1-40. M. Gwynn, The Apocalypse 
of St. John in a syriac version hitherto unknown, Dublin, 1897, a pu- 
blie une ancienne version syriaque de PApocalypse qu'il croit repre- 
sentor la traduction de Polycarpe, tandis que la version £dit£e par Louis 
de Dieu en 1627 appartiendrait a la revision de Thomas d'Harkel. La 
publication de M.Gwinn donne une restitution du grec sur lequel aura it 
6te* faite la version syriaque. 

4. Field a utilise* ces notes dans sa publication intitulee Origenis 
Bexaplorum fragmenta, Oxford, 1875. 



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DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT. 51 

des Syriens. Son prestige tomba avec les luttes reli- 
gieuses en vue desquelles elle avait ete faite, quand 
la conqu^te musulmane eut cree une nouvelle situation 
a 1'Eglise syrienne. Elle demeura cependant comme 
une oeuvre importante de la litterature sacr^e qui 
avait son utilite pour l'exegese biblique. Barhebraeus, 
dans son commentaire intitule le Magasin des mys- 
teres, la cite frequemment sous le nom du grec. 
Cet auteur la tenait m£me en plus haute estime que la 
Peschitto ; dans sa grande grammaire ' , il a ecrit un 
chapitre entier pour prouver l'inferiorite de celle-ci 
comparee a l'Hexaplaire. 

L'Hexaplaire ne nous est pas parvenue int^grale- 
ment. II existe, dans des ms. de Milan, de Paris et de 
Londres, des livres complets ou incomplets de cette 
version. Le plus cel&bre de ces ms. est V Ambrosianus 
qui forme le second volume d'un exemplaire complet. 
Le premier tome renfermait le Pentateuque, Josu6, 
les Juges, les Rois, Esdras avec N6h6mie, Judith et 
Tobie; il a ete perdu apr&s la mort (1573) d 1 Andreas 
Masius auquel il appartenait. Norbferg publia Jeremie 
etEz<§chiel (1787); Bugatus, Daniel (1788) et les Psau- 
mes (1820). En 1835, Middeldorpf editale IV e livre des 
Rois (ms. de Paris), Isale, les petits Prophetes, les 
Proverbes, Job, le Cantique des Cantiques, les La- 
mentations et TEcclesiaste (ms. de Milan). M. Ceriani 
a donne une reproduction photolithographique de l'Am- 
brosianus 2 . Skat Roerdam a publie le livre des Juges 
et de Ruth a Copenhague en 1859-1861 d'apres un ms. 
du Musee britannique. Paul de Lagarde edita en ca- 

4. (Euvres grammaticales d'Abou'lfaradj dit Bar Hebrseus, gditees 
par l'abbe" Martin, Paris, 4872, 1, p. 240. 

2. Ceriani, Monumenta sacra et profana, vol. VII. Codex syro-hexa- 
plaris Ambrosianus pJiofoWA., Milan, 4874.11 avait commence une etude 
critique de cette version dans les vol. I et II du meme ouvrage. 



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52 LES VERSIONS POSTERIEURES 

racteres hebreux, dans les Veteris T. ab Origene re- 
censiti fragmenta (Goettingue, 1880), les fragments 
contenus dans les ms. de Londres et de Paris, savoir : 
des fragments de TExode, des Nombres, de Josue et 
des Rois. Dans sa Bibliothecae syriacae (Goettin- 
gue, 1892), ce professeur a reimprime en caracteres 
syriaques les m6mes fragments avec de nouvelles ad- 
ditions, parmi lesquelles se trouvent des fragments de 
la Genese. 

L'Heracleenne est la revision de la Philoxenienne 
duNouveau Testamentfaite, en 616, par Thomas d'Har- 
kel (ou d'Heraclee), 6v6que de Mabboug. Cet evSque, 
apres avoir ete depose de son siege pour sa propagande 
monophysite, se rendit a Alexandrie et travailla a cette 
revision dans le couvent de saint Antoine au village 
d'Enaton. L'Heracleenne comprend les m£mes livres 
que la Peschitto et, en plus, les quatre petites Epitres : 
la II e de saint Pierre, les Il e et III 6 de saint Jean, et 
celle de saint Jude. Elle a ete editee par J. White 
d'apres des ms. d'Oxford, a la fin du dernier siecle et 
au commencement de ce siecle-ci*. 

La Philoxenienne, THexaplaire et 1'Heracleenne 
etaient l'oeuvre de Jacobites. Les Nestoriens, en contact 

1. S. Evangeliorum versio syr. Philoxeniana, Oxford, 1778; Actuum 
Apost. et Epistol.., Oxford, 1799-1803. La lacune que presente l'Epitre 
aux Hebreux dans l'edition de White a ete combine par Bensly d'apres 
un ms. de Cambridge, The Heraclean version of the Epistle to the He- 
brews, Cambridge, 4889, chap, xi, 28-xin, 25. Ce ms. de Cambridge ren- 
ferme, en outre, les deux Epitres de Clement, placets entre les Epitres 
catholiques et les Epitres de saint Paul. — L'Evangile de saint Jean a 
6t£ 6ditea part par Bernstein a Leipzig, en 1853, avec les voyelles et les 
points diacritiques de la Massore, sous le litre de Das heilige Evan- 
gelium des Johannes... Cette edition etait, pour l'epoque ou elle parut, 
un tour de force typographique. — M. Hall a reproduit par la photo- 
typie en 4886 les quatre Epitres qui manquent dans la Peschitto, d'a- 
pres un ms. date de 1471, The Syrian Antilegomena Epistles, Balti- 
more, 1886. Sur la version de l'Apocalypse, voir ci-dessus p. 50, n. 3. 
Cf. P. Corssen, Die Recension der Philoxeniana dans la Zeitschr.f. die 
neutest. Wissenschaft, lahrg. II, Heft I, Darmstadt, 1901. 



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DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT. 53 

moins direct avec TOccident, se servirent surtout de la 
Peschitto ' . 

II est fait mention d'une version due a Mar Aba, pa- 
triarche des Nestoriens de 536 k 552. Amr rapporte 
que Mar Aba « interpreta TAncien et le Nouveau Tes- 
tament et les expliqua ; il ecrivit un livre de commen- 
taires 2 ». Ebedjesu, dans son catalogue 3 , dit : « Mar 
Ab& le Grand interpreta et traduisit du grec en sy- 
riaque tout T Ancien Testament 4 » . 

4 Une lettre du patriarche nestorien Timothee I (f 833), publi£e par 
Braun, Oriens christianus, Rome, 4902, nous in forme que ce patriarche 
fit faire pour les Nestoriens des copies de l'Hexaplaire syriaque. Jesudad, 
parmi les Nestoriens (vers 850), fit usage de cette version dans ses 
commentaires bibliques. 

2. Maris, Amri et Slibse commentaria, pars altera, ed. Gismondi, 
Rome, 4896, p. 41. Cette notice ne se trouve pas dans Mari, qui parle 
seulement d'une version syriaque des ceuvres de Theodore de Mop- 
sueste, ibid., pars prior, p. 50. 

S. Asskhani, B. 0., HI, part. I, p. 73. 

4. On ne trouve pas d'autres traces de cette version de Mar Aba, qui 
demeure douteuse. L'existence reelle en est admise par M. Baumstark 
dans Oriens Christianus, II, p. 457, et par M. Martin Lew in, Die Scholien 
des Theodor bar Koni, Berlin, 4905, p. xxix. 



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VI 



LA MASSORE SYRIENNE. 



L'ensemble des travaux concernant la lecture exacte 
du texte biblique dans les versions syriaques est desi- 
gne par les Jacobites sous le nom de La tradition, 
j&iio^jjfc, nom qui r^pond a celui de LaMassore juive; 
les Nestoriens se servaient de preference de Texpression 
Livres des maitres de lecture, Ui^iv \*JLa. Nous retenons 
le terme de Massore qui est consacre par l'usage, et 
celui de Massoretes pour les auteurs de ces travaux. 

La Peschitto etait le premier livre mis entre les mains 
des Aleves qui frequentaient les ecoles ; ces eleves com- 
mengaient par la lecture du Psautier; ils abordaient 
ensuite le Nouveau Testament et les autres livres de 
TAncien Testament, puis les ceuvres des Peres de 
rfiglise syriaque et de 1'Eglise grecque. Les maitres 
de lecture apprenaient a leurs dijsciples k prononcer 
exactement les mots, dont les voyelles n'etaient pas 
^crites, a distinguer les propositions des difFerentes 
phrases suivant les cinq categories d'Aristote, k elever 
et a abaisser la voix en prenant les diverses intona- 
tions que le sens exigeait. Les signes qu'ils marquaient, 
pour cet enseignement, soit sur la ligne, soit au-dessus 
ou au-dessous des mots, etaient des points ou des 
groupes de points que Ton appelle des accents et que 



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56 LA MASSORE SYRIENNE. 

Ton divise en accents logiques etenaccents rhetoriques. 

La massore, dans ses origines, remonte a FEcole 
d'Edesse, au commencement du V e siecle; elle fut 
transmise peu de temps apres a l'ficole de Nisibe par 
Narses, que ses opinions nestoriennes avaientfaitchas- 
ser d'Edesse. Au VI e siecle, Joseph d'Ahwaz, profes- 
seur de cette ecole, apporta des modifications au sys- 
t&me des maitres de l'Ecole d'Edesse 1 , et inventa 
neuf accents, en se servant, pour ses lectures, de la 
version des commentaires de Theodore de Mopsueste 
faite par Ibas 2 . 

Le systeme nestorien des points, des voyelles et de 
Taccentuation, fut repandu au VIi e siecle chez les Mo- 
nophy sites orientaux par Sabrowai, le fondateur d'une 
ecole a Beit-Schehak pres de Nisibe, et par ses fils, 
Ramjesu et Gabriel, moines du couvent de Mar Mattai 3 . 

La massore a produit trois sortes d'ouvrages : 1° des 
exemplaires de la Bible ponctues et annot^s de gloses 
marginales ; 2° des traites des points ou accents ; 3° des 
traites des mots ambigus [De aequwocis). 

Les traites sur les accents et Jes traites sur les mots 
ambigus font partie de la grammaire et de la lexico- 
graphic Nous les renvoyons au n° xvi; nous par- 
lerons ici des exemplaires de la Bible qui renferment 
la massore. 

1. Barhebrjius, Chron. eccl., II, p. 77, dit : « Joseph d'Ahwaz occupa 
la place (de Narses) a Nisibe. II changea la lecture e"desse"nienne en la 
lecture orientale que suivent les Nestoriens. Ceux-ci, pendant tout le 
temps de Narses, lisaient comme nous les OCcidentaux. » Cette modi- 
fication porta non sur les voyelles, mais sur les points qui marquaient 
les diffCrents membres de la phrase, cf. Merx, Historic* artis gramma- 
ticee apud Syros, Leipzig, 4889, p. 28. 

2. a'apres une note d'un ms. du MusCe britannique, Wright, Catal. of 
the syr. ms., col. 107, n° V, 3. 

3. Voir la lettre de David, fils de Paul, publi6e par Ignatius Ephraem II 
Rahmani dans Studia syriaca, Mont Li ban, 1904, chap, x, n° 3, et Tan- 
notation a ce chap., p. 67-68. Cf. Noeldeke, Zeitschr.der deut. morgenl. 
Gesell., LVIII, 1904, p. 495; Wright, Catal. of the syr. ms., col. 105 b. 



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LA MASSORE SYRIENNE. 57 

La revision de la Peschitto de I'Ancien Testament, 
faite par Jacques, ev&que d'Edesse, en 705, lorsque 
cet evSque rSsidait au couvent de Teleda, peut &tre 
consideree comme le premier travail systematique de 
la massore jacobite. Jacques divisa les livres bibliques 
en chapitres et mit en t6te de chaque chapitre un 
sommaire du contenu. Le texte est accompagne de 
nombreuses gloses marginales, dont une partie rap- 
porte les legons des versions grecques et syriaques ; 
une autre partie donne la prononciation exacte des 
mots. Quelques-unes des notes sont trrees des oeuvres 
de Severe d'Antioche. On trouve aussi des gloses in- 
s£r6es dans le texte. 

Cette ceuvre de Jacques d'Edesse ne nous est pas par- 
venue dans son entier. La Bibliotheque nationale pos- 
sede deux ms. contenant le Pentateuque, a 1' exception 
d'un 'certain nombre de versets, et le livre de Daniel. 
Le Musee britannique a aussi deux ms. renfermant 
les deux livres de Samuel avec le commencement des 
Rois et Isaie ; le premier livre de Samuel presente quel- 
ques lacunes * . Ces ms. sont dates de 719 et 720, c'est-a- 
dire d'une dizaine d'ann^es k peine apres la mort de 
Jacques d'Edesse. 

Jacques avait montr6 aux Syriens la voie k suivre 
pour systematiser les travaux de la massore. II ne 
tarda pas a trouver de dignes emules parmi les moines 
qui, dans la retraite, consacraient leur vie a l'6tude des 
Ecritures. C'est dans le couvent de Karkaphta (le 

'1. Des fragments de cette revision ont e"te imprimes par Bugatus, 
Daniel secundum editionem LXX Interpretum, Milan, 1788; et par 
Ceriani, Monumenta sacra et profana, t. II et V. ~ M. Ugolini, dans 
Oriens christianus, Rome, 1902, p. 409, a montr6 que le ms. Add. 14429 
de Londres et le ms. 27 de Paris 6taient deux parties d'un m6me exem- 
plaire de la revision de Jacques d'Edesse. U croit en outre que le ms. V 
du Vatican, quirenferme des fragments d'Ez^chi el, forme une troisieme 
partie du m£me exemplaire. 



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58 LA MASSORE SYRIENNE. 

crane), situe pres de la ville de Reschaina, que la 
massore jacobite atteignit son apogee. Les massoretes 
Jacobites sont d^signes sous le nom de Karkaphiens, 
jjLflmyl, et leur oeuvre porte le titre de La tradition 
Karkaphienne, jkA*^ )Ui.^\»vi, dans le commentaire 
de Barhebrseus intitule Le magasin des mysteres, et 
dans les ms. de la massore jacobite. 

On s'est longtemps mepris sur le sens exact de ce 
titre. Assemani traduisait versio Karkaphensis hoc est 
montana et il ajoutait que c'6tait la version dont se 
servaient les habitants des montagnes * . Le cardinal 
Wiseman retrouva eette soi-disant version dans le 
ms. 152 du Vatican a. C'est Fabbe P. Martin qui le pre- 
mier apergut le vrai sens et montra que les mots tra- 
duits par version Karkaphienne signifiaient en reality 
la tradition Karkaphienne, c'est-a-dire la massore 
elaboree dans le couvent de Karkaphta 3 . Mais Tabbe 
Martin ignorait encore le veritable emplacement de ce 
couvent; M.Georg Hoffmann a prouve qu'il se trou- 
vait a Magdal sur le fleuve Chabor, non loin de la ville 
de Reschaina 4 . 

Dans les ms. qui renferment la massore jacobite, les 
gloses marginales relatives a la le$on exacte du texte 
et a sa prononciation sont souvent indiqu^es sous la 
rubrique toubana, pL^ (ou par abreviation ©4). Le car- 
dinal Wiseman croyait que ce mot d6signait la Pe- 
schitto ; l'abbe Martin y voyait une epithete de Rabban 
Theodose, un auteur syriaque. Nous savons aujour- 
d'hui a quoi nous en tenir, gr&ce a deux gloses du 
lexique de Bar Bahloul qui nous apprennent ce qui 

1. Bibl. orient., II, p. 283. 

2. HorsB syriacw, Rome, 1828, p. 78 et 151. 

3. Tradition karkaphienne ou la Massore chez les Syriens dans le 
Journal asiatique, octobre-novembre 1869. 

4. Zeilschr. der deuU morgenl. Gesellschaft, XXXII, p. 745. 



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LA MASSORE SYRIENNE. 59 

suit ' : « Les deux docteurs Toubana et Saba. II y 
avait deux docteurs connus et renommes pour la mas- 
sore ()foi<r>\ȣ>) des Testaments a Reschaina. L'un Tou- 
bana Santa, qui Stait dans Tun des couvents de l'en- 
droit, et Tautre, un certain Saba, qui etait respectable 
et eprouve pour sa chastet6 et F exactitude de sa mas- 
sore. C'est pourquoi, partout oti il y a, a la marge des 
pages, une note surmontSe d'un semkat (la lettre s), 
cette lettre indique ce que ce Saba changeait a la le$on 
de Toubana, parce que Tun rapportait une legon et 
Tautre en donnait une autre. Nous avons ecrit ceci 
pour faire connaitre le fait. » Cette glose du lexique de 
Bar Bahloul nous indique ce qu'il faut entendre par 
les mots Toubana et Saba que Ton trouve dans les 
ms. de la massore Jacobite a . Saba de Reschaina £tait 
un habile copiste ; on possede, ecrits de sa main, plu- 
sieurs ms., a la fin desquels il se vante de ne pas avoir 
emp&te la boucle d'un seul tav (la lettre t) 3 . Ces ms., 
dates de 724 et 726, precisent Tepoque ou la massore 
Jacobite florissait. 

La massore ne donne pas un texte biblique continu, 
mais reproduit les versets qui meritent d'etre expli- 
ques, qui renferment des mots dont la prononciation 
exacte doit 6tre fixSe, ou qui offrent des variantes dans 
les versions grecques et syriaques 4 . Les versets omis 
sont plus ou moins nombreux suivant les ms. Le texte 

1. Lexicon syriacum, auctore Bar Bahlule, 6d. R. Duval, Paris, 1888- 
4896, col. 1364, 1. 6. Georg Hoffmann fit connaitre la premiere de ces 
gloses, Zeitschr. f. die Altt. Wissenschafty 1881, p. 159; j'ai ajoutelase- 
conde glose, Journal asiatique, juin 1884, p. 560. 

«. Comparer Wright, Catal.ofthesyr. ms., p. 109, col. 2. 

3. Wright, Calal. of the syr. ms., p. 9, col. 1 ; p. 16, col. 1 ; p. 25, col. 
1. Wright, ibid., p. 38, col. 1, estime que le ms. dat6 de 719 et conte- 
nant les deuxlivres de Samuel dans la revision de Jacques d'Edesse, 
est de la main meme de ce Saba. 

4. Nous rappelons que la massore nestorienne ne connalt ni l'Hexa- 
plaireni l'Heracleenne. 



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60 LA MASSOKE SYRIENNE. 

est vocalise, dans la massore Jacobite au moyen des 
voyelles dites grecques, dans la massore nestorienne 
au moyen des points-voyelles ; les points diacritiques 
qui indiquent Inspiration ou la non-aspiration de cer- 
taines consonnes, les points d'interponction ou d'ac- 
centuation, tous les signes orthoepiques, en un mot, 
sont marques avec soin. 

On connait dix ms. de la massore Jacobite, dont les 
principaux sont : le ms. 152 du Vatican * date de 980; 
deux ms. du Musee britannique, Tun, Add. 12178, du 
IX e ou X e siecle, semblable au ms. du Vatican 2 , et 
Fautre, Add. 7183, probablement du XII e siecle, ren- 
fermant moins de versets que le ms. du Vatican 3 ; le ms. 
Barberini date de 1089 ou 1094 (la date est incertaine) * ; 
et un ms. de la Bibliotheque nationale du xi e siecle, 
conforme au ms. du Vatican 5 . Suivant Tabbe Martin 6 , 
il doit exister encore un ms. date de 1015 a la cathe- 
drale de Mossoul. 

Le ms. de Paris que nous venons de citer et le ms. 
de Londres, Add r 14683, renferment une partie consa- 
cree a la massore des ceuvres des docteurs qui etaient 
lues dans les ecoles, savoir : des passages de pseudo- 
Denys TAreopagite, de saint Basile, de saint Gregoire 
de Nazianze, de Severe d'Antioche, et (dans le ms. de 
Londres) du Diaetetes de Jean Philoponus. 

La massore nestorienne est conservee dans un 
important ms. du Musee britannique, ecrit dans le 



\. D6crit par Wiseman, Horse syriacee, 449 et suiv. ; comp. abb6 
Martin, Tradition karkaphienne, p. 245. 

2. Wright, Catal. of the $yr. ms., p. 108, n° 462. 

3. Catalogue Forshall et Rosen, p. 6ft, n° 42. 

4. D6crit 6galement par le card. Wisemaw. 

5. Catalogue Zotenberg, n°64. II a ete" d^crit 6galement par Wiseman, 
comp. abb6 Martin, Tradition kark., p. 245 et suiv. 

6. Introduction a la critique textuelle du N. T., partie theorique, 
Paris, 4882-4883, p. 291. 



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LA MASSORE SYRIENNE. 61 

couvent de Mar Gabriel pres de Harran, en 899 4 . 
Barhebrseus a fait usage des deux massores non seu- 
lement dans son commentaire, Le magasin des mys- 
tbres y mais aussi dans sa grande grammaire, Le livre 
des splendeurs 2 . 

1. Ms. Add. 13138, Catalogue Wright, p. 101, n° 161. 

9. M. Gustav Diettrich a publie la massore pour Isaie, Die Mass or ah 
der dstlichen und westlichen Syrer..., Londres, 1899 ; et pour le Can- 
tique des Cantiques dans la Zeitschr. f. die alt test. Wissenschaft, 1903, 
p. 193. 



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VII 



LES COMMENTAIRES DB LA BIBLE. 

Les commentaires bibliques ecrits par les Peres de 
rfiglisesyrienne formeraient une bibliotheque entire, 
si une grande partie n'avait subi l'injure du temps et 
n'£tait aujourd'hui perdue. 

Les commentaires de saint Ephrem (-J- 373) sur PAn- 
cien et le Nouveau Testament sont les plus anciens que 
nous connaissions. Ephrem les avait sans doute ecrits 
en vue de son enseignement a TEcole des Perses a 
Edesse. Le commentaire sur PA. T. ne nous est par- 
venu dans sa forme originale que pour la Genese et la 
majeure partie de l'Exode, dans le ms. du Vatican 110 
du VI e siecle; pour les autres livres, il existe, d'une 
maniere abregee, dans une Catena Patrum compos£e 
en 861 par Severe, un moine d'Antioche * . L^pitome de 
Severe, compare avec le ms. 110 du Vatican, montre 
que le commentaire de saint fiphrem, dont se servait 
le moine d'Antioche pour la Genese, differait de celui 
de ce ms. 2 . Ce commentaire est base sur la Peschitto, 
mais il a subi des interpolations; il s'y trouve des ci- 



4. Voir Catal. Wright, p. 908. 

2. Pohlmann, S. Ephrsemi Syri commentariorum in S. Scripturam 
textus, Brunsberg, 1863-1864; Bickell, Conspectus rei Syrorum littera* 
rim, Munster, 1871, p. 19. 



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64 LES COMMENTAIRES 

tations des Septante que saint Ephrem, ignorant le 
grec, ne pouvait utiliser *. 

En ce qui concerne le Nouveau Testament, le com- 
mentaire que saint Ephrem avait faitdu Diatessaron ne 
s'est conserve qu'en armenien (voir p. 40). C'est 
6galement en armenien settlement que se trouve son 
commentaire sur les Epitres paulines 2 . 

En dehors de ses commentaires, saint Ephrem ecri- 
vit des homelies exegetiques et des interpretations, 
^ia4»Sl, sur differents versets bibliques 3 . 

Un des disciples de saint Ephrem, Mar Aba, ecrivit 
un commentaire sur les Evangiles, un discours sur Job 
et une explication du verset 9 du Psaume xlii 4 . II ne 
doit pas &tre confondu avec les patriarches nestoriens, 
Mar Aba I et Mar Aba II, dont nous parlerons bient6t. 
Un autre disciple de saint Ephrem, Isaac, est cite pour 
Samuel par Jesudad 5 . 

Le commentaire sur les Evangiles par Philoxene, eve- 
que de Mabboug (f vers 523), nous est connu par deux 
manuscrits incomplets du Musee britannique (Wright, 



4. II est imprim6, en grande partie, dans rendition romaine, 
S. Ephrsemi opera, 1. 1 et II. M. Lamy a complete cette Edition dans le 
t. II de S. Ephrsemi syri hymni et sermones, Malines, 4886, p. 105-310, 
d'apres des ms. du Mus6e britannique. M. Lamy a public dans la Revue 
biblique, 4897-1898, une traduction des commentaires de S. Ephrem sur 
Zacharie, dont deux chapitrcs 6taient in^dits. 

2. Traduit en latin par les Peres Mechitaristes, S. Ephrsemi commen- 
tarii inEpistolas D. Pauli..., Vienne, 4893. 

3. Edition romaine, 11,316-395; Overbeck, S. Ephrsemi syri.., opera 
selecta, Oxford, 4865, p. 77-404. Moesinger a public quelques scolies sur 
S. Matthieu, Isa'ie, Osee et les Proverbes dans le II e vol. des Monumenta 
syriaca, Innsbruck, 1878, p. 33 et suiv. 

4. II est cite dans certains ms.; Wright, Catal., p. 831 et 1002. Des 
fragments dans Harris, Fragm. of the comment, of Ephrem Syrus, 
Londres, 1895, p. 93. II est encore l'auteur d'un poeme en vers de sept 
syllabes conserve^ dans un ms. du mont Sinai, et dont M. Lamy a donne 
les quatre premiers vers dans le t. IV de S. Ephrsemi syri hymni et 
sermones, Malines, 1902, p. 87-88. 

5. G. Diettrich, Ischodddh's Stellung in der Auslegungsgeschichte des 
A. T., Giessen, 1902, p. xxvn. 



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DE LA BIBLE. 65 

Catal., p. 526, n 08 674 et 675). Le premier de ces ms., 
date de 511, renferme des fragments du commentaire 
sur saint Matthieu et saint Luc. Le second, quiappar- 
tient a la m&me epoque, contient le commentaire sur 
des passages choisis des Evangiles, et particulierement 
sur les versets 1-18 du premier chapitre de l'Evangile 
de saint Jean. L'auteur combat differentes h6r6sies et 
surtout celle des Nestoriens qu'il appelle « les here- 
tiques du temps present ». 

Daniel de Salah (un couvent dans le Tour-Abdin) 
ecrivit des commentaires sur les Psaumes et FEccle- 
siaste. Le commentaire sur les Psaumes, compose par 
Daniel en 542, a la demande de Jean, abbe du couvent 
d'Eusebe, pres d'Apamee, etait divise en trois volumes 
et chaque volume comprenait cinquante psaumes 1 . 
Le commentaire sur l'Ecclesiaste n'est connu que par 
les extraits qu'en donne la catena de Severe 2 . 

Jean, abbe du couvent de Kennesr£ (VI e siecle), est 
Tauteur d'un commentaire sur le Cantique des Can- 
tiques 3 . 



1. Le premier volume complet et le second volume incomplet exis- 
tent dans des ms. du Vatican et du Musee britannique (Assemani, B. 0., 
I, p. 495 ; Wright, CataL, p. 605 et 606) ; la troisieme partie n'est con- 
served que dans une version arabe, a Berlin, Collection Sachau, n° 55. 
Un epitome de ce commentaire existe dans le ms. Add. 17125 (Wright, 
Catal., p. 125). — Daniel de Salah 6tait monophysite, cf. Ignatius 
Ephjlem II Rah man i, Studia syriaca, Mont Liban, 1904, chap, vi et 
adnotatio in caput \i, p. 61 ; G. Diettrich, Eine jacobitische Einleitung 
in den Psalter..., Giessen, 1901; et Die Massorah der dstl. und westl. 
Syrer, Londres, 1899. Nestle avait deja donne des extraits du commen- 
taire sur les Psaumes dans s&Brevis Ungues syr. Grammatica, Chres- 
tomathia, VI, Carlsruhe et Leipzig, 4881. 

2. Catal. Vat., Ill, 17 ; Wright, Catal., p. 909. 

3. Assemani, B. 0., II, p. 54. Des extraits de ce commentaire sont con- 
serves dans une chaine des Peres au Jlus^e britannique, ms. Add.iil6S, 
f. 138 a. Un commentaire sur les Evangiles est attribug a Mara d'Amid 
(vers 519) par Assemani, B. 0., II, p. 52; mais Wright, se referant aZacha- 
rie (dans Land, Anecdota syriaca, HI, p. 245 et 250), a montre que Mara 
ecrivit seulement une preface en grec sur un exemplaire des Evangiles 
fait a Aiexandrie; Wright, Syriac lit., 2« ed., Londres, 189*, p. 83. 

4. 



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06 LES COMMENTARIES 

Marouta, metropolitan! Jacobite de Tagrit(*j- 649), fit 
un commentaire sur les Evangiles, qui est cite dans la 
catena du moine Severe. Deux scolies de Marouta sur 
Exode xvi, 1, et Matthieu xxvi, 6-14, sont imprimees 
dans les Monumenta syriaca de Mcesinger, t. II, p. 32^ 

Jacques, ev£que d'Edesse (*j- 708), composa des com- 
mentairesetdes scolies sur les Ecritures. II traite aussi 
de differents passages bibliques dans plusieurs de ses 
lettres. Les commentaires sont cites dans la catena de 
Severe et dans les ecrits de Denys bar Salibi et de 
Barhebrseus. Quelques-unes des scolies ontet6 pubises, 
d'apres des manuscrits duMus^ebritannique, par Phi- 
lipps, Wright, Schroeter et Nestle*; d'autres, m61£es 
dans les commentaires de saint Ephrem par le moine 
Severe, ont ete imprimees dans Fedition romaine de 
saint Ephrem (t. I et II). 

Georges, eveque des tribus arabes de l'Euphrate, 
un contemporain et un ami de Jacques d'Edesse, ecri- 
vit des scolies sur les Ecritures, qui sont citees dans la 
catena de Severe, dans les commentaires de Denys bar 
Salibi et dans le Magasindes My sieves deBarhebraeus 2 . 

Un ms. du Vatican 3 renferme un commentaire de 
l'Evangile de saint Matthieu par Georges, qui fut 61u 
patriarche d'Antioche en 758. 

A la fin du VIII 6 siecle, Lazare de Beit-Kandasa 
compila un commentaire sur le N. T. Deux manu- 

i. Philipps, Scholia on some passages of the Old Testament by Mar 
Jacob, Londres, 4864; Wright, Journal of sacred literature, vol. X, 
p. 430 et suiv. ; Schroeter, Zeitschr. der dent, morgenl. Gesellschaft] 1870, 
t. XXIV, p. 261 et suiv. ; Nestle, ibid., 1878, t. XXXII, p. 465 et suiv., 735 
et suiv.; comparer aussi Assemani, B. 0., I, p. 489-493; Mai, Script, vet. 
nova collectio, Rome, 1825-1838, t. V; Wright, Catal., p. 591, 910 et 997. 

2. Assemani, B. 0., I, 494; Wright, Catal., p. 909, col. 2. V. Ryssel a 
traduit ces scolies en allemand, Georgs des Araberbischofs Gedichte 
undBriefe, Leipzig, 1891. 

3. Catal. Vat., Ill, 299. Cf. Baumstark, Die Petrus und Paulus Akten, 
Leipzig, 1902, p. 12. 



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DE LA BIBLE. 67 

scrits duMusee britannique [Cat. Wright,^. 608-612, 
n 08 713 et 714) renferment le commentaire sur saint 
Marc et saint Jean et sur une partie des Epitres pau- 
lines. Le commentaire sur les Epitres est un abrege du 
commentaire de saint Jean Chrysostome. 

Mo'ise Bar Kepha, qui prit le nom de Severe lorsqu'il 
devint ev&que de Beit-Ramman et de Mossoul (-{-903), 
composa des commentaires sur PAncien et le Nouveau 
Testament qui sont souvent cit^s par Barhebrseus dans 
son Magasin des mysteres, et dont il nous est par- 
venu, d'une maniere incomplete, le commentaire sur 
la Genese, les Evangiles et les Epitres paulines *. 

BarhebrsBus cite encore un commentaire sur le livre 
deLaSagesse par Jean deMaron, quimourutvers 1017 2 . 

Les commentaires de la derniere epoque se sont 
mieux conserves parce que, r^sumant les travaux 
precedents, ils dispensaient en quelque sorte le th6o- 
logien de s'adresser a ceux-ci. Tels sont les commen- 
taires de Jacques bar Salibi et de Barhebraeus. 

Jacques bar Salibi, qui prit le nom de Denys lors de 
son elevation au siege episcopal de Marasch (f 1171), 
est Tauteur d'un commentaire de l'Ancien et.du Nou- 
veau Testament, richement documente, mais qui est 
autant une compilation qu'une ceuvre originale 3 . Le 
commentaire de l'A. T. se trouve entier dans le ms. 
de la Bibliotheque nationale, n° 66 A ; la composition en 



1. Wright, Catal., p. 620, n° 720; quelques fragments aussi a la Bod- 
leienne, Catal. Payne Smith, 410 et 418, et a la Bibliotheque nationale, 
Catal. Zotenberg, p. 156, n° 206; commentaire sur l'Evaugile de saint 
Jean dans le ms. Add. 1971 de Cambridge, Catal. de Wright et Cook, 
p. 47. 

2. AsSEMAM, JB. O.j II, 283. 

3. Comp. Assemani, B. 0., II, 157; Catal. Payne Smith, col. 414; G. 
Diettrich, Ischddddh's Stellung in der Auslegungsgeschichte des A. T., 
Giessen, 1902, p. xxxix. 

4. La Bibliotheque de Cambridge contienl un ms. plus ancien mais 



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68 LES COMMENTAIRES 

est singuliere : « Le commentaire de chaque livre, dit 
M. Zotenberg [Catal. 7 p. 33), est divise en deux parties 
distinctes : en un commentaire materiel ou corporel, 
c'est-a-dire litteral, et en un commentaire spirituel 
ou mystique, c'est-a-dire symbolique. Dans les livres 
de Job, de Josue, des Juges, de Samuel, des Rois, des 
Psaumes et de Daniel, le premier commentaire est 
designe par le mot uj^ox© [materiel) et le deuxi&me 
par ^o-oJo ujp<ifl> (materiel et spirituel). Le second com- 
mentaire des Psaumes renferme, a son tour, pour la 
plupart des trente premiers psaumes, deux comraen- 
taires : Tun de l'auteur, Denys bar Salibi, l'autre attri- 
bue a Andr6, pr&tre de Jerusalem ; ou tous les deux de 
Denys bar Salibi, mais Tun fait sur la version Peschitto, 

l'autre sur la version Hexaplaire II en est de m6me 

des Proverbes, de TEccLSsiaste, du Cantique des 
Cantiques et de Daniel, livres dont le premier com- 
mentaire a pour base la Peschitto , et le second la version 
de Paul de Telia. II y a trois commentaires pour le 
livre de Jeremie : un commentaire abr^ge sur la ver- 
sion Hexaplaire... un deuxidme commentaire abreg6 
... enfin un troisieme commentaire plus developpe. » 
Le commentaire du N. T., dont il existe plusieurs 
ms. dans les bibliotheques de l'Europe *, presente le 
m6me caractere. 

qui ne donne qu'un choix des commentaires, Catal. de Wright et 
Cook, p. 53. 

1. Cat. Vat., Ill, 296 et 298, comp. Assemani, B. 0., II, 457; Cat. Zo- 
tenberg, n°* 67 et 68 ; Cat. Forshall et Rosen, p. 71 ; Cat. Wright, p. 623 ; 
Cat. Payne Smith, col. 410-418; Catal. Sachau, p. 594. II existe a Dublin 
uu ms. date de 1197 (trente-deux ans apres la date de l'ouvrage, 1165), 
d'apres lequel Dudley Loftus a traduit en anglais une partie du com- 
mentaire de saint Matthieu et le commencement du commentaire de 
saint Marc {The Exposition of Dionysius Syrus, Dublin, 1672; A clear 
and learned Explication..., Dublin, 1695). Des extraits du commentaire 
sur PApocalypse ont 6\6 publies avec des notes et une traduction par 
M. Gwyrn dans Hermathena, VI, 397; VII, 137. Des extraits du commen- 
taire sur l'Evangile de saint Jean ont 616 publies par Rendel Harris 



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DE LA BIBLE. 69 

Les commentaires de Barhebrseus sur l'A. et le 
N. T., ecrits en 1277-1278, forment un volumineux 
repertoire de gloses relatives a l'exegese biblique, a 
la critique de la Peschitto, de l'Hexaplaire et de l'He- 
racleenne, ainsi qu'a la grammaire et a la lexicographie 
syriaques. Dans ces commentaires qui portent le titre 
de Magasin des mysteres, \H* ty>f, l'auteur cite, outre 
les versions syriaques, les Septante, Aquila, Sym- 
maque et Theodotion; et, pour les Psaumes, la ver- 
sion arm^nienne et la copte. II cite encore le texte 
hebreu, mais de seconde main. Les Peres de TEglise 
mentionnes dans cet ouvrage sont : Athanase, Basile, 
Cyrille d'Alexandrie, Ephrem, Epiphane, Eusebe, Gre- 
goire de Nysse, Gr^goire de Nazianze, Hippolyte, 
Origene, Philoxene, Severe d'Antioche, Jacques d'E- 
desse, Moise bar Kepha, et m&me Jesudad de Merv, 
un auteur nestorien. Pour l'exegese, le sagace ev&que 
se tient prudemment eloigne de Fallegorie mystique 
et s'efforce d'eclairer le sens litteral des versets bi- 
bliques a l'aide des oeuvres de ses devanciers. Pour 
la critique du texte des versions syriaques, il a de- 
pouille les massores jacobite et nestorienne et il a re- 
cueilli un grand nombre de notices sur la prononciation 
exacte des mots syriaques et sur les differences qui 
existent a ce sujet entre les Nestoriens et les Jacobites. 
Les gloses lexicographiques, empruntees a des sources 
differentes, notamment aux lexiques de Bar Ali et de 
Bar Babloul, sont plus nombreuses pour les livres qui 
etaient le plus lus : le Pentateuque, les Psaumes et le 
Nouveau Testament. 

dans Hermas in Arcadia, Cambridge, 1896, p. 58. Les commentaires 
sur les Evangiles sont actuellement en cours de publication par J. 
Sedlacer et J.-B. Chabot, Dionysius Bar Salibi. Commentarii in Evan- 
gelia dans le Corpus script, christ. orient., 2« serie, t. 98; a paru le 
fasc. I, Paris, 1906. 



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70 LES COMMENTAIRES 

Le Magasin des mysteres est conserve dans plu- 
sieurs ms. desbibliothequesdel'Europe 1 . Une edition 
generate n'a pas encore et6 entreprise, mais il a paru 
de nombreuses publications partielles dont quelques- 
unes sont des theses de Doctorat 2 . 

Tous ces commentaires ont£te ecrits par des Syriens 
occidentaux. II nous est parvenu si peu de ms. nesto«- 
riens, qu'on ne s'etonnera pas que nous ne possedions 
que peu des oeuvres de ce genre, dues a des Syriens 

1. Rome, Cod. Vat. 170 et 482; Florence, Palat. Med., 26; Londres, 
Catal. Rosen et Forshall, n° 45 ; Catal. Wright, n°' 723 et 72*; Oxford, 
Catal. Payne Smith, n° 122; Cambridge, Catal. Wright and Cook, 
p. 513; Berlin, Catal. Sachau, 595-599; Goettingue, Bibl. de VUniver- 
siti. 

2. Le card. Wisemann a publie la preface du Magasin des mysteres 
dans ses Horse syriacae, Rome, 1828. Larsow a publie un specimen d'une 
edition, Leipzig, 1858. Les autres publications partielles sont : Le Pen- 
tateuque, Weingarten, Halle, 1887. Cf. L. Uhry, Gen&se, chap, xxii-l, Stras- 
bourg, 1898; GdTTSBERGER, Barhebraeus und seine Scholien, Fribourg 
en Brisgau, 1900; Gluck, Beitrdge zur Geschichte der Bibelexegese. Die 
Scholien des Barhebrmus zu Gen., xxi-l... Frankfort-sur-le-Mein, 1903. — 
Le Livitique, Kerber, Leipzig, 1895. — Les fragments de VHexaplaire 
pour le Le"vitique et le Deuteronome, dans ce commentaire, Kerber, 
Zeitschr. f. die alttest. Wissen., 1876, p. 249. — Le Deuteronome, Ker- 
ber, The American Journal of Semitic languages and literature, 1867, 
p. 89. — Exlraits de Genkse, Exode, Deut., chap, v des Juges, Schroe- 
ter, Zeitschr. der deut. morgen. Gesell., XXIV, p. 495. — Job, Bernstein, 
Chrestomathie de Kirsch, 2° ed. (a part, Breslau, 1858). — Josui et les 
Juges, Kraus, Kirchhain, 1894. — Samuel, Schlesingek, Leipzig, 1897. 
— Les fragments de VHexaplaire pour Samuel dans ce commentaire, 
Kerber, Zeitschr. f. alttest. Wissen., 1898, p. 177. — Les Rois, Mor- 
gen stern, Berlin, 1895. —Les Psaumes, P. de Lagarde, Prmtermissorum 
libri duo, 1879 (texte en caracteres hebreux); Ps. 5 et 18, Rhode, Bres- 
lau, 1832 ; specimen des Psaumes, Tullberg, Upsal, 1842; Ps. 68, Kno- 
bloch, Breslau, 1852; Ps. 8, 40, 41, 50, Schroeter, Breslau, 1859; Ps. 3, 4, 
6, 7, 9-15, 23, 53, et Preface du N. T., Zeitschr. der deut. morg. Gesell., 
XXIX, p.247 ,Ps. 23, 29, E. Fuchs, Halle, 1871 . — Les Proverbes, VEccUsiaste, 
le Cant, des Cant., la Sagesse, Rahlfs, Leipzig, 4887 (Anmerk. zu den Sa~ 
lomonischen Schriflen). — Ruth et les additions apocryphes a Daniel, 
Heppner, Halle, 1888. — Isate, Tdllberg, Upsal, 1842. — Je're'mie, Koraen 
et Wennberg, Upsal, i852. — tzechiel, Gugenbeiher, Berlin, -4894. -— Les 
douze petits PropMtes, Moritz, Leipzig, 1882. — Daniel, Freimann, 
Brunn, 1892. —EccUsiastique, Kaatz, Frankfort, 1892. — Saint Matthieu, 
Spanuth, Goettingue, 1879. — Saint Luc, Steinhart, Leipzig, 1895. — 
Saint Jean, Schwartz, Goettingue, 1878. — Les Actes des Apdtres et les 
fipitres catholiques, Klamroth, Goettingue, 1878. —Les tpitres pau lines, 
Loehr, Goettingue, 1889. 



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DE LA BIBLE. 71 

orientaux. C'est le plus souvent par le catalogue d'E- 
bedjesu publie dans la Bibliotheca orientalis d'Ass6- 
mani (t. Ill, part. I) K que nous connaissons les noms 
des commentateurs qui ecrivirent dans la Mesopotamie 
orientale et dans la Babylonie ; en voici la liste : 

Le patriarche Dadjesu (422-457) : commentaire sur 
Daniel, les Rois et FEcclesiaste. 

Ibas, ev£que d'Edesse (f 457) : comm. sur les Pro- 
verbes 2 . 

Narses, professeur a TEcole de Nisibe (•{- 507) : com- 
mentaire sur les quatre premiers livres du Pentateu- 
que, Josue, les Juges, TEcclesiaste, Isaie, les douze 
petits Prophetes, Jer^mie, Ezechiel et Daniel 3 . 

£lis6e bar Kozbaye, qui succeda a Narses a l'Ecole 
de Nisibe, fit un commentaire sur tous les livres de PA. 
T., suivant Barhadbeschaba dans Mingana, Narsai, 
vol. I, p. 35, n° HI, Mossoul, 1905. 

Mari (meme epoque) : commentaire sur Daniel. 

Mika, le docteur : commentaire sur les Rois. Cf. 
Addai Scher, Revue de V Orient Chretien, 1906, p. 21, 
n«> XXI. 

Abraham, le syncelle de Narses : commentaires sur 
Josue, les Juges, les Rois, l'Ecclesiaste, Isaie, les douze 
petits Prophetes, Daniel etle Cantique des Cantiques 4 . 

Jean, collegue de ce dernier a FEcole de Nisibe : 
commentaires sur TExode, le Levitique et les Nom- 



\ . Dans ce catalogue, les commentaires sont d&signes par le mot tra- 
dition, ) fe i&i \av> . 

2. Nous citons ici Ibas, quoiqu'il ait ecrit a Edesse, parce qu'il eta it 
nestorien. 

3. II est cite par J£sudad a propos du Levitique et de Samuel, voir G. 
Diettrich, Ischddadh's Stellung in der Auslegungsgeschichte des A. T., 
Giessen, 4902, p. xxvu. 

4. Barhadbeschaba dans Mingana, Narsai, p. 36, dit : commentaire 
sur les Prophetes, Bar Sira, Josue" et les Juges. Cite par Jesudad pour le 
Levitique, cf. G. Diettrich, op, cit., p, xxvm. 



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72 LES COMMENTAIRES 

b.res, Job, Jeremie, Ezechiel et les Proverbes 4 . 

Hannana d'Adiabene, professeur a Nisibe (VI e s.) : 
commentaires sur la Genese, Job, les Psaumes, les 
Proverbes, l'Ecclesiaste, le Cant, des Cant., les douze 
petits Prophetes, FEvangile de saint Marc et les Epi- 
tres de saint Paul 2 . 

Le patriarche Elisee (vers 523) : commentaire sur 
Job et quelques Epitres paulines. 

Le patriarche Mar Aba I (540-552) 3 : commentaire 
sur la Genese, les Psaumes, les Proverbes, les Epi- 
tres paulines. Un commentaire sur Daniel est attri- 
bue a ses disciples. L'un de ses disciples, Paul de 
Nisibe, est indique comme l'auteur de commentaires 
sur les Ventures. 

Theodore de Merv (vers 540) : commentaire sur les 
Psaumes. 

Sergius d'Adiabene (vers 550) : commentaires sur 
Jeremie, Ezechiel et Daniel. 

Elisee bar Saphanin (m6me epoque) : commentaire 
sur les Psaumes. 

Gabriel Arya : commentaire sur divers passages des 
Ecritures. Cf. Addai' Scher, /. c, p. 17, n° XVII. 

Barhadbeschaba (commencement du Vll e s.) : com- 
mentaire sur les Psaumes et FEvangile de saint Marc. 

Cyriacjue, ev^que de Nisibe (vers 630) : commentaire 
sur les Epitres paulines. 

1. Cite par Jesudad pour Ezechiel, cf. G. Diettricii, op. cit., p. xxvin. 

2. Cite pour les Psaumes, Isaie et Ezechiel par Je'suyab, G. Diettrich, 
op. cit., p. xxviii ; pour Genese, Evangile de saint Matthieu et Epitres de 
saint Paul, dans une voluraineuse chaine des Peres, intitule'e Le jardin 
des delices, voir J.-B. Chabot dans Orientalische Studien Theodor 
Xdldeke, Giessen, 1906, p. 495. 

3. Peut-etre Mar Aba II ou Mar Aba de Kaschkar, posterieur de deux 
siecles (f 751) a Mar Aba I, voir J.-B. Chabot, Le jardin des delices, cite* 
cidessus, p. 491. Mar Aba de Kaschkar ou simplement Mar Aba est 
nornme dans ce livre pour la Genese, Isaie, les Evangiles et 1'EpItre 
aux Romains. Jesudad cite Mar Aba pour les Rois, G. Diettrich, opere 
supra cit., p. xxviu. 



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DE LA BIBLE. 73 

Babai, abbe du couvent d'lzla (569-628) : comment 
taire sur tout le texte des Ecritures. 

Le patriarche Jesuyab II (628-644) : commentaire 
sur les Psaumes * . 

Theodore bar Koni (commencement du VII e s.) est 
l'auteur d'un recueil de scolies divis6 en pnze livres ; 
les quatre premiers livres ont pour objet FA. T. et les 
quatre livres suivants ont rapport au N. T. 2 . 

Elias, metropolitain de-Merv (vers 660) : commen- 
taires sur la Genese, Isaie, les douze petits Prophe- 
tes, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, TEccle- 
siaste, l'Ecclesiastique et les Epitres paulines; en plus 
une chatne des Pbres sur les quatre Evangiles. 

Nathaniel (fin du VI e s.) : commentaire sur les 
Psaumes. Cf. Addai* Scher, /. c, p. 12, n° XIII. 

Jacques, ev£que de Khalat (VIII e s.) : commentaire 
sur les Proverbes. 

Jesu bar Noun, patriarche nestorien en 823 : ques- 
tions sur les Ecritures en deux volumes 3 . 

Denha ou Ibas (vers 850 4 ) : commentaire sur les 
Psaumes 5 . 

Jesudad de Merv, ev6que de Haditha (vers 850) : 
commentaire sur la totalite de l'Ancien et du Nouveau 
Testament 6 . 

i. Cite par Jesudad, Diettrich, operecit., p. xxvm. 

2. Martin Lewin a publie les scolies sur Genese xii-l, Die Scholien 
des Theodor bar Kdni zur Patriarchengeschichte, Berlin, 4905. M. Lewiu 
a etabli que Theodore bar Koni vivait a la On du Vi e s. ou au commen- 
cement du VIl a . Nous reviendrons sup cet auteur et son livre des scolies 
dans la seconde partie, en parlant des ecrivains du VII e siecle. 

3. Un ms. a Cambridge, dont M. Rendel Harris a donne quelques 
extraits, Fragments of the comm. ofEphrem Syrus, Londres, 1893, p. 9G. 

4. Assemani le place sous le patriarche P6thion, mort en 740, mais 
Jean bar Zoubi le donne comme un disciple du patriarche Jesu bar 
Noun; Wright, Syriac liter., 2 e 6d., p. 218. 

5. Unextraitdanslachrestomathie intitul6eLe petit livre des miettes, 
|tol?a; Uaato, Ourmia, 1898, p.' 309. 

6. G. Diettrich, Ischo^dadWs Stcllung inder Auslegungsgeschichte des 

LITTER ATURE SYRIAQUE. ~ 5 



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74 LES €OMMENTAIRES 

Houb ou Ahob ou Job de Katar * (vers 900) : com- 
mentaire sur le N. T., sur le Pentateuque, les Juges 
et les Propbetes. 

Mikael Pinterprete 2 : questions sur les Ecritures en 
trois volumes. 

Henanjesu bar Seroschwai, £v&que de Hira (vers 
900) : questions sur les Ecritures. 

fibedjesu lui-m£me se donne dans son catalogue 3 
comme Fauteur d'un commentaire sur l'A. et le N. T. 

Nous possedons des compilations nestoriennes plus 
modernes dans diflferents ms. La plus volumineuse est 
Lejardin des delices mentionne plus haut. M. G. Hoff- 
mann a edite dans ses Opuscula nestoriana un com- 
mentaire des passages difficiles de l'A. T. intitule 
Dirstarsinos, et un autre du m6me genre pour l'A. et 
le N. T. 

En dehors de ces oeuvres originates, les Syriens pos- 
sedaient des traductions des commentaires grecs, les- 
quelles sont conservees en partie, dans leur forme pri- 
mitive ou dans des chaines des Peres. Ce sont : 

Les commentaires d'Hippolyte sur Ezechiel, les 
Psaumes, le Cantique des Cantiques, Daniel, saint 
Matthieu. Paul de Lagarde a publie dans ses Analecta 

Alten Testaments an seinen Commentaren zu Hosea, Joel, Jona, Sacha- 
ria 9-14, und einigen angehdngten Psalmen (extraits syriaques avec une 
trad, allemande), Giessen, 1902. M. Diettrich a 6tabli l'importance des 
commentaires de Jesudad qui forment le pont par lequei les com- 
mentaires de Theodore de Mopsueste ont passe chez les Jacobites. Pour 
le N. T., Jesudad est souvent cite" dans Lejardin des delices, voir J.-B. 
Chabot, Orient. Studien Theodor Noeldeke, Giessen, 1906, p. 493. Ct*. 
Baumstark, Rdmische Quartalschrift, XV, p. 273-280. 

1. L'ecriture du nom varie. voir R. Duval, Lexicon syr. Bar Bahlul, 
t. Ill, procemium, p. xix; Vandenhoff, Exegesis Psalmorum apud Syros 
Nestorianos, Rheine, 1899 ; J.-B. Chabot, Lejardin des dilices, p. 498. Le 
Lexicon de Bar Bahloul cite cet auteur pour Daniel. 

2. Assemani, B. O., Ill, part. 1, 147 : comp. The Book of the Bee, ed. 
Budge, Oxford, 1886, chap, lvii ; G. Hoffmann, Opuscula nestoriana, Kiel, 
1830, p. xxi ; Addai Scher, Revue de VOrient chrHien, 1906, p. 16j n° XVI. 

3. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 325. 



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DE LA BIBLE. 75 

syriaca y p. 79-91, d'apr^s des ms. du Mus6e britanni- 
que, des passages tires du commentaire sur Daniel, 
des scolies sur les Fsaumes, un extrait du commen- 
taire sur Ez^chiel. Ces fragments ont 6t& r&mprimes 
avec une traduction latine par 1'abbS P. Martin dans 
les Analecta sacra du card. Pitra, t. IV, p. 36-64, 
dans l'ordre suivant : 1° commentaire sur le Cantique 
des Cantiques, iv, 15-vi, 7. Mcesinger avait edit£ le 
commentaire complet dans les Monumenta syriaca, II, 
p. 9-31, d'apres un ms. du Vatican; dans ce ms. le 
nom de Tauteur n'estpas indiqu6; le titre porte : « Ex- 
plication et illustration du Cantique des Cantiques 
qu'un homme ami du travail a recueillies en les abr£- 
geant. » Moesinger croyait retrouver dans ce commen- 
taire celui de saint Ephrem, mais l'abbe P. Martin a 
observe que le texte biblique reproduit les Septante et 
non pas la Peschitto; le commentaire ne peutdonc pas 
&tre de saint Ephrem ; il est tres douteux qu'il soit de 
saint Hippolyte ; 2° autres petits fragments du meme 
commentaire ; 3° extraits du commentaire sur Ezechiel. 
Si Ton excepte les deux premieres pericopes et quel- 
ques passages, dit l'abbe P. Martin, tout le reste Con- 
corde avecne commentaire publie sous le nom d'E- 
phrem ; le texte denote un auteur syriaque ; 4° extraits 
du commentaire sui* Daniel. L'abbe P. Martin a etabli 
la concordance de ces extraits avec les divers frag- 
ments grecs publies ' . Le commentaire sur Daniel est 
mentionne dans la lettre de Georges, eveque des 
Arabes, relative a Aphraate; 5° autres extraits du 
m&me commentaire; 6° scolies sur les Psaumes; 

i. Comp. Die griechischen christi: Schriftsleller, Rippolytus par N. 
Bohwetscii et H. Achelis, Leipzig, 4897. Cette Edition contient une tra- 
duction des fragments syriaques elites par P. de Lagarde et l'abbe P. 
Martin et de ceux qui avaient 6t6 publics au siecle dernier par Simon 
de Magistris dans ses Acta Martyrum, Rome, 1795, p. 274 et suiv. 



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76 LES COMMENTAIRES 

7° scolies sur les iioms omis dans la G£nealogie de 
Jesus-Christ. Un passage du commentaire sur saint 
Matthieu, i, 11, est cit6 dans une chaine [Calal. Wright, 
p. 910, col. 1). 

Le commentaire d'Eustathius d'Antioche sur les 
Psaumes '. 

Le commentaire d'Eusebe de Cesar ee sur les Psau- 
mes 2 . 

Le commentaire de Gregoire de Nysse sur le Can- 
tique des Cantiques 3 . 

Le commentaire de saint Jean Chrysostome sur le 
N. Testament 4 . 

Le commentaire d'Athanase d'Alexandrie sur les 
Psaumes 5 . 

Les commentaires de Theodore de Mopsueste sur 
PA. et le N. Testament. Les ceuvres de Theodore ont 
ete traduites en syriaque, dans la premiere moitie du 
V e siecle, peu de temps apres la mort de leur auteur, a 
TEcole d'Edesse, par Ibas et ses disciples. Ce qui nous 
reste des commentaires de Theodore provient tres 
vraisemblablement de cette version. Ce sont des frag- 

4. Un fragment a £te imprimg par l'abb6 P. Martin dans les Analecta 
sacra du card. Pitra, t. IV, p. 212, n° VII. 

2. Catal. Wright j p. 35, col. 2; 36, 2; 423, 1. Dans une chaine, Catal. 
Wright, p. 909, sont cites les Zynj/uara d'Eusebe sur les Evangiles. 

3. Catal. Wright, p. 445, n° 565, ms. du VI* s. ; p 905, col. 2; 906, 1. 

4. Catal. Wright, p. 465-468, ms. du VI e s. : Homel. I-XXXII sur saint 
Matthieu ; p. 469-474, ms. du VI e ou V1I« s. : Homel. sur saint Jean ; p. 474- 
479 : Homel. sur les Epitres paulines ; comparer aussi, ibid., p. 907, col. 2. 
La Bibliotheque Rationale possede le comment, de 1'EpItre aux Ephe'- 
siens, Cat. Zotenberg, n° 69. 

, 5. Catal. Wright, p. 405, ms. date" de 599 ; le syriaque est souvent beau- 
coup plus court que le grec; un 6pitonr6 dans une chaine, ibid., p. 906, 
col. 4. 

La lettre d'Athanase a Mar cell in sur Tinterpre'tation des Psaumes a 6t6 
traduite en syriaque par l'abb£ Simeon a la demande du moine Bar- 
laha, comme il r6sulte de deux lettres publiCes par Gdioi, Rendiconti 
delta R. Aceademia dei Lincei, juin 4886, p. 5*7 et suiv. II existe encore 
quelques fragments de cette traduction, Guidi, I. c, p. 553; Wright, 
Catal., p. 36. 



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DE LA BIBLE. 77 

ments sur la Genese, les Psaumes, lespeiits Prophetes, 
saint Matthieu et FEpftre aux Hebreux ' ; et le commen- 
taire entier sur l'Evangile de saint Jean*. Ce dernier 
commentaire reproduit le texte du quatrieme Evangile 
et peut servir comme un t6moin ancien pour la cri- 
tique du texte evangelique, soit grec, soit syriaque. 

Le commentaire de Theodoret sur les petits Prophe- 
tes, cit£ dans une chaine 3 . 

Le commentaire d'Hesychius de Jerusalem sur les 
Psaumes; extraits au Musee britannique 4 . 

Les commentaires de Cyrille d' Alexandrie sur la Ge- 
nese, TExode, Isai'e, les petits Prophetes, et sur le Nou- 
veau Testament 5 . 

Le commentaire d'Olympiodore, diacred' Alexandrie, 
sur Job et l'Ecclesiaste 6 . 

Le commentaire d'GEcumenius sur l'Apocalypse 7 . 

Ebedj6su cite encore, dans la premiere partie de so a 
catalogue, d'autres commentaires d'auteurs grecs, qui 
semblentne pas s'&tre conserves en syriaque. 



i. Publics, d'apres des ms. du Musee britannique (dont un du VI e s.). 
par P. de Lagarde, Analecta syr., Leipzig, 1868, p. 107 et 108, et par Sa- 
chac, arec une traduction latine, Theodori Mopsuesteni fragmenta sy- 
riaca, Leipzig, 1809. — Cf. Baethgen, Der Psalmencommentar des Theo- 
dor Mopsuestis, Zeitschr. f. die alttest. Wissensch., V, 1885, p. 53; Meh- 
cati, Un palimpsesto Ambrosiano dei Salmi esapli, Turin, 1890, p. 15. 

2. Publie par M. l'abbg Chabot, Commentarius Theodori Mopsuesteni 
in Evangelium Johannis, Paris, 1897, d'apres un ms. de la Bibliotheque 
nationale; comp. Journal asiatique, juillet-aout!894, p. 188. 

3. Catal. Wright, p. 917, col. 2. 

4. Catal. Wright, p. 35, 2; 36, 2 ; 121, 1 ; 916, 2; 1002, 2. 

v 5. De nombreux fragments au Musee britannique, Cat. Wright, Ge- 
neral index sous le nom Cyril of Alexandria. Cette bibliotheque 
possede le commentaire sur saint Luc, complet sauf quelques lacunes; 
il a Cte publie par Payne Smith, S. Cyrilli commentarii in Lucas Evan- 
gelium, Oxford, 1858; traduction anglaise, A commentary upon the Gos- 
pel according to S. Luke by S. Cyril, Oxford, 1859, 2 vol.; Wright a edite 
quelques nouveaux fragments, Fragments of the Homilies of Cyril of 
Alexandriaon the Gospel of S. Luke, Londres, 1874. 

6. Catal. Wright, p. 904, col. 2; 906, 2. 

7. Catal. Wright, p. 917, col. 1. 



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H 



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VIII 

LES APOCRYPHES CONCERNANT l'anCIEN 
ET LE NOUVEAU TESTAMENT. 

§ 1. — Les apocryphes de l'Ancien Testament. 

II existe des versions syriaques des textes que la 
version des Septante renferme parmi les cleuterocano- 
niques. Lagarde a edite, avec ces derniers ' : TEpitre 
de J Premie, les deux Epitres de Baruch, le Cantique 
d' Ananias 2 et de ses compagnons, l'histoire de Bel et 
du Dragon. 

Wright 3 a edite, d'apres un ms. de Cambridge et 
un ms. du Vatican, cinq psaumes apocryphes. Le 
premier, traduit des Septante, est le psaume CLI qui 
est connu par le Codex Ambrosianus. Le second est 
une priere qu'Ezechias prononca lorsqu'il eiait entoure 
d'ennemis. Le troisieme est un cantique des Israelites 
qui avaient obtenu de Cyrus Tautorisation de retourner 
dans leur patrie. Le quatrieme fut chante par David 
pendant qu'il combattait le lion et le loup qui avaient 
ravi un mouton de son troupeau. Le cinquieme est un 



i'.Libri Vet. Test, apocryphi syriace, Leipzig, 1881. 

2. Dans les Septante : Azarias. 

3. Dans les Proceedings de la Society of Biblical Archaeology, t. IX, 
jujn 1887, p. 257-366. 



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80 LES APOCRYPHES 

cantique de David apres sa victoire sur le lion et le 
loup. 

L'Apocalypse de Baruch est conservee en syriaque 
dans le Codex Ambrosianus*. La version syriaque 
faite sur un original grec aujourd'hui perdu, se divise 
en deux parties : Tune form^e des chap, i-lxxvii, et 
Tautre des chap, lxxviii-lxxxvi (cette derniere est 
la- premiere Epitre de Baruch dans Tedition des 
Apocryphes de Lagarde, mentionnee ci-dessus, p. 88- 
93). La premiere partie n'existe que dans le codex Am- 
brosianus ; la seconde partie se trouve encore dans 
d'autres ms. M. Charles a publie une etude critique de 
cet apocryphe et un expose des precedents travaux 
auxquels il a donne lieu; il Ta traduit en anglais et a 
reedite les chap, lxxviii-lxxxvi 2 . 

Le quatrieme livre d'Esdras et le quatrieme livre des 
Macchabees ont ete £dites par M. Ceriani d'apres le 
codex Ambrosianus 3 . Une nouvelle edition du qua- 
trieme livre des Macchabees, commence par Bensly, 
a ete publiee par Barnes 4 . Elle reproduit le codex 
Ambrosianus avec des variantes d'autres ms. Elle com- 
prend, en outre, six textes syriaques relatifs au mar- 
tyre des Macchabees. 

De la Parva Genesis ou Livre desjubiles > il ne s'est 

4. Public en photolithographic par Ceriani, Monumenta sacra et pro- 
fana, t. VII, Milan, 4874. M.. Ceriani avail traduit en latin cet apocryphe 
en 1866, et il avail donne* une premiere Edition du texte en 4871, Mo- 
numenta sacra etprofana, 1. 1, fasc. II, p. 73-98. 

2. The Apocalypse of Baruch translated from the syriac, Londres, 
1896. 

3. Monumenta sacra et prof ana, vol. V, fasc. I; dans le premier vo- 
lume, fasc. II, M. Ceriani avail donn£ une version latine de l'apocryphe 
syriaque. Dans le Codex Ambrosianus, a la suite du IV e livre des Mac- 
cabees, se trouve un cinquieme livre, qui n'est autre que le sixieme 
livre du De bello judaico de Josephe, ainsi que l'a eMabli M. Kottek, 
Das sechste Buch des Bellum judaicum, Berlin, 4886 (avec le texte sy- 
riaque des chap, i et ii). 

4. The fourth Book of Maccabees and kindred documents in syriac, 
Cambridge, 1895. 



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DE L'A. TESTAMENT. 81 

conserve en syriaque qu'une section 4 . II n'existe ega- 
lement que des fragments de la redaction chretienne et 
orientale du Testament d'Adam 2 . Mais les deuxieme 
et troisieme parties de ce dernier apocryphe se re- 
trouvent, avec de nouvelles legendes, dans la Caverne 
des tresors. La premiere partie, Le combat d'Adam et 
d'Eve, est remplacee dans la Caverne des tresors par 
une description de la creation qui forme la base de 
THexam^ron de pseudo-Epiphane. 

La Caverne des trdsors, i^i&i©, appartient a la lite- 
rature des Litres desjubiles, qui traitent de l'histoire 
fabuleuse des tribus d'Israel. Le titre complet de cet 
apocryphe est : « Livre de la descendance des tribus 
ou la caverne des tresors, qui a ete compose par saint 
Ephrem. » L'attribution a saint Ephrem n'est pas 
exacte, car Tceuvre est posterieure a ce Pdre et ne 
remonte gu&re plus haut que le VI e siecle, mais elle 
sort vraisemblablement de son ecole. En tout cas, le 
livre a ete ecrit en Mesopotamie ; comme le remarque 
Tediteur 3 , la langue syriaque y est nominee la reine 
de toutes les langues; elle est la langue primitive que 
parlaient tous les peuples avant la confusion de la Tour 
de Babel ; les Syriens n'ont pris aucune part au cruci- 
fiement du Christ, etc. 

4. fed i tee par Ceriam, Monumenta sacra et pro fana, t. II, fasc. I, p. ix. 
— Cf. R. A. Charles, The ethiopic version of the hebrewBook of Jubi- 
lees..., Oxford, 1895. 

2. Manuscrits du Vatican 58 et 164, et plusieurs ms. du Musee britan- 
nique, Wright, Catal., General index* sousle mot Adam. Ces fragments 
ont 616 publics par Renan, Journal asiatique, nov.-dec. 1853, p. 427, et 
Wright, Contributions to the apocryphal Literature of the N. T., Lon- 
dres, 4865, p. 61. — Cf. Carl Rezold, Orientalische Studien Theodor 
Noeldeke, Giessen, 1906, p. 893. 

3 Carl Bezold, Die Schatzhcehle aus dcm syrischen Texte uebersetzt, 
Leipzig, 1883. M. Bezold a public le texte syriaque et la version arabe a 
Leipzig en 4888. Com p. Lagarde, Mittheilungen, 111,43; IV, 6. M me Gibson 
a public une version arabe fort difTerenle : Apocrypha arabica ; Sludia 
sinaitica, VIII, Londrcs, 4901. 

5. 



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tit LES APOCRYPHES 

Le titre de Caverne des trisors ne convient, en fait, 
qu'a lapartie concernant les patriarches. Adam, chass6 
du Paradis, se retire sur une montagne voisine et s'a- 
brite dans la caverne oti il depose Tor, la myrrhe et 
l'encens qu'il a emportes du s£jour des delices. Adam 
et les patriarches quilui succ^dent, sanctifient par leurs 
offrandes a Dieu la caverne qui leur sert de tombeau 
apres leur mort jusqu'au Deluge. A ce moment, Noe 
transporte dans l'Arche les reliques d'Adam ayec Tor, 
la myrrhe et l'encens. Apres le Deluge et la mort de 
Noe, Sem et Melchis^dec, conduits par un ange, depo- 
sent ces reliques au centre de la terre « ou se reunissent 
les quatre parties de l'Univers », au Golgotha qui s'en- 
tr'ouvre en forme de croix pour les recevoir. C'est au 
Golgotha qu'Adam recevra le bapt&me par le sang et 
l'eau qui couleront de la plaie du Sauveur; c'est sur le 
Golgotha que son peche lui sera remis. Apres Sem, il 
n'est plus question de cette caverne. 

Dans cette literature rentrent encore les legendes 
recueillies par Salomon, ev6que de Bassoravers 1222, 
et consignees dans son Livrede Vabeille*. Quelques- 
unes de ces legendes sont, pour le fond, les m&mes 
dans ce livre et dans la Caverne des tresors; mais le 
Livre de I'abeille est beaucoup plus riche en documents 
de ce genre. La Caverne s'arr&te apres la Passion du 
Christ; Salomon poursuit son histoire plus loin; il 
ajoute : les missions des ap6tres ; les listes des patriar- 
ches nestoriens, des rois Achemenides, des Ptolemees, 
des empereurs romains ; une prediction de la conqu&te 
musulmane tirde de La revelation a Methodius en pri- 
son; un recit sur Gog et Magog et la porte d'airain 

' 1. Buitoe, The Book of the bee, avcc une traduction anglaise, Oxford, 
1886. Il a et6 traduit en latin par Scuoenfelder, Salomonis liber Apis , 
Bamberg, 486tf. Une^analyse dans Assemaw, B. 0., Ill, part I, p. 309-324. 



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DE L'A. TESTAMENT. 83 

(T Alexandre , irnite* de pseudo-Callisthene ; un autre 
r6cit sur la venue de 1' Antichrist ; enfin plusieurs cha- 
pitres de th^ologie qui n'ont aucun rapport avec l'his- 
toire. 

h'Entrelien de Moise avec Dieu sur le mont Sinai 
s'est retrouve en syriaque et a &t6 publie par M. Hall 
dans Hebraica, VII, p. 161. 

L'Histoire de Joseph et Aseneth a 6te traduite du 
grec en syriaque par Moise d'Aghel (vers 570) *. La 
version de Moise concorde avec le grec publie par 
M. Tabbe Batiffol, mais elle est incomplete; le grec 
sert a combler les lacunes du syriaque '. Une traduc- 
tion latine a ete* faite sur le syriaque par G. Oppen- 
heim, Fabula Josephi et Asenethse apocrypha e libro 
syriaco latine versa, Berlin, 1886. 

Certains apocryphes circulaient sous le titre de Tes- 
taments, attribues k des personnages bibliques. En 
dehors du Testament d'Adam, on connattle Testament 
de Levi 3 , et le Testament de Salomon adressi a son 
fils Roboam 4 . 

Les Vitse Prophetarum existent dans plusieurs re- 
censions syriaques et grecques. On a cru a tort que 
les textes syriaques repr^sentent Foriginal et que les 
textes grecs sont de$ traductions du syriaque 5 . 

4. Elle a et6 inseree dans la compilation faite par un monophysite de 
YHistoire eccUsiastique de Zacharie le Rh&eur, et elle a et6 publiee 
par M. Land dans le in e vol. des Anecdota syriaca, p. 48 et suiv. 

On ne doit pas comprendre par mi les apocryphes YHistoire de Jo- 
seph, fils de Jacob, un poeme en douze chants attribue a saint Ephrem, 
et public par M. Bedjan ; il exis'.e dece poeme une version arabe, Calal. 
Zotenberg, n° 65, 5°. 

8. Voir P. Batiffol, Sludia patristica, Paris, 4889; Land, op. cit., 
p. xvii ; Sachau, Hermes, 4870, t, IV, p. 77. 

3.Un ex trait au Musce britannique, Catal. Wright, p. 997, col. 4. 

*. A la Bibliotheque nationale en carschouni (arabe dcrit en caracteres 
syriaques), Catal. Zotenberg, n° 494, 23°. 

5. H. Nestle a public, d'apresdes ms. du Musee britannique, une re- 
cension syriaque des Vitse Prophetarum daus la Syrische Grammatik, 



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84 LES APOCRYPHES 

On mettait sous le nom de Daniel et d'Esdras divers 
ecrits pseud^pigraphiques. Une apocalypse est intitu- 
lee : Daniel lejeune, concernant Notre- Seigneur et la 
fin du monde K . Une autre apocalypse relative au 
royaume des Arabes porte le titre suivant : Question 
que posa Ezra le Scribe quand il etait dans le desert 
avec son disciple Karpos 2 . L'auteur de cette produc- 
tion tardive (posterieure a la conqu^te arabe 3 ) s'est 
servi du lV e Livre d'Esdras et a emprunte ses figures k 
Daniel et a T Apocalypse de saint Jean. M. Iselin, dans 
P etude qu'il a consacr^e a cet apocryphe 4 , arrivait a la 
conclusion « que l'Apocalypse d'Esdras est compos^e 
d'elements empruntes a une ou plusieurs apocalypses 
juives retouchees par un chretien ». Mais cette conclu- 
sion, influence paries recentes theories de M. Fischer 
sur l 1 Apocalypse de saint Jean, est rejet^e par M. Cha- 
: bot qui croit, avec raison, semble-t-il, « que TApocalypse 
d'Esdras est tout simplement une bizarre composition, 
un amalgame de figures bibliques mal combinees, une 
compilation r£dig£e par un auteur chretien de la Syrie 
uniquement k Taide de ses souvenirs bibliques et sans 



2 e ed., Berlin, 4888, n° III de la chrestomathie. Une autre recension est 
inseree dans YHistoire de Michel le Syrien. M.Hall a traduit aussi une 
recension dans Journ. of the exegetical Society, 1887, p. 28; comp. 
ibid., 1887, p. 97; 1888, p. 63; Nestle, Die dem Epiphanius zugeschrie- 
benen Vitse Prophetarum dans Marginalien und Mater ialiin, Tubingue, 
4893. 

1. Catal, Wright, p. 19, col. 4. 

2. Publiee avec une traduction allemande par Bj:thgem dans la Zeit- 
schr. fur die alttcst. Wissenschaft, 1886, 200-240; et avec une traduction 
francaise par M. Chabot, Revue semitique d'Halevy, 4894, 242-250, et 333- 
346. Traduction anglaise par Hall, Presbyterian Quarterly, 4886. 

3. Assemanj, B. 0., Ill, I, 282 et suiv., en placait la composition apres 
la prise de Constantinople par lcs Turcs. BI. Chabot estime qu'on ne 
doit pas descendresibas; les ev6nements auxquelsil est fait allusion 
dans cet ecrit, se rapportent au premier siecle de l'Hegire. 

5. Apocalyptische Studien; die Apocalypse des Esra in syrischer 
Sprache von Prof.Bsethgen verdffentlicht dans la Thcol. Zeitschrift aus 
der Schweiz, 4887, p. 60-64. 



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DE L'A. TESTAMENT. 85 

qu'il ait eu sous la main des documents aujourd'hui 
perdus * . » 

Sous le nom d'Esdras figurent encore un 6crit sur la 
Nativite de Notre- Seigneur 2 , et un traite sur Talchi- 
mie. Quelques-unes des preparations chimiques qui, 
sont attributes a ce personnage biblique sont conser- 
ves dans un ms. de Cambridge avec le titre de Livre 
d'Ezra le Scribe savant et ont ete traduites dans la 
Chimie au moyen dge de M. Berthelot (Paris, 1893, 
II, p. 294-296) 3 . 

II existe en arabe une Histoire de la transportation 
des Israelites a Baby lone par Nabuchodonosor au 
temps de Jeremie, qui, selon M. Zotenberg 4 , est d'ori- 
gine juive, mais a <M passer en arabe par un interme- 
diate syriaque. Cette histoire tres developpee com- 
mence par les luttes entre Jeremie et Sedecias et 
s'etend jusqu'au retour des Juifs et au retablissement 
du Temple. 

\J Histoire d'Ahikar, le Scribe du roi d'Assyrie, Sen- 
nacherib, et de son neveu Nadan, a ete ecrite en he- 
breu ou en aram£en avant l'ere chretienne, peu de 
temps avant le livre de Tobie, avec lequel elle offre 
des points de contact. Quelques traces de cet apocryphe 
se trouvent dans les anciens documents Chretiens. L'ori- 
ginal est perdu, mais on a plusieurs recensions (en 
syriaque, en arabe, en ethiopien, en arm&iien, en grec 
et en slavon), qui ont ete publiees avec une traduction 



1. Revue s6mitique^ 1894, p. 343. 

2. Un extrait au Mus£e brilannique, Cat. Wright, p. 352, col. 2. 

3. 11 est a remarquer que, dans d'autres ms, les m£mes preparations 
font partie du livre X du traite* de pseudo-Democrile. Le nom d'Ezra 
|Jp>, et le mot dix en syriaque, \\*o± esra, ont assez d'analogie pour 
expliquer cette confusion. 

4. Catal. syr., n° 65, 3°; le n° 238, 8°, renferme le meme apocryphe 
avec des variantes; de meme, les n°» 273, 4 a , et 276, 15°. 



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86 LES APOCRYPHES 

anglaise par M. Rendel Harris, M. Conybeare et 
M me Lewis (et une introduction de M. Rendel Harris) *. 

VHistoire des Rechabites, racontee par Zosime, 
existe dans plusieurs recensions syriaques; elle est 
d'origine juive, mais c'estsur une version grecque que 
Jacques d'Edesse la traduisit en syriaque 2 . 

La Legende de Bahira, d'origine chretienne, se 
compose de trois parties distinctes renfermant des vi- 
sions apocalyptiques : la premiere partie semble &tre 
de la fin du XI e siecle ou du commencement du XII e : la 
deuxieme partie, la veritable Ligende de Bahira, peut 
&tre de beaucoup plus ancienne; la troisieme partie 
neparalt pas 6tre tres posterieure a la premiere. M. Got- 
theil a edite les textes syriaques et arabes de cette 
legende avec une traduction anglaise 3 . 

§ 2. — Les apocryphes du Nouveau Testament. 

Les apocryphes relatifs au Nouveau Testament sont 
largement representes dans la litterature syriaque. En 
dehors du Testament de Notre-Seigneur, qui fait l'ob- 
jet du premier livre des Constitutions apostoliques ari- 
ses sous le nom de saint Clement, on connait un Tes- 
tament de Notre-Seigneur donne aux disciples sur le 



1. The Story of Ahikar by F, C. Conybeare, J. Rendel Harris and 
Agnes Smith Lewis, Londres, 1898; le texte glhiopien edite" par Cornill 
et le texte slavon n'ont pas ete reira primes. Cette edition a suscitg une 
nouvelle etude de cette Histoire : Cf. Cosqbin, Uhistoire d'Ahikar 
dans la Revue biblique, i899, p. 50-52 et 510-531 ; Theodore Reikach, Revue 
des iludes juives, 1899, p. 1 ; Lidzbarski, Deutsche Literaturzeitung, 
1899; Halevv, Revue semilique, 1900, p. 23; Marc, Die Akhikarsagen, 
Berlin, 1902. 

2. Edited avec une traduction francaise par H. Nau, Les fils de Jona- 
dab, fils de Rechab et les ties Fortunies, Paris, 1899. L'gditeur en signale 
1'importance pour la litterature apocryphe et pour le mythe gSographi- 
que des lies Fortunes. 

3. Gottheil, A christian Bahira Legend, New-York, 1903. 



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DU N. TESTAMENT. 87 

mont des Oliviers, et un Testament de Notre-Seigneur 
adresse a saint Pierre { . 

Le Testament de Notre-Seigneur, mis en t6te des 
Constitutions apostoliques, dont l'6dition de Lagarde 
(voir ci-apres, p. 94) ne contient que des extraits, a 6te 
publie en entier par M. Rahmani d'apres un ms. de Mos- 
soul et un ms. du Musee Borgia 2 . Suivant ces ms., la 
version syriaque a ete faite par Jacques (d'Edesse) en 
998 des Seleucides (687 de J.-C). 

UEvangile de Thomas Vhebreu ou YEnfance de 
Notre-Seigneur existe dans une recension syriaque qui 
differe des recensions grecque etlatine. Lems. syriaque 
du Musee britannique qui la renferme 3 omet le premier 
chapitre du texte grec. La Bibliotheque nationale pos- 
sede une version arabe dans deux ms. ecrits en carac- 
t&res syriaques 4 . 

M. Budge a public : 1° L'Histoire de la Vierge Marie 
et de la vie de Notre-Seigneur sur la terre, un apo- 
cryphe qui donne un resume suffisamment complet du 
Protevangile de saint Jacques, de YEvangile de 
pseudo-Matthieu, de XEvangile de Thomas Vhebreu, 



1. Cat. Vat., t. Ill, p. 506 et 507 ; Catal. ZoU, n° 194, 20°; n° 232, 3°. 

2. Ignatius Ephraem II Rahmani, Testamentum D. N. Jesu Christi nunc 
primum edidit, latinq reddidit et illustravit, Mayence, 1899. Cette Edi- 
tion provoqua de nombreuses etudes critiques, dont nous ne pouvons 
mentionner que quelques-unes : Funk, Das Testament unseres Herrn 
und die venvandten Schriften, Mayence, 1901 ; Nau, Fragment in&dit 
d'une tradition jusqu'ici inconnue du Testamentum D. N. Jesu Christi, 
Journ. Asialique, mars-avril 1901, p. 233; Baumstark, Ueberlieferung 
wnd Bezeugung der dia6rjx^ Rdmische Quartalschr., XIV, p. 1 ; Arend- 
zsn, A new syriac Text of the apocalyptic part of the Test, of our 
Lord, Journ. of theol. Studies, II, 401 ; Cooper et Maclean, The Test, of 
our Lord translated..., Londres, 1902; Guerrier, Le Test, de N.S., essai 
sur la partie apocalyptique, Lyon, 1903. 

3. Public par Wright, Contributions to the apocryphal Literature of 
the N. T., Londres, 1865 ; comp. Teschendorf, Apocalypses apocryphee, 
Leipzig, 1866, p. liii ;x Cowper, The apocryphal Gospels, Londres, 1867, 
p. lxxv et ex. 

4. Catal. Zotenberg, n° 238, 7° ; n° 273, 3°. 



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88 LES APOCRYPHES 

deVlZvangile de la Nativite de la Vierge et du Transi- 
tus; 2° l/Histoire du portrait de Jesus que les Juifs de 
Tiberiade firent pour s'en moquer. En appendice, 
M. Budge a reimprime les fragments syriaques du 
Prote'vangile de saint Jacques et de YEvangilede Tho- 
mas Uhebreu que Wright avait edites *. 

La version syriaque, ensixlivres, du Transitus Bea- 
tae Mariae existe au Musee britannique, et a ete pu- 
blie'e par Wright avec une traduction anglaise 2 . Du 
meme genre est un autre apocryphe intitule : Les ob- 
seques de Notre-Dame Marie, egalement publie par 
Wright 3 . 

Une priere est attribute a saint Jean-Baptiste 4 . 

L 1 Apocalypse de saint Paul est conservee dans deux 
ms. syriaques du Vatican 5 . 

L'Evangile des douze Apotres, avec les revelations 
qui leur furentfaites, appartient au VIII e siecle. II a et£ 
publie par M. Harris 6 . 



1. A. Wallis Budge, The History of the Blessed Virgin Mary and the 
History of the Likeness of Christ, I, the syriac texts; II, English trans- 
lations, Londres, 1899. Cf. Wright, Contributions to the apocryphal Lite- 
rature of the N. T., Londres, 4865. Le Prote'vangile de S. Jacques et 
le Transitus Beatae Mariae ont ete relmprimes d'apres un palimpseste 
du couvent de Sainte-Catherine au mont Sinai par M m * Lewis dans 
Studia sinaitica, n° XI, Londres, 4902. Sur les ms. du Prote'vangile de 
saint Jacques se trouvaot a Paris, voir Zotenberg, Catal., n° 232, 8; 

n° 238, 470. 

2. Wright, Journal of sacred Liter., 4« serie, vol. VI et VII, 4865. Cf. 
Cureton, Ancient syriac Documents, Londres, 486*, p. 110, n° 6 ; Bickell, 
Theol. Quartalschr., 1866, p. 465. 

3. Dans Contributions to the apocr. Liter, of the N. T., Londres, 1865. 

4. Catal. Zotenberg, n° 12, 20°. 

5. Catal. Vat., 374 et 472. La version syriaque a et6 traduite en alle- 
mand par Zingerle, Vierteljahrschrift, IV, p. 139; 6dit6e par Perkins, 
Journal of American or. Society, VIII, 182 ; et r6imprim£e dans le Journ. 
of sacred Literature, 1865, p. 372. Sur V Apocalypse de saint Pierre, un 
apocryphe arabe du VIII 6 siecle, voir E. Bratke, Handscr. Ueberlie- 
ferung und Bruchstucke des arab.-dthiop.Petrus-Apokr. dans XnZeitschr. 
f. wissensch. Theologie, 1893, p. 454-493. 

6. Remdel Harris, The Gospel of the twelve Apostles with the apoca- 
lypses of each one of them, Cambridge, 1900. ^ 



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DU N. TESTAMENT. 81) 

La bibliotheque du couvent de Sainte-Catherine aii 
mont Sinai' possede le texte syriaque et le texte arabe 
de V Anaphora Pilatiet de la Paradosis Pilati*. 

On doit encore a Wright la connaissance des Actes 
apocryphesdes Apotres, qu'il a recueillisdans plusieurs 
ms. syriaques et r£unis en une collection 2 . Cette col- 
lection comprend : 1° YHistoire de saint Jean a £phese> 
histoire qui, dit le titre, fut composee par Eusebe de 
C£sar£e, d'apres un livre grec, et traduite ensuite en 
syriaque. C'est une composition postSrieure aTHistoire 
eccl£siastique d'Eusebe. Le texte syriaque a Tavantage 
de reproduire un original grec perdu ou inedit ; 2° le 
Decks de saint Jean, traduction de la derniere par- 
tie (a partir du ch. xv) du texte public par Teschen- 
dorf ; 3° une portion des negiodoc de saint Philippe, 
qui n'existe pas dans le texte grec et qui contient 
le recit de la conversion du juif Ananias et de la ville 
de Carthage ; 4° les Actes de saint Matthieu et de saint 
Andr6, traduits du grec 3 ; 5° YHistoire de sainte The- 
cle, disciple de VApdtre Paul, traduite du grec 4 ; 
6° les Actes de saint Thomas 5 . 

4. Ces textes ont 6t6 publics par Mrs. Gibson, Apocrypha sinaitica 
dans Studia sinaitica, n° V, Londres, 1896. Le texte syriaque comprend 
en outre les lettres de Pilate et d'Herode que Wright a edit£es, d'apres 
le ms. Add. 14609 du Muse'e britannique, dans ses Contributions to the 
apocryphal Literature of the N. T. 

2. Apocryphal Acts of the Apostles, Londres, 1871 ; vol. I, le texte sy- 
riaque; vol. H, la traduction anglaise. 

3. Une redaction s'yriaque differente existe a la Bibliotheque nalio- 
nale, Catal. Zotenberg, n° 234, 40. 

4. Cette histoire est comprise dans Le livre des femmes avec les his- 
toires de Ruth, d 'Esther, de Judith et de Suzanne; comp. Catal. Wright, 
p. 98, 651, 1042 et 1123. M mo Lewis a collationng cette Edition de YHistoire 

de Thecle avec un palimpseste du Sinai, Studia sinaitica, n° IX, Lon- 
dres, 1900, Appendix II; dans V Appendix I, elle a publie YHistoire de 
Suzanne. 

5. Dans le IIP vol. de ses Acta martyrum et sanctorum, Paris, 1892, 
le P. Bedjan a donne une edition amplified des Actes syriaques de 
Thomas. Cette rendition reproduit le texte de Wright avec les variantes 
et les nombreuses additions du ms. de Berlin. Le texte de Wright est 



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90 LES APOCRYPHES 

Comme le remarque Wright, les Actes de saint Tho- 
mas sont la pi6ce capitale de sa collection. Au moment 
ou cette collection paraissait, on ne connaissait pas en- 
core, dans sa totaiite, la redaction grecque de ces actes, 
dont TSdition complete a 6te faite par M. Max Bonnet 
[Acta ThomsBy Leipzig, 1883). L'^dition Bonnet Con- 
corde entierement avec la redaction syriaque*. Mais le 
caractSre gnostique, dont ces actes portent une em- 
preinte plus marquee qu6 les autres apocryphes du 
mSme genre, est moins sensible dans le texte syriaque 
qui a et£ retravaill6 au point de vue orthodoxe. V Hymne 
sur la sagesse, par exemple, que saint Thomas chante 
dans le premier de ses actes, devient en syriaque une 
hymne sur l'Eglise. Mais, par un heureux hasard, le 
syriaque a conserve une hymne gnostique sur Ykme 
que les autres recensions ne possedent pas 2 . 

L'origine syriaque de l'hymne sur T&me n'est pas 

divise* en huit actes (nqdlseif) comme le grec (Cd. Bonnet) ; l'ldilion de 
Bedjan comprend seize actes, mais elle n'a pas l'hymne sur Fame 
qui manque dans le ms. de Berlin et dans celui de Cambridge, voir Ca- 
tal. of the syriac ms. of Cambridge, p. 702. Des fragments des Actes de 
saint Thomas ont ete publies par M. Burkjtt d'apres un ms. du Sinai 
dans Studia sinaitica, n° IX, Londres, 4900; d'autres fragments ont et6 
edited d'apres un palimpseste du Sinai par M*« Lewis, Acta mythologica 
Apostolorum dans Horae semiticae, III (trad., IV), Londres, 4904. 

1. Lipsius, Die apokryphen Apostelgeschichten und Aposlellegenden, 
Brunswick, 4883, t. I, p. 232. Cf. Bonnet, Acta Apostolorum apocr., 
vol. II, pars 4, Leipzig, 4898 ; vol. II, pars 2, Leipzig, 4903. 

2. M. Noeldekb a le premier, dans son compte rendu de la publica- 
tion de Wright, Zeitschr. der deut. morg. Gesell., 4870, t. XXV, p. 670, 
reconnu le caractere gnostique de ce morceau. Les critiques se sont 
ranges a son avis, savoir : M. Karl Macke, qui atraduitcette hymne dans 
la Theologische Quartalschrift de Tubingue, 4874, p. 3-70; M. Lipsius, 
qui en a donne egalement une traduction allemande, Die apokr. Apo- 
stelg., 1. 1, p. 292-300; et M. Be van qui a reeditg le texte de l'hymne avec 
une traduction anglaise dans les Texts and Studies de M. Armitage 
Robinson, vol. V, n° 3, Cambridge, 4897. M. Bonnet en a retrouve* une 
version grecque, Acta Apostolorum apocr,, vol. II, pars 2, Leipzig, 4903, 
p. 409. M. G. Hoffmann a reimprimg, traduit et comments les deux 
hymnes, Zwei Hymnen der Thomasakten dans la Zeitschr. f. die neu- 
test. Wissenschaft, 4903, p. 273-309. Cf . Preuschen, Zwei gnostische Hym- 
nen ausgelcgt, mil Text und Uebersetzung, Giessen, 4904. 



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DU N. TESTAMENT. 9i 

contests, et il~y a de grandes probabilities pour que les 
actes aient 6t6 entierement composes en syriaque en 
Orient, puis aient passe en Occident dans une version 
grecque. M. Macke* s'est prononcS dans ce sens,, et 
son avis a ete confirm^ par M. Noeldeke apr£s un exa- 
men compart de T^dition de Wright et de T6dition de 
M. Bonnet 2 . Wright avait d£j& signale le style ar- 
chaique de la redaction syriaque. On aremarqu6 depuis 
que les differentes hymnes contenues dans cette redac- 
tion sont composees en vers de six syllabes, dont les 
irregularites de mesure (dans quelques-uns de ces vers) 
s'expliquent par les retouches d'un copiste orthodoxe. 
L'auteur avait un souvenir precis des temps et des lieux 
ou il place lep 6v6nements qu'il raconte ; la route suivie 
par Tapdtre se rendant aux Indes est bien celle que 
prenaient les marchands au commencement de l'ere 
chr&ienne; les rois Gondophar etMazdai, mis en scene 
dans cette histoire, r^gnaient eflfectivement a cette 
epoque 3 . M. Noeldeke concluait que ces actes ont 6te 
Merits a Edesse, et sont de Tecole de Bardesane. L ? e- 
poque de leur composition, ajoute M. Lipsius, est Tan- 
n6e 232, date de la victoire d' Alexandre Severe sur 
Artaxerxes et du transfert des reliques de l'ap6tre k 
Edesse. Cest ce transfert qui a ete l'occasion de la 
redaction des actes de saint Thomas. Nous aurions 
ainsi un document certain de l'influence que les idees 

*. Voir note prec6dente. 

2. Dans Upsius, Die apocr. Apostelgesch., t. II, 2« partie, p. 423-435 ; 
comp. Harnack, Die Chronologie der altchrist. Litteratur bis Eusebius, 
Leipzig, 1893, 1, 545-5*9; et Burkitt, The original language of the Acts 
°f Judas Thomas dans Journal of theological studies, I, 2, 1900, p. 280- 
**>• Suivant m. Burkitt, cette hymne a 616 composed par Bardesane lui- 

' meme au commencement du Hl e siecle. 

3. Von Gutschmid, Die Kcenigsnamen in den apocryphen Apostelge- 
*chichten dans le Rheinisches Museum fur Philologie, 1864, 164-183, et 
3W-401, ou Kleine Schriften, n, 332-394 ; Sylvain L£vi, Journal asiatique, 
janv.-fev. 1897, p. 27. 



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92 LES APOCRYPHES 

gnostiques exer^aient encore sur l'Eglise d'Edesse 
dans la premiere moitie du troisieme si&cle de Fere 
chretienne. 

La popularity dont les Actes de saint Thomas joui- 
rent en Syrie sexplique autant par la veneration 
qu'inspirait le tombeau de Tap6tre k Edesse que par 
l'origine syriaque des actes. Jacques de Saroug com- 
posa une homelie mStrique sur le palais que l'apdtre 
Thomas construisit pour le roi des Indes 4 . Les diffe- 
rents actes de la mission de Tapdtre ont ete mis en 
vers par Giwargis d'Alkosch, un auteur nestorien du 
XVIIPsiecle 2 . 

L'Hisloire de saint Pierre et YHistoire de saint Paul 
ont ete publiees en syriaque par M. Bedjandans le pre- 
mier volume des Acta mar ty rum et sanctorum 3 . Le 
deuxieme volume de cette collection renferme le 6W- 
loque de saint Pierre avec Vempereur Neron. 

La legende de Y Invention de la te*te de saint Paul 
est reproduite dans plusieurs documents syriaques; 
elle est quelquefois inseree dans la lettre apocryphe de 
Denys TAr6opagite a Timothee sur le martyre de saint 
Pierre et de saint Paul 4 . On la trouve encore dans le 
Livre de Vabeille et dans une chronique syriaque 5 . 



1. Editee par Schroeter, Zeitschr. der deut, morg. Gesell., t. XXV, 
p. 321, et t. XXVIII, p. 584. 

2. Ge petit poeme a 6t6 public par le P. Cardahi, Liber thesauri de 
arte poetica Syrorum, p. 130. Barhebraus a resume les actes de saint 
Thomas au commencement de la seconde parlie de sa chronique eccle- 
siastique. Dans le Livre de Vabeille, 6d. Budge, p. 119 (trad., p. 105) , 
c'est le marchand Habban qui ram en e a Edesse le corps de l'apdtre. 

3. Cf. Guidi, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesellschaft, XL VI, p. 744; 
Baum stark, Die Pelrus und Paulusacten, Leipzig, 1902; Epiiraem II Raii- 
mani, Studiasyriaca, Mont Liban, 1904, chap, n, n° 2; Luigi de Stephani, 
Storia del beato apostolo S. Paolo, traduzione del siriaco, Giornale 
delta Soc. asiat., t. XIX, p. 201. 

4. PubliCe en syriaque par l'abbe" Pauun Martin dans les Analecta 
sacra du card. Pitra, t. IV, p. 241-249. 

5. The book of the bee, 6d. Budge, Oxford, 1886, p. 122 (trad., p. 108) ; cf. 



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DU N. TESTAMENT. 93 

M. 1'abbe Nau a publie dans la Revue de V Orient 
chretien, 1808, une traduction frangaise de la version 
syriaque des martyres de saint Pierre, de saint Paul et 
de saint Luc, contenus dans les ms. Add. 12172 et 14732 
duMusee britannique, et, en outre, le texte du martyre 
de saint Luc. M. Nau a £tabli les rapports qui existent 
entre le syriaque et les recensions grecques pour saint 
Pierre et saint Paul. Le martyre de saint Luc n'existe 
pas en grec, mais seulement en copte et en ethiopien ; 
il semble d'origine copte; M. Nau est cependant port6 
a croire a un original grec. 

Le Sermon de Simon Ke'pha dans la ville de Rome, 
existant dans des ms. du Mus£e britannique, a ete pu- 
blie pa r Cureton * . 

Le Sermon de saint Pierre, le Martyre de saint Jac- 
ques, le Sermon de Simon fits de Cleophas et le Mar- 
tyre de Simon fils de Cleophas qui existent dans des 
ms. arabes du couvent de Sainte-Catherine, sont proba- 
blement Fceuvre de moines du moyen&ge 2 . 

La version syriaque d'une partie des Homelies et des 
Recognitions de pseudo-Clement a et£ publiee par Paul 
de Lagarde, dementis romani Recognitiones syriace, 
Leipzig, 1861 3 . 



l'abbg Nau, Revue de VOrient chretien, 1896, p. 396 et suiv. ; Rahman i, 
Studia syriaca, cites ci-dessus, chap, n, n° 1. 

1. Cureton, Ancient syriac documents, p. 35-41. Le contenu historique 
de ce document a 6te brievement analyse par Lipsius, Die apocr. Apo- 
stetgeschichten, II, 206. Cf. Baumstark, Die Petrus und Paulusacten, die's 
ci-dessus, p. 38. 

2. Ces apocryphes ont 6t6 publics avec une version anglaise par 
M m * Gibson, Apocrypha sinaitica dans le n° 5 des Studia sinaitica, 
Londres, 1896. 

3. Comparer P. Batiffol, La literature grecque dans cette collection 
des Anciennes litteratures chretiennes, p. 47. M me Gibson a edit6 dans 
les Apocrypha sinaitica, n° V des Studia sinaitica, deux versions 
arabes abreg£es des Recognitions : Tune d'apres un ms. du Sinai, 
l'autre d'apres le ms. Add. 9965 du Mus£e britannique. La seconde ver- 
sion est suivie du recit fabuleux du martyre de saint Clement. 



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94 LES APOCRYPHES 

On possede en syriaque la plupart des documents 
contenant les constitutions et les canons attribues aux 
Apdtres *. La Didascalia apostolorum, perdue en 
grec, s'est heureusement conservee en syriaque et a 
ete publtee d'apres le ms. syr. 62 de la Bibliotheque 
nationale par Paul de Lagarde, Didascalia aposto- 
lor urn syriace (sans le nom de Fediteur), Leipzig, 
1854 2 . 

Le manuscrit de la Bibliotheque nationale qui ren- 
ferme la Didascalia apostolorum } contient des extraits 
des livres I k VII et le livre VIII des Constitutions apo- 
stoliques attributes a saint Clement. Ces textes ont ete 
egalement publies par Paul de Lagarde 3 . 

La Doctrine des Apdtres a ete publiee en syriaque 
par Paul de Lagarde 4 et Cureton 5 . Ce dernier a donne 

1 . Dans le catalogue des oeuvres de Denys bar Salibi, il est fait men- 
tion d'un Compendium Canonum Apostolicorum qui ne s'est pas re- 
trouv6; Assemam, B. 0., II, 210. 

2. L'6dilion de Lagarde a servi de base a l^lude de M. Fcnk, Die apo- 
8tolischen Konstitutionen, Rotten burg, 1891, et a la traduction francaise 
de M. Nau : La Didascalie traduite du syriaque, Paris, 1902. M m « Gibson 
a 6dite de nouveau le texte syriaque avec une traduction anglaise : 
The Didascalia Apostolorum dans Horae Semiticae, I et II, Londres, 
1903. Cf. Wellhausen, Gdttingische Gelehrte Anzeigen, 1903, p. 258; 
Holzhey, Die Abhdngigkeit der syr. Didascalia von der Didache dans 
Compte rendu du IV* congres scient, intemat. des Catholiques, Fri- 
bourg, 1898; duraeme, Dionysiusvon Alexandrien und die Didascalia 
dans Zeitschr.f. neutest. Wissenschaft, II, p. 151; Funk, La date de la 
Didascalie des Apdtres dans Revue d'histoire eccUs.., It, p. 798; Achelis 
et Flemming* Die dltesten Quellen des oriental. Kirchenrechts, II Buch, 
Die syrische Didascalia ubersetzt und erkldrt, Leipzig, 1904. 

3. Reliqum juris ecclesiastici antiquissimw syriace, Leipzig, 1856, 
p. 2-32 et 44-60; I'gdition grecque par Paul de Lagarde a para la merue 
annee, sous le me me titre. II existe egalement un Recueil de tous les 
canons des saints Apdtres et des synodes des saints P&res, comprenant 
cent cinquarite-un titres, Catal. Vat,, HI,n° CXXVII, p. 178; CataL Zo- 
tenberg, n° 62, 4° ; cf. Baumstark, Die nichtgriechischen Paralleltexte 
zum achten Bucfre der apostolischen Konstitution dans Oriens Chri- 
stians, 1901, p. 98. 

4. Reliquiae, etc., p. 32-44, d'apres le m6me ms. de la Bibl. nat., dans 
lequelcet apocryphe porte le titre de Doctrine d'Addai. 

5. Ancient syriao documents, Londres, 1864, p. 24-35, d'apres le ms. du 
Musee britannlque, Add. 14644. 



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DU N. TESTAMENT. 95 

a la suite de cet apocryphe la Doctrine de saint Pierre f . 

Les apocryphes syriaques que nous avons mention- 
nes jusqu'ici sont pour la plupart des traductions d'ori- 
ginaux grecs. La Doctrine d' Addai est, au contraire, 
un document original de la literature syriaque ; elle 
merite plus qu'une simple mention et vaut la peine 
qu'on s'y arr&te. Cet apocryphe est en effet intimement 
li6 k Thistoire des premieres eglises de la Syrie orien- 
tale etjette quelque lumiere sur cette histoire. 

Le roi d'Edesse, Abgar Ouk&m&, souffrant d'une 
maladie inveteree et incurable, apprend les miracles 
et les cures merveilleuses que Jesus fait en Palestine. 
II mande par £crit au Sauveur de venir le gu^rir a 
Edesse et partager avec lui sa royaute; Jesus sera 
ainsi a l'abri des complots des Juifs qui cherchent a le 
faire perir. Le Seigneur r^pond qu'il a une mission a 
remplir ici-baset qu'il ne peut se rendre k l'invitation 
d' Abgar; mais, avant de remonter au ciel, il designera 
un de ses apdtres qui rendra au roi la sante. 

C'est k Tap6tre Addai qu'echoit la mission d'evan- 
geliser la Mesopotamie. Cet apdtre se rend, aprfes la 
Pentecdte, k Edesse, ou il gu^rit le roi Abgar et un des 
personnages de sa cour en proie, lui aussi, a un mal in- 
curable; puis il fait rassembler tous les habitants sur 
la grande place de la ville et, a sa voix, tous, paiens et 
juifs, se convertissent avec un empressement 6gal. 
Addai fait d&ruire les temples des idoles ; il construit la 
premiere eglise d'fedesse qu'il administre jusqu'a la fin 
de sa vie. Au moment de mourir, il designe pour son 
successeur Aggai, qu'il avait fait pr£tre ; apres sa mort, 
il estenterre avec pompe, au milieu dudeuil general, 
dans le somptueux mausolee des'rois d'Edesse. 

l.Anc. syr. doc, p. 33-41, d'apres deux ms. du Musee britanniquc. 



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96 LES APOCRYPHES 

Tel est, en quelques mots, le fond de cet apocry- 
phe. Le caractere legendaire de la Doctrine d'Addai 
est admis par les critiques A . II est etabli aujour- 
d'hui que le premier roi chretien d'Edesse fut Ab- 
gar IX, fiis de Manou, qui regna de 179 a 214, et non 
pas Abgar V, ou Abgar Oukama, egalement fils de 
Manou, et qui regnait au commencement de notre ere. 
Les princes qui precederent Abgar IX a Edesse etaient 
pai'ens; latiare qui surmonte la figure de ces princes 
sur les monnaies qu'ils nous ont laissees, porte les 
emblemes de l'ancien culte sideral, le croissant lunaire 
et trois etoiles. En outre, la Chronique d'Edesse nous 
a conserve un document des archives d'Edesse sur 
Tinondation de Tan 201, dans lequel il est parle de l'e- 
glise des Chretiens en termes qui montrent que le chris- 
tianisme n'etait pas encore, a cette 6poque, la religion 
de TEtat. Ce n'est qu'apres son retour de Rome, vers 206, 
qu' Abgar IX devint chretien. La similitude de nom et 
de filiation explique facilement la confusion qui s'est 
faite entre les deux Abgar, mais cette confusion n'a 
pas ete le fait du hasard ; elle a 6te voulue. Edesse, 
devenue le centre religieux et litteraire de la Syrie 
orientale, a rattache directement aux Apdtres les ori- 
gines de son Eglise; le m^me phenomene historique 
s'est produit dans beaucoup d'Eglises. 

La legende qui s'est formee autour du nom d'Ab- 
gar V, a du naitre assez longtemps apres la conversion 
d'Abgar IX pour qu'elle trouvat du credit a Edesse 



1. M. IUumani dans Acta s. Confessorum Guriae et Schamonae, Rome, 
1899, a, aprfcsplusieurs savants, cherche* a 6tablirl' historicity del'evan- 
g^lisation de la M6sopotamie au temps des Apdtres, en s'appuyant sur 
une liste d'eWeques donne*e par la Chronique de Michel le Syrien (6d. 
Chabot, p. HO; trad., I, p. 184), mais M. Baumstark dans Oriens christia- 
nus, 1901, p. 190, a moDtre que cette liste est fausse;pour l'Eglise 
d'Edesse, Michel depend de la Chronique d'Edesse. 



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DU N. TESTAMENT. 97 

mSme. En tout cas, elle devait d&ja circuler comme une 
tradition acceptee au commencement du I V e s. puisque 
Eusebe la rapporte comme uri fait historique. 

Le chapitre xin du I er livre de l'Histoire ecclesias- 
tique d'Eusebe et la redaction syriaque de la Doctrine 
d'Addai sont les deux textes qui servent a la critique 
de cette legende ; tous les autres documents, syriaques, 
grecs, latins, armeniens, coptes, arabes, etc., deri- 
vent de ces deux sources * . Le recit qu'en donne Eusebe 
etait tire, comme cet auteur nous le declare, d'un ecrit 
syriaque dont il possedait une copie ; avant de transcrire 
en grec la lettre d' Abgar et la reponse de Jesus, il dit : 
« Tu as encore le temoignage ecrit de ces faits, depos^ 
dans les archives de la ville d'Edesse qui avait alors des 
rois. II se trouve en effet dans les documents publics 
qui renferment les anciens evenements et les faits re- 
latifs a Abgar, et qui sont conserves jusqu'a ce jour. II 
n'est rien de tel que d'entendre ces lettres elles-m6mes 
extraites par nous (ou pour nous, qpTv dvaXrjydsiOiav) et 
traduites litteralement du syriaque de la maniere sui- 
vante. » La notice des archives de la ville d'Edesse est 
tiree de la clausule qui se trouvait a la fin de Tapo- 
cryphe syriaque et dont nous parlerons plus loin. 

La Doctrine d'Addai reproduit l'ancien document 
d'Eusebe, mais dans une redaction amplifiee etgrossie 
de plusieurs legendes qui ne se trouvaient pas dans le 
texte primitif. Dans sa forme actuelle, elle doit dater de 
la fin du IV e siecle ou du commencement du V e . Cure- 
ton en decouvrit des fragments importants dans deux 
ms. du V e ou VI e siecle, conserves au Musee britan- 



i. M. Tixeront a donn^ une liste des principaux de ces documents 
dans son ouvrage : Lesoriginesde I'Eglise d'fidesse el la legende d' Ab- 
gar, Paris, 1888; comparer aussi Matthes, Die Edessenische Abgarsage 
auf ihre Fortbildung untersucht, Leipzig, 1882. 

6 



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"^""1 



98 LES APOCRYPHES 

nique *. M. Philipps a retrouve le texte entier dans un 
ms. de Saint- Petersbourg, probablement du Vl e siecle, 
et il Ta publie a Londres en 1876 sous le titre de The 
doctrine of Addai, the Apostle. 

Le syriaque indique, pour le depart des deputes en- 
voyes par Abgar en Palestine, le mois d'octobre de 
Tann6e 343 de l'ere des S^leucides, ou 31 de notre ere. 
Cette donn6e est conforme a la chronologie qui a pre- 
valu et qui fixe la Passion du Christ en l'annee 32. L'o- 
riginal suivipar Eusebe avait au contraire l'annee 340, 
selon l'ancien comput qui pla$ait la Passion en Tan 29 
de notre &re 3 . Eus&be a remplace le nom de Tap6tre 
Addai, que son exemplaire portait certainement, par 
Thaddee (QaddaXog); il pensait que le nom syriaque 
Addai r^pondait au nom grec de Fapdtre Jacques 
Thaddee. Enfin Hannan (en grec Ananias), le depute 
du roi Abgar, a dans Eusebe le titre de courrier (ra- 
Xv8q6[aoq ), et dans la Doctrine celui de secretaire (ta- 
bularius). Cette variante s'explique parce qu'Eusdbe 
a lu tabellarius au lieu de tabularius, confusion a 
laquelle pr^tait la transcription du mot en lettres sy- 
riaques 3 . 

Dans nos deux documents, le texte de la lettred 1 Ab- 
gar et de la reponse de Jesus offrent quelques variantes 
dues a la redaction syriaque, qui manifeste une ten- 
dance a preciser ou expliquer les faits par de courtes 
additions. La reponse que Jesus fait a la lettre d' Abgar 
est ecrite dans Eusebe, mais elle est orale dans le 
syriaque, qui evite de cette mani&re Tobjection qu'une 

1. Publies dans Ancient syriac documents, ed. Cureton, Londres, 
4864, ou ils sont precedes de la version syriaque du passage de I'His- 
toire eccl. d'Eusebe relatif a la tegende d'Abgar. 

2. Un ms. grec, le Medicseus, ajoute a la marge devant le nombre 340 
le mot rqlj^ pour conformer le r6cit a la nouvelle chronologie. 

3. Lipsius, Die E des sen. Abgarsage, Brunswick, 1880, p. 22. 



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DU N. TESTAMENT. 99 

lettre du Seigneur, si elle etait authentique, devrait 
figurer dans les livres cancmiques du N. Testament. 
La plus importante varianteestl'addition que conttent 
la Doctrine a la fin de la reponse de Jesus : « Ta ville 
sera benie et aucun ennemi ne prevaudra contre elle. » 
Cette addition constitue une nouvelle legende, inconnue 
d'Eusebe, qui semble s'6tre form6e vers le milieu du 
IV e siecle. Saint Ephrem y fait allusion dans son Tes- 
tament; elle est £galement mentionnee par la pelerine 
gallo-romaine, dont la relation de voyage a 6t6 re- 
trouv^e et publiee par M. Gamurrini*. Cette pieuse 
personne regut de l'6v6que d'Edesse, dont malheureu- 
gement elle ne donne pas le nom, une copie de la lettre 
d'Abgar et de la lettre de Jesus. Cette derniere renfer- 
mait la ben&diction, comme il resulte de ce passage 
(p. 68) : « Quoique j'eusse dans mon pays des copies 
de ces lettres, j'ai trouv£ tres agreable de recevoir 
celles-ci de l'ev6que, parce que sans doute, en arrivant 
chez nous, les lettres avaient subi quelque diminution ; 
car ce que j'ai re<?u ici est assurement plus complet 
[nam vere amplius est quod hie accept). » Du reste, 
l'£v£que fait mention de cette benediction (deux pages 
plus haut). II raconte a la voyageuse le siege que les 
Perses mirent devant Edesse peu de temps apres qu'Ab- 
gar eut regu la lettre du Seigneur. Abgar, dit-il, se 
rendit aussitdt k la porte de la ville en tenant cette 
lettre et s'ecria : « Seigneur Jesus ! Tu nous as promis 
qu'aucun ennemi n'entrerait dans cette ville. » Aussit6t 
d'epaisses tenebres entourent la ville et les Perses sont 
obliges de se retirer. Ce recit differe peu de celui que 

$ 

4. Dans le IV e volume de rAcade"mie historique et juridique de Rome, 
1887, sous le titre de S. Hilarii tractatus...et sanctse Silvise Aquitanise 
peregrinatio ad loca sancta ; re£ditee pour le Corpus scriptorum eccl. 
latinorum, par Paul c.eyer, Silvise peregrinatio dans Itinera Hieroso- 
lymitana, Vienne, 4898. 



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100 LES APOCRYPHES 

renferme la chronique attribute a Josue le stylite*. II 
est rapporte dans cette chronique que, le mercredi 
17 septembre 503, les Perses entourerent Edesse, mais 
ne purent rien contre elle : « Toutes les portes de la 
, ville £taient ouvertes, mais les Perses ne purent entrer 
a cause de la benediction du Christ. » Cette legende 
est encore mentionnee dans les Actes de Mart, dont 
nous parlerons bient6t, et dans une homelie de Jacques 
de Saroug 2 . Interessant est ce que dit Procope a ce 
sujet 3 : « La fin de la lettre qui contenait la benediction 
est ignoree des auteurs qui ecrivirent Thistoire de ces 
temps, mais les Edesseniens pretendaient que cette 
benediction se trouvait dans la lettre. Dans cette con- 
viction, ils pla<?aient cette lettre devant les portes de la 
ville comme un palladium. Pour eprouver la v^racite 
de cette croyance, Chosroes mit le siege devant Edesse ; 
mais, frappe id'une fluxion de la face, il se retira hon- 
teusement. » Cette notice se rapporte au siege del'ann^e 
544, dont Procope a fait precedemment un recit detaille. 
Par l'importance qu'elle acquit en Syrie, la legende 
de la benediction eclipsa en Orient la legende du por- 
trait de Jesus. Ni Eusebe, nila pelerine gallo-romaine, 
ni Procope ne mentionnent celle-ci. 

En Occident, au contraire, la legende du portrait 
jouit d'un grand credit; elle s'y d&veloppa et s'y modi- 
fia. Selon la Doctrine, Hannan, Tarchiviste d'Abgar 
et en m^me temps son peintre, apres s'^tre acquitte de 
sa mission aupres de Jesufe, fait le portrait du divin 
Maitre avec des couleurs de choix et il rapporte ce por- 
trait au roi Abgar, qui lui donne une place d'honneur 
dans son palais. 

1. Voir plus bas sous le n° XIL 

2. Cureton, Anc. syr. documents, p. 40T. 

3. Livre II, chap, xn, 6d. Dindorf, p. 208*209. 



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DU N. TESTAMENT. 101 

Plus tard la legende subit un changement dans une 
de ses principales lignes. Le portrait n'est pas l'oeuvre 
<Tun homme; comment une ceuvre humaine pourrait- 
elle produire des miracles A ? II est de Jesus lui-m£me. 
Le peintre Hannan ne peut fixer les traits du Seigneur 
k cause de l'eclat de la divine face ou des transforma- 
tions continuelles qu'elle manifeste. J£sus prend la toile 
des mains du peintre et Tapplique sur son visage dont 
elle garde l'empreinte; ou Jesus se lave et s'essuie le 
visage soit avec la toile du peintre, soit avec un ling6 
ordinaire 2 . 

Les textes syriaques qui mentionnent le portrait de 
Jesus sont, apres la Doctrine d'Addai : les Actes de 
Mari (ed. Abbeloos, p. 13-15); THistoire de Zacharie 
(Land, Anecdota syriaca, III, p. 324); cf. YHistoire des 
dynasties de Barhebrseus (ed. Pocock, p. 71; 6d. Sal- 
Mni, p. 113). 

Suivant le document primitif (Eusebe et la Doc- 
trine), la guerison d'Abgar et T6vang^lisation de la 
Mesopotamie eurent lieu apres l'Ascension. Des apo- 
cryphes posterieurs placent ces evenements avant la 
Passion : tels sont le Transitus Beatse Marise 3 et YHis- 
toire des trente deniers de Judas rapport^e ci-des- 
sous. 

Une autre legende que renferme la Doctrine d'Addai 
est relative a une premiere Invention de la Croix. Cette 

1. Bans Evagrius l'echec du siege de Cbosroesen 544 devant Edesse' 
n'est pas occasionne, comme dans Procope, par la benediction, mais 
par le portrait de Jesus. 

2. Lipsius, Die Edess, Abgar&age, p. 54 et suiv. ; Matthes, Die Edess. 
Abgarsage auf ihre Fortbildung untersucht, p. 42-43; Tixeront, Les 
Origines de VEglise d'fidesse et la legende d'Abgar, p. 53 et suiv.; ces 
outrages gtablissent les rapports de la legende du portrait avec la tra- 
dition latine de sainte Veronique, et relatent l'bistoire des differents 
exemplaires du portrait et de la translation de l'original d'Edesse a 
Constantinople et ensuite a Rome. 

3. Cureton, Anc. syr. documents, p. Hi. 

6. 



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102 LES APOCRYPHES 

legende est inseree au milieu d'un sermon d'Addai 
aux Edesseniens , d'une maniere strange et comme un 
hors-d'oeuvre. « Je vais vous raconter, dit l'apdtre, ce 
qui est arrive et s'est passe devant des hommes qui, 
comme vous, crurent qAe le Christ est le fils du Dieu 
vivant. » Apres que Tibere eut delegue ses pouvoirs 
a l'empereur Claude, et se fut mis en route pour aller 
eombattre les Espagnols revoltes, Protonice, la femme 
de Claude, se convertit a la vue des miracles operes 
par Simon Pierre a Rome. L'imperatrice se rend en- 
suite a Jerusalem avec ses deux fils et sa fille pour vi- 
siter leslieux saints. Elle ordonne aux Juifs de livrer a 
Jacques, le directeur de l'figlise de Jerusalem, le Gol- 
gotha qu'ils detiennent. Sur le Golgotha Protonice 
trouve trois croix et ne peut reconnaitre quelle est celle 
qui a porte le Sauveur, mais un miracle la tire d'em- 
barras. Sa fille tombe frapp£e d'une mort soudaine ; les 
deux premieres croix, mises en contact avec le corps 
de la jeune fille, ne produisent aucun effet, mais, au 
toucher de la troisieme croix, la princesse ressuscite 
et se releve sans avoir eprouve aucun mal. 

Cette legende est un echo de Thistoire de l'lnvention 
de la Croix par sainte Helene, dont elle derive et a la- 
quelle elle est posterieure, comme l'ont reconnu 
MM. Lipsius et Tixeront. Ce dernier fixe la date de 
la legende syriaque vers Fan 400 4 . C'est a cette epo- 
que que la tradition grecque et latine relative au 
voyage de la mere de Constantin a Jerusalem et & l'ln- 
vention de la Croix se repandit en Orient. Le syriaque 
a confondu sainte Helene avec Helene, la reine d'Adia- 
bene, qui vint a Jerusalem au temps de Claude, vecut 
dans cette ville et s'y construisit un superbe mausolee, 

1. Les Origines de Vilglise d'Edesse, p. 190. 



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DU N. TESTAMENT. 103 

commele rapporte Josephe. Par suite de cette confusion, 
l'evenement qui, dans la tradition de l'Eglise, eut lieu au 
IV* siecle, a ete reporte dans la legende orientale au 
I rr siecle. Cette hypothese est tres vraisemblable, mais 
le nom de Protonice appelle une explication pour la- 
quelle les critiques manquent d'accord. Ce nom a en sy- 
riaque les trois formes suivantes : ^a^j^o^b, wjljo^ et 
I^ujl^o^. M. Nceldeke y voit une allusion a Yiv tovtw 
rixa du Labarum de Constantin; d'autres critiques 
(MM. Zahn et Nestle) cherchent un mot compose, 
IIstqovIxt] « la victoire de Pierre », ou (M. Tixeront) 
tiqcotovixi] « la premiere victoire », c'est-a-dire la pre- 
miere Invention. Quoi qu'il en soit, le mot est grec et 
nous devons conclure que le document a 6te compose 
en grec et en Palestine, avant de passer en M£sopo- 
tamie sous sa forme syriaque. 

On concilia plus tard cette premiere Invention de la 
Croix avec la seconde en racontant que, apres l'expe- 
dition de Trajan en Orient, la vraie Croix etait retom- 
bee entre les mains des Juifs, qui l'avaient enterree de 
nouveau avec les croix des larrons. 

II existe plusieurs recensions syriaques de l'lnven- 
tion de la Croix qui suivent soit la tradition orientale, 
soit la tradition occidentale A . 

La Doctrine d'Addai ajoute a ces documents apo- 
cryphes : l°une lettre d'Abgar auroi de Perse, Narsai, 



*. M. Nestle a rguni les divers textes syriaques dans uu opuscule 
intitule De sancta cruce, Berlin, 1889. Le P. Bf.djan a publie le deuxieme 
F6cit de l'Invention de la Croix dans son premier volume des Acta 
martyrum et sanctorum ; et le premier recit dans le troisieme volume 
de la meme collection. Cf. Ryssel, Archiv f. das Studium der n. Spra- 
chen und Litter., t. XCI1I, 1894, p. 1-22 (trad, allemande) ; Theol. Zeitschr. 
ous der Schweiz, 48S6, 60-63; Zeitschr. f. Kirchengeschichte, XV, 222; 
Nestle, Byzantinischc Zeitschr., 1895, IV, 319-345; Pizzi, Due Legende 
siriche intorno alV invenzione delta Cruce, dans Giornale arcadico, II, 
346. 



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104 LES APOCRYPHES 

dans laquelle il fait connaitre a <3elui-ci les actes de la 
mission de l'apdtre Addai ; 2° deux lettres de la corres- 
pondance entre le roi Abgar et l'empereur Tibere. 
Abgar mande a l'empereur que les Juifs ont commis 
un crime en crucifiant le Christ qu'ils auraient dft 
adorer. Tibere repond que la guerre contre les Espa- 
gnols l'a emp^che de s'o'ccuper de cette affaire. La 
guerre terminee, Tibere fait mettre a mort quelques- 
uns des chefs des Juifs de la Palestine. Abgar en regoit 
la nouvelle et s'en rejouit. Dans la lettre de Tibere, 
l'eparque de Syrie porte le nom d'Olbinus au lieu de 
Sabinus qui est le nom indique au commencement de 
la Doctnine. Cette variante s'explique par l'ecriture 
grecque, ainsi que Ta remarque Gutschmid' : CA- 
BINOC a pu devenir facilement OABINOC. Cette le- 
gende procede done d'un document grec. D'un autre 
cdte, la mention de la guerre d'Espagne rappelle le 
recit precedent sur l'lnvention de la Croix, dans lequel 
il est egalement question de la guerre contre les Espa- 
gnols. II est done probable que les deux legendes de 
la Doctrine ont ete tirees du m&me document grec, 
compose en Palestine au commencement du IV e siecle. 
La Doctrine a conserve l'ordre dans lequel les deux le- 
gendes se suivaient dans l'original grec; et ainsi s'ex- 
plique la place etrange que la legende de l'lnvention 
de la Croix occupe dans la Doctrine, au milieu du 
sermon de l'ap6tre. 

La recension syriaque du Transitus Marise donne 
de la lettre d' Abgar a Tibere une redaction differente 
et beaucoup plus concise. Lipsius tenait le texte du 
Transitus pour le plus ancien. MM. Matthes et Tixe- 



1. Untersuchungen uber die Geschichte des Koenigreichs Osrhoene, 
Saint-Petersbourg, 4887, p. 13. 



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DU N. TESTAMENT. 105 

ront, pour des raisons peu probantes, admettent l'hypo- 
these contraire 1 . 

La Lettre de Jacques, evSque de Jerusalem, adres- 
see a Quadratus en Italie, demande a celui-ci de lui 
faire savoir la decision prise par Tibere au sujet des 
Juifs qui ont crucifie le Christ 2 . 

La Doctrine ne s'arr&te pas a la mort de l'apdtre Ad- 
dai, comme on l'attendrait du titre, mais elle ajoute les 
actes d'Aggai, le successeur de l'apdtre dans Tadmi- 
nistration de l'Eglise d'Edesse. Apres la mort d'Abgar, 
Edesse a pour roi un des ills de celui-ci. Le nouveau 
prince, qui £tait demeure paien, fait mettre a mort Ag- 
gai et lui fait briser les jambes. Ce prince doit £tre Se- 
vere Abgar, le fils et le successeur d'Abgar IX, qui, 
selon Dion Cassius, se montra d'une cruaute insigne 
envers les habitants d'Edesse sous pretexte d'intro- 
duire dans la ville les mceurs romaines. Son pere lui 
avait donne le nom de Severe en l'honneur de l'empe- 
reur Septime Severe. Cette conjecture est confirmee 
par un fragment syriaque publie par Cureton 3 , ainsi 
con$u : « Addai £vang£lisa Edesse et la Mesopotamia 
II etait de Paneas et vivait au temps du roi Abgar. 
Comme il se trouvait en Sophene, Severe, fils d'Ab- 
gar, le fit tuer pres de la citadelle d'Aghel, ainsi qu'un 
jeune homme, son disciple. » Gutschmid l'a deja re- 
marque 4 , ce texte denote une source armenienne. L'K* 



1. Lipsius, Die Edessenische Abgarsage, p. 36, et Dieapocr. Apostelge- 
schichten, II, 2 8 partie, p. 198; Matthks, Die Edess. Abgarsage aufihre 

Fortbildung untersucht, p. 52; Tixeront, Les Origines de Vfiglise d'E- 
desse, p. 73. 

2. Publige par Ignatius Epbraeh II Rahmani dans Studia syriaca, Mont 
Liban, 1904, chap. i. 11 existe de cette letfre une version armenienne 
qui a etc" 6dite"e par le P. Daschian. 

3. Anc. syr. documents, p. 110, n° IV. 

4. Untersuch. ueber die Geschichte des Kcenigreichs Osrhoene, p. 16. 
Salomon de Bassora, dans son Livre de Vabeille, ed. Budge, Oxford, 



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106 LES APOCRYPHES 

glise armeniennefait remonter sesorigines aux Ap6tres 
et confond Addai avec son successeur Aggai ; elle fait 
mouriren Armeniele missionnaire qui avait evangelise 
cette province. C'est une legende, mais une legende 
basee sur un fait historique. 

La Doctrine d' Addai se termine par le recit sui- 
vant : « Aggai, ayant expire aussit6t apres avoir eu les 
jambes brisees, n'eutpasle temps d'imposer les mains a 
Palout. Palout se rendit a Antioche et re^ut Timposi- 
tion des mains de Serapion, eveque de cette ville. Se- 
rapion avait recu Timposition des mains de Z6phyrin, 
ev6que de Rome, qui lui-meme avait ete consacre par 
Simon Pierre. Celui-ci avait 6te* designe par Notre-Sei- 
gneur, et fut eveque de Rome pendant vingt-cinq ans, 
au temps de Cesar qui r£gna treize annees. » 

Ce recit renferme des anachronismes ^vidents : Se- 
rapion fut eveque d'Antioche de 190 h 210, et Zephyrin 
fut eveque de Rome de 198 ou 199 a 217. Les treize an- 
nees du regne de Cesar sont inexactes, si Ton entend 
Auguste qui regna quarante-cinq ans ; mais elles con- 
viennent a Septime Severe qui mourut en 211, si Ton 
compte les annees de son regne a partir de la mort 
de son competiteur Albinus. Ces anachronismes mon- 
trent que la legende s'est developpee de faits histori- 
ques. Ces faits sont les suivants : Addai, originaire 
de la Palestine, evangelise la M6sopotamie vers le 
milieu du II e siecle de notre ere. II fonde a Edesse la 
premiere eglise, qu'il administre jusqu'a sa mort. II a 
pour successeur dans ces fonctions Aggai, auquel 
succede Palout a la fin du ll e siecle. 



4886, p. 123, reproduit ce fragment, mais avec la variante de H&rode, 
w£D»ofof, au lieu de Severe, uaootaxo, confusion a laquel se prete l'^cri- 
ture syriaque; mais cette confusion elait intentionneUe, le nom d'He- 
rode repondant mieux a l'epoque fixee par la legende (I« r siecle). 



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DU N. TESTAMENT. 107 

Vient en suite la clausula desactes bfficiels : « Comme 
c'est l'usage dans le royaume d'Abgar et dans tous 
les royaumes, tout ce qui etait dit devant le roi £tait 
ecrit et deposS dans les archives. Ainsi Laboubna, fils 
de Sennak, fils d'Abdschadar, le scribe du roi, a ecrit 
ces actes d'Addai, l'ap6tre, depuis le commencement 
jusqu'a la fin. Hannan,le secretaire-archiviste du roi, y 
a appose sontemoignage etl'a depose dans les archives 
des actes royaux, ou sont conserves avec soin et sans 
omission les d^crets, lesloiset les contrats de vente. » 
Cette clausule se trouvait Sgalement dans le texte sy- 
riaque qu'Eusebe avait sous les yeux, et c'est a elle que 
fait allusion Teminent historien quand il dit que le do- 
cument a 6t6 tire pour lui des archives d'Edesse. 

Ala legende d'Abgar se rattache par quelques points 
la legende des trente deniers de Judas, qui, d'un autre 
c6te, appartient k la litterature des Litres des jubi- 
les K . Les deniers remis a Judas, pour prix de sa trahi- 
son, avaient 6te frapp6s par Tareh qui les avait donnes 
a son fils Abraham; des mains d' Abraham, ils avaient 
pass£ en la possession d'Isaac, puis des Pharaons 
d'Egypte et de lareine de Saba, laquelleles avait lais- 
ses k Salomon. Nabuchodonosor s'en etait empare 
apres la prise de Jerusalem et en avait fait don aux 
rois Mages. Ceux-ci, pendant leur voyage a Bethl£em, 
egar^rent les deniers au bord d'une fontaine pres 
d'Edesse. Des marchands les trouverent et s'en servi- 
rent pour acheter a des patres la tunique sans couture 
qu'un ange avait apportee a ceux-ci. Le roi d'Edesse, 
Abgar, ayant eu connaissance de ces faits, se fit livrer 
la tunique et les deniers, et il les envoya a Jesus en 

1. Cette legende se trouve dans Prsetermissorum libri duo, ed. La- 
garde, Goettingue, 1879, p. 94, et dans le Livre de Vabeille, ed. Budge 
p. 107-108 (trad., p. 95-96;. 



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108 LES APOCRYPHES 

reconnaissance de la guerison que Notre-Seigneur lui 
avait procuree. Jesus garde pour lui la tunique et fait 
porter au temple les deniers qui devaient acheter le 
traitre. 

La Doctrine d'Addai a fourni a Jacques de Saroug le 
sujet d'un de ses cantiques*. Cet apoeryphe ne de- 
meura pas localise dans Edesse, mais se repandit en 
Occident et en Orient. Nous le retrouvons, avec de 
nouveaux developpements, en Armenie, en Perse, en 
Babylonie. Nous nous bornerons a parler ici des docu- 
ments syriaques qui se rattachent a cet apoeryphe et 
en continuent la tradition dans les pays orientaux. 

Le principal de ces documents, les Actes de Mar 
Mari (saint Maris) 2 , concerne Tevangelisation de 
l'Assyrie, de la Babylonie et de la Perse. Cet apo- 
eryphe represente la tradition nestorienne ; il a pour 
objet de faire remonter aux Ap6tres la fondation de l'e- 
glise de Koke, pres de Ctesiphon, o\x etait le siege des 
patriarches de l'Orient. Mari n'est pas connu des Sy- 
riens occidentaux qui n'en parlent pas jusqu'a Barhe 
braeus. Celui-ci rapporte les Actes de Mari au com- 
mencement de la seconde partie de sa chronique 
ecclesiastique, a la suite des Actes d'Addai et d'Aggai ; 
il a emprunte' son recit aux livres nestoriens, proba- 
blement au Livre de la tour de Mari, fils de Salomon. 

La redaction de ces Actes n'est pas ant£rieure au 
VI e siecle. On n'y surprend aucun souvenir precis des 
temps pai'ens; les populations que l'ap6tre convertit 



1. Un extrait de ce cantique a et6" public par Cureton, Anc. syr. do- 
cuments, p. 107 ; a la suite, p. 108-110, divers extrails relatifs a Ab- 
gar et Addai. 

2. Acta sancti Maris syriace sive aramaice, e*d. Abbeloos, Bruxelles, 
4885, avec une traduction latine; r6edit6s dans le I er vol. des Acta mar- 
tyrum et sanctorum du P. Bedjan, Paris, 1890; traduction allemand© 
par Richard Raabe, Die Geschichte des Dom Mari, Leipzig, 1893. 



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DU N. TESTAMENT. 109 

adorentdes demons habitant des arbres ou des pierres, 
c'est a peine s'il est fait allusion au culte des astres en 
Babylonie ou au culte du feu en Perse. Les miracles 
que Fap6tre accomplit n'ont aucun cachet original ; ce 
sont des arrangements de miracles connus par ailleurs, 
notamment par le livre de Daniel. 

Les Actes de Mari sont precedes d'une introduction 
dans laquelle sont mentionnes : le groupe de bronze de 
Pandas, representant le Seigneur et la femme hemor- 
rhoi'sse d'apres Eusebe ; la correspondance d'Abgar et 
de J£sus, le portrait du Seigneur, la guerison d'Abgar 
et la conversion des habitants d'Edesse par l'ap6tre 
Addai, d'apres la Doctrine d'Addai. Apres cette intro- 
duction, l'auteur aborde son sujet. Mari, un des disci- 
ples d'Addai, est designd par son maitre pour l'evange- 
lisation de l'Orient. Ce missionnaire quitte £desse avec 
les disciples Philippe, Malkjesu et Adda; il se rend a 
Arzoun surlafrontieredeTArmenie, etenvoie Philippe 
a Gozarte (ou Kardou) ; puis il descend vers le sud, con- 
vertit TAssyrie, les provinces du grand et du petit Zab, 
la Garamee, et arrive en Babylonie. Les habitants de 
Seleucie sont adonnes aux debauches et a l'ivrognerie, 
et Tap6tre n'a d'action sur eux qu'en prenant part a 
leurs orgies*. Mari est mieux re$u a Ct^siphon, grace 
a la nouvelle des cures qu'il a faites a Seleucie ; le roi 
Artaban l'envoie a Dorkoni, aupres de sa soeur ma- 
lade ; celle-ci, apres sa guerison, construit, sur la de- 
mande du saint, les eglises de Dorkoni et de Koke, 
qui sont appel^es a un grand renom. Kaschkar (le 
siege d'un des principaux ev6che& nestoriens) re<?oit 

\. Franz Cumont, Note sur un passage des Actes de saint Mari dans 
la Revue de V instruction publique en Belgique, t. XXXVI, 6 8 Hvraison, 
voit dans ces festins de Seleucie une institution analogue aux gerou- 
sies ou colleges de vieillards etablis dans certaines citds grecques 
d'Asie. 

LITTERATURE SYR1AQUE. 7 

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110 LES APOCRYPHES 

sans resister la bonne parole, mais la Mesene (occupee 
en partie par les Mand^ens) demeure sourde aux ser- 
mons de l'apdtre. Celui-ci va pr6cher eh Susiane et 
penetre dans l'interieur du pays jusqu'aux frontidres 
de l'lnde que l'apdtre Thomas evangelise. De retour en 
Babylonie, Mari visite ses £glises et ses disciples, et il 
proclame que le directeur de l'eglise de Koke aura la 
preseance sur tous les £v£ques de l'Orient, parce que 
cette eglise fut fondle la premiere de toutes. II mande 
a Dorkoni son disciple Papa; et, en presence duclerge, 
il le nomme son successeur. L'apdtre Mari quitte en^ 
suite ce monde pour la vie eternelle et son corps est 
d£pos£ dans l'eglise de Dorkoni. 

Papa, qui est designe dans ces Actes comme le suc- 
cesseur de Mari, fut 61u primatd'Orienten 266 4 . Cette 
date est trop basse pour que Mari ait ete le disciple 
d'Addai, m£me dans l'hypothese admise par la critique 
qu'Addai aurait v6cu dans la deuxi&me moitie du II e 
siecle, car il y aurait un intervalle de cent ans jusqu'en 
266. Suivant le Livre de la tour 2 , JMari serait mort en 
Tan 82. La lacune entre Mari et Papase trouve consi- 
derablementaugmentee, puisque, entre 82 et266, ilya 
une difference de 184 ans ; cette lacune est combine 
dans le Livre de la tour et dans la chronique de Barhe- 
braeus, au moyen de cinq patriarches inter medi aires, 
dont l'historicitS peut dtre mise en doute. Si Ton ac- 
cepte comme exacte la mention de Papa, succes- 
seur de Mari, l'apdtre de la Mesopotamie orientale 
et de la Babylonie aurait vecu vers le milieu du 
IH e siecle. 

Suivant une autre tradition, recueillie par la Doctrine 

1. Barhebiusus, Chron. eccl.> II, p. 27. 

3. Gismondi, Maris, Amri et Slibee de patriarchis Nestorianorum 
commentaria, pars prior, p. 5; pars altera, p. a, Rome, 1896-1899. 



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DU N. TESTAMENT. ill 

des apotres*, le Livre de la tour 2 , YHistoire de la 
ville de Beit-Slok* et Barhebraeus 4 , Fevangelisation 
de ces contrees aurait eu lieu par Tapdtre Addai lui- 
meme, accompagnS de ses deux disciples Aggai et 
Mari. Le Livre de la tour fait m6me de Mari un dis- 
ciple direct de J6sus-Christ, dont il aurait entendu 
la parole, car il se trouvait parmi les delegues qu'Ab- 
gar avait envoy^s en Palestine. 

Parmi les apocryphes plus regents, on a en syriaque : 
YHistoire d'Arsenius, un roi d'Egypte que Notre-Sei- 
gneur ressuscita pour en faire un ascete chretien 5 ; 
les Lettres de Notre-Seigneur descendues du del pour 
recommander la sanctification du dimanche 6 . C'est 
probablement dans un apocryphe que se trouvait la 
prediction de la venue du Christ annoncee aux paiens 
de Harran par leur prophete B&b£ 7 . 



1. Cureton, Anc. syr. documents, p. 34. 

2. Gismondi, Maris, Amriet Slibee, etc., p. 1; Assemani, B. 0., HI, II, 
p. 18 et suiv. 

3. Hoffmann, Auszuge aus syrischen Akten pers. M&rtyrer, Leipzig, 
1880, p. 45; voir le texte syriaque dans Moesinger, Monumenta sy- 
riaca, II, p. 65, et dans Bedjan, Acta martyrum et sanctorum, II, p. 512. 

4. Chron. eccL, II, p. 14. 

5. Public par Hall dans Rebraica,\, p. 81-88. Comp.SACBAU, Verzeichniss 
der syr. Handschriften, Berlin, 1899, p. 301 et 373. 

6. Maximilian Bittner, Der vom Himmel gefallene Brief in seinen 
morgenldndischen Versionen und Recenzionen dans les Denkschriften 
der Kaiser I. Akademie der Wissensch. in Wien, philosophisch-histo- 
rische Klasse, LI, Vienne, 1905. H. Bittner a edite les texte s grecs et 
orientaux de cet apocryphe ; il admet que l'original, qui etait grec, ne 
comprenait que la premiere lettre, et que les lettres II et ill se sont 
formees en Syrie. On trouvera mentionnees la les publications ante- 
rieures relatives a cette legende. Cf. R. Duval, Journal asiatique, 
janv.-fevr. 1908, p. 147. 

7. Ignatius E*hr*m II Rahmani, Studia syriaca, Mont Liban, 1901, 
chap. xi. Cf. Nobldeke, Zeitschr, der deut. morgenl. Gesellschaft, LVIII, 
1904, p. 495. 



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IX 



LES AGTES DES MARTYRS ET DES SAINTS. 



Ces Actes sont, dans la litterature syriaque, comme 
dans les autres literatures chretiennes, l'objet de nom- 
breux ecrits qui s'etendent sur une longue periode 
d'annees. Les premiers en date nous ont conserve les 
noms des confesseurs qui subirent le martyre pendant 
les persecutions contre les Chretiens. Ces persecutions 
se divisent en deux groupes distincts : les premieres 
furent exerc^es dans Tempire oriental des Romains, 
les secondes eurent pour theatre Tempire perse sous 
la dynastie des Sassanides. Les Actes syriaques sur les 
persecutions des Romains sont limites a la Mesopo- 
tamie occidentale, le grec 6tant la langue litteraire d e 
la Syrie cis-euphratique a cette epoque-la. 

§ 1. — Les Actes des Martyrs 
de la Mesopotamie occidentale. 

Le recueil de ces Actes est peu volumineux ; il com- 
prend le recit des martyres de Scharbel, de Barsamia, 
de Gouria et Schamona, et de Habib, qui eurent lieu 
a Edesse a differentes epoques. Cette ville etait le siege 
du gouvernement de la Mesopotamie romaine et sou- 



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114 LES ACTES DES MARTYRS 

mise a Taction directe du gouverneur civil et militaire ; 
elle etait, de plus, la m&ropole des Chretiens de cette 
province ; la plus qu'ailleurs, ces Chretiens £taient ex- 
poses aux persecutions. Cependant les poursuites ne 
furent pas nombreuses. L'auteur des Actes de Habib 
pretend que « beaucoup de Chretiens furent poursuivis, 
mais qu'ils confessaient ouvertement, leur foi, sans 
crainte des persecutions parce que les persecutes 
etaient plus nombreux que les persecuteurs A ». Ces 
paroles sont plutdt d'un apologiste que d'un historien. 
Les Actes de Scharbel et de Barsamia peuvent 6tre 
analyses en quelques lignes. La quinzieme ann£e de 
Trajan, laquelle, suivant les synchronismes indiques 
dans ces Actes, r£pond a la troisi&me annee du regne 
d'Abgar VII d'Edesse et al'ann^e 416 de Fere des Se- 
leucides (105 de J.-C), cette annee-la, Tempereur or- 
donne de faire des sacrifices aux dieux et de punir de 
mort quiconque refusera de prendre part a ces sacri- 
fices. Les ordres de Tempereur parviennent a Edesse 
pendant la Kte de nisdn (avril), que pr^sidait le grand- 
pr£tre Scharbel et a laquelle assistait le roi Abgar. 
Barsamia, l'ev&jue d'fidesse, convertit en secret a la 
religion chretienne le grand-pr6tre qui se refuse a im- 
moler aux faux dieux, et cette conversion entraine 
celle des grands de la ville. Le gouverneur romain, 
Lysanias, apres avoir en vain cherch£ a ramener 
Scharbel a ses premiers sentiments, lui applique la 
torture et le fait mettre en prison. C'est seulement le 
deux iloul (septembre) suivant que Scharbel est sup- 
plicie avec sa sceur Babai. 



1. Cureton, Anc. syr. documents, p. 73. C'est dans cet ouvrage, p. 41 
et suiv., qu'ont 6te" publies, avec une traduction anglaise, les Actes de 
Scharbel, de Barsamia et de Habib, que M. Bedjan a re^dites dans le 
premier volume de ses Acta martyrum et sanctorum, Paris, 4890. 



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DE LA MfeSOPOTAMlE. 115 

Les Actes de Barsamia donnent les memes synchro- 
nismes que les Actes de Scharbel, moins l'annee d'Ab- 
gar VII, et ils mentionnent en plus le consulat de Com- 
mode et de Cerialis. Le cinq iloul, Barsamia est 
d£nonce au gouverneur Lysanias comme 6tant Tauteur 
de la conversion de Scharbel. Cet 6v6que est envoye en 
prison. Apres de longs jours, il est ramen6 devant le 
juge, et il subit les premieres tortures, lorsque arrivent 
k Edesse « les lettres d'Alusis, le grand hyparque 
{vnaQx^g), le pere des empereurs », qui mettent fin a 
la persecution. 

Les clausules ajout£es a la fin des Actes de Scharbel 
et des Actes de Barsamia prouvent par les anachro- 
nismes qu'ils renferment que ces Actes appartiennent 
au m&me cycle legendaire que la Doctrine d'Addai, 
analysee sous le n° precedent. Les grands d'Edesse 
qui se convertissent au christianisme portent les m&mes 
noms dans ces documents. La persecution ne peut re- 
monter a Trajan, car sa conquSte d'fidesse ne fut que 
passagere. Ces Actes sont post£rieurs au concile de 
Nicee, auqucl ils font des allusions evidentes. 

Les Actes de Gouria et Schamona', r6dig6s par 
Theophile, indiquent pour la passion de ces confes- 
seurs des dates, qui ne concordent pas toutes entre 
elles : Tan 618 des S&eucides; la 14 e annee du regne 
de Diocl6tien, qui a r6gn6 19 ans, et la 8 e ann£e de 



4. Le texte syriaque a et6 retrouv6 par M. Rahmani dans un ms. de 
Jerusalem : Ignatius Ephilem II Rahmani, Acta sanctorum confessorum 
Guria et Schamonm, adjecta latina versione, Rome, 4899. La version 
armenienne a 6te publtee par Galoust Mkertchian dans le journal 
Ararat, aout 4896, et traduite en anglais par Conybeare dans le journal 
The Guardian, 40 fevrier 4897. Cf. la version grecque dans la Patrol, 
gr. deMigne, t CXVI, p. 445, a la suite des Actes de Scharbel et de Bar- 
samia ; et la version latine dans Surius, De probatis sanctorum vitis, 
45 nov., p. 339 et 345; dans les Bollandistes, 45 nov. ; dans Curetow, 
Anc, syr. documents, p. 443. 



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116 LES ACTES DES MARTYRS 

son consulat; la 6 e annee de Musionus (le gouverneur 
d'Edesse), Aba et Abgar fils de Zeora etant. strateges, 
et Koun6 £tant £v£que d'Edesse'. Gouria, qui s'6tait 
consacr^ a la vie religieuse, et son ami Schamona, 
sont cit6s, comme fervents Chretiens, devant le juge 
de la province qui les fait mettre en prison avec beau- 
coup d'autres Chretiens. Musionus, le gouverneur d'E- 
desse, les sollicite en vain d'ob&r aux ordres de l'em- 
pereur et de sacrifier k Jupiter ; sur leur refus, il leur 
fait subir des tortures" et les met a mort le 15 decembre 
618 (306 de J.-C). Theophile, y est-il dit, ecrivit les 
Actes de Gouria et de Schamona cinq jours apres leur 
mort. 

Le martyre de Habib est fixe, dans les Actes rediges 
egalement par Theophile, a Tannee 620 des S^leucides 
(309 de J.-C), sous le consulat de Licinius et de Cons- 
tants, Julius et Barak etant strateges, Koune etant 
eveque d'Edesse. Habib est denonce et poursuivi a cause 
de la propagande active qu'il fait dans la campagne 
d'Edesse en faveur de la religion chretienne. C'est le 
deux iloul (septembre) que ce confesseur subit le sup- 
plice du bucher. Aussitdt apres, ajoutent les Actes, la 
nouvelle de la marche de Constantin contre Licinius 
detourne les esprits dela persecution contre les eglises, 
qui retrouvent un peu de repos. La clausule relative a la 
redaction des Actes est ainsi congue : « Moi, Theophile, 
qui etais paten de naissance et qui ai confesse ensuite le 
Christ, je me suis empress^ de prendre copie des Actes 
de Habib, comme j'avais ecrit autrefois les Actes des 
martyrs Gouria et Schamona, ses compagnons. 11 les 
avait felicites du supplice du glaive qu'ils regurent, 
il les imita par le supplice du bucher. Si j'ai mentionne 

\. Baumstark, Oriens christianus, 4901, p. 492, croit que la date 
exacte du martyre de Gouria et Schamona est Tan 306 de notre ere. 



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DE LA M&SOPOTAMIE. 117 

l'annee, le mois et le jour du martyre de ces confes- 
seurs, ce n'est pas pour ceux qui, comme moi, en ont 
ete t^moins, mais c'est afinque ceux qui viendront plus 
tard, sachent a quelle epoque vecurent ces confesseurs 
et quels sont aussi les Actes des anciens martyrs au 
temps de Diocletien et des autres empereurs, etc. » 

Les Actes de Scharbel, de Barsamia, de Gouria et 
Schamona, de Habib, forment un ensemble provenant 
de la mdme fabrique. Le martyre de Habib est une 
sorte d'appendice aux Actes de Gouria et de Schamona, 
comme la confession de Barsamia est rattachee aux 
Actes de Scharbel. Les dates et les noms si precis qui 
s'y trouvent ont pour but de donner une apparence de 
verite trompeuse. La redaction est attribute a des te- 
moins oculaires qui Font faite d'apres les archives d'fi- 
desse. 

Les quatre legendes, reliees les unes aux autres, 
ont sans doute un seul auteur ou un auteur particulier 
pour chaque groupe. Dans le dernier cas, le second 
auteur aurait imit6 d'une manure extraordinaire son 
pr6d6cesseur pour le recit et le style. Les Actes du 
temps de Diocletien seraient antSrieurs aux Actes du 
temps de Trajan, qui les auraient suivis de pres. Cette 
literature ne remonte pas plus haut que 360 de notre 
ere ; elle ^eut descendre a une trentaine d'annees plus 
bas. Elle renferme peu de donn^es historiques : la 
mort de Gouria et Schamona et celle de Habib peuvent 
<Hre fixees au temps de Diocletien 4 . 



1. Les conclusions que nous avous returnees dans les deux paragra- 
phes precedents, ont 616 tiroes de Particle de M. Noeldeke, Ueber 
einige E des sent sc he Martyreraklen dans Strassburger Festschrift zur 
XLVI Versammlung deutscher Philologen, Strasbourg, 1904, p. 43-21. Cf. 
Lipsics, Die Edessenisehe Abgarsage, Brunswick, 1880, p. 51 ; et le petit 
raartyrologe publie par Wright d'apres un ms. syriaque de 441 dans 
le Journal of sacred literature, oct. 4865 et janv. 4866. 

7. 



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Il8 LES ACTES DES MARTYRS 

Ces Actes nous montrent tout l'attirail de radminis- 
tration romaine, si savamment organisee, transports 
en Mesopotamie avec les termes techniques de la langue 
juridique et officielle. De Ik le grand nombre des mots 
grecs et latins que contiennent ces Actes, et dont quel- 
ques-uns demeurerent dans la langue courante. Ce 
serait une erreur de croire, en se fondant sur ces mots, 
que ces documents ont ete ecrits primitivement en 
grec; ils sont syriaques et ont et6 r6dig6s k Edesse. 
On en trouve trace dans la litterature posterieure. 
Saint Ephrem mentionne, dans une homelie*, Gouria, 
Schamona et Habib. Jacques de Saroug a compose 
des homelies sur Scharbel, Gouria et Schamona, et 
Habib 2 . 

La ville de Samosate fut aussi le theatre de persecu- 
tions religieuses. On rapporte a la troisieme ann£e de 
Maximin (308) lesupplice deplusieurs Chretiens decette 
ville, a l'occasion de sacrifices offerts dans le temple 
de la Fortune. Hipparchus et Philotheus s'abstiennent 
d'assister a ces sacrifices ; ils convertissent en outre 
leurs amis, de nobles patriciens : Jacob, Paragrus, 
Habib, Romanus, Lulianus. Us sont tous arr6t6s, tor- 
tures et finalement crucifies. Les Actes de ces martyrs 
ont ete redigSs probablement par des tSmoins oculai- 
res ; ils renferment une int^ressante description de la 
ville de Samosate. Ev. Ass&nani, qui les a publies 
(Acta Mart., II, 123-147), 'rapportait cette persecution a 
Maximien, mais M. Schulthess croit, avec plus de 



1. S. Ephreemi carmina nisibena^ £d. Bickell, Leipzig, 1666, p. 53. 

2. L'homelie sur Scharbel a 6te" publtee parMoESMGER dansle deuxieme 
vol. des Monumenta syriaca, p. 54-63; les homelies sur Gouria et Scha- 
mouna, et sur Habib, ont e"t6 6ditees par Cureton, Anc. syr. documents-, 
et reimprime"es parle P. Bedjan dans le premier vol. des Acta marty- 
rum et sanctorum. 



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DE LA PERSE. 119 

raison, qu'il s'agit de Maximin Galere qui s6wit cruelle- 
ment contre les Chretiens * . 

Nous mentionnons ici VHistoire de saint Azazall, le 
fils d'un noble de Samosate, qui fut conduit k Rome ou 
il subitle martyre sous Maximien Hercule en 304. Cette 
histoire legendaire est une imitation des Actes grecs 
de S. Pancrace, comme l'a reconfcu M. Macler qui a 
publie le texte syriaque avec une traduction frangaise 2 . 

§ 2. — Les Actes des Martyrs de la Perse. 

L'ere des persecutions £tait a peine close en Occi- 
dent, qu'elle s'ouvrait en Orient contre les Chretiens de 
Tempire perse. Les premieres persecutions datent de 
Sapor II, qui regna soixante-dix ans, de Tan 309 k Tan 
379; elles n'eurent pas un caractere general ni une 
duree determinee comme en Occident ; foment^es par 
les Mages, elles furent ordonn^es par les rois perses 
qui connaissaient les sympathies de leurs sujets Chre- 
tiens pour les ennemis s^culaires, les Romains. M6me 
apr&s Yedit contre VEglise y promulgu^ par Sapor la 
neuvieme ann6e de son regne, les persecutions demeu- 
rerent localisees dans quelques provinces de Tempire. 

Les Actes syriaques des martyrs de la Perse renfer- 
mentde precieuses donnees pourThistoire et la geogra- 
phic de la Perse a Tepoque des Sassanides 3 . Les pre- 
miers de ces actes relatent le martyre de deux fr^res, 
Adourparwa et Mihrnars6, et de leur soeur Mahdoukt, 
qui eut lieu dans la montagne de Be rain, aux environs 
de Beit-Slok (aujourd'hui Kerkouk), la capitale duBeit- 

. 1. Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell., t. LI, p. 379, note 2. 

2, Macler, Histoire de saint Azazail, Paris, 1902. 

3. Voir sur ce sujet Q. Hoffmann, Ausziige aus syrischen Aktcn per- 
sicken* Mdrtyrer, Leipzig, 1880. 



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W LES ACTES DES MARTYRS 

Garmai, Tan 9 de Sapor II, en 318 de notre ere. Ces 
Actes ont 6te rediges par Rabban Gabriel, un moine 
du couvent de Beit-Abe, qui vivait dans la seconde 
moitie du VII e siecle * ; ils rapportent de nombreuses 
legendes qui recouvrent la tradition primitive 2 . 

La dix-huitieme annee de Sapor, en 327, eut lieu le 
martyre de Zebina, Lazare, Marout, Narsai, Elia, 
Mahri, Habib, Saba, Schembaiteh, Yonan et Berikjesu. 
Suivant les auteurs grecs et latins, ces confesseurs 
auraient subi le supplice, non pas la dix-huiti&me an- 
nee de Sapor, mais la trente-unieme ann6e de ce roi, 
apres la promulgation de l'edit contreTEglise. On doit, 
semble-t-il, s'en tenir a la date indiquee par les Actes 
syriaques ; l'autre date a ete inspiree par une confusion 
qui s'est £tablie plus tard, lorsqu'on a cru que toutes 
les persecutions en Perse 6taient posterieures a cet 6dit. 
Ces Actes ont pour auteur Isaie 4'Arzoun, fils de Hada- 
bou, un des chevaliers du roi du pays, tSmoin oculaire 
des faits 3 . La scene est TArzanene, la frontiere des 
deux empires rivaux ; cette province n'estpas nomm6e , 
mais son indication r^sulte du contexte. 

Les Actes de Sapor, ev&que deNicator, d'Isaac, ev6- 
que de Beit-Slok, de Mane, d'Abraham et de Simon 
nous ramenent dans le Beit-Garmai 4 . Le supplice de 

i. Voir Thomas de Marga, 6d. Budge, Londres, 1893, t. II, p. 243. 

2. M. Hoffmann a donn6 une analyse de ces Actes dans son liyre cite 
ci-dessus ; M. Bedjan a publie le texte syriaque au commencement du 
II« vol. des Acta mart, et sanctorum; selon l^diteur, d'apresun ms. 
de Berlin et des ms. du Vatican. Ces ms. du Vatican ne sont rien autre 
que lc ms. XVI11 du MusCe Borgia (aujourd'hui au Vatican), dont 
M. Khayyath a donne des extraits, Syri Orientates, Rome, 1870, p. 164 
etl65. 

3. Les Actes syriaques ont Cte publics par Evode Ass£hani dans le 
premier vol. des Acta sanctorum martyrum, Rome, 1748, et par le P. 
Bedjan, d'apres AssCmani et un ms. de Mossoul, dans le second vol. 
des Ada mart, et sanctorum, Paris, 1891, p. 39. 

4. Ces Actes ont et6 publies par Assemani et par Bedjan, dans les re- 
cueils cites ci-dessus. 



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DE LA PERSE. 121 

ces confesseurs est fixe a la trentieme annee de Sapor, 
correspondant a Tannee 339 de notre ere. La redaction {/ 
syriaque que nous possedons, semble 6tre sortie d'E- 
desse ; on y lit, en effet, que les martyrs reposent main- 
tenant afidesse, danslenouveaumartyrium, aFinterieur 
de Ta ville. Mais elle est certainement basee sur des 
documents anciens ; les Chretiens y sont designes sous 
le nom de Nazareens, comme on les nommait autrefois 
en Perse. Cependant, en comparant YHistoire de la 
ville de Beti-Slok*, on trouve,' de graves contradictions. 
Dans cettehistoire, Tev6que Isaac, quisubit le martyre, 
est le predecesseur de Yohannan, qui assista au concile 
des 318 ev^ques, c'est-a-dire au concile de Nicee, en 
325; d'un autre c6te, Mane, Abraham et Simon furent 
confesseurs, non pas sous Sapor II, mais sous Yazde- 
gerd II, lahuitieme ann6e de ce roi qui correspond a 407 
de notre ere. L'Histoire donne, pour Tepoque des mar- 
tyrs, des details precis, puises a des sources anciennes. 
L'auteur des Actes syriaques, s'il a ecrit a Edesse apres 
le transfert dans cette ville des reliques des saints, 
aura confondu les dates des evenements. L'anachro- 
nisme qui fait de T6v6que Isaac un contemporain de 
Mane, Abraham et Simon, s^xplique parce qu'il y eut 
un pretre Isaac qui fut supplied avec ces martyrs, et 
parce que l'execution eut lieu dans le m&me endroit, 
dans la ville de K£nar du district de Nicator. 

ISHistoire de Beit-Slok nous fait connaitre d'autres 
martyrs de cette ville. Cest d'abord l'ev&que Mana, le 
predecesseur d'Isaac, qui fut persecute a l'instigation 
des Manicheens et mis a mort avec les Chretiens de la 
ville. L'eglise fut detruite et la persecution atteignit 
m£me les religieuses qui regurent le supplice hors de 

1. Moesinger, Monum. syriaca, II, p. 66; Hoffmann, Auszuge, p. 48; 
Bedjan, Acta mart, et sanct., H, p. 543. 



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122 LES ACTES DES MARTYRS 

la ville, a un endroit appele Hora. Cette histoire ne 
donne pas les noms des saintes femmes, mais ces noms 
ont ete conserves par un autre document syriaque * ; 
elles s'appelaient : Tekla, Danak, Taton, Mama, Me- 
zakia et Anna. Les autres persecutions mentionnees 
par cette histoire eurent lieu au siecle suivant ; nous 
les laisserons momentan£ment de c6t£, pour continuer 
la serie des documents du IV e sidcle. 

La grande persecution de Sapor qui dura, avec de 
courtes interruptions, trente-neuf ans, de 340 a 379, ne 
commenga effectivement qu'une annee apres la promul- 
gation de l'edit de 340 contre les Chretiens 2 . Le r^cit 
de cette persecution a £te attribue 3 a Marouta, £v6que 
de Maipherkat, qui vivait a la fin du IV e siecle et au 
commencement du V e . Cet ev&jue avait une grande 
culture litt£raire et etait un mSdecin distingue. II fut 
envoye, a deux reprises diff^rentes, comme ambassa- 
deur aupres de Yezdegerd I er , par Arcadius et Th6o- 
dose II ; et grace a lui, la paix fut rendue a TEglise par 
le roi de Perse 4 . Si Ton peut douter que Marouta soit 
Fauteur du recueil des persecutions de Sapor, il est 
encore moins vraisemblable qu'il ait ecrit l'histoire 
des martyrs de la persecution de Bahram V et de Yaz- 
degerd II ; ce dernier avait ete vraisemblablement pr6- 
c6d6 dans la tombe par Fev6que de Maipherkat. 



1. Evode Assemam, Adas, martyrum, I, p. 100; Bed j an, Acta marl, 
et sand., II, p. 288. 

2. Noelobke, Geschichte der Perser... aus Tabari, I.eide, 4879, p. 411. 

3. Gf. J. Labourt qui exprime des doutes sur 1 exactitude de cette 
attribution, Le christianisme dans V empire perse, dans cette collection 
des Anciennes litte'ratures chretiennes, Paris, 1904, p. 52. Le texte 
syriaque a Cte" trad u it en allemand par Zingkrle, Echle Aden der heil. 
M&rlyrer, Innsbruck, 1836. Cf. Kmosko, Orient christianus t 1903, p. 385. 

4. Barhebrjsus, Chron. eccl., II, p. 45. Une hom&ie pour le Dimanche 
nouveau, mise sous le nom de Marouta, est probablement de Marouta 
de Maipherkat, d'apres M. Kmosko qui l'a publiCe dans Oriens chri- 
stianus, 1903, p. 384-415. 



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DE LA PERSE. 123 

Suivant une notice d'Amr 4 , Ahai, qui fut patriarche 
en 418, serait 3galement Pauteur (Tune histoire de la 
persecution de Sapor, mais nous ignorons si quelque 
partie de cette histoire s'est conservee, ou si toutes les 
vies des martyrs sont de la plume de Marouta. 

En t&te du recueil mis sous le nom de Marouta, on 
lit deux homelies Sur les martyrs de la Perse, qui 
comptent parmi les meilleurs morceaux de la litera- 
ture apologetique a . 

C'est le patriarche Simeon bar Sabb&e qui inaugura 
la serie des martyrs, la trente-deuxieme ann^e de Sa- 
por, en Tan 341 3 . Les poursuites furent motives par 
le refus du patriarche de percevoir le double imp6t de 
capitation que le roi avait edicts contre les Chretiens, 
a Tinstigation des Juifs qui jouissaient de la faveur de 
la reine m£re. L'auteur du r^cit se fait Techo d'une 
accusation contre les Juifs, que Ton trouve repStee 
dans differents Actes des martyrs de la Perse, mais 
qui peut n'&tre pas fondee. Quant k la reine m6re, qui 
s'appelait fiphra Hormiz, elle etait en effet favorable 



1. Ed. Gismondi, p. 36;comp. Assemahi, B. 0., Ill, part. II, p. 369. 

2. Ces deux homilies se trouvent dans Bedjan, Acta mart., II, p. 57 et 
suiv. ; Edition d'AssEMAiu ne renferme que la plus courte. 

3. A cette epoque Simeon etait patriarche depuis treize ans suivant 
Barbebileus, Chron. eccl., II, p. 35; depuis dix-huil ans suivant Mari 
et Amr, Id. Gismondi, pars prior, p. 18; pars altera, p. 49. Amr 0xe a 
tort la mort de Simeon a Tannee 655 des seieucides, ou 344 de notre 
ere, Simeon ecrivit, suivant le catalogue d'Ebedj^su, des lettres qui ne 
nous sont pas parvenues. Une de ses hymnesa et6 publiee par Overbeck, 
S. Ephrxmi... opera selecta, Oxford, 1865, p. 4*4. II existe a Berlin, Coll. 
Sachau, n° 108, un ms. coo tenant le Livre des Peres, attribul a Simeon 
bar Sabb&£, mais ce livre est un traits des hierarchies celeste et eccle- 
siastique qui a peut-eire 616 ecrit au Xll c siecle par Simeon de Schan- 
klava suivant Dom Pamsot, La science catholique, mai et juin 1890. Cf. 
Catal. Sachau, p. 360; Catal. des ms. syr. de Cambridge, p. 1099. Un 
exlrail du Livre des Peres se trouve dans la cbrestomathie intitulee 
Le petit livre des miettes, )LoL?ftt po^fto. — M. Maclean a traduit en 
anglais une hymne attribute a Simeon bar Sabbae dans East syrian 
Daily Offices, Londres, 1894, p. 231. 



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124 LES ACTES DES MARTYRS 

aux Juifs et avait une grande influence sur le roi, son 
fils, comme nous le savons par le Talmud *. 

Les eglises sont detruites de fond en comble et Si- 
meon est dirige avec quelques pr^tres vers Karka de 
Ledan, en Susiane, ou leroi r^sidait a ce moment-la. On 
conduit egalement devant Sapor plusieurs ev&ques : 
Gadyab et Sabina, £v6ques de Beit-Lapat, Yohannan, 
d'Hormizd-Ardaschir, Bolida, ev^que de Forath, Yo- 
hannan, eveque de Karka de Maisan, ainsi que quatre- 
vingt-dix-sept pr£tres et diacres. Ces nombreuses 
victimes eurent la tHe tranchee 2 ; leur supplice avait 6t6 
precede, la veille (le 13 de nisan, le jeudi de la semaine 
sainte), de celui de Gouschtazad, le chef des eunuques 
du roi, qui s'etait converti et avait confesse publique- 
ment le Christ. Les Chretiens de Karka de Ledan ne 
furent pas inquietes, parce que la ville, nouvellement 
construite, ne payaitpas d'imp6t. Le r^dacteur declare 
qu'il a 6crit ces Actes d'apres les recits beaucoup plus 
detailles d'^crivains anterieurs. 

Ces Actes sont suivis du r^cit de l'exgcution, qui eut 
lieu le lendemain, de Possi, le chef des artisans, qui 
avait excite les confesseurs a la fermet£; puis, du mar- 
tyre de la fille de Possi, qui avait embrasse la vie re- 
ligieuse; son martyre prit place le surlendemain, jour 
do Paques. 

La persecution ne s'arr&ta pas la, mais continua les 
jours euivants avec violence. Nous avons sur ce sujet 
le t^moignage de deux documents qui different sur 
quelques points, mais qui concordent pour l'ensem- 
ble 3 . Suivant ces documents, le massacre des chre- 

1. Voir Noel d ere, Geschichte der Perser... aus Tabari, Leide, 1879, 
p. 52 et 68, notes. 

2. Suivant le Breviarium Chaldaicum, 6d. Bedjan, Paris, 1886, t. Ill, 
p. 133, les reliques de Simeon bar Sabbat furent ddposees a Suae. 

3. Publics dans les Acta mart, du P. Bedjan, t. II, p. 2*1 et 248; l*6di . 



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DE LA PERSE. 125 

tiens transportes en Susiane dura sans interruption pen- 
dant dix jours, depuis le jeudi saint jusqu'au dimanche 
de la seconde semaine de Paques (dimanche de Quasi- 
modo). Les noms des victimes ne se sont pas conser- 
ves parce que la plupart de celles-ci £taient amenees 
de provinces eloignees et etaient inconnues en Susiane ; 
on cite : Amria et Mekima, ev&ques de Beit-Lapat, et 
le pr&tre Hormizd, de Schouster. La f&te commemora- 
tive de ces confesseurs avait lieu durant trois jours, le 
vendredi et le samedi de la premiere semaine de Pi- 
ques, et le dimanche de la seconde semaine de Pi- 
ques. 

Parmi les victimes de ces h£catombes on retrouva le 
corps d'Azad, leunuque cheri du roi, qui, entraine par 
son zele de proselyte, avait ete se placer sous le 
glaive des bourreaux. Xe roi eprouva un profond 
chagrin de la mort de ce serviteur et il ordonna qu'a 
l'avenir on agit avec moins de precipitation. On devait 
au prealable inscrire les noms des chr6tiens, de leurs 
parents, et de leur lieu d'habitation ; puis proceder a 
un interrogatoire. Cet ordre parut le dimanche de la 
seconde semaine de Paques : « Alors, ajoute le pre- 
mier document, le carnage cessa, et il y eut un court 
repit. » 

Au mois de mai suivant, on rapporte le martyre 
des deux sceurs de Simeon bar Sabbae, dont Tune s'ap- 
pelait Tarbo, et de leur servante ; toutes trois s'etaient 
consacrees a la vie religieuse. 

Les Actes de Tarbo et ses compagnes sont suivis de 
ceux de Miles, evSque de Suse, couronn6 le 13 no- 
tion romaine ne contient que le second document. Le premier docu- 
ment fixe la persecution a ran 31 de Sapor, qui est en rCalite l'an- 
n£e de la promulgation de l'6dit contre l'Eglise ; le second document 
indique plus exactement l'an 32. Le second document porte, par er- 
reur, la semaine de la Pentec6te au lieu de la semaine de Paques. 



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126 LES ACTES DES MARTYRS 

vembre de la m6me annee. Les Actes de Miles offrent 
un inter£t particulier, parce qu'ils renferment un recit 
ancien des dissensions qui survinrent entre le patriar- 
che Papa et son clerg6 et auxquelles Fev^que de Suse 
prit part. Ce r£cit differe sur plusieurs points de celui 
de Barhebraeus 4 . 

La seconde annee de la persecution de Sapor est 
inauguree par le martyre de Schahdost, successeur 
de Simeon bar Sabb&6 sur le siege patriarcal de S61eu- 
cie. Le patriarche est arr&te avec cent vingt-huit mem- 
bres du clerge, prAtres, diacres, moines et religieuses. 
11 eut la tete tranch^e, ainsi que la plupart des autres 
prisonniers, le 20 fevrier 342 a . 

Barbaschemin, successeur de Schahdost, n ? eut pas 
un sort different. II fut martyrise avec des pr&tres, des 
diacres et des moines, au nombre de dix-sept, le 9 Jan- 
vier 346. Le siege patriarcal de S&eucie et Ct&siphon 
demeura alors vacant pendant vingt-deux ans 3 . 

Le recueil attribu£ a Marouta renferme encore des 



1. Chron. eccl., II, p. 29-34 : comp. Mari, 6d. Gismondi, pars prior, 
p. 8; Amr, ibid,, pars altera, p. 15, omet le r6cit de Mari. On possede 
sur ce sujel la correspondance de Papa (apocryphe) dans un ms. du 
Mus6e Borgia, K. VI, vol. 4; comparer Cersoy, Les manuscrits orient, 
au Mus4e Borgia, dans la Zeitschr. fur Assyriologie, t. IX, p. 370. 
M. Brain a donne* une traduction allemande de cette correspondance 
dans la Zeitschr, fur KathoU Theologie, 1894. Une lettre a £te e'ditCe 
par Gismondi, Linguae syr, grammatica, 2 e 6d., Beyrouth, 1900, p. 30; 
cf. ibid,, p. 127, une lettre de Jacques, 6veque de Nisibe, a Papa. Sui- 
vant le catalogue d'Ebedj^su, Miles 6crivit des lettres el des ser- 
mons dont il ne nous estrien parvenu. Cf. J. Labourt, Le christianisme 
dans Vempire perse, Paris, 1904, p. 22. 

2. ses Actes ont et6 publies par fiv. Assemani et P. Bedjan dans les 
collections indiqu6es plus haut. Amr et Barhebraeus rapportent ce 
martyre avec quelques varianles. Cf. Delehaye, Les versions grecques 
des Actes des martyrs persans sous Sapor II, Patrologia orientalis, 
t. II, fasc. 4, p. 445. 

3. Suivant le Synodicon orientate public par J.-B. Chasot, Paris, 1902, 
p. 48, 1. 33 (trad., p. 21)2-293). Suivant les Actes de Barbaschemin, publics 
par Assemani et Bf.djan, I. c, environ vingt ans. Amr, Elias de Nisibe et 
Barhebraeus ont des remits differents sur la vacance du siege patriar- 
cal. 



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DE LA PERSE. 127 

actes des martyrs de la Susiane et du Fars pendant 
les annees 342 et 344. Dans le Beit-Garmai exit lieu le 
martyre de Narses, 6v6que de Schargerd, l'ancien 
siege metropolitain de la province. Cet 6v£que fut cou- 
ronn£, avec son disciple Joseph, le 10 novembre 344, 
pendant que le roi Sapor se trouvait dans la ville de 
Schargerd. 

A cette epoque, Arbeles et TAdiabene devinrent la 
principale scene des persecutions contre les Chretiens. 
Les persecutions y durerent, d'une maniere presque 
continue, de344 &376; elles sont relates dans les Ac- 
tes * : de Jean 6v£que d' Arbeles, martyrise avec le pr6tre 
Jacques le l cr novembre 344; d' Abraham, le succes- 
seur de Jean, qui eut la t&te tranchee le 5 fevrier 
345 ; de Hanania, un laic, qui fut martyrise a Arbeles 
le 12 d^cembre 346 a ; du pr&tre Jacques et de la reli- 
gieuse Mariam, sa sceur, qui etaient du village de Telia 
Schelila, mis k mort le 17 mars 347; de la religieuse 
Tecla et de quatre autres religieuses, ses compagnes, 
ex6cut6es, le6 juin 347; de Barhadbeschaba, diacre 
d' Arbeles, condamne le 20 juillet 355 ; d'Aitallaha et 
de Hafsai 3 , martyrises le 16 decembre 355. 

Mais l'ev6nement qui eut le plus de retentissement 
dans cette persecution, ce fut la conversion et le mar- 
tyre de Kardag, gouverneur militaire de TAdiabene, 
en 358, la quarante-neuvieme annee de Sapor. Les 
nombreux miracles, les visions, les allusions a des 
faits historiques post^rieurs, que renfermentles Actes 
de Kardag, montrent que ces Actes ont ete ecrits long- 

1. Publids par le P. Bedjan dans le IV« vol. des Acta mart., p. 148. 

2. Bedjan, ibid., p. 431. A S61eucie furent executes, le 6 avril .345, cent 
onze pretres, diacres et moines, etneuf religieuses. Dne dame d'Arbeles, 
nomm^e Yazdandocht, se signals dans cette circonstance par sa charity 
envers les prisonniers. 

3. Bedjan, Acta mart., t. IV, p. 193. 



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128 LES ACTES DES MARTYRS 

temps apres le martyre du saint ; ils sont probablement 
du VI e Steele '. II est possible, comme on Ta suppose 2 , 
que la conversion de Kardag n'ait pas ete complete- 
ment desinteressee. Ce gouverneur, d'illustre origine, 
s'etait revolte contre Sapor II, apres avoir construit un 
chateau fort sur la colline de Malki pres d' Arbeles ; il 
comptait sans doute, en se ralliant au parti des Chre- 
tiens, sur l'appui des troupes romaines; mais, si tel 
etait son espoir, son attente fut de$ue. Le chateau fort 
fut pris et Kardag fut lapide. Ces Actes, malgre l'inter- 
terpolaiion d'anecdotes heterogenes, renfermentde pre- 
cieux renseignements sur la geographic de la contree 
et l'etat politique et Social de la Perse sous les Sassani- 
des. Le saint fut longtemps vener£ dans son pays; unc 
eglise s'eleva sous son vocable au lieu ou il avait subi 
le supplice ; on y celebrait sa tete chaque annee pendant 
trois jours, et le p&erinage qu'on institua dans ce lieu 
durait six jours. 

Nous devons mentionner ici les Actes des martyrs 
Geles, qui presentent un certain inter&t historique 3 . 
Les G6les habitaient la c6te sud-ouest de la mer Cas- 
pienne, dans la plaine (le Gilan), et Staient voisins des 
Deilamites qui occupaient la partie montagneuse. Les 
Actes de ces martyrs nous apprennent que les G&les 
servaient comme mercenaires dans les armees perses 
et qu'ils 6taient Chretiens au IV e siecle. Le martyre de 
ces soldats eutlieu en 351, sur lesbords de TEuphrate, 
pendant une expedition que Sapor dirigeait sur le ter- 
ritoire romain. Les noms de ces confesseurs etaient * 

1. lis ont et<3 publics la m^rne annge, 4890, d'apres des ms. diff^rents, 
parM. Abbeloos, a Bruxelles, avec une traduction la line, et par M. Feige, 
a Kiel, avec une traduction allemande; ils ont 6te re"im prime's par le 
P. Bedjan, dans le second vol. de ses Acta mart., p. 442. 

2. M. Noeldeke, Zeitschr. der deut. morg. Gesell., t. XLIV, p. 630. 

3. Ces Actes ont ete publies par le P. Bedjan, dans le IV* vol. des 
Acta mart.,1). 166; malheureusement ils sont incomplets a la fin. 



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DE LA PERSE. 129 

Berikjesu, fibedjesu, Sapor, Sanatrouk, Hormizd, Ha- 
darschapour, Halpid, Ai tall aha, Mekim, etc. ; deux 
femmes, Halmadour et Phoebe, furent aussi ex£cut£es 
avec leurs enfants. Les Geles avaient £te evangelises 
de bonne heure*. 

La cinquante-troisieme ann6e de Sapor II, en 362, la 
persecution s6vit dans le Beit-Zabde, sur la rive droite 
du Tigre superieur. Cette province formait la frontiere 
de Tempire romain et de l'empire perse. La place forte 
de Tendroit s'appelait Castra de Beit-Zabde ou en- 
core Phenek. A differentes reprises, Sapor avait tente 
de s'emparer du Beit-Zabde et de Nisibe, dont la 
possession lui ouvrait les portes de l'Arm&iie et de la 
Mesopotamia 11 r^ussit a prendre la place forte de Phe- 
nek pendant l'6te ou l'automne de Tan 360 2 . Suivant 
l'habitude des Perses, la prise de la ville fut suivie 
d'une transportation en masse deS habitants dans les 
provinces perses, et de Tex£cution des .principaux 
membres du clerge. Nous poss£dons sur ce sujet plu- 
sieurs documents dont le plus important est intitule 
« Confession des captifs 3 ». Dans ce document la date 
de la deportation et de la persecution des habitants de 
Beit-Zabde est indiquee k la cinquante-troisieme an- 
nee de Sapor ou 362 de notre ere. Comme cette date se 
trouve la m6me dans plusieurs actes des martyrs, nous 
devons la tenir pour exacte et admettre que la d£por- 

4. Suivant BarhebRjeus, Chron. eccl., II, p. 15, leur Evangelisation re- 
montait a l'epoque de la mission d'Addai; elle serable de beaucoup 
posterieure a M. Labourt, Le Christianisme dans Vempire perse, p. 78, 
note 2, raais sans que celui-ci apporte quelque preuve suffisante. M. Mar- 
quart, Osteuropaische und ostasiatische Streifzuge, Leipzig, 1903, p. 982 
et384, a montrE qu'il est deja question de Chretiens chez les Geles dans 
le Livre des lots des pat/8 de Bardesane et dans les Ancient syr. docu- 
ments de Cureton. 

2. Ammien Marcellin, XX, 7. 

3. Publie par Assemani, Acta sand, mart., I, p. 134, ct Bedjan, Acta 
mart., II, p. 316. 



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130 LES ACTES DES MARTYRS 

tation eut lieu deux ans apres la prise de Phenek, sans 
doute apres une revolte des habitants qui comptaient 
sur le secours des troupes romaines. Les hommes et 
les femmes emmenes en captivite etaient au nombre de 
neuf mille ; dans ce nombre se trouvaient l'ev&que He- 
liodore avec ses deux vicaires, desprAtres, des diacres, 
des religieux et des religieuses. L'ev&que mourut en 
route. Trois cents captifs furent designes pour demeurer 
dans la province de Dara, a la condition de se convertir 
a la religion des Mages ; vingt-cinq seulement aposta- 
sierent, les autres furent massacres, etc. 

A la persecution du Beit-Zabde se rapportent les 
Actes de Saba Pirgouschnasp * qui renferment d'utiles 
notices historiques et geographiques sur cette province 
et sur la province voisine, le Beit-Arb&ye; mais ces 
Actes commettent une erreur en transportant la prise 
de Phenek apres la Cession de Nisibe aux Perses, qui 
eut lieu en 363. L'anachronisme est d'autant plus ma- 
nifeste que ces Actes indiquent exactement la cinquan- 
te-troisieme annee de Sapor. 

La tradition relative au massacre des Chretiens du 
Beit-Zabd6 est encore vivante chez les habitants 
actuels du pays, qui montrent le lieu oh Sapor mit a 
mort six mille Chretiens a cause de leur religion et a 
cause de la conversion de son fils a . 

C'est encore pendant la mime persecution qu'eut 
lieu le martyre de Bassus, dont le nom se r^pandit 
chez les Syriens occidentaux, gr&ce au celdbre couvent 
d'Apam6e qui portait le nom de ce saint 3 . Les Actes 

1. M. G. Hoffmann en a donnd une analyse, Auszuge aus $yr. Akten 
pers, Mdrtyrer, p. 22; le texte syriaque a 6t6 6dite" par le P. Bedjan, 
Acta mart., IV, p. 322. 

2. Voir l'intgressante relation du voyageur Taylor (Journal de la So- 
ciete de geographic de Londres, 1865, vol. 35, p. 51) rapportee par 
M. Hoffmann, Auszuge, p. 27-28. 

3. L'abb6 P. Martin a publie, dans la Zeitschr. der dent morgenl. 



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DE LA PERSE. 131 

originaux de Bassus ne se sont pas retrouves, mais on 
possede une hom&ie metrique* faite d'apres ces Actes 
et qui permet de reconstituer l'histoire du martyr. II a 
du exister un recueil complet des Actes des martyrs 
du Beit-Zabde ; quelques-uns de ces Actes seulement 
nous sont parvenus. Par erreur, Thomelie indique la 
soixante-seizieme annee de Sapor au lieu de la cin- 
quante-troisieme annee 2 . II existait deux autres mo- 
nasters sous le vocable de Mar Bassus : Tun sur le lieu 
m&me ou le saint fut martyrise, Tautre non loin de la, 
a Hidil, dans le Tour-Abdin. 

Nous avons encore pour cette persecution les Actes de 
Behnam et de sa soeur Sara qui sont rattach^s a l'his- 
toire des couvents de Mar Ma'ttai et de Mar Behnam 3 . 
Ces Actes donnent la date exacte de 663 des Seleucides 
ou 352 de notre ere, mais, par un singulier anachro- 
nisme, ils placent la persecution apr&s F expedition de 
Julien en Mesopotamie. 

La paix conclue entre Jovien et Sapor en 363, aux 
termes de laquelle Nisibe etait cedee aux Perses, fut 
suivie d'un arr6t momentane de la persecution contre 
les Chretiens; mais le repit ne fut pas de longue duree. 
L'annee 376 est signage par le martyre de quarante 
membres du clerg6 de la province de Kaschkar, parmi 
Iesquels se trouvaient deux 6v6ques. Les Actes de ces 
martyrs font partie de la collection attribute a Marouta. 
La m£me annee, martyre de Badma, directeur du cou- 
vent qu'il avait fonde aupres de Beit-Lapat. Les der- 

Gesell., t. XXX, p. 317, la correspondance 6chang6e entre les moines de 
ce couvent et Jacques de Saroug. On cite aussi une lettre de Severe 
d'Antioche a ces moines. 

1. Publiee par M. Cbabot, La ligende de Mar Bassus, Paris, 1893; com- 
parer Journal a&iatique, nov.-dec. 1893, p. 537. 

S. Sapor n'a r6gn6 que soixante-dix ans. 

3. Ces Actes ont et6 analyses par M. Hoffmann, Ausziige, etc., p. 17; le 
lexte a 6t6 public par le P. Bedjan, Acta mart., II, p. 397.- 



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132 ACTES DES MARTYRS 

niers Actes sont ceux d'Akebschema, ev£que de He- 
naita, du prfetre Joseph et du diacre Aitallaha, 

A la fin de son histoire des martyrs de la Perse, 
l'auteur declare qu'il a eu connaissance lui-m&me des 
derniers ev&iements de la persecution et que, pour les 
evenetaents anterieurs, il tient son r£cit de vieillards 
respectables et dignes de foi qui en avaient ete les 
temoins. 

Pour achever ce sombre tableau des persecutions de 
Sapor II, nous citerons un document legendaire : les 
Actes de Goubarlaha et de Kazo, le fills et la fille du roi 
Sapor. Suivant une redaction de ces Actes * , le fils du roi 
est instruit dans la religion chr^tienne par Dadou. Celui- 
ci, sur Fordre de Sapor, a la t&te tranchee, et le jeune 
prince est fustige ; Pexecution a lieu dans la province 
des Medes. Une autre redaction est representee par un 
fragment syriaque dont M. Hoffmann a donne une ana- 
lyse 2 . Goubarlaha meurtapr&s de longues tortures; sa 
soeur Kazo, qu'il a convertie, est fustigee, et, apres 
avoir re$u le bapt^me, rend r&me. La mort de ces 
confesseurs avait ete pr6ced6e par celle d'un mage, du 
nom de Gargamousch, que Goubarlaha avait amen6 a 
la foi chr^tienne. Le lieu du supplice est, dans cette 
redaction, Karka de Ledan, et la date indiquee est le 
vingt-deux septembre de la vingt-troisieme annee de 
Sapor, correspondant k Van 332 de notre ere. II est 
difficile d'entrevoir la verity dans cette 16gende. La 
tradition locale encore vivante, selon le rapport de 
Taylor cit6 plus haut, indique la conversion du fils du 
roi Sapor comme la principale cause de la persecution 
qui eut lieu en 352 dans la province de Beit-Zabde. 

1. Publtee dans le IV vol. des Acta mart, du P. Bedjan, p. 141. 

2. Auszuge au& syr. Akten pers. Mdrtyrer, p. 33; le texte syriaque est 
public dans le IV e vol. des Acta mart, du P. Bedjan, p. 218. 



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DE LA PERSE. 133 

Nous ne nous appesantirons pas sur le long mar- 
tyrologe des Chretiens de la Perse. Les persecutions 
continuerent, avec plus ou moins d'intensite, sous les 
autres rois Sassanides. L'introduction du nestorianisme 
en Perse dans la seconde moitie du V e siecle eut au 
moins l'avantage, en creusant un fosse entre les Syriens 
occidentaux et les Syriens orientaux, d'amener un ra- 
lentissement dans les poursuites. Ce que nous avons dit 
des Actes des martyrs du temps de Sapor II suffit pour 
faire connaitre ce genre litteraire. Etendre cette ana- 
lyse aux Actes des martyrs posterieurs n'aurait qu'une 
mediocre utilite qui ne racheterait pas Tennui de Tuni- 
formite * . Nous signalerons seulement quelques-uns des 
episodes les plus marquants des persecutions suivantes. 

VHistoire de la ville de Beit-Slok rapporte 2 que 
Yazdegerd II se montra clement pendant les sept pre- 
mieres annees de son regne; mais, lahuitieme annee 3 , 
il fit perir safille, qui etait en m6me temps sa femme 4 , 
ainsi que les grands de son royaume 5 . 

A la persecution de Yazdegerd II se rattache le mar- 
tyre de saint P6thion qui eut lieu la neuvieme ann6e 
du regne de ce roi. II existe plusieurs redactions de ce 
martyre. L'une d'elles a 6te publtee par le P, Corluy 
dans le tome VII des Analecta Bollandiana, 1888, 
d'apres un ms. du Mus6e britannique, que M. Hoff- 



1. On trouvera ces actes dans les Acta sanctorum martyrum d'EvoDE 
Assemani et dans les Acta martyrum et sanctorum du P. Bedjan; 
M. Hoffmann a analyse* plusieurs d 'entre eux dans ses Avszuge aus 
syrischen Akten pen, Martyrer, 

1. Hoffmann, Auszuge, p. 50; le texte syriaque dans Moesincer, Monti- 
menta syriaca, II, p. 68, et dans Bedjan, Acta mart., II, 518. 

3. La buitieme ann£e de Yazdegerd II torn be en 446. 

4. Les unions enlre proches parents chez les rois Sassanides avaient 
pour objet d'empecher le melange du sang. 

5. Cette mesure de rtgueur arait 6t6provoqu6e par un complot con Ire 
le roi. Sur la persecution de Yazdegerd H, nous renvoyons le lecteur a 
M. Ladoort, Le christianisme dans V empire perse , p. 126, § 3. 

8 



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134 ACTES DES MARTYRS 

mann avait d&jk fait connaitre*. Une autre redaction, 
beaucoup plus d^veloppee, se trouve dans le deuxieme 
volume des Acta martyrum du P. Bedjan, p. 559- 
634. Un manuscrit du Vatican, syr. 184, renferme un 
poeme sur saint P&hion compose par Tarchidiacre 
Mara. 

Les Actes de Jacques l'lntercis fixent le martyre de 
ce saint a Tan 732 des S&eucides (421 de J.-C), pen- 
dant la premiere ou la deuxi&me annee de Bahram V 2 . 
lis ont ete publies par Evode Assemani, Acta sand, 
martyr., I, 242, et par le P. Bedjan, Acta mart., II r 
p. 539. 

Le patriarche Bab6£ fut mis &mort par Peroz en 481 
sur la denonciation de Barsauma qui avait surpris une 
lettre de ce patriarche sollicitant Intervention des Ro- 
mains. Les Actes de ce martyr contiennent un recit 
conforme a celui d'Amr et de Barhebraeus 3 . 

A la dixieme annee de Chosroes l er , ou Chosroes 
Anoschirwan, est rapporte le supplice de Gr^goire qui, 
de son vrai nom, s'appelait Pirangouschnasp ; il etait 
originaire de Rai et appartenait a la famille perse de 
•Mihran 4 . 

Le martyre de Yazdepanah suivit de pres celui de 
Gregoire. Yazdepanah, [de la province de Karka de 



1. Auszuge, p. 61-68. On doit encore au P. Corluy la connaissance des 
Actes d'Abdalmessih qui 6tait juif d'origine et qui fut tue par son pere, 
le 27 juillet 390, pour s'etre fait Chretien : Analecta Bollandiana, 
Bruxelles, 1886; le texte syriaque a ete reimprime par le P. Bedjan dans 
les Acta mart., I, p. 173. 

2. La premiere annee est indiquee a la fin des Actes, et la seconde au 
commencement, comp. Noeldeke, Geschichte der Perser... aus Tabari, 
p. 120; Mari et Amr, ed. Gismondi, pars I, 34; pars II, 28. 

3. Ann, ed. Gismondi, p. 30-31 ; Barheb., Chron. eccl. t II, p. 61-65. Le texte 
de ces Actes se trouve dans Bedjan, Acta mart., 11,631. 

4. Les Actes de ce martyr ont ete analyses par Hoffmann, Auszuge..., 
p. 78, et ont ete publics par Bedjan, Histoire de Mar-Jabalaha, de 
trots autre* patriarche*..., Paris, 1895, p. 347-394. 



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DE LA PERSE. 135 

L6dan, £tait gouverneur et juge dans son pays 4 . 

La vingt-cinquieme annee de Chosro&s II, ou Chos- 
roes Parwez (615 de J.-C), fut martyrise le prGtre 
Georges, qui appartenait a une famille noble de la Perse, 
et dont le vrai nom £tait Mihramgouschnasp; il regut 
le baptSme de Simeon, £v6que de Hira. Sa soeur Haza- 
rowai se convertit egalement au christianisme, prit le 
nom de Marie et se fit religieuse. Les Actes de ce saint 
ont 6te Merits par Mar Babai, abb6 du couvent du mont 
IzJa*. lis renferment des notices importantes pour 
Vhistoire de FEglise nestorienne k la fin du VI e siecle. 

La trentteme annee du m£me roi, eut lieu le supplice 
de Jesusabran, un ascele nestorien, persan d'origine, 
qui passa une partie de sa vie en prison. Les Actes de 
ce martyr furent Merits quelques amines apres sa mort 
par Jesuyab HI, qui devint patriarche des Nestoriens 
vers 650 3 . Avec J6rusabran perirent douze autres Chre- 
tiens notables, dont Thistoire, rapporte Jesuyab, fut 
ecrite par un autre auteur. 



§ 3. — Les textes syriaques sur les martyrs 
en dehors de la Mesopotamia et de la Perse. 

La legende des Sept dormants d'Ephese qui, dans la 
tradition de TEglise, est rapportSe a la persecution de 
Dece *, est representee dans la literature syriaque par 

4. Les Actes de ce martyr ont 6te" analyses par Hoffmann, I. <?., p. 87, 
et publics par Bedjan, I. c, p. 394-445. 

2. Us ont ete analyses par Hoffmann, Auszuge...,, p. 94 et ont ete pu- 
blics par Bedjan, Histoire de Mar-Jabalaha, de Iroii autres patriar- 
ches..., p. 446. 

3. lis ont ete publics par M. Chabot avec une analyse dans les Archi- 
ves des missions scient., VII, p. 486. 

4. Sunns, Vitse sand., au 47 juillet ; les Bollandistes, Acta sanct., VI, 
575-387 ; Koch,' Die Siebenschlsefer legende, Leipzig, 4883; V. Ryssel, Theol. 
Zeilschr. aus der Schtveiz, 4896, p. 48. 



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136 LES TEXTES SYRIAQUES 

deux textes principaux et par une homelie m&rique de 
Jacques de Saroug. L'un de ces textes est ins£r£ dans 
la compilation syriaque intitulee Histoire de Zacha- 
rie * ; Tautre se trouve dans la chronique de pseudo- 
Denys de Tellmahr£, probablement d'apres l'histoire 
de Jean d'Asie, et dans des manuscrits de Londres, de 
Paris et de Berlin 2 . 

L'homelie de Jacques de Saroug contient des details 
qui ne se trouvent pas dans les versions et qui peuvent 
avoir ete ajoutes par Fauteur. Jacques, d'un autre c6te, 
abrege parfois les textes anciens. M. Guidi aedit6 
deux recensions de cette homelie, de differente eten- 
due, d'apres deux ms. du Vatican 3 . 

Barhebrseus, dans sa chronique ecclesiastique, a fait 
de la legende un resume qui presente quelques varian- 
tes dans les noms propres 4 . 

Le principal document pour l'histoire des persecu- 
tions exerc^es contre les Chretiens du Y&nen par le roi 
juif de ce pays, au VI e siecle de notre ere, est la lettre 
ecrite par Simeon, £v6que de Beit-Arscham, a Si- 
meon, abbe du couvent de Gabboula. Dans cette lettre, 



1. Land, Anecdota syriaca, t. Ill, p. 87. Cf. Michel le Syrien, ed. Cha- 
bot, II, p. 17 (texte, p. 173). 

2. La premiere partie du deuxieme document a 6t6 publtee par 
Tullberg, Dionysii Tellmahharensis chronici liber primus, Upsal, 1851, 
p. 167 ; la seconde partie, par Ignazio Gdidi, Testi orientali inediti sopra 
isette dormienti di Efeso, dans les mgmoires de la Reale Accademia 
dei Lined, 1884, avec les autres textes orientaux (coptes, arabes, ethio- 
piens et armeniens) relalifs a la tegende. Le texte est r6imprime dans 
les Acta mart, de Bedjan, 1, 301. Le ms. de la Bibliotheque nationale, 
n° 235, fol. 526, renferme un troisieme texte avec des variantes peu im* 
portantes. Cf. Manna, Morceaux choisis de litterature arame"enne, 
Mossoul, 1901, t. II, p. HO. M. Noeldkre, Gdtting. Gelehrte Anzeigen, ' 
1886, n° 11, a montr6 que le deuxieme texte syriaque est l'original de 
la tegende. Cette 16gende a 6t6 traduite en allemand par V. Ryssel, 
Archiv f. das studium der neueren Sprachen und LitU, XCIII, 241 ; 
XC1V, 369. 

3. Dans la publication citee dans la note prCc^dente. 

4. Chron. eccl., I, p. 441 et suiv. 



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SUR LES MARTYRS. 137 

PevSque de Beit-Arscham rapporte que, le vingt Jan- 
vier 524, il avait quitt£ la ville de Hira en compagnie 
duprfetre Abraham, qui avait ete depute par Tempereur 
Justin I vers le roi des Arabes, Mondhir, pour traiter 
dela paix avec celui-ci. Les voyageurs rejoignent Mon- 
dhir a Ramla. Aussit6t apr&s leur arrivee, le roi des 
Arabes regoit une lettre du roi juif des Himyarites (Ho- 
m^rites), qui contient le r^cit des persecutions que ce 
roi a ordonn^es contre les Chretiens du Y&nen. Cette 
missive a pour objet d'engager Mondhir a s6vir contre 
ses sujets Chretiens. Voici, d'apres cette lettre, a quelle 
occasion avait eu lieu le massacre des Chretiens de 
Nedjran dans le Yemen : le roi chr&ien que les £thio- 
piens avaient etabli dans cette ville etant mort pendant, 
Thiver, les Ethiopiens n'avaient pu traverser la mer et 
s'occuper du successeur a donner au monarque d^funt; 
les Juifs avaient profite de cette circonstance pour se 
saisir du gouvernement ; le roi juif qu'ils avaient nomme 
s'etait empare traltreusement de la ville de Nedjran 
apress avoir fait massacrer les Ethiopiens, au nombre 
de deux cent quatre-vingts hommes, religieux et laics* 
qui etaient demeures dans le Y£men. La ville prise, le 
*oi juif fait bruler Teglise et mettre a mort les Chre- 
tiens qui ne veulent pas nier que le Christ est Dieu> 
Les hommes subissent le martyre les premiers ; un cer- 
tain nombre s'echappe et s'enfuit dans la montagne. 
Les femmes demeurent egalement inebranlables dans 
leur foi et re^oivent le supplice avec enthousiasme. 
Une dame noble du nom de Dauma (yar. R6m6) se 
distingue entre toutes par son exaltation; elle court 
avec ses filles au-devant du supplice et outrage le roi 
qui, frappe de sa beauts, voulait la sauver. 

« Tel etait, ajoute Simeon, le contenu de la lettre 
que regut Mondhir, le roi de Hira, lorsque nous arri- 

8. 



►QIC 



138 LES TEXTES SYRIAQUES 

v&mes pres de lui avec le pr£tre Abraham, dont nous 
avons parle plus haut, et Sergis f *> ar. Georges), ev6que 
de ReSafa. » 

Revenu a Hira, Simeon apprend de nouveaux Epi- 
sodes de cette persecution, que la lettre du roi juif 
ne mentionnait pas. Un messager, envoye aux infor- 
mations par des deputes de Tancien roi himyarite qui 
se trouvaient a Hira, rapporte en effet des nouvelles de 
la ville de Nedjran. Aussitot la ville prise, les princi- 
paux perspnnages, au nombre de trois cent quarante, 
avaient ete amends devant le roi juif 5 a leur t&te etait 
Harith (Aretas), qui confessa le Christ avec courage 
et engagea ses compagnons k suivre son exemple. 
Un autre fait, omis dans la lettre du roi juif, c' etait la 
confession d'un enfant de trois an# qui voulait mou- 
rir avec sa mere plut6t que de renier le Christ; c'etait 
aussi l'outrage que le roi juif recut de la plus jeune 
fille de Dauma, lorsqu'il sollicita la noble dame d'a- 
postasier. 

Simeon, en terminant sa lettre, appelle les prieres 
des ev&ques de sa confession (monophysite) sur les 
Chretiens himyarites et exprime Tespoir que les ev&- 
ques de la confession de l'empereur agiront aupres de 
celui-ci, pour qu'il mette fin aux intrigues des Juifs de 
Tiberiade contre les Chretiens. 

La lettre de Tev&que de Beit-Arscham a et6 publiee, 
pour la premiere fois, par Assemani i qui la prit de la 
partie de la chronique de pseudo-Denys de TellmahrS 
tiree de l'histoire de Jean d'Asie. Cette lettre est 6ga- 
lement inser^e dans la compilation syriaque de Phis- 
toire de Zacharie et elle a ete imprim^e d'apr^s cette 
source, dans le tome X de la Script, veterum nova cob 

1. Bibl. Orient., I, 364. 



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SUR LES MARTYRS. 139 

lectio de Mai et dans le tome III, p. 235, des Anecdota 
syriaca de M. Land. Le texte de la chronique de 
pseudo-Denys differe peu de celui de Fhistoire de Za- 
charie ; c'est une recension abregee du document ori- 
ginal, probablement faite par Jean<TAsie 4 . M. Guidi, 
dont les recherches dans le domaine syriaque sont si 
fructueuses, a retrouve, dans un ms. du musee Borgia 
et dans deux ms. du Musee britannique, le texte pri- 
mitif, plus complet, qu'il a publie dans les m^moires 
de la Reale Accidentia dei Lincei, en 1881, sous le 
titre de La letter a di Simeone vescovo di Beith-Ar- 
scham sopra i martiri Omeriti 2 , 

La persecution de Dhou-Nowas et le martyre d'A- 
reHas forment la premiere partie du Marty Hum Aretse 
qui est conserve* en grec 3 . M. Guidi remarque que le 
texte original de la lettre de Simeon confirme les con- 
jectures que le P. Carpentier avait faites sur l'&ge et la 
composition du Marly Hum Aretse. La premiere par- 
tie de ce document a ete ecrite en syriaque par Ser- 
gis (ou Georges?), eveque de Resafa, qui se trouvait 
avec Simeon et Abraham aupres de Mondhir lorsque 
la lettre de Dhou-Nowas fut remise a celui-ci. Le 
syriaque a et£ ensuite traduit en grec, et on ajouta 
a la version grecque le r^cit de l'expedition d'Ela-As- 
beha. 

«. On a beaucoup discute sur la lettre de Simeon de 
Beit-Arscham et sur son authenticity. Les premiers 



1. Michaelis et Zingerle ont reimprime ce texte dans leurs chresto- 
mathies, le premier d'apres Asslmani, le second d'apres le card. Mai. 
Knges a egalement public celte lettre dans sa petite chrestomathie 
d'apres un ms. de Paris, qui en donne un mauvais resume. Traduction 
porlugaise par Esteves Pereira, Historia dos Martyres de Nagran, Lis- 
bonne, 1899, p. 3. 

2. R&mprimg dans les Acta mart, du P. Bedjan, I, p. 372. 

3. Public* par Roissonade, Anecdota grseca y t. V, p. 1; et par le P. Car- 
pentier, ActaSanct. des Bollandistes, Oct.,x, p. 724. 



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140 LES TEXTES SYRIAQUES 

travaux sur cette question, de Blau, de PraBtorius et de 
Mordtmann, ont paru dans la Zeitschr. der deut. mor- 
genl. Gesellsch., t. XXIII, 560 ; XXIV, 624 ; XXV, 260 
XXXI, 66 (comp. Noeldeke, Tabari, 185, note 1 
Guidi, La lettera di Simeone). M. Halevy, dans la Re 
vue des Etudes juives, t. XVIII, 16-42 et 161-178, 
a etudie a nouveau cette lettre et les documents qui s'y 
rattachent ; il conclut en s'appuyant sur des arguments 
assez probants, que la lettre de Simeon est apocryphe 
et qu'elle aete composee a la fin du regne de Justinien. 
En outre M. Hal&vy cherche a disculper les Juifs de 
Taccusation d'etre les auteurs de la persecution qu'il 
impute a des Ariens. M. Duchesne [Revue des Etudes 
juives, t. XX, p. 220) ne fait pas d'objection a la 
these de M. Halevy en ce qui conceme le caractere 
apocryphe de la lettre, mais il accepte comme veridi- 
que la tradition relative au massacre des Chretiens de 
Nedjran par les Juifs; comp. Halevy, ibid., t. XXI, 
p. 73 etsuiv. 4 . 

II existe deux autres documents syriaques sur les 
persecutions des Chretiens himyarites. Le premier est 
une lettre de condol^ance adress^e a ces Chretiens 
par Jacques de Saroug et qui a et6 publiee par 
M. Schroeter 2 . Jacques etant mort en 521, Tediteur 
pla^ait la composition de la lettre en 520, quelques 
annees avant le martyre d'Ar^tas. Mais M. Guidi fait 
remarquer avec justesse que, en 520, un roi chretien 
regnait a Nedjran ; la lettre de Jacques se rapporte k la 
premiere persecution de Dhou-Nowas, qui prit fin en 
519, apres la fuite de celui-ci. 



1. Voir aussi : Fell, Zeitschr. der deut. morg. Gesell., t. XXXV, p. 1 et 
suiv. ; Esteves Pereira, Historia dos Martyres de Nagran, Lisbonne 
4899; Halevy, Revue stmitiquc, janv. 1900, p. 88. 

2. Zeitschr. der deut. morg. Gesell., t. XXXI, p. 360 et suiv. 



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SUR LES MARTYRS. 141 

Le second document est une hymne de Jean Psaltes, 
abbe du couvent de Kennesre, lequel vivait dans la 
premiere moitte du VI e . sifecle et etait monophysite. 
Cette hymne fait partie d'une collection d'hymnes 
grecques qui ont et6 traduites en syriaque par Paul 
d'Edesse pendant son sejour en Chypre et revises 
par Jacques d'Edesse. Elle se rapporte a la persecu- 
tion dans laquelle Ar&as p£rit A . 

Les autres textes syriaques relatifs a differents mar- 
tyrs offrent un inter£t moindre ; ce sont, pour la plu- 
part, des traductions d'Actes grecs. 

La traduction syriaque de l'histoire des martyrs de la 
Palestine par Eusebe a ete publiee par Evode Asse- 
mani dans le deuxieme volume des Acta sand, mar- 
tyrum. Une autre recension, dans un ms. du .Musee 
britannique, a ete editee par Cureton a Londres, en 
1861, et r&mprimee par le P. Bedjan dans les Acta 
martyrum, I, p. 202. M. Bruno Violet a donn£ une 
traduction allemande de cette recension avec une etude 
des differents textes de l'oeuvre d'Eusebe sur les mar- 
tyrs de la Palestine dans les Texte und Untersuchun- 
gen de Gebhardt et Harnack, t. XIV, 4 e livraison; la 
seconde partie de ce travail a ete imprimee k part 
comme these de doctorat, Ueber die Palaestinischen 
M&rtyrer, Leipzig, 1896 2 . Le panegyrique d'Eusebe 
sur les martyrs Chretiens, qui se trouve dans le m6me 
manuscrit syriaque du Musee britannique, a paru par 
les soins de Wright, dans le Journal of sacred litera- 
ture, 4 e serie, t. V, p. 403 ; M. Cowper en a donne 

1. Publiee 6galemenl par M. Schroeter, loc. cit. (dans la note pr£c6- 
dente), p. 400. La suscriplion de cette hymne qui mentionne l'gthio- 
pien Masrouq au lieu de Dhou-Nowas est une addition posterieure, 
Noeldeke, Tabari, 183, noted. 

2. Cf. Mercati, I martiri di Palestina d'Eusebio di Ceesarea nel codicc 
Sinaitico dans lea Rendiconti del R. Istituto Lombardo, 1897, XXX, 1060. 



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142 VIES DES SAINTS 

une traduction dans le m6me periodique, t. VI, p. 129. 

Le P. Bedjan a publie le texte syriaque des Actes 
des Quarante martyrs de Sebaste dans le troisieme vo- 
lume des Acta martyrum, p. 355, et Thomelie de 
Jacques de Saroug sur ces martyrs dans le sixieme vo- 
lume, p. 662. L'homelie de saint Ephrem sur le m6me 
sujet a ete edit^e par M. Lamy, Sancti Ephrsemi syri 
hymniet sermones. III, 936. 

Les Acta martyrum du P. Bedjan renferment encore 
des traductions syriaques de differents Actes grecs de 
martyrs. On trouve dans le tome VI, p. 650, l'hom&ie 
de Jacques de Saroug sur les martyrs Serge et Bac- 
chus, dont les Actes sont imprimes dans le tome -III, 
p. 283. 

Parmi les documents qui appartiennent au domaine 
de la fiction plutdt qu'a l'histoire, nous citerons les 
Actes de saint Georges, martyrise par un roi perse du k 
nom de Dadyane ' ; de sainte Sophie (la sagesse) et de 
ses trois filles, Pistis, Elpis et Agape (la foi, Tesp^rance 
et la charity), martyrisees par Hadrien a ; de sainte Fe- 
bronie, au temps de Diocletien 3 ; de saint Paphnuce 
et de ses compagnons, a la m&me £poque 4 . 

§ 4. — Vies des saints et des ascites. 

Les moines orientaux 5 , c&iobites et solitaires, pro- 
fessaient une vive admiration pour les P&res des deserts 



i. Bedjan, Acta mart., I, 277. 

2. Ibid., VI, 32. Rendition par M me Lewis, Studia Sinaitica, IX, Lon- 
dres, 1900, p. 218 ;et traduction anglaise, ibid., X, p. 168. 

3. Ibid., V, «73. 

4. Ibid., V, 514. 

5. Sur ^institution monastique en Mesopotamie et en Perse, et sur les 
Actes de S. Eugene, nous renvoyons le lecteur a J. Labourt, Le Chris- 
tianismedans Vempire perse, chap, xi, p. 392 et suiv. 



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ET DES ASCETES. 143 

de Scete et de la Thebai'de, dont ils lisaient les vies 
dans des traductions syriaques ; ils visitaient les lieux 
sanctifies par les ascetes et s'y 6tablissaient, s'ils en 
avaientle moyen. Les Syriens-fonderent dans le de- 
sert de Sc6te un couvent celebre sous le nom de Notre- 
Dame Marie, mere de Dieu. II a du exister de tres 
bonne heure une traduction syriaque de YHistoire lau- 
siaque de Palladius et de VHistoria monachorum de 
Rufin. Dadjesu de Katar, qui vivait k la fin du VII e sie- 
cle, fit une traduction du Paradis des moines oc~ 
cidentaux, nom sous lequel est vraisemblablement 
designee l'histoire lausiaque *. La recension syriaque 
que nous poss^dons du livre de Palladius est l'oeuvre 
d'Enanjesu, que ce moine entreprit dans le couvent de 
Beit-Abe a la demande du patriarche Georges (661- 
680). 

L'histoire monastique de Thomas de Marga 2 nous 
donne d'utiles informations sur ce travail d'Enanjesu, 
qui comprenait deux volumes. Le premier volume ren- 
fermait les vies des saints Peres ecrites par Palladius 
ou attributes a S. Jer6me, et le second les questions et 
les recits des Peres. L'ouvrage etait intitule Le Para- 
dis; il se repandit et fut accepts danstous les couvents 
de TOrient. Le second volume contenait six cent quinze 
articles num^rotes, repartis dansquatorzechapitres;en 
outre, Enanj&su y avait reuni quatre cent trente arti- 
cles sur toutes sortes de vertus, et aussi beaucoup 
d'autres qui n'etaient pas classes et ne portaient pas de 

1. Assemani, B. 0., t. Ill, part. I, p. 98-99, croyait que l'auteur de cette 
traduction etait Dadjesu, le disciple d'Abraham, qui vivait un siecle 
plus tdt, voir Notice sur la vie et les ceuvres de Dadischo Qatraya, par 
M" Addai Schek, dans le Journal asiatique, janvier-fevrier 1906, p. 103. 
Cette traduction est citee dans le Livre de Vabeille, 6d. Budge, p. 57, 1. 3 
(trad., p. 55, 1. 1). 

«. Livrp II, chap, xv ; 6d. Budge, The book of governors, the historia mo- 
nastica of Thomas of Marga, Londres, 1893, 1. 11, p. 189. 



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144 ' VIES DES SAINTS. 

numeros d'ordre. Ce compilateur avait ajoute le dis- 
cours ou Encomium de saint Jean Chrysostome sur les 
moines d'Egypte (VIII e hpmelie sur saint Matthieu) ; 
les questions d' Abraham de Nathpar (ou Naphtar?) 
et des demonstrations et recits qu'il avait tires des 
Litres des Peres. 

Le P. Bedjan a publie recemment une Edition du Pa- 
radis d'Enanjesu, basee sur un ancien et excellent ms. 
du Vatican et sur d'autres manuscrits de Londres, de 
Berlin et de Paris 1 . Cette Edition, qui etait vivement 
attendue, contient : 1° les vies des Peres en trois par- 
ties (les vies ecrites par Palladius dans les deux pre- 
mieres parties, et les vies ecrites par saint Jerome 2 
dans la troisieme) ; 2° les apophtegmes des Peres for- 
mant les quatorze premiers chapitres de la troisieme 
partie, mise a tort sous le nom de Palladius et com- 
prenant six cent vingt-sept numeros ; 3° les questions 
et reponses sur toutes sortes de vertus, chapitre xv, 
ayant chacune un numero d'ordre ; 4° les demonstra- 
tions pour les indifferents quin'ontpas soucide leursa- 
lut, chap, xvi a xxin; suitun chap. xxiv. En appendice, 
le P. Bedjan a public, d'apresle ms. du Musee britan- 
nique, Add. 17174, qui renferme la recension d'Enan- 

1. Paradisus Patrum, t. VII des Acta mart, et sanct., Paris, 1897. 
Deux elevesde Tullberg, Markstroem et Lagerstroem, ont public, comrae 

heses, a Up sal, en 4851, quelques vies extraites de ce Pa radis; com- 
parer aussi Budge, The book of governors, t. II, p. 492. 

2. Ou, pour mieux dire, YHistoria monachorum de Rufin attribute 
ici a saint Jerdme, voir J.-B. Chacot, Revue critique, 49-26 septembre 
1898, p. 468: Bedjan, Z. c, p. v; Dom Cuthbert Butler, The lausiac his- 
tory of Palladius, Cambridge, 1898, distingue deux traductions syria- 
ques utilises par Enanjesu pour sa recension. La traduction la plus 
gtendue comprenait YHistoire des moines dont Rufin a fait une traduc- 
tion latine. 11 y a au Musee Britannique des ms. de trois traductions 
syriaques de YHistoire monachorum et des fragments d'une quatrieme 
version ; Cf. Preuschen, Palladius tend Rufinus, Giessen, 1897. La re- 
cension d'Enanjesu a e"te rdeditee for private circulation par A.Wallis 

J Budge, The book of Paradise, Londres, 190*, vol. I, texte syriaque; 
vol. II, traduction anglaise. 



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ET DES ASCETES. 145 

jesu, Y Encomium de saint Jean Chrysostome et le dis- 
cours d' Abraham de Nathpar, que Thomas de Marga 
meritionnait commp se trouvant dans cette recension 
(voir page precedente). 

11 existe encore dans un autre ms. de Londres, Add. 
17264, un ouvrage intitule Illustrations du livre du Pa~ 
radis ; malheureusement le nom de l'auteur a ete efface 
dans le ms. primitif ; il resulte cependantde Fepithete 
qui suit, que cet auteur n'est pas Enanjesu. 

Les vies de saint Antoine, de Paul Termite et de 
saint Pac6me, qui ne se trouvent pas dans le livre 
de Palladius, sont imprimees dans le V e vol. des 
Acta martyrum et sanct. du P. Bedjan. La version 
syriaque de la vie de saint Antoine, dont le texte grec 
est attribue a saint Athanased'Alexandrie, prouve, se- 
lon M. Frederic Schulthess*, quil existait au moins 
deux redactions grecques differentes, car le syriaque 
suppose un texte grec autre que celui qui est connu. 11 
semble aussi que ces differentes redactions grecques 
ont ete traduites en syriaque; les manuscrits syria- 
ques qui contiennent cette vie presentent en effet des 
variantes considerables, ainsi que le P. Bedjan en fait 
la remarque 2 . 

Le pendant du Paradis de Palladius, qui renfermait 
des vies des ascetes occidentaux, c'etait le Paradis 
des orientaux de Joseph Hazzaya (et non Joseph Hou- 
zaya ou d'Ahwaz), etle Petit Paradis de David ev&que 
des Kartewaye (ou des Kurdes), qui contenaient les vies 
des ascetes orientaux. Cesouvrages nesont connusque 



1. Probe einer syrischen Version der Vita S. Antonii, Leipzig, 
i894. 

2. Les Ada mart, du P. Bedjan renferment encore des versions 
syriaques de plusieurs vies d'ascetes e*gyptiens qui sont en dehors du 
Paradis des Pdres. 

UTTER ATURE SYRIAQUE. 



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146 VIES DES SAINTS 

par le catalogue d'Ebedj^su et Thistoire monastique de 
Thomas de Marga 4 . 

Denys bar Salibi est indique comme £tant Tauteur 
d'une Histoire abregee des Peres, des saints et des 
martyrs 2 . 

La Vie de Mar Benjamin, disciple de saint Eugene, 
est une composition tardive, tir6e en grande partie de 
la Vie de Mar Mika 3 (Bedjan, Acta mart.. Ill, 510). 

Les Acta martyrum et sanctorum du P. Bedjan 
nous font connaitre plusieurs vies d'autres saints des 
Syriens orientaux : Zeia, le grand saint du Kurdistan 
dont les reliques sont a Djelou 4 ; Schalita, disciple de 
saint Eugene et ^gyptien d'origine, qui se rendit avec 
Jacques de Nisibe sur le mont Kardou (Ararat) pour y 
fonder un monastere a l'endroit oil V Arche de Noe s'£- 
tait arr6t6e 5 ; Yonan, un disciple de saint Eugene, qui 
se rendit en Orient avec son maitre et vecut en ascete 
dans le desert de Peroz-Schabor ou Anbar 6 ; Jacques, 
eveque de Nisibe, qui assista au concile de Nic6e et 
reussit, a l'aide des prteres de son disciple, saint 
Ephrem, a repousser les Perses lor s du siege de Nisibe 
en 338 7 . 

Les Actes de saint Ephrem appartiennent a cette 

1. Assemam, Bibl. orient, III, I, p. 102; Thomas de Marga, 6d. Budge, 
The book of governors, liv. II, chap. xxiv. 

2. ASSEMANI, B. 0., II, 210. 

3. Ainsi que l'a reconnu M. Brockelmann, Zeitschr. f. Assyriologie, 
1897, t. XII, p. 270, apres la publication de la vie de Mar Benjamin par 
le P. Scheil, ibid., p. 62. Le P. Scheil a aussi edite", ibid., p. 162, le reoit 
fabuleux de l'entrevue de Mar Se'rapion avec Mar Marcos et de la mort 
de Marcos. Le P. Scheil a donne', dans la Revue de VOrient chre"tien, 
1897, p. 246-270, une traduction francaise de ces documents et d'une 
notice sur le couvenl de Hanina (aujourd'hui le couvent de Zafaran prcs 
de Mardin). 

4. Acta mart., I, 398. 

5. Ibid., 1, 124; cette histoire est divisge en sept actes. 

6. Ibid., I, 466; histoire divis6e en neuf actes et ecrite par Zadoe, 
abbe" du couvent de Saint-Thomas aux Indes. 

7. Ibid., IV, 262. 



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ET DES ASCITES. 147 

cat6gorie, mais, comme nous parlerons de cet illustre 
Pere dans la seconde partie de notre livre, nous ren- 
voyons sa biographie k cet endroit. 

A saint Ephrem est attribute la composition des 
Actes d' Abraham de Kidouna et des Actes de Julien 
Saba, deux saints qui etaient contempo rains de ce 
Pere \ Les Actes d' Abraham ne semblent pas &tre 
de saint Ephrem; les Actes de Julien sont traduits du 
Philotheus ou Historia religiosa de Th^odoret, voir 
Migne, Patrol. gr. y t. LXXXII, p. 1306. Ce qui a pu 
donner lieu a cette attribution, ce sont les hymnes que 
saint Ephrem a composeesenl'honneurde cesascetes 2 . 

Les Actes d'Eusebe, evSque de Samosate^ sont-ils 
un original syriaque malgre les mots grecs qu'ils ren- 
ferment? Le style est Elegant et anim£; les details sont 
precis et denotent un auteur contemporain des ev6ne- 
ments qu'il rapporte. C'est un tableau vivant des pour- 
suites exerc^escontre les orthodoxes par Valens a Tin- 
stigation des Ariens; a la t&te du parti arien est place 
Eusebe de Cesaree. 

Les Actes de Simeon le stylite sont un panegyrique 
du grand saint de la Syrie, dans lequel les miracles 
occupent une place importante. Le texte syriaque 
complete la biographie de ce saint, ecrite par Th£o- 
doretdeCyr, son contemporain. Suivantune clausule, 
ce texte fut ecrit par Simeon, fils d'Apollon, et Bar- 
hatar, fils d'O udan, le 17 avril de Tan 521 de l'ere d' An- 
tioche, ou 472 de J.-C, quelques annees seulement 

4. Lamy, Acta beati Abrahse Kidunaim dans le tome X des Analecta 
Bollandiana, 1891; et dans S. Ephrmmi syri hymni et sermones, t. IV, 
Malines, 1902, p. 1-83; r6imprim6s dans les Acta mart, de Bedjan, t.vi, 
p. 466. Les Actes de Julien Saba ont et£ 6dit6s dans les Acta mart, de 
Bedjan, t. VI, p. 380. 

2. Ces hymnes ont 6t6 6ditees par M. Lamy, S. Ephrssmi syri hymni 
et sermones, t. Ill, p. 749 et suiv., 837 et suiv. 

3. Bedjan, Acta mart., t. VI, p. 335. 



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148 VIES DES SAINTS 

apres la mort du fondateur de l'ordre des Stylite s. 
Cette clausule, comme le remarque le P. Bedjan 4 , 
infirme l'hypothese de Joseph Simon Assemani et d'£- 
vode Assemani, qui croyaient que Tauteur <lu docu- 
ment etait le pr&tre Kouzma, dont on possede une lettre 
adressee a Simeon le stylite 2 . Jacques de Saroug a 
compose, enl'honneur de Simeon, une homelie metri- 
que dont on doit la connaissance a Evode Assemani*. 
La Vie de Rabboula, evSque d'Edesse, un des meil- 
leurs morceaux du genre que nous commissions 4 , a ete 
ecrite peu de temps apres la mort du saint ev&que par 
un des clercs de Tev^che. Cette vie donne un portrait 
ressemblantdupersonnage, qu'elle represente avecdes 
traits fortement accentues de son caractere d'abnega- 
tion, de charite et de devouement. Rabboula avait pra- 
tique la vie monas_tique et ascetique avant de devenir 
ev£que, et il continua de s'imposerles m^mes privations 
et les memes mortifications lorsqu'il fut appele a la di- 
rection de l'eglise d'Edesse. Nous reviendrons sur ce 
Peredans notre seconde partie, en parlant des ecrivains 
syriaques du lY e siecle. 



1. Dans la preface du tome IV des Acta mart.; le P. Bedjan a donne 
dans ce volume, p. 507 et suiv., d'apres le ms. Add. 14484 du Musee 
britannique, une edition des actes de S. Simeon, plus correcte et plus 
complete que celle d'EvoDE Assemani, Acta sanct. mart., II, 268 et suiv. 
Zingerle, Leben und Wirken des h. Simeon styl., Innsbruck, 1855, a 
donne une traduction allemande des Actes de Sim6on le stylite. 

2. Publie"e a lasuite desActes deSime'on par J. Assemani, Bibl. orient., 
I, 237; Ev. Assemani, Acta sanct. mart.., II, p. 394; Bedjan, Acta mart., 
IV, p. 644. 

3. Acta sanct. mart., II, p. 230; reimprim£e dans Bedjan, Acta mart., 
IV, p. 650. Comme il arrive souvent pour les homelies de Jacques de Sa- 
roug, une seconde recension de cette homelie beau coup plus longue 
existe dans le ms. Add. 17159 du Mus6e britannique, voir Bedjan, pre- 
face du tome IV de ses Acta mart., p. xiv. 

4. PubliCe par Oven beck, S. Rphrsemi syri, Rabulse episcopi... opera 
selecta, p. 160; reimprime'e dans Bedjan, Acta mart., IV, 396; traduite 
en allemand par Bickell dans la Bibliothek der Kirchenvseter de Tall- 
hofed, n os 102-104; comp. Lagrange, La science catholique, 1888, p. 624. 



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ET DES ASCETES. 149 

A cette epoque appartient la legende syriaque de 
Uhomme de Dieu, qui eu tun grand retentissement aussi 
bien en Occident qu'en Orient. Cette legende, qui se 
forma a Edesse peude temps apres la mort de Rabboula*, 
raconte qu'un patricien romain, qui est design e sousle 
nom de Uhomme de Dieu, quitta, le soir m&me de ses 
noces, son epouse et ses parents et se rendit de Rome 
a Edesse, ou il v6cut d'aum6nes, passant ses jours et 
ses nuits dans la priere; il se contentait d'un peu 
de pain et de legumes et donnait aux autres men- 
diants le surplus de ce qu'il recevait. Ce saint mourut 
a 1'hopitaL Aussit6t apr&s sa mort, le sacristain de la 
cathedrale d' Edesse, qui avait 6te temoin de «a piete 
exemplaire, alia rapporter a Rabboula ce qu'il avait vu 
et entendu de l'homme de Dieu. L'ev6que veut se faire 
remettre le corps du saint, mais il avait deja ete enterre 
et quand on ouvrit satombe, on ne trouva plus que les 
haillons qui l'avaient v6tu. Telle est cette legende dans 
sa forme syriaque. Plus tard elle devint l'histoire de 
saint Alexis dans une redaction nouvelle, qui montrele 
saint ressuscite, de retour k Rome chez ses parents, 
ou il vecut avec les esclaves jusqu'a sa seconde mort. 
C'est alors seulement qu'il fut reconnu des siens. 

Les Actes syriaques de sainte P^lagie, une come- 
dienne d'Antioche, quiaurait ete convertie parNonnus, 
le second successeur de Rabboula sur le siege episcopal 
d'Edesse, ne sont pas, selon Gildemeister 2 , un docu- 

1. Amiaud, LaUgende syriaque de saint Alexis, I'homme de Dieu, 
Paris, 4889, 79 e fascicule de la Bibliotheque de l'Ecole des Hautes 
Etudes. 

«. Acta S. Petagise «yrtoce, £d. Gildemeister, Bonn, 4879; relmprimes 
dans les Acta mart, de Bedjan, VI, 616, et dans les Studia Sinaitica de 
M mc Lewis, n° IX, Londres, 4900, parmi des vies de saintes femmes, 
sous le litre de Select narratives of holy Women; traduction anglaise, / 
ibid., n° X. Plusieurs de ces vies avaient d6ja ete iroprimees par M.Bed- 
jati dans le tome V de ses Acta mart. 



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150 VIES DES SAINTS 

ment original, mais une redaction amplifiee des ActeB 
grecs de la sainte. 

Les vies des saints de l'Eglise Jacobite de la fin du 
V* siecle et du VI e siecle sont une des meilleures 
sources de Thistoire concernant Introduction du mo- 
nophysisme en Syrie et le commerce actif qui s'etablit 
a cette epoque entre Antioche et Alexandrie. La plus 
importante collection de ces vies est celle qui a 6te 
ecrite par Jean d'Asie, quand il etait moine au couvent 
de Mar Yohannan, a Amid, sous le titre d'Histoires 
concernant les vies des Bienheureux orientaux. Tous 
les saints dont Jean ecrivit l'histoire, religieux et reli- 
gieuses, etaient des monophysiteset descontemporains 
de l'auteur. On trouvera la liste de leurs noms dans le 
second volume des Anecdota syriaca de M. Land, 
p. 32-34 de Introduction ; le textesyriaqueestimprime 
dans le m&me volume, p. 2-288, d'apres le ms. Add. 
14647 du Mus6e britannique * . Parmi ces noms figurent : 
Simeon, ev£que de Beit-Arscham, dont la confession 
monophysite ne fait plus de doute aujourd'hui ; Jacques 
Baradee, l'ap6tre de cette confession en Syrie, qui a 
donn6 son nom a la secte des Jacobites ; Jean de Telia ; 
les patriarches envoyes en exil, Severe, ThSodose, An- 
thime, Serge et Paul. Cet ouvrage biographique de 
Jean d'Asie est suivi, dans l'edition de M. Land, de 
plusieurs supplements emprunt^s a d'autres ms. du 
Musee britannique : del'histoire de la vierge Suzanne, 
de Marie, de Malchus, etd'une vie de Jacques Baradee, 
plus developp6e que celle de la biographic Cette se- 
condevie de Jacques Baradee est aussi attribute a Jean 
d'Asie, mais M. Kleyn, a qui Ton doit une excellente 



i. II a et6 traduit en latin par v*n Dauwen el Land dans les Verhan- 
fJelingen deFAcad£mie d 'Amsterdam, 1889. 



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ET DES ASCETES. 151 

etude sur Jacques BaradSe et son oeuvre apostolique A , 
a montre qu'elle £tait d'un auteur different 2 . 

On doit encore a M. Kleyn 3 la connaissance d'une 
vie de Jean de Telia, ecrite par filias, un des com- 
pagnons de l'ardent predicateur monophysite, et 
qui est differente de celle que Jean d'Asie nous a 
laissee. 

La vie de Pierre l'lberien, ev^que de Mayouma pres 
de Gaza, conservee dans la traduction syriaque d'un 
original grec perdu 4 , presente un inter^t multiple; 
elle contient : des notices nouvelles sur les rois et les 
reines des Iberiens et sur leur conversion au chris- 
tianisme; des donnees precises sur diverses localites 
de la Palestine et de l'Arabie transjordanique ; et quel- 
ques apergus sur Thistoire de l'Eglise d'Alexandrie, 
Pierre l'lberien ayant pris part k la consecration du 
patriarche d'Alexandrie, Timothee iElure. La grande 
reputation rjue cet ev6que de Mayouma eut en Orient 
et qu'il dut k sa piet6 insigne plutdt qu'aux fonctions 
publiques qu'il remplit, est attestee par les divers do- 
cuments qui en parlent. 

La vie de l'ascete Isai'e, ecrite par Zacharie le Sco- 
lastique, a ete publiee en syriaque, par M. Land, a la fin 
du troisi&me volume de ses Anecdota syriaca, p. 346 
et suiv., ettraduite en allemand par Ahrens, dans Die 



4. Jacobus Baradseus, deStichter der syrische Monophysietische Kerk, 
Leide, 4882. 

2. Ibid,,, Aanhangsel II, p. 405. M. Kugener, se fondant sur le ms. 46 
de Berlin (Sachau 321), suppose, Biblioth. hagiographique orientate, 
Paris, 4904, p. 23, que cet auteur est Mar Thidas, pretre et stylite du cou- 
vent de Phesilta. 

3. Het Leven van Johannes van Telia door Ettas, Leide, 4882. 

4. Publiee par M. Richard Raabe, Petrus der lberei\ Leipzig, 4895, d'a- 
pres deux ms. La version georgienne a 6t6 publiee avec une traduction 
russe, parM. Marra Saint-Petersbourg,en 4896. Sur d'autres texlessyria- 
ques oil il est question de Pierre i'Ibe>ien, voir Petition de Raabe, 
p. 6, note. 



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152 VIES DES SAINTS 

sogenannte Kirchengeschichte des Zacharias Rhetor, 
Leipzig, 1899, p. 263 4 . 

Zacharie le Scolastique a compose en grec, a Cons- 
tantinople, en 515 ou 516, la vie de Severe, patriarche 
d'Antioche. II s'etait propose, en ecrivant cette bio- 
graphie, comme il le dit dans l'introduction, de refuter 
les calomnies des adversaires du patriarche d'Antioche, 
qui accusaient celui-ci d'avoir pratique le paganisme 
pendant sa jeunesse. Ce document renferme encore 
une autobiographic de Zacharie, qui nous apprend que 
celui-ci etait ne pres de Gaza, qu'il etudiala grammaire 
et la rhetorique a Alexandrie et le droit a Beyrouth. II 
fit baptiser Severe a Tripoli et prit une part active dans 
les poursuites dirig^es contre les pai'ens 2 . 

La vie de Severe par Zacharie traite de la jeunesse 
du heros et s'arrete au moment ou il est devenu patriar- 
che d'Antioche. La vie de Severe par Jean, superieur 
du monastere de Beit-Aphtonia, egalement ecrite en 
grec, parle des luttes que le patriarche eut a soutenir 
relativement aux questions religieuses qui agitaient 
l'Orient. L'original grec est perdu, mais nous en pos- 
sedons une traduction syriaque faite litteralement par 
l'abbe Sergis barKaria 3 . 

4. Avec la vie d'Isaie, Zacharie avait aussi ecrit la vie de Pierre Ylb6- 
rien et la vie de Th6odose d'Antinoe, qui ne se sont retrouv^es ni en 
grec ni en syriaque. Ces vies ont ete Rentes a Constantinople apres la 
vie de Severe et non pas anterieurement, comme on le croyait d'apres 
un passage de Zacharie dans la vie de Severe ; voir Kugener, Observa- 
tions sur la viede Vascete Isaieet sur les vies de Pierre VIberien et de 
Theodose d'Antinoe par Zacharie le Scolastique dans Byzant. Zeit- 
schrifl, IX, 46*, Leipzig, 1900. 

2. Nau, journal asiatique, 9 e s^rie, t. IX, p. K3I, note 1. La vie de Se- 
vere par Zacharie, perdue en grec, nous a et6 transmise dans une an- 
cienne version syriaque publiee d'abord par Spanuth, Zacharias Rhe- 
tor, das Leben des Severus von Anthiochien in syr. Uebersetzung, Gcet- 
tingue, 1893; et ensuite par M. Kugener, Vie de Severe par Zacharie le 
Scholastique, avec une traduction francaise, dans la Patrologia orien- 
talis, t. II, fasc. 1, Paris, 1903. 

3. Publiee avec une traduction francaise et des fragments relatifs a 



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ET DES ASCETES. 153 

Les Plerophories de Jean, ev£que de Mayouma, for- 
ment un recueil de r6cits anecdotiques, divise en 
quatre-vingt-neuf chapitres. Cet ouvrage, compost en 
grec vers 515, est conserve en syriaque dans le ms. 
Add. 14650 du Mus£e britannique, et il a 6te insert 
en abrege dans YHistoire de Michel le Syrien *. II 
contient d'interessants recits sur les Peres de l'Eglise 
monophysite du V e siecle, en particulier sur Pierre 
Tlb^rien, et il rapporte les dires de ces Peres contre 
les Orthodoxes et le concile de ChalcSdoine. 

D'autres viesde saints trouverontleur place plus loin 
sous le n° XII, § 2, et le n° XIII de cette partie qui 
traite de la litterature ascetique. 

Severe par Klgener, Vie de Severe par Jean superieur du monastere de 
Beith-Aphlhonia dans la Palrologia orientali8 f t. II, fasc. 3. 

4. Edition J.-B. Chabot, p. 203 (trad., II, p. 69). M. l'abbe Nau a lu uu 
travail sur ces Plerophories au congres des Orientalistes de Paris, sep- 
tembre 1897. II en a public une traduction francaise dans la Revue de 
VOrient Chretien, 4898-4899; tiroge a part, Les Pl&rophoriesdeJean^evi- 
que de Mayouma, Paris, 4899. 



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LES TEXTES APOLOGETIQUES. 



La literature apologetique est grecque, mais le 
syriaque nous a conserve des traductions d'anciens 
textes perdus. La version del'apologie d'Aristides a ete 
retrouvee, il y a peu d'annees, par M. Rendel Harris 
dans un ms. du VII e siecle du couvent de Sainte-Cathe- 
rine, au Sinai 1 . Elle a permis a M. Harris d'etablir 
que cette apologie etait adress6e non pas a Hadrien, 
comme le dit Eusebe, mais a Antonin le Pieux. De son 
cdte, M. Armitage Robinson a reconnu, gr&ce a ce 
texte syriaque, que l'original grec avait ete insert, 
avec di verses modifications, dans l'histoire de Barlaam 
et Josaphat 2 . M. Batiffol a parle plus aulong de Tim- 
portante publication de MM. Harris et Robinson dans 
son livre, La litter attire grecque, p. 86. 

1. The apology of Aristides by J. Rendel Harris with an appendix by 
J. Armitage Robinson, Cambridge, 1891. M. Richard Raabe en a donne 
une traduction allemande avec un apparat critique dans les Texte und 
Untersuchungen de Gebhardt et Habnach, t. IX, 1892, sous le titre Die 
Apologie des Aristides aus dem syrischen ubersetzt. M. Schoenfelder en 
a fait aussi une traduction allemande dans Theol. Quartalschrift, 1892, 
p. 521. 

2. Cette histore a 6te attribute a Jean Damascene dans les ceuvres 
duquel elle est comprise; mais M. Zotenberg a montr6 qu'elle remonte 
plus haut que cet 6crivain, Notice surle livre de Barlaam et Joasaph, 
Paris, 1886. 



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15t> LES TEXTES APOLOG&TIQUES. 

Le ms. syriaque qui renferme l'apologie attribute 
a Meliton est probablement aussi du VII e siecle. Le 
titre est : « Discours de Meliton le philosophe (pro- 
nonce) en presence d'Antonin Cesar. II disait a C6sar 
de reconnaitre Dieu et lui montra la voie de la v6- 
rite ' . » Ce texte syriaque ne nous a pas conserve 
Tapologie de Meliton, dont Eusebe parle dans son 
Histoire eccl6siastique (Livre IV, ch. xxiv) 2 , mais 
une de ces nombreuses apologies qui circulaient 
dans les premiers siecles de l'ere chretienne, dont on 
attribua la paternite a l'ev^que de Sardes 3 . Nous ne 
croyons pas toutefois, comme certains critiques le 
supposent, que le texte syriaque soit une oeuvre origi- 
nate, et que cette apologie ait ete adress^e a Cara- 
calla (211-217), lors de son s&jour en Osrho.ene, par 
quelque chretien de Mabboug ou des environs. Cette 
conjecture est fondee sur le passage suivant : « Les 
Mesopotamiens adoraient la juive Koutbi qui avait 
sauve de ses ennemis Bakrou rabdy a d'Edesse. Ausu- 
jet de Nebo, ador6 a Mabboug, a quoi bon vous ecrire 
ce que tous les pr£tres de Mabboug savent, que c'est 
Timage d'Orphee, le mage de Thrace. » Or ce passage 
milite en faveur d'une conclusion toute diflferente. On 
ne sait a quel ev^nement il est fait allusion a propos 

1. Cureton, Spicilegium syriacum, p. 22 et suiv.; etPrnu, Spicilegium 
Solesmense, t. II, p. xxxvm. Traduction allemande par Welte, Theol. 
Quartalschrift, *862. 

2. Le Spicilegium de Cureton contient la version syriaque de ce cha- 
pitre d'Eusebe et des fragments des oeuvres attributes a Meliton ; le se- 
cond fragment sur la foi (Spicileg. de Cureton, p. 32, et Spicileg. de 
Pitra, II, p. lix) appartient a saint Justin, suivant l'abbe P. Martin dans 
les Analecta sacra de Pitra, IV, p. 29, note. Voir maintenant G. Krueger* 
Meliton von Sardes oder Alexander von Alexandrien, Zeitschr. f. wis- 
senchaft. Theol., XXXI (1888), 431 ; Albert Ehrhard, Die altchristl. Lit- 
teratur, Fribourg en Brisgau, 1900, p. 260. 

3. Gebhardt et Harnagk, Texte und Untersuchungen, 1, 261 ; Tixeront, 
Les drigines de I'figlise d'tidesse, 9, note 5. Cf. Albert Ehrhard, opere 
ciU, p. 250 et 261. 



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LES TEXTES APOLOGETIQUES. 157 

de la juive Koutbi et du roi d'Edesse Bakrou, mais le 
titre d'abdyd donne a ce prince n'est pas usuel ; c'est 
un mot artificiel, forme de abd « pere », et qui rend 
litteralement le grec naxQUioq [Patrice). Jamais les 
rois d'Edesse n'ont porte le titre de Patrice. En outre 
les Mesopotamiens savaient que le dieu Nebo repre- 
sentait la planete de Mercure et non pas Orphee de 
Thrace. D'autres passages sur la mythologie trahissent 
une source grecque. 

Cette apologie developpe le theme commun a ce genre 
litteraire : le vrai Dieu est le Dieu unique, createur du 
ciel et de la terre; les dieux du paganisme sont des 
anciens rois ou heros qui ont ete divinises ; les idoles 
de bois ou demoted ne se distinguent de la matiere avec 
laquelle elles sont fabriquees que par Tart du sculpteur 
ou de l'orfevre ; Dieu ne s'est pas manifeste avec une 
evidence telle que les fausses religions fussent impos- 
sibles, parce qu'il a donn6 a Thomme le libre arbitre 
et la faculty de discerner la verite de Terreur. 

A cette litterature appartiennent encore les Hypomne- 
mata du philosophe Ambroise, dont le texte syriaque 
a ete publie par Cureton dans son Spicilegium, p. 38 et 
suiv. Le titre estainsi congu : « Hypomnemata qu'eeri- 
vit Ambros, un chef de la Grece qui devint chretien. 
Tousles senateurs, ses pairs, s'eleverent contre lui; il 
s'eloigna d'eux, et leur prouva par ecrit toute leur sot- 
tise. » Ce texte reproduit en partie le Aoyoq nQoq 
"EXkrjvaq* attribue faussement a saint Justin. L'auteur 
met en evidence Tinanite de la mythologie grecque ; il 

1. Cureton a imprim6 le A6yo% nqos "EUrjrag au-dessous de la tra- 
duction anglaise du texte syriaque. Harnack a consacr6 une etude a cet 
ouvrage, dont il a imprime' le texte grec avec une traduction allemande 
du texte syriaque dueaBaethgen, Die Pseudo-justinische « Rede an die 
Griechm » dans les Sitzunsberichle derBerl. Akademie, 1896, p. 627 ; cf. 
Ehrhard, opere cit., p. 224. 



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158 LES TEXTES APOLOGfiTIQUES. 

montre combien sont indignes de la divinite les actions 
des dieux dans les poemes d'Homere, et prouve ainsi 
la superiority du christianisme sur le paganisme. Le 
document syriaque traduit non pas le texte grec connu, 
mais un texte grec re travails *• 

II ne nous est rien parvenu des anciennes apologies 
ecrites par des Syriens, telles que Tapologie du pa- 
triarchenestorien JiBSuyab I, mentionn6eparEbedjesu 2 , 
qui etait probablement une defense du nestorianisme 
adressee a l'empereur Maurice. L'apologie du chris- 
tianisme, soutenue contre les musulmans devant le 
calife al-Mahdi par le patriarche nestorien Timothee I, 
est longuement developpee dans une lettre de ce pa- 
triarche; cf. Braun, Oriens christianus, 1901, p. 150. 

•1. Cf. Harnack, loco supra cit. 
2. Assemani, B. 0., HI, part. I, 400. 



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XI 

LES CANONS ECCLESIASTIQUES ET LE DROIT CIVIL. 

§ 1. — Canons eccl6siastiques traduits du grec. 

Les canons des anciens conciles ont 6te recueillis 
dans des collections syriaques qui sont conserves 
dans des manuscrits du Vatican, de la Bibliotheque 
national e et du Mus6e britannique *. Ces conciles sont , 
d'apres l'ordre generalement suivi, ceux de Nic6e> 
Ancyre, N£oc6sar6e, Gangres, Antioche, Laodicee, 
Constantinople et Chalcedoine. Quelques ms. ont en 
plus les canons des conciles d'ftphese, de Carthage 
etde Sardique. 

11 fut fait au moins deux traductions syriaques des 
canons du cpncile de Nicee : une traduction des canons 
authentiques que Marouta, £v£que <de Maipherkat, en- 
treprit, k la demande d' Isaac, patriarche de Seleucie 
et Ctesiphon ; et une recension syriaque des canons 
dits arabici 2 , reproduite dans les deux ms. du Mus6e 
britannique, Add. 14526 et 14528, et dans le ms. du 

1. ass k sum, Cat. Vat., t. Ill, p. 480; Les manuscrits orientaux de 
M* T David au Muite Borgia (transports depuis au Vatican), 
par Pierre Cersoy, dans la Zeitschr. fur Assyriologie, t. IX, 189*, 
p. 368; Catal. Zotenberg, p. 43, n° 64 : Catal. Wright, p. 1030, Add. 
14548 (peut-etre de 501); p. 103 J, Add. U34t> (du VII C s.). Cf. Gelzer, 
Hilgenfeld et Cuntz, Patrum Nicsenorum nomina..., Leipzig, 1898. 

4. Voir J.-B. Chabot, Synodicon orientate, Paris 10D4, p. 459, no te 3. 



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160 CANONS ECCLfeSIASTIQUES 

Mus6e Borgia, n° 4(maintenant au Vatican, Cod.Bor- 
giano siriaco 82) 4 . L'abbe P. Martin a publie dans le 
quatrieme volume des Analecta sacra du card. Pitra, 
n 08 xxi-xxin, les canons des conciles d'Ancyre, de Neo- 
cesaree et de Nicee, en suivant I'ordre chronologi- 
que 2 .En t£te des conciles d'Ancyre et de N^ocesaree 
figure la liste des Peres qui ont assiste a ces conciles. 
Les canons du concile de Nicee sont precedes : 1° d'une 
note chronologique ; 2° de la lettre de Constantin aux 
Peres du concile ; 3° du symbole de la foi ; 4° d'une 
courte histoire dogmatique des actes du concile; 
5°d , une note sur la celebration de la Paque 3 . Le m6me 
volume des Analecta sacra contient, n° xv, des frag- 
ments syriaques du synode d'Antioche qui condamna 
Paul de Samosate. 

Paul de Lagarde a £dite dans ses Reliquise juris ec- 
clesiastici syriace, p. 62-88, d'aprfcs le ms. de Paris, 
n° 62, les canons du troisteme concile de Carthage 4 . Le 

1. P. Martin, IV* vol. des Analecta sacra du card. Pitra, p. xxviu; 
P.Cersoy, I. c, p. 368; Cowper, Analecta Nicmia, Londres, 1857. 

2. Quelques-uns de ces canons ont 6te inseres dans le Nomocanon 
d'^BEDjEsu et le Livre des Directions de Baruebr£us dont il sera parte 
plus loin. 

3. Ces cinq documents selrouvent dans le ms. syr. 62 de laBibliothe- 
quenationale. Les ms. de Londres nerenferment que les trois premiers; 
le ms. duMuse'e Borgia (aujourd'hui au Vatican, Cod.Borgiano siriaco 
82) a, ouire les canons syriaques, le symbole de la foi, la lettre de Cons- 
tantin et une recension des canones arabici de NicCe au nombre de 
soixante-treize.Cf. Cowper, Syriac Miscellanies or extracts relating to 
the first and second general concils, Londres, 1861 ; Oscar Bragn, De 
sancta Nicsena Synodo; syrische Texte des Maruta von Maipherkat, 
Munster, 1898; Die Abhaltung der Synode von Gangra dans Histor. 
Jahrb. des Gorresges, XVI, 586; Harnack, Der Ketzer-Katalog des Bi- 
schofs Maruta von Maipherkat dans Texte und Untersuch. zur Gesch. 
der altchrist, Litteratur, n. Folge, IV, 1 ; Rackham, The texts of the 
canons of Ancyra, Studia biblica, III, Oxford, 1891, p. 195 et suiv. 
Pour les conciles de Tyr et Sidon, voir Noeldeke, Byzantinische Zeit- 
schr., II, 333 ; Oskar Rraun, Syrische Texte uber die erste ally erne ine 
Synode von Konstantinopel, dans Orientalische Studien Theodor Ndl- 
deke* Giessen, 1906, p. 463. 

4. Dans les Reliqujse juris eccl, grsece, p. 37-55, le grec est plus com- 
plet que le texte dans la Patrologia latina, t. Ill, col. 1079-H02. Lc ms. 



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TRADUITS DU GREC. 161 

titre de la version syriaque porte : « Synode des qua- 
tre-vingt-sept ev^ques qui eutlieu a Carthage, la ville 
d'Afrique, aux jours de saint Cyprien, ev&que et con- 
fesseur. Decision des ev£ques (au nombre de quatre- 
vingt-sept), traduite de la langue romaine en grec, au 
sujet de ce qu'il convient de baptiser les heretiques. » 
Cette decision est suivie de deux lettres de Cyprien 
adressees, Tune a Quintus, etl'autre a Fidus, Reliq., 
p. 88-98 (reimprimees dans les Analecta sacra du 
card. Pitra, IV, n° xi, p. 72-77). D'aprds une clausule 
(p. 98), la version syriaque fut faite en 998 des Grecs, 
ou 687 de notre ere. Zingerle avait deja fait connaitre, 
dans le premier volume de ses Monumenta syriaca, 
p. 1 et 2, deux fragment^ de ce concile renfermant, le 
premier, le suffrage de Cecilius, ev&que deDispolis\ 
et le second, le voeu formule par Polycarpe, eveque 
d'Adrumette. Ces fragments etaient accompagnes de 
deux autres, relatifs au temoignage du pape Felix I, 
cite dans le concile d'Ephese, IV e session, et dans le 
concile de Chalcedoine. La plus grande partie de 
ces fragments se trouve dans la lettre apocryphe du 
pape Jules a Prosdocius, qui a ete publiee par Paul 
de Lagarde dans ses Analecta syriaca, p. 70. 

Les actes du second concile d'Ephese, designe sous 
le nom de Brigandage d'Ephese, sont conserves en 
syriaque dans deux ms. du Musee britannique, Add. 
12156 et 14530. Le premier de cesms. a la partie de la 
premiere session relative a Flavien d'Antioche et Eu- 
sebe de Dorylee. Le deuxieme contient la seconde 
session concernant Ibas, son neveu Daniel de Har- 



du Mus£e Borgia reproduit, comme la Patr. lat., le texle le moins com- 
plet, sous le titre de Canons des qualre-vingt-quatre e've'ques..., P. Cer- 
soy, I. c, p. 369. 
1. Dans les Reliquiae juris eccl, syriace, p. 68, greece, p. 44. 



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162 CANONS ECCLfiSIASTIQUES 

ran, Irenee de Tyr, Aquilin de Biblos, Sophronius de 
Telia, ThSodoret de Cyr et Domnus d'Antioche. Ces 
documents ont ete traduits en frangais par l'abbe P. 
Martin (A ctes du Brigandage d'Ephese, Amiens, 1874, 
et aussi Le Pseudo-Synode connu dans Vhistoire 
sous le nom du Brigandage d'lZphese, Paris, 1875); 
en allemand par Hoffmann (Verhandlungen der Kir- 
chenversammlung zu Ephesus, 1873) ; en anglais par 
Perry [An ancient syriac document*.. The second sy- 
nod of Ephesus, Dartford, 1867). Perry a publie, en 
outre, le texte syriaque de ce concile [Secundam 
synodum Ephesinam... primus edidit Samuel G. F. 
Perry, Oxford, 1875). 

M. Bedjan a £dite d la version syriaque, faite sur une 
traduction arabe par Joseph de Diarbekir en 1693, 
d'un epitome, compost en latin, de onze conciles oecu- 
meniques, savoir : les deux de Nicee, celui d'Ephese, 
celui de Chalcedoine, les quatre de Constantinople, 
le quatrieme de Latran, le second de Lyon et celui de 
Florence. Le texte etait, parait-il, tres incorrect et 
Fediteur s'est cru oblige de remanier a peu pres tout 
l'ouvrage. M Bedjan a ajoute une nouvelle traduction 
syriaque des douze anathemes de saint Cyrille et des 
decisions du second concile de Constantinople. 

Le manuscrit de Paris, n° 62, si riche en documents 
de ce genre, renferme encore : 1° des canons tires 
d'une lettre ecrite d'ltalie aux ev^ques d'Orient, qui 
avaient et6 envoyes par les ev£ques reunis a Antioche 2 ; 
2° des sentences recueillies dans les epitres de saint 
Ignace et qui ont force de canons eccl£siastiques (pu- 
bliees, d'apres ce ms., par Cureton, Corpus Ignatia- 
num> p. 192 et suiv.) ; 3° un extrait de Instruction 

\. Compendium conciliorum oecumenicorumundecim^ Paris, 1888. 
2. Comparer Cersoy, I. c, p. 370, 18°. 



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TRADUITS DU GREC. 163 

de Pierre, ev&que d'Alexandrie, sur ceux qui ont re- 
nie pendant la persecution (edite par Paul de La- 
garde, Reliquiae Juris eccl.,syriace, p. 99 a 117 ; grsece, 
p. 63-73)*; 4° des questions adress^es a Timoth^e 
d'Alexandrie et les reponses a ces questions 2 ; 5° des 
lettres d'Athanase d'Alexandrie, de saint Basile, de 
saintGregoiredeNazianze,de saintDamasedeRome 3 , 
de saint Gr£goire de Nysse, sur diverses questions 
de droit canon; 6° quarante-cinq canons des P&res 
orthodoxes, sous le titre de : « Definition relative k 
certains chapitres adress£s de fOrient, sous forme de 
questions, aux saints Peres » 4 ; 7° sept questions et 
reponses sous le titre de : « Canons ecclesiastiques 
etablis dans le temps de la persecution par les saints 
Pdres Constantin, Antonin, Thomas, Pelage, Eus- 
tache, venerables ev^ques... » 5 ; 8° sept decisions (la 
(troisieme manque) extraites d'une lettre adressee 
paries saints Peres a deux prStres d'une ville de Cili- 
cie, nommes Paul; 9° quatre decisions extraites d'une 
lettre de Constantin, m^tropolitain de Laodicee, a Aba 
Marc Isaurios ; 10° onze decisions sous le titre de : 
« .Extraits d'une lettre ecrite par un ev^que a l'un de 
ses'amis relativement a certains delits »; 11° cinq 
canons de Th^odose d'Alexandrie ; 12° La definition 
des peines encourues par les moines pour divers pe- 
chis de saint Basile (le syriaque a douze canons repon- 
dant aux onze canons du grec). Le manuscrit du 



i. La version syriaque renferme, vers la fin, un passage qui ne se 
tronve pas dans le grec original ; abbe" P. Martin, Analecta sacra du 
card. Pitra, IV, p. xxv, note 2. 

2. Corap. AssfeMANi, Catal. Vat., Ill, p. 18i,n° XIII. 

3. Comp. dans Cersoy, I.e., p. 369, 10°, « Deux synodicons du pape 
Damase, Tun contre Apollinaire et son disciple Timolh6e, l'autre contre 
diverses newsies ». 

4. Comp. Catal. Wright, p. 211 d, 4037, 6. 

5. Comp. Catal. Wright, p. 222 g, 1037, 7. 



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164 CANONS ECCLfiSIASTIQUES 

musee Borgia, K. VI, vol. 4 (aujourd'hui au Vatican 
Cod. Borgiano sir. 82), contient les lettres synodales du 
pape Leon a Flavien, ev£que de Constantinople, con-, 
tre Eutyches*. Le Musee britannique a des ms. sy- 
riaques contenant des canons d'Eusebe, de Timothee 
d'Alexandrie, de Severe d'Antioche 2 . 

Les textes traduits du grec n'offrent qu'un interet 
mediocre pour l'histoire de l'Eglise orientale. Plus 
importants pour l'etude de cette histoire sont les 
textes syriaques originaux, surtout ceux qui provien- 
nent des patriarches de Seleucie et Ctesiphon. 

§ 2. — Canons ecclgsiastiques syriaques. 

Une collection des conciles orientaux ou nestoriens 3 
est conservee dans deux manuscrits syriaques : Tun 
au Vatican, Cod. Borgiano siriaco 82 (ancien K. VI, 
4, du Musee Borgia) ; et Tautre a la Bibliotheque na- 
tionale, syr. 332. Ces deux ms. sont des copies d'un 
ms. original de la bibliotheque du couvent d'Hormizd 
a Alkosch, pres de Mossoul. D'apres une note, la col- 
lection de ces conciles a ete faite par Elias I, patriar- 
che des Nestoriens (*j- 1049). mais suivant M. Chabot 4 , 
cette date est trop basse de deux siecle§ : la collec- 
tion remonte a la fin du VIII e siecle, aux premieres 
annees du patriarcat de Timothee I (780-823); elle a 
6te completee par Taddition des decisions des synodes 
posterieurs. 

1. V. CERSOY, 1. c.j p. 370, 17°. 

2. Catal. Wright, General index \ p. 1233. 

3. Publteepar J.-B. Chabot, Synodicon orientale ou Recueildes Synodes 
nestoriens publie, traduit et annofe", Parie, 1902. Une traduction alle- 
mande en a 616 faite par Oskar Braun, Das Buck der SynhadoSj Stutt- 
gart, 1900. 

4. Synodicon orientale, p. 14. 



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SYRIAQUES. 165 

Les conciles qui y figurent sont ceux : 1° d'Isaac, 
en 410 < ; 2° de Yaballaha I, en 420; 3° de Dadjesu, en 
424; 4° d'Acacius, en 486; 5° de Barsauma de Nisibe 
(en realite, ce sont six lettres de ce metropolitain a 
Acacius 2 ); 6° de Babai, en 497; 7° de Mar Aba I, en 
544 3 ; 8° de Joseph, en 554; 9° d'Ezechiel, en 576 ; 
10° de Jesuyab I, en 585 (suit : une lettre discipli- 
naire et dogmatique adressee a Jacques, ev&que de 
Deirin); 11° de Sabrjesu I, en 596 (suit : une lettre 
synodale adressee aux moines du couvent de Bar 
Qaiti) ; 12° de Gregoire I, en 605 ; 13° de Georges I, 
en 676 (suit : une lettre dogmatique adressee a Mina, 
choreveque de Perse, en 660); 14° et de Henanjesu II 4 , 
en 775. Le ms. de Paris ne contient pas la lettre de 
Jesuyab a Jacques de Deirin. 

Le ms. de Paris a, en outre, le premier synode de Ti - 
mothee 1, patriarche des Nestoriens, dont les decisions 
ou quelques-unes d'entre elles sont adressees, sous 
forme de lettres, a Ephrem, metropolitain d'Elam 5 . 



1. Le Synode d'Isaac, interpole par les Jacobites, avait et6 d'abord 
publie* d'apres le ms. 62 de Paris, par M. Lamy, Concilium Seleucise et 
Ctesiphonti, Louvain, 1868. M. Lamy en a repris l'e'tude, d'apres le ms. 
du Vatican Cod. Borgiano sir. 82, dans le Compte rendu duIII* congres 
scientifique des catholiques, Bruxelles, 1894, 3° partie, p. 85. 

2. Pubises par.OsCAR Braun, dans les Actes duX* Congres des Orien- 
talistes, Geneve, 1894; etparJ.-B. Charot, Synodicon orient., p. 525. 

3. M. Bedjan a public" une lettre de Mar Aba a la suite d'une vie de 
ce patriarche dans son Histoire de Mar-Jabalaha, Paris, 1895. Cette 
lettre a e"te* traduite en francais parF. Nau, Le Canoniste contemporain, 
Paris, 1891, p. 20; et reeditee par M. Chabot, Synodicon orient., p. 80; 
corap. aussi la lettre publie'e par Asse'mani dans sa Bibl. orient., t. Ill, 
part. I, p. 76, note 4. 

4. Le ms. du Vatican Cod. Borgiano sir. 82 renferme aussi des sen- 
tences judiciaires de ce patriarche ; P. Cersoy, I. c, p. 372, 31°. 

5. Ce synode a e*t6 publie" par J.-B. Ciiabot, Synodicon orientate, Ap~ 
pendice IV, p. 599. M. Chabot en fixe la date a 790, d'apres Ebedjesu, 
Collectio canonum, Traite" IX, chap. vi. M. Oskar Braun, qui l'a aussi 
public dans Oriens christianus, 1902, p. 233 et suiv., estime qu'il s'agit 
d'un synode anterieur, qui aurait eu lieu en 782. M. Braun a publie a 
la suite, d'apres le ms. du Vatican, Cod. Borgiano sir. 82, une lettre de 



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166 CANONS ECCLESIASTIQUES ' 

M. Guidi a etudi£, dans la Zeitschr. der deut. mor- 
genland. Gesellsch., t. XLI1I, p. 388 et suiv., les deux 
versions arabes de cette collection, faites Tune par 
Elias Djauhari, metropolitain de Damas (893), et 
1'autre par Aboulfaradj ibn at-Tayib (*j- 1043). Celui-ci 
a ajoute les derniers synodes de Timothee, de J6su 
bar Noun A et de Yohannan III. M. Guidi a compare 
ces versions avec Foriginal syriaque que renferme le 
ms. du Vatican cite plus haut; il a reproduit ensuite, 
d'apres ce manuscrit, les souscriptions des dififerents 
conciles avec les noms des ev^ques qui .y sont men- 
tionnes. La liste alphabetique des 6v6ches, qui ter- 
mine cette etude, forme une utile contribution a la 
geographie de la Mesopotamie orientale et de la 
Perse. 

Gabriel, metropolitan* de Bassora (884-893), est Fau- 
teur d'un recueil de canons divise en deux parties 2 . 

Le patriarche nestorien filias I (1028-1049) reunit 
dans un court volume les canons, constitutions et juge- 
ments concernant la religion 3 . 

Elias bar Schinaya, metropolitain de Nisibe et con- 
temporain du patriarche Elias, composa quatre tomes 
de decisions ecclesiastiques 4 . 

Ebedjesu, metropolitain de Nisibe (f 1318), frappe 
des difficultes que presentait Petude de la riche lit- 

Timothee, qu'il considere com me une partie de tactile du premier sy- 
node date de 790 par Ebedjesu. 

1. Lems. du Vatican, Cod. Borgiano sir. 82, a de ce patriarche des 
canons, lois et sentences judiciaires; des questions posees par le 
diacre Macaire avec les reponses du patriarche, suivies d'autres ques- 
tions qui ne sont pas de ce patriarche ; comparer P. Cersoy, L c, p.372, 
33°-35°. 

2. Catalogue d' Ebedjesu dans Assemani, B. 0., Ill, part. I, 202 et 209. 

3. Cf. ibid. , part. II, p. 262; ms. du Vatican Cod. Borgiano sir. 82, p. 
749-803. 

4. Catal. d'Ebedjesu, dans Assemam, B. 0., Ill, part. I, p. 266. Ebed- 
jesu a resume dans sa Collectio canonum ou Nomocanon, Traite ill, le 
chapitre Du partage des heritages d'Elias bar Schinaya. 



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SYRIAQUES. 1(37 

terature juridique de 1' Orient nestorien, resolut de- 
codifier les divers documents de cette lit terature et 
d'en former un livre uniforme qui etit force de loi aux 
yeux de ses coreligionnaires. Telle est l'origine de 
V Epitome des canons synodaux, d£sign6 sous le nom 
de Nomocanon d'febedjesu. Ce recueil est divise en 
4eux livres comprenant Tun le droit civil, l'autre le 
droit ecclesiastique. Assemani en a donne une analyse 
detaillee dans sa Bibliotheca orientalis, t. Ill, part. I, 
p. 332 et suiv. * ; le card. Mai l'a edite avec la traduc- 
tion latine d'Aloysius Assemani dans le vol. X de sa 
Scriptorum veterum nova collection Rome, 1838. 

Ebedjesu avait ecrit son Nomocanon quand il 6tait 
moine. Devenu ev6que, il compofca un traite de droit 
canonique, intitule Regies des jugements ecclesias- 
tiques et divis6 en deux livres, qui comprennent cha- 
cun cinq chapitres. Un ms. de cet ouvrage est en la 
possession de M. Chabot qui Fa fait connattre 2 . 

Les Syriens monophysites avaient, eux aussi, un 
recueil de leurs conciles des le commencement du 
Vl e siecle 3 . 

L'ceuvre de codification qu'Ebedjesu fit pour les 
Nestoriens, avait deja eu lieu chez les Jacobites. 
Barhebra&us a reuni dans son recueil intitule le Livre 
des directions, pvio,» ^fco, les textes juridiques des 
Syriens occidentaux, comprenant les canons ecclesias- 
tiques etles lois civiles. Cet ouvrage a £te traduiten 
arabe, et il en existe des manuscrits, soit en syriaque, 
soit en arabe, au Vatican, a la Laurentienne de Flo- 

1. Ibid., p. 52, Assemani a imprimS la lettre synod ale des patriarcbes 
occidentaux aux Orientaux, relative a l'institution du patriarcat de 
Seleucie. Cette lettre est extraite du livre IX, chap, v, du Nomocanon 
d'£bedj£su. 

2. Synodicon orientate, p. 609. 

3. Cf. Wright, CataL, p. 1030; Chabot, Synodicon orientate, p. 12. 



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168 CANONS ECCLESIAST1QUES 

rence, a la Bibliotheque nationale, a la Bodleienne 
d'Oxford et a la Bibliotheque royale de Berlin. Le card. 
Mai a imprime, dans le vol. X de la Script. veL nova 
collection la traduction latine qu'Aloysius Assemani en 
avait faite. Le P. Bedjan a edite* le texte syriaque, iVb- 
mocanon Gregorii Barhebrsei, Paris, 1898. Le nomo- 
canon de Barhebrseus est plus complet que celui d'E- 
bedjesu en ce qui concerne le droit civil A . 

On possede encore le Nomocanon de David, m6tro- 
politain maronite, traduit du syriaque en arabe par 
Thomas, £v6que de Kaphartab, avec des additions et 
des corrections conformes a la doctrine monothelite. 
Cet ouvrage est precede de la lettre du moine Joseph, 
adressee a ce m6me Thomas, et de la reponse de ce- 
lui-ci 2 . 

Ces collections dispensaient de recourir aux collec- 
tions precedentes, moins completes ou moins syste- 
matiques, et aux trails sp6ciauxdontellescontenaient 
Tin epitome. On n'est done pas surpris qu'un certain 
nombre d'ouvrages juridiques, anterieurs a ces re- 
cueils, se soient perdus. Quelques-uns cependant ont 
subsiste. 

Rabboula, eveque d'Edesse (*j- 435), nous a laisse* 
trois petits trails intitules, Tun Canons, le second 
Avertissements concernant les moines, et le troisieme 
Commandements et avertissements adresses aux pri- 
tres et aux reguliers. lis ont ete publies, d'apres des 
ms. du Musee britannique, par M. Overbeck dans son 
livre, S. Ephrsemisyri, Rabulx, etc., p. 210-221. 

Abraham, le fondateur du Grand Monastere sur le 



1. Mai, op. cit., preface, p. xi. M. Bedjan a donne* dans la preface de 
son edition, p. vm-x, la liste des sujets traites dans les chapitres. 

2. Zotenberg, Catal. des ms. syriaques de laBibl. nationale, n° 223 ; 
comp. Assemani, Catal. Vat., t. III. p. 202 et suiv. 



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SYRIAQUES. 169 

mont Izla (VI e s.), passe pour le r^formateur des moeurs 
des moines nestoriens, qui s'etaient rel&ch£es depuis 
Introduction du monachisme en Mesopotamia Abra- 
ham et son successeur a la t6te du monastere d'Izla r 
Dadjesu, composerent les canons qui regissaient ce 
couvent, le premier, au mois dejuin571, etlesecond r 
au mois de Janvier 588. Ces canons ont 6te publies 
avecune traduction latine par M. Tabbe Chabot, d'a- 
pres un ms. du Mus£e Borgia, dans les comptes ren- 
dus de VAccademia del Lincei sous letitre deRegulte 
monastics ab Abrahamo et Dadjesu conditse, Rome r 
1898. Ebedjesu les avait inseres dans son Nomocanon 
publie, comme nous l'avons rappele plus haut, par Mai; 
mais il les modifia etles altera de plusieurs manieres. 
M. Budge, se r^ferant k l'edition de Mai, avait donne 
une traduction anglaise des canons d' Abraham dans 
son Edition de 1'Histoire monastique de Thomas de 
Marga, t. I, p. cxxxiv et suiv., et une analyse des ca- 
nons de Dadjesu, ibid., p. cxl. Dadjesu, un fervent 
nestorien, exigeait de ses moines une adhesion sans 
reticence a la doctrine pr^chee par Nestorius. 

Jean bar Cursus, 6v6que de Telia de Mauzalat (ou 
simplement Jean de Telia, f 538), un des ardents ap6- 
tres du monophysisme dans la Mesopotamie, a com- 
post des Avertissements et preceptes sous forme de 
canons adresses aux clercs et des Questions relatives 
a divers sujets adressees parle prStre Sergiusa Jean 
de Telia, avec les reponses a ces questions. Ces deux 
ouvrages se trouvent dans des manuscrits du Musee 
britannique et de la Biblioth&que nationale 4 ; le premier 
a et6 edite par Carolus Kuberczyk, Canones Johannis 
bar Cursus, Leipzig, 1901; le second a 6t6 publie par 

1^ Catal. Wright, voir General index, p. 1296, col. 2; Catal. Zotenberg, 
n°62, 80° et 51°. 

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170 CANONS ECCLESIASTIQUES 

M. Lamy [Dissertatio de Syrorum fide et disciplina in 
re Eucharistica, Louvain, 1859, p. 62). 

Des extraits des sentences ecclesiastiques port^es 
par Simeon, metropolitain de Rivardaschir (VII e s.), 
nous sont parvenus dans le ms. du Vatican Cod. Bor- 
giano sir. 82 * . 

Les regies asc£tiques que Rabboula avait institutes 
a Edesse au V° siecle, etaient peu a peu tombees en 
desuetude. Au Vll e siecle, Jacques, nomme evSque de 
cette ville, fit d'inutiles efforts pour remettre en vi- 
gueur les anciens canons ecclesiastiques ; il se heurta a 
la resistance des moines qui trouverent un appui au- 
pres du patriarche d'Antioche, Julien, le successeur 
d'Athanase. Jacques, voyant son autorite meconnue, 
abandonna son siege episcopal et se rendit au couvent 
oil residait le patriarche ; devant la porte du couvent, 
il mit le feu a un exemplaire des canons qu'il avait ap- 
porte, en s'6criant : « Ces canons, que vous foulez 
aux pieds et que vous n'observez pas, je les brtile par 
le feu comme superflus et inutiles 2 . » Parpii les nom- 
breux canons de Jacques d'Edesse 3 , quelques-uns sont 
r^diges sous la forme de questions adressees a cet 
£v£que par le pr6tre Addai et de reponses a ces ques- 
tions. Ces derniers ont ete publies, d'apres le ms. de 
Paris 62, par Paul de Lagarde, Reliquse juris eccL 
syriace, p. 117-134, et pa* M. Lamy, Dissertatio de 
Syrorum fide, p. 98-171. Kayser en a donne une Edi- 
tion critique plus complete, avec une traduction alle- 
mande 4 . Cette edition est basee sur les deux ms. de 

i. Cersoy, I. c, p. 365. Ce Simeon est indique comme l'auteur d'une 
collection de canons dans le Catalogue dEbedjesu, B. 0., Ill, part. I, 
p. 279. 

2. Bariiebr£1's, Chron. eccl., I, p. 291. 

3. Voir Assemaxi, B. 0., I, 477. 

4. Die Kanones Jacob's von Edessa ubersetzt und erldutert t Leipzig. 
1886; comp. Wright, Notulee syriacse, Londres, 4887* 



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SYRIAQUES. 171 

Paris 62 et 111, et sur trois ms. du Musee britannique. 
Kayser a, en outre, extrait du Nomocanon de Barhe- 
brseus les canons de Jacques qui y sont inseres d'une 
manure abregee * . Jacques est encore Fauteur d'un 
traite sur les degres de parente qui constituent un em- 
p&chement au mariage 2 . 

Georges, eveque des Arabes, un contemporain de 
Jacques d'Edesse et appartenant, comme celui-ci, a la 
confession jacobite, ecrivitdes decisions connues parle 
Nomocanon de Barhebrseus (trad, en allemand par Rys- 
sel, Georgs des Arab. Gedichte, Leipzig, 1891, p. 145). 

Simeon de-Taibouteh (vers 690) ecrivit un livre sur 
les regies monastiques, suivant le catalogue d'fibed- 
jesu 3 . 

Les decisions ecclesiastiques de Jesubokt, metropo- 
litain de Perse (vers 800), se trouvent dans le ms. du 
Vatican Cod. Borgiano sir. 82 A . 

Des manuscrits du Vatican, du Musee britannique et 
de la Bibliotheque nationale contiennent les canons de 
Cyriaque, patriarche d'Antioche(f 817) 5 . 

Les canons et avertissements de Jean bar Abgar, pa- 
triarche nestorien (f 905), que citele catalogue d'Ebed- 
- jesu, se trouvent dans des manuscrits de Rome et ont 
6te analyses par Assemani dans sa Bibliotheca orien- 
talis 6 . Ebedjesu attribue encore a ce patriarche des 
questions ecclesiastiques, qu'Assemani a fait connai- 

1. Ces memes canons se trouvent aussi avec d'autres canons de Jac- 
ques d'fidesse dans un ms. de Cambridge, dont Wright a public des ex- 
traits en 1887 dans ses Notulas syriaoe, 

2. Cat. Vat., t. II, p. 244. 

3. B. M III, part. I, 181. 

4. P. Cersoy, I. c, p. 365, 3°; Oskar Braun, Oriens christianus, 1901, 
p. 145; com p. le Catal. d'fibedje'su dans B. O., Ill, part. I, p. 195. 

5. Assemani, B. O., II, 116 et 342; Catal. Wright, p. 222; Catal. Zoten- 
berg, p. 28, n° 54. Le catalogue de Wright, p. 993, n° 47, raentionne 
aussi les Canons sur le clerge de Sergius, eveque d'Amphiator (?). 

6. B. O.. II, 5 et 507 ; III, part. I, 238 et suiv. 



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IU LE DROIT CIVIL. 

tre A . Le ms, du Vatican Cod. Borgianosir. 82 a des ca- 
nons ecclesiastiques sous le nom de Jean, patriarche 
d'Orient. A defaut d'une indication plus precise, 
M. Tabbe Cersoy 2 suppose qu'il s'agit de Jean bar 
Abgar, mais il remarque que la confrontation de ce re- 
cueil de canons avec les ouvrages de Jean bar Abgar 
dont Assemani donne l'analyse, ne permet pas de l'i- 
dentifier avec quelqu'un de ceux-ci. 

Les canons de Georges, m^tropolitain d'Arbeles (vers 
945), existent dans le ms. du Vatican Cod. Borgiano 
sir. 82 3 . 

Jesu bar Schouschan, qui devint patriarche des Ja- 
cobites sous le nom de Jean X (f 1073), est l'auteur de 
vingt-quatre canons qu'il ecrivit pour le clerge * et qui 
paraissent perdus. 

Ebedjesu, metropolitain de Nisibe, redigea des de- 
cisions et canons qui ne sontpas conserves 5 . 

§ 3. — Le droit civil. 

Nous avons vu sous le paragraphe precedent que les 
collections juridiques des Syriens renfermaient, avec 
les canons ecclesiastiques, des lois civiles qui trouvaient * 
leur application dans les proces defcres par des Chre- 
tiens a la juridiction episcopate. Ces lois etaient fondees 
sur le droit byzantin que les Syriens £tudiaient dans 
deux recueils, comme nous en informe Ebedjesu dans 
Tintroduction au troisi&me traite de son Nomocanon. 



1. B. O., HI, part. I, 249. 

2. L. c, p. 364-365. 

3. P. Cersoy, 1. c, p. 398, il°. Un extrait dans la Linguse syr. Gram- 
matica de Gismondi, 2 e ed., Beyrouth, 1900, p. 73 de la Chresth. 

4. BARHEBiiiEus, Chron. eccl., I, p. 445. 

5. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 360. 



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LE DROIT CIVIL. 173 

L'un de ces recueils etait celui que saint Ambroise avait 
fait a la demande de 1'empereur Valentinien ; l'autre, 
c'£tait la collection des lois de Constantin, de Theo- 
dose et de Leon. Ce dernier ouvrage etait tres repandu 
au moyen kge sous les titres de Statuta imperatorum, 
de Lihri basilicon ou de Leges Constantini, Theodosii 
et Leonis; il en existait plusieurs traductions syria- 
ques. 

M. Land a le premier edite la version syriaque con- 
tenuedans le ms. du Mus£e britannique, Add. 14528, 
qui est du commencement du VI e siecle (Anecdota 
syriaca, 1, p. 30-64); et il en a donn£ une traduction 
latine (ibid., p. 128), sous le titre : Leges sseculares 
e sermone romano in aramseum translates. Mais le 
manuscrit est peu correct et la traduction laissait a de- 
sirer. M. Sachau a entrepris, avec la collaboration de 
M. Bruns, professeur de droit k Berlin, une nouvelle 
edition de cette version, et a ajoute a la traduction al- 
lemande des textes un apparat critique qui la complete 
[Syrisch-rcemisches Rechtsbuch aus dem fuenften 
Jahrhunderty Leipzig, 1880). Les textes que renferme 
cette edition sont : 1° la version syriaque dapres le ros. 
Add. 14528 ; 2° un fragment de la m£me version con- 
tenu dans le ms. Add. 18295; ce fragment a les deux 
premiers paragraphes et une introduction qui manque 
dans le ms. 14528; 3° la version syriaque d'apres le ms. 
112 de la Bibliotheque nationale; 4° la version arabe; 
5° la version arm&nienne. 

L'ancienne version syriaque est du V e siecle, a en 
juger par le ms. 14528 qui est du commencement du 
siecle suivant. 

Le patriarche nestorien Elias et son contemporain, 
Elias de Nisibe, ont utilisd ces lois pour leurs collec- 
tions. Ebedjesu mentionne, de son c6t6, Les lois des em- 

10. 



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174 LE DROIT CIVIL. 

pereurs dans dix passages de son Nomocanon ; dans 
deux autres passages il les cite sous le nom de Jesu 
bar Noun et de Jesubokt. Les passages rapport^s par le 
patriarche Elias et par Ebedjesu, different des textes 
de l'editionde M. Sachau. Celui-ci en conclut qu'il de- 
vait exister encore datis la premiere moitie du XI e si&cle 
des recueils de ces lois sensiblement differents de ceux 
qui nous sont parvenus* . Cette conclusion est confir- 
mee par la decouverte que Wright fit d'une autre ver- 
sion syriaque du m6me ouvrage dans les fragments 
d'un ms. de Cambridge 2 . Elle est encore confirmee 
par la notice de M. Cersoy 3 sur le ms. du Musee Borgia, 
K. VI, vol. 3 (aujourd 1 hui au Vatican, Cod. Borgiario 
sir. 82), ainsi con$ue : « Trois collections de droit 
romain. La premiere est intitul^e : Lois et sentences 
portees par les rois chretiens Constantin et Leon. La 
seconde est donn6e comme une autre version des 
mimes Ipis, augmentee pari* addition d' autres lois. 
La troisieme porte le titre suivant : Lois civiles des Ro- 
mains faites par le confesseur Ambroise lorsqu'il re- 
cut Vordrede Valentinien de les codifier pour les pre- 
sets (des provinces). Cette troisieme collection doit 
6tre celle dont parle Ebedjesu dans son catalogue, 
quand il dit qu' Ambroise, ev6que de Milan, fit, surTor- 
dre de Valentinien, un recueil de sentences et de regies 
pour les prefets des provinces (Assemani, B 0, t. Ill, 
l re partie, p. 267 et 269). Ces recueils de droit romain 
offrent tous trois de nombreuses differences avec les 
documents syriaques de m£me genre publies par 

4. Syrisch-roemisches Rechtsbuch, p. 177. Barhebraeus dans son Livre 
des directions cite aussi Les lois des empereurs, mais d'apres leur sens 
etnon d'apres leur contexte. 

2. cf. Wright, Notulse syriacse, p. 1-H; Wright and Cook, CataL of 
thesyr. ms. of Cambridge, p. 600, Add. 2023. 

3. Zeitschr. far Assy riologie, t. IX, p. 366, 4°. 



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LE DROIT CIVIL. 175 

MM. Bruns et Sachau. lis semblent aussi s'ecarter no- 
tablement de la version syriaque dont Wright a pu - 
blie des fragments [Notulse syriacse). » 

Le manuscrit du Vatican {Cod^Borgiano 82) nous a 
conserve quelques traitesde droit civil composes par des 
nestoriens. Ce sont : 1° le traite du patriarcheMar Aba 
sur les emp&chements au mariage K ; 2° les regies des 
jugements ecclesiastiques et des heritages composes 
par le patriarche Timothee I et formant quatre-vingt- 
dix-neuf canons 3 ; 3° le traite du patriarche nestorien 
Elias I sur les heritages, et ses reglements synodaux 
relatifs aux successions et aux emp^chements du ma- 
riage 3 ; 4° le traite sur le partage des successions, 
compile par le patriarche Elias I, et abrege par Elias 
de Nisibe ; probablement un epitome du traite du nu- 
mero 3 4 ; 5° les Lois et sentences judiciaires d'Ebed- 
j^subar Bahriz, metropolitain d'Arbeles et de Mossoul 
(vers 1028). Ce recueil a pour objet le partage des suc- 
cessions ; il est divise en deux sections : la premiere 
donne la theorie du partage des successions ; la se- 
conde entre dans le detail des cas particuliers 5 . 

1. Un extrait en a etc publie par 0. Braun, dans la ZeiUchr. der deut. 
morgenl. Ge&ellschaftyLYll, 1903, p. 56*. Ils'agit du patriarche Mar Aba I 
(540-552) suivant M. Braun, quoique le titre semble l'attribuer a Mar 
Abba II, selon M.Chabot, Synodicon orientate, p. 7, note 4. 

2. Ces canons ontete traduits en latin par M. Labourt dans sa these 
De Timotheol, Paris, 1904, p. 50. Cf. J.-B. Chabot, Synodicon orientate 
p. 10, note 2. Le recueil a 6te acheve en 805. 

3. P. Cersoy, I. <?., p. 368, 9« et 10°. 

4. P. Cersoy, I. c, p. 368, 12°. Insure par fcbedjSsu dans sonNomocanon, 
comme on Fa dit ci-dessus, p. 166, note 4. 

5. P. Cirsoy, I. c, p. 365, 1°; comp. le Catalogue d'Ebedjisu, B. O., 
HI, part. I, 267. 



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XII 



LES HISTORIOGRAPHES. 



§ 1. — Histoire g6n6rale. 

Le sixieme siecle, qui marque l'apogee de la litt^ra- 
ture syriaque, a vu eclore les premieres oeuvres histo- 
piques que les Syriens nous ont laissdes. Au commen- 
cement de ce siecle fut ecrite une chronique relatant 
les tenements qui se sont passes en Syrie et en Meso- 
potamie pendant les annees 495 et suivantes jusqu'a la 
fin de l'annee 506. C'est le document le plus complet 
«t le plus exact que Ton ait sur les guerres d'Anastase I 
et de Cawad. Cette histoire a ete composee a Edesse 
vers 518, car son auteur parle de la fin du regne d'A- 
nastase * ; elle nous est parvenue dans une compilation 
qu'Assemani croyait £tre l'oeuvre du patriarche Denys 
de Tellmahre, et elle etait designee jusqu'a ce jour sous 
le nom de Chronique de Josue le, sty lite. C'est sous ce 
Bom qu'Assemani qui la decouvrit dans la compilation 
du soi-disant Denys en donna une analyse detaillee 
dans $diBibliothecaorientalis> I, p. 260-283. C'est sous 
ce nom aussi qu'elle fut publiee integralement une pre- 

1. L'abbe Nau, Analyse des parties ine"dites de la chronique attribute 
a Denys de Tellmahre, Paris, 1898, extrait du Supplement de VOrient 
Chretien, 1897. 



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178 HISTOIRE GENERALE. 

miere fois par l'abbe P. Martin avec une traduction 
frangaise, et une seconde fois par Wright avec une 
traduction anglaise, d'apres une collation de Yeditio 
princeps faite par M. Guidi sur le ms. unique*. 

M. Nau a montre que l'auteur de cette chronique 
n'est pas connu et que ce ne fut pas Josue le stylite 2 . 
On peut seulement savoir, d'apres le texte, que cet au- 
teur professait dans une ecole d'frdesse ; il etait pro- 
bablement orthodoxe; il loue Flavien qui abandonna 
les Jacobites et semble bl&mer Anastase d'avoir exile 
ce patriarche. M. Nau croit que cette chronique se 
trouvait deja dans la seconde partie de l'histoire de 
Jean d'Asie, d'ou elle a passe dans la compilation qui 
nous Fa transmise. La troisieme partie de cette compi- 
lation est, en effet, une transcription litterale de la 
seconde partie de Jean d'Asie, tellement litterale que 
le narrateur (Jean d'Asie) y parle a la premiere personne 
quand il renvoie a un autre passage de son livre ; la 
m6me caracteristique se retrouve dans la petite chro- 
nique. 

Quelques annees plus tard, un anonyme ecrivit une 
chronique d'Edesse qui s'est conserved dans un ms. 
syr. du Vatican, n° 163, provenant de la bibliotheque 
du couvent syrien de Notre-Dame, dans le desert de 
Nitrie. Cette chronique commence a l'annee 180 des 
Seleucides (132-131 avant J.-C.) et s'arr^tea l'ann^e 
540 de notre ere, au moment oft elle a 6le sans doute 
composee. Tres concise pour la premiere epoque, elle 



, 1. Chronique de Josue le stylite par Tabbe Paulin Martin, Leipzig, 4876, 
dans les Abhandlungen fur die Kunde des Morgenlandes, t. VI. The 
Chronicle of Josua the stylite, par W. Wright, Cambridge, 1882. 

2. Bulletin critique, 25 Janvier 4897, p. 54; Analyse des parties ini- 
dites de la chronique attribute a Denys de Tellmahre', 4898, p. 42 ; ex trait 
du Supplement de VOrient chrttien, 4897 ; comp. Noeldeke, Lit. Central- 
blatt, 42 fe"vrier 4898, p. 490. 



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HISTOIRE GENfiRALE. 179 

offre des renseignements plus d&ailles k partir du III* 
siecle de J.-C. Les donnees historiques qu'elle ren- 
ferme et surtout les dates exactes qu'elle fournit en font 
un precieux document pour Thistoire nonseulementde 
l'Orient, mais aussi de l'Occident. AssSmani a publie 
cette chronique tout 6ntiere dans sa Bibliotheca orien- 
to/&, I, p. 388-417 *. Une seconde edition du texte, 
revu sur le manuscrit par M. Guidi, a ete publiee par 
M. Ludwig Hallier 2 avec un apparat critique complet 
et une traduction allemande. D'apres les recherches de 
M. Hallier, les sources de la Chronique d'Edesse sont 
des documents originaires d'Antioche ou l'annee com- 
mengait le premier septembre, et une histoire des Per- 
ses aujourd'hui perdue. II faut excepter les notices rela- 
tives a Edesse, qui sont empruntees aux archives de 
cette ville. L'auteur a utilise aussi la chronique dont nous 
avons parle precedemment. M. Hallier a cherch£ k eta- 
blir, mais en vain selon nous 3 , que l'auteur ecrivait, non 
pas vers 540, mais a la fin du VI e siecle. Cet auteur 
etait orthodoxe; il reconnait les quatre premiers con- 
ciles oecumeniques, maisil avaitun penchant manifeste 
pour le nestorianisme, et son orthodoxie etait cette 
orthodoxie mitigee qui se rencontre assez fr6quemment 
chez les Syriens au commencement du VI e siecle. 

M. Guidi a r&mprim6 la Chronique d'Edesse avec 
une traduction latine dans le Corpus scriptorum 
christianorum orientalium 4 . II a reproduit exacte- 



1. Reimprimee, d'apres Assemani, par Michaelis dans sa Chrestoma- 
thie syriaque, 2« 6d., Goettingue, 4786, p. 47 et suiv. 

2. Untersuchungen Uber die Edessenische Chronik mit dem syrischen 
Texte und einer Uebersetzung, dans les Texte und Untersuchungen de 
Oebhardt et Harnack, t. IX, fasc. 1, Leipzig, 1892. M. Hallier, p. 3, note 
3, croit que la traduction anglaise cit£e par Wright n'existe pas. 

3. Revue critique d'histoire et de litterature, 19 juin 4893, p. 481 et 
suiv. 

4. Chronica minora, pars prior, Paris, 1903. 



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180 H1STOIRE GfoflERALE. 

ment les signes diacritiques du manuscrit unique. 

C'est sans doute aussi dans la premiere moitie du VI* 
siecle qu'apparut un roman historicjue, d'un auteur 
inconnu, probablement un moine d'Edesse. Ce roman 
est divise en trois parties qui reriferment : la premiere, 
l'histoire de Constantin et de ses fils; la deuxieme, 
Thistoire d'Eusebe de Rome etdes souffrances que 
l'empereur Julien lui fit endurer; et la troisieme, This- 
toire de Jovien (que les Orienfaux appellent Jovinien) 
pendant le court regne de Julien. Les faits et les dates 
sont traitSs dans cet ouvrage avec une telle fantaisie, 
m&me en ce qui concerne la campagne de Julien en 
Orient, qu'il est sans valeur pour l'historien ; mais il 
nous a^conserve le meilleur morceau de rh^torique sy- 
riaque, £crit dans un style elegant et pur d'hell&iisme, 
entrem&e de lettres et de discours qui rappellent en 
(Juelque sorte le genre historique de Tite-Live. II a ete 
beaucoup lu en Orient pendant le moyen kge et a exercS 
une influence regrettable non seulement sur les histo- 
riens syriaques, comme Barhebraeus, mais aussi sur les 
historiens arabes. C'est certainement cet ouvrage, ob- 
serve Wright * , qu'Ebedjesu attribue dans son catalogue 
a l'historien Socrate, lorsqu'il dit que celui-ci ecrivit 
« une histoire des empereurs Constantin et Jovinien » . 

Ce roman historique est conserve, malheureusement 
avec de nombreuses lacunes, dans un ms. du Musee 
britannique, Add. 14641, du VI e siecle. De la premiere 
partie, concernant Constantin et ses fils, il ne reste 
plus que la fin sur un feuillet. La seconde et la troi- 
sieme partie, presque completes, sont presentees 
comme un recit ecrit par Aploris ou Apoplaris (?), 
conseiller intime de Jovien, a la demande d'Abdel, 

i. Syriac Literature, 2« 6d., p. 100. 



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HISTOIRE GENERALE. 181 

archimandrite de Sandroun Mahoz£ (?), pour servir a 
la conversion des Chretiens. M. Nceldeke a traite, avec 
une rare competence, de cette composition syria- 
que dans la Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell., 
t. XXVIII, p. 263-292; il en fixe la redaction entre les 
annees 502 et 532. M. Georg Hoffmann en a publie le 
texte d'apres le ms. du Musee britannique, sous le titre 
de Julien TApostat [lulianos der Abtrunnige, Leide, 
1880). 

Un autre manuscrit du Musee britannique, Add. 
7192, du VII 6 siecle, renferme un fragment d'une ceuvre 
du m6me genre, relatif a Tapostasie de Julien. M. Ncel- 
deke, qui a parle de ce fragment dans la meme revue, 
t. XXVIII, p. 660, a reconnu un auteur different de celui 
de l'ouvrage precedent. Ce fragment a ete edite par 
M. Hoffmann a la suite du premier roman, p. 242-250 *. 

La plus ancienne histoire ecclesiastique qui nous soit 
parvenue des Syriens Jacobites est celle que le celebre 
Jean d'Asie (ou Jean d'Ephese) ecrivit dans la seconde 
moitie du VI e siecle. Jean avait divise son ouvrage, 
comme il nous Papprend lui-m&me, en trois parties : 
les deux premieres, comprenant chacune six livres, 
s'etendaient depuis Jules Cesar jusqu'a la VII annee 
de Justin II (572) ; la troisieme partie, egalement en six 
livres, s'arr&ait a Fannee 585. La vie de l'auteur ne 
dut pas se prolonger beaucoup apres cette derniere 
ann£e, car Jean etait alors age de quatre-vingts ans. 

La premiere partie est malheureusement perdue en 
entier. D'importants fragments de la seconde partie 
sont conserves dans deux ms. du Musee britannique, 
Add. 14647, date de 688, et Add. 14650, date de 875; 
ils ont 6t6 publics par M. Land dans le deuxi&me vo- 

1. Sur la valeur historique de ce fragment, voir Ernest Ma ass, Ana- 
lecta sacra et pro fana, Marbourg, 19(M. 

LITTERATURE SYRIAQUE. 1 1 

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182 HISTOIRE GENERALE. 

lume de ses Anecdota syriaca, p. 289-329 et 385-391, 
avec un petit fragment, p. 363, tire du ms. Add. 12154. 
D'un autre cdte, l'atiteur de la chronique de pseudo- 
Denys de Tellmahre declarait avoir compose la troK 
sieme partie de son ouvrage avec la seconde partie de 
l'histoire de Jean d'Asie ; mais on supposait que cette 
compilation posterieure ne fournirait rien de plus que 
les fragments conserves dans les ms. de Londres, et 
qu'il n'y avait aucun inter&t a editer cette troisieme 
partie de pseudo-Denys. M. 1'abbe Nau a montre qu'il 
en etait autrement, et il est arrive a la conclusion que 
le pseudo-Denys de Tellmahre avait transcrit litterale- 
ment dans sa compilation toute la seconde partie de 
Jean d'Asie dont on ne croyait posseder que des frag- 
ments. M. Nau a reconnu en effet que les fragments 
publies par Land se retrouvent tout entiers dans cette 
compilation et en meilleur etat; il suppose que le sur- 
plus de la seconde partie de Jean y est egalement re- 
produit integralement '. 

La troisieme partie de l'histoire de Jean d'Asie est 
conservee, avec de nombreuses et importantes lacunes, 
dans le ms. Add. 14640, du VII e siecle et probablement 
de la m6me main que le ms. Add. 14647, qui renferme 
des fragments de la seconde partie. Cette troisieme 
partie a ete publiee par Cureton a Oxford en 1853, 
sous le litre de The third part of ecclesiastical his- 
tory of John bishop of Ephesus. Elle a 6te traduite 

1. Bulletin critique, 23 aout 4896; Journal asiatique, 1896, 9° s6rie, 
t. VIII, p. 346 et suiv. ; Analyse des parties inidites de la chronique at- 
tribute a Denys de Tellmahre', 1898, extrait du Supplement de VOrient 
chre"tien, 1897. Dans ce dernier travail, p. 33 et suiv., M. Nau a donng 
une analyse de la seconde partie de Jean d'Asie. M. Kugener remarque 
ce pendant que les extraits de pseudo-Denys qu'il a publies dans la 
Vie de Severe par Jean deBeith-Aphthonia dans la Patrologia orienta- 
lis, t. II, fasc. 3, sont ecrits dans un style qui ne serable pas etre celui 
de Jean d'Asie, ibid., p. 299, note 2. 



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HISTOIRE GENERATE. 183 

en anglais par Payne Smith en 1860, et en allemand 
par Schoenfelder en 1862. Elle commence en 571 sous la 
persecution de Justin II contre les Monophysites. Jean, 
un ardent defenseur delanouvelle secte jacobite, souf- 
frit durement de cette persecution ; jete en prison ou 
oblige de fuir de lieu en lieu et de se cacher, il ecrivait 
a la hate des feuillets de son histoire qu'il devait mettre 
en lieu sup; de la le d^sordre qui regne dans cette com- 
position et, sans doute aussi, un certain nombre des 
lacunes qui s'y rencontrent. L'auteur s'en excuse dans 
le chapitre 50 du second livre 4 : « II arrive que des 
personnes instruites, en lisant ces histoires, blament 
l'auteur au sujet de la confusion qui regne dans le recit 
d'un m6me evenement, m^le et disperse dans plusieurs 
chapitres. Mais, a propos des chapitres exposes a ce 
blame, il faut savoir que beaucoup d'articles ont ete 
ecrits au temps de la persecution et sous la contrainte 
de toutes les adversites. Les cahiers ou se trouvaient 
ces articles devaient necessairement 6tre mis a l'abri 
avec d'aiitres papiers et livres dans differents endroits, 
et £tre caches dans plusieurs lieux, parfois pendant 
deux ou trois ans. Lorsqu'il se pr^sentait des faits dont 
il voulait conserver par ecrit la memoire, et dont il 
avait deja fait mention dans des chapitres r£dig6s pr£- 
cedemment, l'auteur, n'ayant pas sous ses yeux ses 
premiers ecrits, ne se rappelait pas en avoir d^ja traite, 
et les rapportait de nouveau. Telle est la cause de la 
repetition des mfemes faits dans plusieurs chapitres. 
Plus tard les loisirs ont manque pour qu'il soit fait fa- 
cilement et a raise une harmonie des recits. » On peut 
attribuer aussi aux temps troubles dans lesquels Jean 
vivait, les defauts de composition, Texuberance d'un 

i. Ed. CURETON, p. 140. 



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184 H1ST0IRE GENERALE. , 

style peu ch&tie, plein d'hellenismes et de mots grecs. 
II faut ajouter que les differents livres n'ont pas ete 
ecrits d'une maniere suivie selon l'ordre des faits, 
mais ils ont ete composes de morceaux detaches reunis 
ensuite en un recueil ; les dates fournies par cette der- 
niere partie sont * : 581 dans le ch. 39 du livre I ; 
577 dans le ch. 15 du livre II ; 582 dans le ch. 22 
du livre III; 575, 576, 580 et 585 dans les ch. 13, 
19, 53 et 61 du livre IV ; et 584 dans le ch. 25 du 
livre VI. 

Les historiens trouveront dans ce qui nous reste de 
Toeuvre de Jean d'Asie des informations precises sup 
les crises que l'Eglise monophysite traversa pendant 
le VI e siecle. Jean se defend de partialite ; il se plaint 
amerement, il est vrai, des souffrances endurees par 
ses coreligionnaires, tandis que les calamites qui as- 
saillirent ses adversaires le laissent froid ou meritent 
son approbation, mais c'est un historien veridique et 
original, dont Toeuvre domine de haut les compilations 
historiques que la Syrie nous a laissees. 

Les Vies des Bienheureux orientaux, ecrites par 
Jean d'Asie et reunies par lui en un recueil vers 565-566, 
completent Thistoire ecclesiastique de cet auteur et 
offrent un interdt presque egal a celle-ci. Nous ren- 
voyons le lecteur a ce que nous en avons dit plus haut, 
p. 150. 

A la m6me epoque, un Syrien jacobite redigea une 
compilation historique dans laquelle il fit entrer une 
grande partie de Thistoire ecclesiastique (aujourd'hui 
perdue en grec) que Zacharie le Rheteur ecrivit a la 
fin du V° siecle, et qui comprenait les annees 450-491 2 . 

i. Voir Land, Johannes Bischofvon Ephesos, der erste syrische Kir- 
chenhistoriker, Leide, 1856, p. 82. 
2. Land, Anecdola syriaca, m, p. 5, 1, penult.; le compiiateur dit qu'il 



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HISTOIRE GENERALE. 185 

Cette compilation, divisee en douze livres, nous est 
parvenue dans un ms. du Musee britannique, Add. 
17202, de la fin du VI e siecle ou du commencement du 
VIP si&cle. Dans ce ms., les derniers chapitres du 
livre X et le livre XI entier manquent; en outre, le 
livre XII est incomplet au commencement et a la fin. 
Le texte syriaque a ete edit£, d'apres ce ms., par 
M. Land dans le troisieme volume de ses Anecdota 
syriaca 2 . L'histoire de Zacharie occupe dans la compi- 
lation syriaque les livres III-VI ; les autres livres I-II 
et VII-XII proviennent de differentes sources. M. Land 
a donne, dans l'introduction du troisieme volume des 
Anecdota syriaca, p. xvii-xxiii, une breve analyse du 
contenu des chapitres de chaque livre. Nous lui em- 
pruntons quelques citations qui donneront une idee du 
genre de cette oeuvre : 

Livre I, ch. vi, Histoire de Joseph et Aseneth (voir 
ci-dessus, p. 83). 

Livre I, ch. vn, Les actes de saint Silvestre, docu- 
ment important pour Tetude des actes 16gendaires de 
saint Silvestre et du baptfone de Constantin; les ms. 
grecs et latins qui renferment ces actes n'ont pas l'an- 
tiquite de la version syriaque. Cette version remonte- 
rait au moins au commencement du VI e siecle, si Tho- 



a conduit son histoire jusqu'a l'annge 880 (569 de J.-C). Les Syriens 
avaient qualifiC Zacharie d'Cv^que de Melitene par confusion avec Za- 
charie, 6veque de Mitylene. D'un autre c6t6, com me M. Kugener l'a 
montre" dans La compilation historique de pseudo-Zacharie le Rhtteur, 
extrait de la Revue de VOrient Chretien, Paris, 1900, on doit distinguer 
Zacharie le Rheteur, auteur de VHistoire ecclesiastique, de Zacharie 
le Scolastique, devenu Cveque de Mitylene , qui ont 6te" confondus 
entre eux par les auteurs grecs. 

2. Ahrens et Krueger ont public une traduction allemande de cette 
compilation avec des notes critiques, Die sogenannte Kirchengeschichte 
von Zacharias Rhetor, Leipzig, 4899; Hamilton et Brooks ont donne en 
meme temps une traduction anglaise, The syriac chronicle known as 
that of Zachariah of Mitylene, Londres, 1899. 



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186 HISTOIRE GfiXfiRALE. 

melie syriaque sur le bapt^me de Constantin est 
reellement de Jacques de Saroug*. 

Livre I, chap, vin, La decouverte des reliques de 
saint Etienne 2 . 

Livre II, chap, i, Les sept dormants d'Ephese (voir 
ci-dessus, p. 135). 

Livre V, ch. vin, le texte syriaque de YHenotique de 
Zenon. 

Livre VIII, ch. in, Des martyrs homerites (voir ci- 
dessus, p. 136). 

Livre X, ch. iv, Lettre de Rabboula a Gemelianus, 
eve*que de Perrhin, sur le mesusage dupain eucharis- 
tique. Cette lettre, qui se trouve egalement dans la 
chronique de pseudo-Denys de Tellmahre (Assemani, 
B. 0., I, 409) d'apres Jean d'Asie, a ete editee a part 
par Overbeck dans S. Ephrsemi syri et Rabbulse.... 
opera selecta, p. 231. 

Livre X, ch. xvi, Description des edifices et des de- 
corations de la ville de Rome, Ce chapitre fait suite au 
chapitre qui raconte la prise de Rome par le roi des 
Ostrogoths, Totila. En publiant cette Description, 
M. Guidi a signale Pint6r6t qu'elle offre pour l'archeo- 
logie de la capitale de l'ltalie 3 . 

1. L'abbe" Duchesne, Liber Ponlificalis, Paris, 1884-1885; Frothingham, 
Lomelia di Giacomo di Sarug sul battesimo di Costantino imperator, 
Rome, 1882, dans les m^moires de la Reale Accademia dei Lincei, 
1881-1882. La tegende est aussi rapportee dans la chronique de pseudo- 
Denys de Tellmahre", Dionysii Telmahharensis chronici liber primus, 
e3. Tullberg, Upsal, 1848. Une traduction allemande, bas^e sur rendi- 
tion de Land avec les variantes du ms. Add. 12174 du Musee brilanni- 
que, a et6 faite par Ryssel, Archiv f. das studium der neueren Spra- 
chen und Litter., 1895, 1-54. Certains critiques croient a l'origine 
syriaque de la legende, cf. Ryssel, ibid, et Theol. Zeitschr. aus der 
Sckweiz, 1896, p. 63. 

2. Le texte syriaque a ete" public, d'apres un ms. de Berlin, par 
P. Bedjan, Acta mart, et sanct., Ill, 188. Ii a ete traduit en allemand 
par Ryssel, Zeitschr. f. Kirchengeschichte, 1894, 233. 

3. La publication de M. Quidi(.TC testo siriaco delta descrizione di Roma 
nella storia attributa a Zaccaria Retore, Rome, 1886, extrait du Bul- 



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HISTOIRE GEXERALE. 187 

Livre XII , ch. vii, La description de Vunivers par 
Ptolemee '. L'auteur a insert dans ce chapitre un r£cit 
sur Textension du christianisme au dela des Portes cas- 
piennes et sur P^criture adaptee a la langue des Huns, 
fait qui avait eu lieu, dit-il, il y a vingt ans et plus. 

Les livres qui renferment l'histoire de Zacharie et 
les livres suivants relatent les 6venements qui agite- 
rent les Eglises monophysites de l'Egypte et de la 
Syrie au V e et au Vl e siecle. A ce point de vue, la 
compilation syriaque de Zacharie est un utile comple- 
ment de l'histoire de Jean d'Asie. 

A la fin de son troisieme volume, p. 341 et suiv.,. 
M. Land a imprimS, d'apres le ms. Add. 12174 du Musee 
britannique, le r6cit de la mort de Theodose, ev&que 
de Jerusalem, et l'histoire de l'asc&te Isai'e 2 . 

Le ms. syriaque 145 du Vatican renferme un certain 
nombre d'extraits de la compilation de Zacharie, qui 
sont donnes comme la continuation des histoires de 
Socrate et de Theodoret, reproduites en grande partie 
dans ce manuscrit. Assemani (£. O., t. II, p. 54) a le 
premier fait connaitre ces extraits, que le card. Mai a 
publies dans le tome X de sa Script, peter, nova col- 
lectio, p. 332-338. On y lit, entre autres documents, 



letino della Commissione archeologica di Roma, 1884) est basee sur le 
ms. Vat. syr. 145, et les ms. Add, 17202 et Add. 12154. Mai avait deja 
donne le texte syriaque avec une version latine dans son edition du 
ms. Vat. 145 dont nous parlerons plus loin; et Sachau avait traduitle 
texte public par Land dans la Topograph, der Sladt Rom de Jordan, II, 
575. Dans le RuUetino, 1891, M. Guidi a r£6dite la Description, avec 
plusieurs variantes, d'apres l'histoire de Michel le Syrien, £d. Chabot, 
309. Cf. Baumstarr, Oriens christianus, 1901, 382. 

1. Cette Description se trouve aussi dans le ms. Add. 14620 du Musle 
britannique, du IX e s., voir Wright, Catal., p. 803, col. 1. 

2. Le re"cit de la mort de Theodose n'est pas de Zacharie, comme le 
pensait Wright, voir Krueger, Die sogenannte Kirchengeschichte von 
Zacharias Rhetor, p. xvi, et Brooks, The syriac chronicle known as 
that of Zachariah, p. 2, note 4. II est douteux que le oompilateur ait 
utilise YHistoire de Jean d'Asie, Krueger, ibid., p. xli; Brooks, p. 5. 



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188 HISTOIRE g£n6rALE. 

la lettre de Simeon de Beit-Arscham etla description 
de Rome mentionnee plus haut. 

Les auteurs syriaques du VI e siecle qui traiterent de 
l'histoire de l'Eglise possedaient deja des versions des 
histoires grecques d'Eusebe, de Socrate et de Theodo- 
ret ; mais Sozomene etait a peine connu des Syriens. 

La version de l'Histoire ecclesiastique d'Eusebe est 
conservee, avec des lacunes, dans deux ms. principaux 
provenant du couvent des Syriens dans le desert de Ni- 
trie : Tun d'eux, actuellement k Saint-Petersbourg, 
est date* de 462 ; il contient les dix livres d'Eusebe, a 
l'exception du VI e ; en outre, des V e et Yll e il ne reste 
que des fragments. L'autre ms., du VI e siecle, est au 
Musee britannique, Add. 14639; il ne renferme que les 
cinq premiers livres, et le premier livre presente des 
lacunes ; il manque des parties de l'index des chapi- 
tres i, ii et in. Divers fragments se trouvent encore 
dans plusieurs manuscrits du Musee britannique ; les 
plus importants (chap, xvi, xvn et xxv du livre VI) 
sont ceux du ms. Add. 14620. 

De la version syriaque derive la version armenienne 
qui a ete imprimee en 1876 d'apres des ms. de la bi- 
bliotheque des M6chitaristes a Venise. La version 
armenienne, qui joint a l'avantage d'etre ancienne 
celui d'etre exacte et presque complete, est d'une 
grande utilite pour la critique de la version syriaque * . 
Pseudo-Moi'se, dans son histoire armenienne, rapporte 
que la traduction d'Eusebe avait £te* faite a l'instiga- 
tion de Mesrop (f 441) ; on ^tait porte a croire que la 
version syriaque devait exister depuis environ un siecle 



1. Merx, De Eusebianse hist. eccl. versionibus syriaca et armeniaca 
dans les actes du IV* Congres des Orientalistes, Florence, 4880, 1, 499 
et suiv., et Preface de rgdition cite"e ci-apres de Norman Mac Lean, 
p. xiii-xvii. 



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HISTOIRE GfiNERALE. 189 

lorsqu'elle passa en arm&iien ; elle aurait ete faite du 
vivant m^me d'Eusebe ou peu de temps apres la mort 
de celui-ci. Aujourd'hui qu'il est demontre que l'his- 
toire attribute a Moi'se de Khorene est une compila- 
tion de beaucoup posterieure, ou la 16gende tient au- 
tant de place que Thistoire, la m6me certitude n'existe 
plus. Cependant on peut encore, avec M. Merx, s'en 
tenir a la tradition dont pseudorMoise s'est fait l'£cho, 
concernant Y&ge de la version armenienne. 

La version syriaque a ete faite sur un original grec 
qui, compare avec le texte grec actuel, presentait des 
variantes nombreuses et parfois pref Arables. Elle se 
distingue par son exactitude et, malgre les fautes et 
les omissions qu'elle contient, elle fournit un document 
de valeur pour une nouvelle Edition critique de l'His- 
toire d'Eusebe. 

Wright avait entrepris de cette version syriaque, une 
edition que la mort de ce regrette orientaliste vint in- 
terrompre. Elle a 6t& reprise par M. Norman Mac Lean 
avec le concours, pour Tarmenien, de M* Merx, et elle 
a paru en 1898 a Cambridge *. L'annee precedente, 
M. Bedjan en avait donne a Leipzig une premiere Edi- 
tion qui reproduit le texte du ms. de Saint-Petersbourg 
et du ms. Add. 14639 du Musee britannique 2 . La pu- 
blication de M. Mac Lean, plus complete, est basee 
sur les m6mes ms. ; elle ajoute en appendice les cha- 



i. The ecclesiastical history ofEusebius in syriac by the late William 
Wright and Norman M. Lean, with a collation of the ancient arme- 
yian version by D r Adalbert Merx. M. Eberh. Nestle en a fait une 
traduction allemande, Des Eusebius Kirchengeschichte aus dem Syri- 
schen ubersetzt, Leipzig, 19Gi , dans les Texte und Untersuch., neue 
Folge, VI, 2 ; cf. Zeilschr. der deut. morgenL Gesellschaft, 1902, p. 559. 

2. Histoire ecclesiastique d'Eusebe de Cesarie. Quelques passages de 
la version syriaque avaient 6te" publies pre*c6demment par Cureton, 
Ancient syriac documents, p. 1 et suiv. ; et pa Paul de Lagarde, Prseter- 
missorum libri duo, p. 249. 

11. 



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190 HISTOIRE GExNERALE. 

pitres conserves dans le ms. Add. 14620; elle donne, 
en outre, les variantes de la version armenienne. 

Ebedjesu mentionne dans son catalogue * une ver- 
sion syriaque de la Chronique d'Eusebe ayant pour 
auteur Simeon de Beit-Garmai qui vivait au commen- 
cement du VJI e siecle. Cette version est perdue. 

Jacques d'Edesse revisa la Chronique d'Eusebe et 
la continua a partir de la vingtieme ann£e de Cons- 
tantin, ou elle s'arr^tait, jusqu'a 692, epoque ou Jacques 
d'Edesse l'ecrivit 2 . Michel le Syrien a utilise pour sa 
Chronique cette oeuvre de Jacques d'fidesse qu'il cite 
souvent, et dont des fragments se trouvent dans le- 
ms. Add. 14685 du Musee britannique 3 . 

La premiere partie de la compilation de pseudo-De- 
nys de Tellmahre" (voir plus loin) contient un epitome 
de la Chronique d'Eusebe 4 . 

Le ms. Add. 14643 du Musee britannique, du 
VIH e siecle, contient une chronique complete, sauf une 
lacune de dix feuillets disparus. C'est une compilation 
divisee en quatre parties : la premiere partie, la plus 
developpee, va jusqu'a l'annee 641; la seconde, jus- 

1. Assemani, B. O., Ill, part. I, 168. 

2. Voir sur ce sujet une notice de Theodose d'Edesse dans Michel le 
Syrien, 6d. Chabot, p. 122. A la pa«?e 452, Michel dit que la Chronique 
de Jacques allait jusqu'en 1021 des S61eucides ou 710 de notre ere. 11 se 
peut que les ann£es ecoulees entre 692 (date de la redaction) et 710 
aient 6te* ajoutees par un disciple de Jacques d'Edesse. 

3. Catal. Wright, p. 1062. Les fragments ont 6te" publics avec une 
traduction latine par E. w. Brooks dans le Corpus script, christian, 
orientalium; s6r. Ill, t. IV, Chronica minora, Paris, 1905. M. Brooks 

^avait edite pr6c6demment les canons chronologiques ayec une traduc- 
tion anglaise dans la Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell., t. LIH, 1899, 
p. 261 et 550. - 

4. Public par Tullberg, Dionysii Telmahharensis Chronici liber 
primus, Upsal, 1851 ; une traduction latine en a &£ faite par Siegfried 
et Gelzer, Eusebii Canonum epitome ex Dionysii Telmaharensis Chro- 
nico petita, Leipzig, 1884. Alfred von Gutschmid, dans sa recension de 
cette traduction, Untersuchungen uber die syrische Epitome der Eu- 
sebischen canonen, Stuttgart, 1886, a apportg d'importants materiaux 
pour 1'eHude de la Chronique d'Eusebe et de l'Epitome* syriaque. 



J 



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* 



HISTOIHE G£N£RALE. 191 

qu'a l'ann^e 570; la troisieme, jusqu'a l'annee 636; 
et la quatrieme, jusqu'a l'annee 529. Suit : une breve 
histoire des conciles jusqu'au concile de Chalcedoine, 
et un catalogue des califes. La Chronique d'Eusebe y 
a ete* utilisee 1 . 

Le premier feuillet du ms. Add. 14461 du Musee 
britannique contient un passage a demi efface d'un 
texte historique, que Wright a reproduit dans son ca- 
talogue des ms. syr. de ce Mus6e, p. 65, n° 94. 
M. Noeldeke a reedite ce passage dans la Zeitschr. der 
deut, morgenl. Gesell., 1875, t. XXIX, p. 76 et suiv., 
et il en a signale l'importance pour l'histoire de la con- 
qu6te de la Syrie par les Arabes ; on y lit la date du 
20 aout 636 pour la bataille de Yarmouk, apres laquelle 
les Romains abandonnerent la Syrie 2 . 

Le ms. Add. 17216 du Musee britannique contient 
des fragments d'une petite chronique syriaque, 6crite 
en Palestine par un Maronite vers le VHP siecle. La 
premiere partie n'offre aucun inter6t. Les fragments 
de la seconde partie /enferment des dates et des recits 
de l'epoque de Moawia, qui se retrouvent avec des 
variantes chez Theophane et chez les historiographes 
syriaques posterieurs 3 . 

1. Cette chronique a ete editee par E. W. Brooks, avec une traduction 
latine par J.-B. Chabot, dans le Corpus script, christian, orientalium; 
sex. Ill, t. IV, Chronica minora, Paris, 190*. E.Rgediger en avait donne 
des extraits dans la 2 e edition de sa Chrestomathie, p. 105, et il en 
a imprime la traduction latine a la suite de l'6dition Schcene de la 
Chronique d'Eusebe : A. Schoene, Eusebii chronicon, Berlin, 1875- 
1876. Land, qui croyait que l'auteur de cette chronique etait le pretre 
jacobite Thomas, en a public la troisieme partie sous le titre de Liber 
Chalipharum dans ses Anecdota syriaca, t. I (texte, p. 103-122; traduc- 
tion latine, p. 2-24). B. H. Cowper, Notes and Queries, Londres, 1856, a 
traduit en anglais le catalogue des califes. 

2. Rgimprime par Brooks, avec une traduction latine par Chabot, 
dansle Corpus script, christian, orientalium : Chronica minora, Paris, 
1904. 

3. Elle a Cte* exiitee par Brooks, avec une traduction latine par Cha- 
bot, dans le Corpus script, christian, orient. : Chronica minora. 



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192 HISTOIRE GEN&RALE. 

Une chronique s'arrGtant a Tannee 846 a ete redigee 
par un moine du couvent de Qartemin. Jusqu'a Tan- 
nee 795, le recit est beaucoup plus bref que dans la 
partie suivante qui parait avoir ete ajoutee. Cette 
chronique se trouve dans le ms. Add. 14642 du Mus£e 
britannique 1 . 

Le meme manuscrit renferme des fragments d'une 
chronique anonyme s'etendant de 754 a 813, que 
M. Brooks a publies avec une traduction latine dans 
le Corpus script, christian, orientalium : Chronica 
minora, Paris, 1905 2 . On trouve encore dans ce volume 
des Chronica minora : les fragments de la chronique 
de Jacques d'Edesse, dont il a ete parle ci-dessus ; 
trois recits du ms. de Berlin Sachau 315, edites par 
M. Brooks avec une traduction latine; une courte 
chronique, contenue dans le ms. Add. 14683 du Musee 
britannique et publiee aussi par M. Brooks ; une des- 
cription des peuples et des pays, publiee egalement 
par M. Brooks d'apres le ms. Add. 25875 du Mus6e 
britannique; un opuscule sur les families de langues, 
6dite par M. Brooks d'apres le ms. Add. 14541 du 
m&me Musee ; un fragment de pseudo-Diocles que La- 
garde avait deja fait connaitre dans ses Analecta 
syriaca, p. 201, et qui a ete reimprim£ avec une tra- 
duction latine par M. Guidi, d'apres le ms. Add. 12152 
du Musee britannique etun ms. appartenant a M. Noel- 



Paris, 1904. Cf. Noeldekr, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesellschaft, 
XXIX, p. 82; Nau, Opuscules Maronites, extrait de la Revue de {'Orient 
Chretien* Paris, 1899 et 1900. 

1. E. W. Brooks l'a publiee avec une traduction latine de M. Chabot 
dans le Corpus, cite ci-dessus, t. IV, Chronica minora. 11 en avait 
deja edite la derniere partie en 1897 dans la Zeitschr. der deut. mor- 
genl. Gesellschaft, LI, 569. Cf. Nau, Revue de VOrient Chretien , 1890 r 
p. 396, et 1903, p. 630. 

2. M. Brooks les avait edites prec6demment avec une traduction an- 
glaise dans la Zeitschr. der deut. morgenl. Gesellsch., t. LIV, p. 193. 



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H1ST0IRE GtiN&lALE. 193 

deke; et un document nestorien que M. Gceller avait 
deja fait connaitre dans Oriens christianus , 1901, 
p. 80, et que M. Chabot a reedite avec une traduction 
latine. 

Beaucoup plus importante que ces divers docu- 
ments est la petite chronique nestorienne qu'a editee 
M. Guidi et qu'a traduite en allemand M. Noeldeke 
avec des notes critiques *. Cette chronique, si pre- 
cieuse par les nouvelles informations dont elle enrichit 
notre connaissance des derniers temps des Sassanides, 
a ete ecrite, selon M. Noeldeke, dans l'lrak ou le 
Khouzistan, vers Tann6e 680, a laquelle elle s'arr^te. 
Elle est intitulee : « R^cits divers des histoires ec- 
clesiastiques et profanes depuis la mort d'Hormizd, 
fils de Chosroes, jusqu'a la fin du royaume des Perses. » 
Elle comprend en effet l'histoire ecclesiastique de cette 
periode dans les premiers chapitres; les chapitres 
suivants se composent de differentes notices que Tau- 
teur semble avoir puisees h plusieurs sources. On 
peut douter si cette histoire forme un tout complet, 
ou si elle n'est que la derniere partie d'une chronique 
plus etendue. 

Denys de Tellmahre, patriarche d'Antioche (f 845), 
composa, sous le titre <T Annates, une histoire dediee 
a Jean de Dara, qui ne s'est pas retrouvee jusqu'a ce 
jour; il n'en existe qu'un fragment dans le ms. syr. 164 
du Vatican, qu'Assemani a publie dans sa Bibliotheca 
orientalis, II, 72-77. 

II vaut la peine de rapporter ici ce que dit Michel le 
Syrien de cette histoire qu'il a utilisee pour sa chro- 

1. Guidi, Un nuovo testo siriaco sulla storia degli ultimi Sassanidi, 
Leide, 1894 ; NOeldeke, Die von Guidi herausgegeben syrische Chronik 
ubersetzt und commentirt, Vienne, 1893. M. Guidi a reimprime cette 
chronique avec une traduction latine dans le Corpus script, christian, 
orientalium; Chronica minora^ s6r. Ill, t. IV, Paris, 1903. 



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194 HISTOIRE GfiNERALE. 

nique * : « Le sage Denys, patriarehe, surnomme de 
Tell Mahre, termina ici sa Chronique. II la composa 
en deux parties et en seize livres : chaque partie 
contient huit livres divises en chapitres. II l'ecrivit 
a la demande de Jean, metropolitan! de Dara. Dans 
cette Chronique sont renfermes les temps, c'est-a-rdire 
un cycle de 260 ans, depuis le commencement du regne 
de Maurice, ou depuis Tan 894 des Grecs, jusqu'a 
l'annee 1154, en laquelle mourut ThSophile, empereur 
des Romains, et Abou Ishaq, roi des Arabes; et en 
laquelle commen^a a regner sur les Arabes Haroun, 
fils d'Abou Ishaq, et sur les Romains, Michel, un 
jeune enfant dont la mere gouvernait l'empire. » On 
trouve des extraits tres etendus de la Chronique de 
Denys dans la Chronique de Michel le Syrien, et 
quelques passages (tires de Michel) dans la Chro- 
nique ecclesiastique de Barhebraeus. 

Assemani, qui retrouva une chronique syriaque dans 
un autre ms. du Vatican, n° 162, crut que cette compo- 
sition etait aussi une oeuvre du patriarehe Denys, une 
chronique abregee de ses Annales. C'est une compila- 
tion historique, divisee en quatre parties, qui va de^ 
puis l'origine du monde jusqu'a l'annee 775. 

La premiere partie s'arr^te a Constantin le Grand. 
La principale source pour cette epoque est la chroni- 
que d'Eusebe, r^sumee en un Epitome (voir ci-dessus , 
p. 190). Le compilateur s'est, en outre, servi de YHis- 
toire ecclesiastique d'Eusebe, de la Chronographie 
de Jules Africain 2 , d'une chronique d'Edesse qui a 
permis a Gutschmid d'etablir la chronologie des rois 



1. Chronique de Michel le Syrien, ed. J.-B. Chabot, p. 554 (trad. t. HI, 
fasc. I, p. 141). Cf. Nau, Journ. asiatique, 1896, 9* s6rie, t. VIII, p. 526. 

2. Von Gutschmid, Die syrische Epitome der Eusebischen Canones, 
p. 42. 



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RISTOIRE GfiNERALE. 195 

de cette ville \ de la Caverne des tresors (v. ci-dessus, 
p. 81), du Roman d' Alexandre 2 , de YHistoire des sept 
dormants d'Ephese (voir ci-dessus, p. 135), et du De 
hello judaico de Josephe. Cette premiere partie a ete 
6dit6e par Tullberg 3 . 

La seconde partie, qui comprend laperiode de Cons- 
tantin a Theodose le Jeune, est tiree presque entiere- 
ment de Thistoire de Socrate ; Fauteur a ajout£ quel- 
ques notices empruntees a des documents syriaques. 
Elle est inedite, mais M. l'abbe Nau en a donne une 
analyse 4 . 

La troisieme partie, qui s'arr£te a Justin II, repro- 
duit la deuxieme partie de Fhistoire de Jean d'Asie 
(voir ci-dessus, p. 182). Elle renferme notamment la 
chronique attribute a Josue le stylite (voir p. 177) et 
la lettre de Simeon de Beit-Arscham (voir p. 136). 

La quatrieme et derniere partie est Toeuvre originale 
de l'auteur. Assemani en a donne d'abondants extraits 
dans sa Bibliotheca orient., II, p. 98-116; M. l'abbe 
Chabot a public le texte complet avec une traduction 
fran^aise {Chronique de Denys de Tell Mahri, qua- 
trieme partie, Paris, 1895). Redigee sous la forme 
d'une chronique concise pour Pepoque anterieure au 
VHP siecle, cette partie a, pour ce si&cle, l'^tendue 
d'une histoire developpee ; elle renferme de nombreu- 
ses notices historiques, surtaut pour les temps de la 
domination arabe. Malheureusement, Fauteur manque 
de m^thode et de sens historique ; il confond les dates 

1. Von Cutschmid, Untersuchungen ueber die Geschichte des Kcenig- 
reichs Osrhoene, 4887, dans les Mepaoires de TAcademic de Saint-Pd- 
tersbourg, t. XXXV, n° 1. 

2. £dit6 par Budge, The history of Alexander the Great, Cambridge, 
1889. 

3. Dionysii Telmahharensis chronici liber primus, Upsal, 1851. 

4. Analyse des parties inidites de la chronique attribute a Denys de 
Tellmahre", dans la Revue de VOrient Chretien, 1897. 



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196 IIIST01RE GENERALE. 

et las evenements et rapporte des faits qui appartien- 
nent aux siecles precedents. (Test un document de va- 
leur pour l'historien a la condition de s'en servir avec 
circonspection ; les recits des dernieres annees m6ri- 
tent cependant plus de creance. Cet auteur etait, en 
outre, un mauvais styliste ; il etait plus preoccupe de 
faire des sermons a ses lecteurs, que de donner une 
tournure elegante a sa.pensee. « II serait difficile , dit 
M. Chabot (p. iv de la preface du texte syriaque), de 
trouver un ecrivain d'un style plus incorrect et plus bi- 
zarre. » 

L'edition de M. Chabot a permis a MM. Nau et Noel- 
deke de constater Terreur d'Assemani qui voyait dans 
cet ouvrage une chronique abreg6e de Denys de Tell- 
mahre. MM. Nau et Noeldeke ont reconnu en meme 
temps, et chacun de son c6te \ que l'auteur de cette 
oeuvre, dediee a Georges, chorev^que d'Amid, k Euthe- 
lius, archimandrite (du couvent de Zoukenin), et au 
periodeute Lazare, etait un moine du couvent de Zou- 
kenin, qui ecrivait vers 775, anterieurement a Tepoque 
de Denys. M. Nau croit quece moine etait Josue le sty- 
lite (voir ci-dessus, p. 178). 

La Chronique de Michel le Syrien, patriarche des 
Jacobites a Antioche, a 6te retrouvee dans un ms. sy- 
riaque de la bibliotheque de Teglise Jacobite d'Orfa 
(Edesse), et elle est actuellement en cours de publica- 
tion par les soins de M. l'abbe Chabot 2 . C'est une 
histoire generale s'6tendant des origines du monde a 

4. Nau, Bulletin critique, n° du 15 juin 1896; Journal asiatique, 1896, 
9 e s6rie, t. VIII, p. 346 et suiv. Noeldeke, Wiener Zeitschrift, juillet 
1896. 

2. Chronique de Michel le Syrien, patriarche Jacobite $ Antioche, 
1166-1199, iditie pour la premUre fois et traduite en francais, pari.-h. 
Cdabot, Paris, t. 1, 18991900; t. II, 1901-1904; t. Ill, fascicule 1; il reste 
encore a paraitre les fascicules 2 et 3 du t. III. On ne connaissait 
auparavant cette chronique que par une version arm£nienne abregee, 



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H1ST01RE GENERALE. 197 

l'epoque de l'auteur. Elle a ete redigee en 1196, mais 
elle s'arr^te en 1193 par suite d'une lacune de la fin; 
elle comprehd vingt et un livres divises en chapitres. La 
plupart des chapitres sont sur trois colonnes : la co- 
lonne du milieu donne l'histoire civile ; une autre con- 
tient l'histoire eccl^siastique ; une troisieme rapporte, 
sous forme de synchronismes, divers recits qui ne figu- 
rent pas dans la colonne du milieu. La perte d'un feuillet 
a fait disparaitre le titre et le commencement; d'autres 
lacunes, plus ou moins importantes, existent dans le 
manuscrit. 

La partie anterieure a l'epoque de Michel n'est 
qu'une compilation, mais une compilation pr^cieuse 
qui renferme des citations et des extraits d'ouvrages 
disparus. La partie qui relate les faits contemporains 
de Tauteur, fournit une importante contribution a 
Thistoire des croisades. Michel cite ses sources et nous 
transmet des notices sur des auteurs syriens qui ne 
nous sont pas connus par ailleurs 4 : Kour£ (Cyrus), 
pr£tre de Saroug, qui ecrivit une chronique allant de 

qui a 6t6 traduite en francais par Tanglois : Chronique d& Michel le 
Grand, patriarche des Jacobites, Venise, 1868, et dont le texte armenien 
a e"te* Cdite a Jerusalem, une premiere fois en 1870 et une seconde 
fois en 1871. II existe une traduction arabe de la Chronique de Michel 
dans le ms. ' du Musee britannique, Orient. 4402. La version arabe 
semble avoir ete faite sur le manuscrit syriaque d'Orfa, car elle ren- 
ferme les memes lacunes et les memes fautes que ce manuscrit. 
1. Le titre syriaque, mis en tete de la version arabe dans le ms. 
. Orient. 4402 du Musee britannique, indique, comme premier auteur, 
un Maribas inconnu, voir Nau, Journal asiatique, 9* serie, t. VIII, 
p. 523 et suiv. Ce titre est apocryphe suivant M. Chabot, La Chronique 
de Michel le Syrien dans les Comptes rendus de VAcademie des Ins- 
criptions et Belles-Lettres, seance du 28 juillet 1899, p. 479. Le ms. de 
la Bibliotheque nationale, Syr. 306, contient des extraits d'une chro- 
nique en carschouni de Maribas le Chald6en;M. Fr6deric Macler qui 
les a public's dans le Journal asiatique, mai-juin 1903, p. 491, y voyait 
des fragments d'une ancienne chronique, mais M. Chabot a montre 
dans le merae Journal, mars-avril 1903, p. 251, que ces extraits avaient 
ete tire's par un compilateur mod erne du ms. en carschouni de Lon- 
dres, Orient. 4402. 



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198 HISTOIRE GENfiRALE. 

Justin II a Tibere (565-588) ; Jean le Stylite, moine du 
couvent de Litarba (VIP siecle), qui redigea un com- 
put des annees; Gouria, auteur d'une chronique s'e- 
tendant de Justinien a Heraclius; Ignace de Melitene, 
mort en 1094, qui composa une chronique abregee, 
commenQant a Constantin; Jean de Kaisoum, mort en 
1171, dont Michel cite la Chronique. 

Barhebraeus (f 1286) est Tauteur de deux chroni- 
ques : le Chronicon syriacum et le Chronicon eccle- 
siasticum, dans lesquels il a resume Thistoire univer- 
sale depuis la Creation jusqu'a son epoque. 

La premiere chronique est consacr^e a l'histoire 
profane. L'auteur nous avertit, dans sa preface, qu'il a 
comble les lacunes des livres anterieurs, personne 
n'ayant ecrit sur ce sujet depuis le patriarche Michel 
qui redigea sa chronique quatre-vingts ans avant lui. 
En realite, le Chronicon syriacum est un abreg£ de la - 
Chronique de Michel le Syrien; pour la partie poste- 
rieure a Michel, Barhebraeus a compulse les documents 
syriaques, arabes et persans, reunis dans la biblio- 
theque de Maraga, ville de l'Adherbaidjan. En 1789, 
Bruns et Kirsch ont imprime une premiere Edition du 
Chronicon syriacum avec une traduction latine ; le texte 
et la traduction sont egalement incorrects *. En 1890, 
M. Bedjan a donne du texte syriaque une seconde 
edition beaucoup meilleure 2 . Pendant les derniers 
temps de sa vie, Barhebraeus fit une recension arabe 
de sa premiere chronique sous le titre ftHistoire 



1. Bar-Hebraei Chronicon syriacum, Leipzig, 1789 (texte syriaque), 
et Gregorii sive Bar-Hcbrsei Chronicon syriacum, Leipzig, 1789 (tra- 
duction). 

2. Gregorii Barhebrsei Chronicon syriacum, Paris, 1890. M. Bedjan 
a utilise les travaux que Lorsbach, Arnold, Mayer et Bernstein ont pu- 
blics au sujet de l'6djtion de Bruns etKmscn. Bernstein avaitcollationne 
les ms. du Vatican et de la Bodlcienne en vue d'une nouvelle edition. 



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■ 



HISTOIRE GENERALE. 199 

abregee des dynasties, qu'il enrichit de nouvelles 
notices empruntees a la litterature musulmane. Cette 
recension a ete publiee une premiere fois par Pbcock, 
en 1663, a Oxford, avec une traduction latine, et une 
seconde fois par le P. Salhani, en 1890, a Beyrouth, 
sans traduction, mais avec un index des noms propres 
et une concordance des annees de l'Hegire et de Tere 
chretienne. 

Le ms. 167 de la Bodleienne d'Oxford, qui a la pre- 
miere partie du Chronicon syriacum, ajoute, comme 
complement de cet ouvrage, trois autres textes histori- 
ques : le premier, intitule Expedition des Huns, des 
Per sans et des Mongols dans la province de Diar- 
bekir, va de 1394 a 1402]; le second, intitule Ravages 
de Timour-Khan dans le Tour-Abdin> comprend 
les annees 1395-1403 ; et le troisieme, un fragment de 
chronique, renferme des recits concernant les annees 
1394-1493. Bruns les a edites, sous le titre & Appen- 
dix ad Chr. Bar-Hebrsei dans le Repertorium fur 
bibl. und morg. Litteratur de Paulus, Iena, 1790, I, 
p. 1-116. Behn&ch a reedite le troisieme texte en 1838 i . 

Le Chronicon ecclesiasticum est divise en deux par- 
ties. La premiere partie, commengant a Aaron, est tres 
concise jusqu'a l'ere chretienne. L'histoire de l'Eglise 
syrienne occidentale et des patriarches d'Antioche y 
est traitee par Barhebraeus jusqu'en 1285; un auteur 
anonyme l'a continuee jusqu'en 1495. La seconde par- 
tie, consacree a TEglise syrienne orientale, renferme 
Thistoire des maphriens Jacobites 2 et des patriarches 
nestoriens. Barhebraeus Tavait achevee Fannee m6me 

1. Rerum sseculo quinto decimo in Mesopotamia gestarum librum e 
codice bibliothecss Bodleianw syriace edidit et interpretatione latina 
illustravit D r Ottomar Behnsch, Breslau, 1838. 

2. On appelait maphriens les eveques qui avaient cure des interets 
des Jacobiles 6tablis dans les provinces orientales. Les maphriens 



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200 HISTOIRE GfiNfiRALE. 

de sa mort, 1286; elle a ete continuee jusqu'en 1288 
par Barsauma, le fr&re de Barhebraeus, et jusqu'en 
1496 par un anonyme. Le Chronicon ecclesiasticum, 
auquel Assemani s'est souvent refere dans sa Biblio- 
theca orientalis, a ete edite avec une traduction 
latine par MM. Abbeloos et Lamy K . Les editeurs ont 
contr61e les donnees de BarhebraBus a l'aide de la 
Chronique d'Elias de Nisibe, que nous citerons plus 
loin. 

Une des sources de Barhebraeus pour la seconde 
partie du Chronicon ecclesiasticum, c'etait le Livre de 
la tour, ecrit par Mari ibn Soleiman, un auteur nes- 
torien du XH e siecle, et dont nous devons parler ici 
quoiqu'il soit ecrit en arabe. Le Livre de la tour de 
Mari est conserve dans deux manuscrits arabes du Va- 
tican, 108 et 109, et dans un ms. de la Bibliotheque 
nationale, arabe 190. II est divise en deux parties : 
Tune est theologique et dogmatique ; l'autre, theolo- 
gique et historique, renferme une histoire concise des 
patriarches nestoriens, qui finit avec fibedjesu bar 
Mouki de Mossoul (f 1147), mais qui a.6t6 continue 
jusqu'en 1317. Saliba ibn Yohannade Mossoul et Amr 
ibn Matta de Tirhan, qui vivaient dans la premiere 
moitie du XIV siecle, firent, chacun de son c6te, une 
recension abr£gee du Livre de la tour qui presente le 
m&me texte, avec cette difference que Saliba donne des 
additions qui manquent a Amr. On ne sait pas encore 
quel est celui des deux qui a copie l'autre ; il est pos- 
sible que ce soit Amr, lequel aura supprime les addi- 

furent installs d'abord a Tagrit, au sud de Mossoul, etensuite au nord 
de cette ville, dans le couvent de Mar Mattai. Barbebreus e" tait lui-meme 
maphrien de l'Orient. 

1. Gregorii Barhebrsei Chronicon ecclesiasticum, I-III, Louvain, 1872- 
1877. Overbeck avait imprim6 le commencement de la seconde partie 
dans S. Ephreemi syri... opera selecta, Oxford, 1865, p. 414-423. 



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HISTOIRE GENfiRALE. 201 

tions de Saliba. La recension de Saliba est contenue 
dans le ms. du Vatican 41 (provenant de la Biblio- 
theque des Neophytes) et, incomplete, dans le ms. K. 
VI, vol. 14, du Musee Borgia (aujourd'hui au Vatican). 
Celle d'Amr nous est parvenue dans le ms. arabe 110 du 
Vatican, qui semble 6tre un autographe A . Le P. Gis- 
mondi a publie, en 1896-1899, la section du Livre de 
la tour relative aux patriarches nestoriens. La recen- 
sion d'Amr etde Sliba, qui est parfois plus developpee 
que l'oeuvre originale et presente une redaction diffe- 
rente, a ete publi£e in ex tens o 2 . 

La chronique qu'Elias bar Schinaya, metropolitain 
de Nisibe, ecrivit en 1008, ne nous est parvenue que 
dans le ms. Add. 7197 du Musee britannique 3 . Ce ma-* 
nuscrit, decrit dans le catalogue de Rosen, p. 86-90, 
est contemporain de Fauteur, mais ce n'est pas, comme 
on Tavait pense, un autographe d'Elias; de la main de 
celui-ci il n'y a probablement que la partie ancienne du 
texte arabe 4 . Les pages sont divisees en deux colonnes, 
dont la premiere contient le texte syriaque, et la se- 
conde, en regard, la version arabe faite en grande 
partie par Elias lui-m&me. Cet ouvrage commence par 
plusieurs tables chronologiques, suivies de la liste des 
papes jusqu'au concile de Chalcedoine 5 , de la liste des 
patriarches d'Alexandrie jusqu'a la m6me epoque, des 

1. Le ms. 687 du Vat. contient une partie du texte, analogue au ms. 
410. Sur les ms. de la Bibliotheque nationale de Paris, voir Catal. de 
Slane, n°« 190, 191, 192; sur un ms. incomplet a Berlin, voir Catal. Sa- 
chauy n° 116, p. 407; sur un ms. e^galement incomplet a Cambridge, 
voir Catal. Wright and Cook, Add. 3293, p. 965. 

2. Maris Amri et Slibae de Patriarchis Neitorianorum commen- 
taria, Rome; pars prior, Maris textus et versio latina, 1899; pars 
altera, Amri et Slibse textus, 1896; versio latina, 1897. 

3. Le ms. de Berlin 102 (Sachau 108), fol. 144-147, renferme un extrait 
<ie cette chronique, voir Catal. Sachau, p. 359. 

4. Wright, Syriac Literature, 2° 6d., p. 236, note 6. 

5. Elle a 6t6 inseree dans l'6d. Abbeloos et Lamy du Chron. eccl. de 
BaRHEBRjEUS, 1. 1, p. 37-38. 



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202 HIST01RE GEiNERALE. 

listes des differentes dynasties \ et du catalogue des 
patriarches nestoriens jusqu'a Jean V (f 905). La chro- 
nique proprement dite comprend les ev^nements de 
TOrient de Tan 25 a Tan 1018 de Tere chretienne. Mal- 
heureusement le manuscrit est incomplet, surtout pour 
la periode anterieure a l'lslam ; pour la periode sui- 
vante, il manque les annees 169-264 et 361-384 de l'He- 
gire. Cette chronique est surtout precieuse parce qu'elle 
indique, sous chaque paragrapke, les sources ou filias 
a puise ses notices ; elle nous fait connaitre les titres 
d'un certain nombre d'oeuvres kistoriques aujourd'hui 
perdues. Comme il arrive dans les compilations de ce 
genre, le m6me £venement est parfois rapport^ sous 
plusieurs annees, d'apres des documents differents 2 . 
M. Lamy a public la portion qui vajusqu'a la conquSte 
musulmane 3 . La suite avait 6te editee auparavant par 
Baethgen 4 . 

M. Rahmani a commence l'edition d'une chronique 
divisee en deux parties : la premiere partie s'6tend des 
origines du monde a Constantin; la seconde, de Cons- 
tantin au commencement du XIII 6 siecle. L'auteur l'a 
ecrite en Mesopotamie, peut-etre a Edesse. Le fasci- 
cule qui a paru r^cemment comprend la periode qui va 
de la cr6ation a la conqu6te musulmane s . Ce fascicule 
renferme une interessante description de la ville d'E- 
desse et de ses edifices. 

Paul de Lagarde a imprime, dans Prsetermissorum 

1. M. Lamy a publie la liste des rois Sassanides dans Elie de Nisibe, 
sa chronologic, Bruxelles, 1888, p. 28 (texte syr., p. 41). 

2. Noeldeke, Litterarisches Centralblatt, 12 juillet 1884, p. 980. 

3. Elie de Nisibe, sa chronologie, Bruxelles, 1888, avec une traduction 
francaise. 

. Fragmente syrischer und arabischer Historiker, Leipzig, 1884, avec 
une traduction allemande. 

5. Chronicon civile et ecclesiasticum anonymi auctoris quod ex unico 
^codice Edesseno primo edidit Ignatius Ephr^m II Rahmani, Mont Liban, 
1004. 



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HISTOIRE GENERALE. 203 

libri duo, p. 90-93, des extraits d'une br&ve chronolo- 
gie d'Ebedjesu, metropolitain de Nisibe (f 1318). Ces 
extraits vont jusqu'au patriarche nestorien Jesu bar 
Noun (f 827). 

Nous citerons encore ici, quoique n'appartenant pas 
a Thistoire proprement dite, la Chronologie que Si- 
meon de Schanklava ecrivit a la fin du XII e siecle, a 
lademande de son eleve, Jean bar Zoubi. C'est un ca- 
lendrier et une explication des differentes eres, par 
demandes et reponses. Ce traite a £te analyse et en 
partie traduit par M. Friedrich Mueller qui a imprime 
quelques extraits du texte syriaque *. Le ms. Add. 
17156 du Musee britannique contient trois lettres sur 
la chronologie adressees par Severe Sebokt au perio- 
deute Basile en Chypre. , 

Toutes ces chroniques temoignent de la place impor- 
tante que Thistoire ecclesiastique et profane occupe 
dans la literature syriaque. Cette place nous apparai- 
trait encore plus grande, si toutes les oeuvres histo- 
riques des Syriens s'etaient conservees ; malheureuse- 
ment un certain nombre a disparu, dont nous ne 
connaissons que le titre ou le nom de leur auteur cites 
par des ecrivains posterieurs. Michel le Syrien nous a 
transmis quelques noms 2 . Elias de Nisibe, (ferns sa 
chronique mentionnee plus haut, cite : Alahazeka 
(VII s.?); Mika (m6me epoque); Barsahde (vers 735); 
Cyprien de Nisibe (mort en 767) ; Pethion (VIII s.?) 3 ; 
Daniel fils de Mo'ise (VHP's.); Jesudenah, ev&que de 

1. Die Chron6logie des Simeon Schanqldwdjd, Leipzig, 1889. Un ex- 
trait se trouve aussi dans la Chcestomathie, iatitulee Le petit livre des 
miettes, |LoL?a» paafio, p. 223, Ourmia, 1898. 

2. Voir ci-dessus, p. 197. 

3. Bsethgen croyait qu'il s'agissait du patriarche nestorien Pethion, 
mort en 740; mais, commele re marque Wright, les notices mises sous 
le nom de Pdthion se rapportent aux annexes 765 et 768. 



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204 HISTOIRE GfcN&tALE. 

Bassora (fin du VlII e s. 4 ); HenanjSsu, ev&jue de Hira 
(vers 900) ; Aaron (m&me epoque) ; Elias d'Anbar (vers 
922) ; Simeon, diacre Jacobite (vers 950) ; et des chro- 
niques anonymes des patriarches Jacobites, des pa- 
triarches nestoriens et des metropolitans de Nisibe. 
Ebedjesu, dans son catalogue 2 , mentionne encore 
parmi les Nestoriens : Barhadbeschaba, disciple de 
Hannana k FEcole de Nisibe et ensuite 6v6que de Hol- 
van (VH e s.) 3 ; J6suzeka appel6 aussi Zekaj6su ou 
Meschihazeka (m£me Epoque) 4 ; Daniel bar Maryam 
(vers 650) 5 ; Jean de Beit-Garmai (vers 660) ; Elias de 
Merv (m6me epoque); Atken, moine du couvent 
d'Apnimaran (m6me epoque) 6 ; Theodore bar Koni 
(commencement du VII e siecle) ; Simeon de Kaschkar 
(vers 754) ; Salomon de Haditha (vers 760) ; Georges de 
Schouster (vers 770); Simeob de Karka (vers 800) 7 . 

Le Livre de la chastete dont nous parlerons sous le 
paragraphe suivant, mentionne l'histoire eccl£siastique 



1. Voirle paragraphe suivant, Histoires part icul tires. 

2. Assemani, B. O., Ill, part. I, 148-231. 

3. A. Mingana, Narsai doctor is syri Homilix et Carmina, I, p. 32-39, 
Mossoul, 1905, a public, d'apres un ms. en sa possession a Mossoul et 
un ms. de Seert, des passages de la Chronique de Barhadbeschaba con- 
cern ant les Ecoles d'Edesse, de Nisibe et de Seleucie. Cf. J.-B. Chabot, 
Journal asiatique, juillet-aout, 1905, p. 157. 

' 4. La chronique de Meschihazecha, que M. Mingana place au VI e siecle, 
un peu avant celle de Barhadbeschaba, ctaitadressee a un certain Pin- 
hes et se bornait a l'histoire de l'Adiabene. M. Mingana a eu sous les 
yeux un ms. de cette chronique : A. Mingana, Response a M. Vabbe Chabot 
a propos de la Chronique de Barhadbeschaba (brochure qui n'est pas 
dans le commerce). 

5. Suivant Amr, 6d. Gismondi, pars II, p. 26 (trad. p. 15), l'histoire^ 
ecclesiastique de Daniel bar Maryam renfermait les Actes des martyrs 
de la Perse. Cet auteur ne peut etre la meme personne que Rabban 
Gabriel, dont il est question ci-dessus, p. 120. 

6. Voir sur cet historien YHistoire monastique de Thomas de Marga, 
ed. Budge, II, p. 186, 207 et 23*. 

7. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 230. Mais Wright, Syriac liter., 2« ed., 
p. 132, rapproche un Simeon Barkaya, auteur d'une chronique, selon 
Elias de Nisibe, et qui ecrivait a la fin du VI e siecle. II s'agit sans doute 
du mcme Simeon. 



jCXK 



HIST01RES PARTICULIERES. 206 

de Gregoire, metropolitain de Nisibe (fin du VI e s.). 
Barhebraeus, dans son Histoire des dynasties, cite 
Fhistoire de Theophile d'fidesse, qui etait maronite 
{f 785). BarBahloul, dans son lexique syriaque, se r£- 
fere a plusieurs reprises a la chronique de Honein 
(f 873). Le biographe de Moi'se bar Kepha (f 903) 
attribue k cet auteur une histoire ecclesiastique *. 

§ 2. — Histoires particulteres. 

Les ecrits syriaques qui traitent d'un point particu- 
lier de l'histoire ont presque tous un caractere religieux. 
Les Actes des martyrs et les Vies des saints ont fait Tob- 
jet du n° IX ci-dessus ; nous avons parle aussi sous ce 
n° de VHistoire de la ville de Beit-Slok; nous n'y 
reviendrons pas ici. Un certain nombre de recits his- 
toriques concernent les couvents nestoriens les plus 
celebres;les auteurs Jacobites semblent s'&tre moins 
preoccupes de l'histoire de leurs couvents. Mais la 
malechance des manuscrits nestoriens nous fait regret- 
ter la perte de plusieurs histoires monastiques. Celles 
de Jesudenah et de Thomas de Marga ont seules vu le 
jour jusqu'ici. 

On doit a M. Tabbe Chabot Tedition du Livre de la 
chastete 2 de Jesudenah, evGque deBassora, qui vivaita 
lafindu VlII e siecle. Ce livre se compose de centquarante 
notices sur les fondateurs des monasteres orientaux; 



i. Assemani, B. 0., II, 218. Sur une histoire ecclesiastique attribute au 
pat ri arc he nestorien Sabrjesu I, voir Gdidi, Zeitschr. der deut. morg. 
Gesell., t. XL, 559. 

2. Le livre de la Chastete" compose" par Jteudenah, evtque de Bacrah, 
public et traduit par J.-B. Chabot, Rome, 4896. 11 a ete" r66dite par 
P. Bedjan sous le litre de Historia fundatorum monaster iorum a la 
suite du Liber superiorum seu historia monastica auctore Thoma, epi- 
scopo Margensi, Paris et Leipzig, 190!, p. 437 et suiv. 

12 



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206 IIISTOIRES PARTICULlfiRES. 

jious y reviendroris sous le n° suivant consacre a La 
litter ature ascHique. Ces notices etaient tirees du Pa- 
radis des Orientaux de Joseph Hazzaya (voir ci-des- 
sus, p. 145), a en juger par un passage de Bar Bahloul 
sur Sahdona * ; elles forment un recueil utile a con- 
suiter pour Thistoire de TEglise nestorienne et la geo- 
graphic de la M^sopotamie et la Babylonie. 

L'histoire monastique de Thomas de Marga, beau- 
coup plus developpee, porte le titre de Livre des supe- 
rieurs. Elle etait connue par la Bibliotheca orientalis 
d'Assemani qui en contient une analyse 2 ; M. Budge 
l'a publiee avec une traduction anglaise et une intro- 
duction tres documentee qui ajoute a la valeur de son 
edition 3 . Thomas etait entre en 832 comme moine dans 
le couvent de Beit- Abe (pres de Marga), dont il de- 
vint bientdt le directeur. Mar Abraham, qui fut patriar- 
che des Nestoriens de 837 a 850, le prit pour son secre- 
taire; il le nomma ensuite evSque de Marga et, 
quelques annees apres, metropolitain de la province de 
Beit-Garmai. C'est a la demande du moine Ebedj^su 
et d'autres moines du couvent de Beit-Abe que Tho- 
mas ecrivit en 840 l'histoire de ce couvent. Cette 
histoire n'est pas seulement celle du couvent de Beit- 
Abe ;Thomas y a insere le r^cit de la vie de Maranam- 
meh, ev6que d'Adiabene (avec une longue homelie me- 
trique qu'il avait composee en Thonneur de cet evfique), 



1. Comme le remarque M. H. Goussen, Martyrius-Sahdona's Lebenund 
Werke, Leipzig, 1897, p. 13^ note 1. 

2. T. Ill, part. I, 464-501. 

3. The book of governors : The historia monastica of Thomas bishop 
of Marga A. D. 840> Londres, 1893; vol. I, texte syriaque et introduc- 
tion ; vol. II, traduction anglaise. L'introduction contient des extraits 
des lettres du patriarche nestorien Jesuyablll, interessantes pour This- 
toire de l'Eglise nestorienne au VII e siecle. Elle a ete rgeditee par P. 
Bedjan, sous le titre de Liber superiorum seu historia monastica auc- 
tore Thoma episcopo Margensi, Paris et Leipzig, 1901. 



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HISTOIRES PARTICULIERES. 207 

de Babai et de plusieurs moines celebres du Grand 
Couvent du mont Izla. « Cette ceuvre, dit M. Budge 1 , 
est une histoire du monaehisme et de Tascetisme des 
Nestoriens des contrees orientales du Tigre pendant 
pres de trois siecles ; elle fournit un precieux supple- 
ment a rhistoire de 1'Eglise nestorienne pendant 
une periode de son existence qui est peu connue. Elle 
fait connaltre avec quelque longueur a quelles occasions 
l'l^glise nestorienne entra en contact ou en conflit avec 
les rois de Perse, et jette quelque nouveau jour sur les 
evenements contemporains. La dispersion des moines 
du mont Izla, la deputation du patriarche nestorien a 
Heraclius, l'apostasie de Sahdona, la stagnation de 
l'Eglise nestorienne au VIP siecle, la fondation de 
soixante ecoles et Introduction de la musique eccle- 
siastique a Marga, la conversion au christianisme des 
peuples des regions orientales et m^ridionales de la 
mer Caspienne, les missions de la propagande nesto- 
rienne dans VArabie du sud, en Perse et en Chine, la 
decadence de Tempire perse et la grandeur de la puis- 
sance arabe, etc., y sont exposees avec beaucoup de 
clart6. » 

Un des couvents nestoriens les plus celebres, c'^tait 
le monastere de Rabban Hormizd qui existe encore 
aujourd'hui a Alkosch, au nord de Mossoul. La biblio- 
th6que de ce couvent renferme une histoire en prose de 
sa fondation, redigee par Simon, qui etait le disciple 
de Mar Yozadak, un ami de Rabban Hormizd 2 . Rab- 

1. Preface de son ed., t. I, p. xi. 

2. Cette histoire a 6t6 publi^e par A. Wallis Budge avec l'histoire en 
vers de sept syllabes de Rabban Bar-Edta dans Luzac's Semitic text and 
translation series, vol. IX-XI, Londres, 1902 : The Histories of Rabban 
Hormizd the per sian and Rabban Bar-Edta, the syriac texts; II, part II, 
english translations. Ibid., ll,part II, M. Budge a donn^une traduction 
anglaise de la vie en vers d'Hormizd qu'il avait publiee dans les Semi- 
tische Studien : A. Wallis Budge, The life of Rabban Hormizd, Berlin, 



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308 HISTOIRES PARTICULIERES. 

ban Hormizd, le fondateur du monasters qui porte son 
nom, etait ne dans la premiere moitie du VII e si&cle. 

La m6me bibliotheque possede encore un poeme, tire 
de Phistoire en prose, et dont nous avons parle plus 
haut, p. 22. Une autre po6sie a ete compos6e en 1'hon- 
neur de Rabban Hormizd par Immanuel, ev6que de 
Beit-Gar mai (f 1080) ; elle a 6t6 publiee par le P. Car- 
dahi [Liber thesauri de arte poetica Syrorum, p. 142) 
et traduite en allemand par M. Hoffmann (Auszuge aus 
syr. Akten pers. Marty re/yp. 19). C'est une grossiere 
falsification de Phistoire de la fondation du couvent de 
Rabban Hormizd (Hoffmann, /. c, p. 180). Un pane- 
gyrique de Rabban Hormizd, de basse epoque et insi- 
gnifiant, a pour auteur un certain Adam d'Akra. II est 
en vers rimes; il a 6t6 edite par le P. Cardahi (I. c, 
p. 102). 

Nous mentionnerons ici les Statute de VEcole de Ni- 
sibe qui ont ete publies par M. Guidi * , et qui ont per- 
mis a M. Chabot d'ecrire un tres interessant chapitre 
de l'histoire de la culture intellectuelle et de la vie 
monastique chez les Nestoriens au V e et au Vl e si&cles 
de notre ere 2 . 

Un recit fabuleux de la vie de Nestorius, ecrit par un 
jacobite, a6te public par M. Emile Goeller dans Oriens 
christianus, 1901, p. 276-287. 

M. l'abj)6 Nau a publie et traduit en frangais, dans le 
Journal asiatique,)an\.-ievr. 1903, p. 5(texte syriaque), 

1894. Cf.BAUMSTARK, Rdmische Quartalschrift, 1901, p. 115; Giamil, Oriens 

christianus, 1901, p. 62. 
1. Gdidi, Gli statuti delta scuoladi Nisibi dans le Giornale delta So- 

ciela asiatica italiana, vol. IV, p. 165-195; Traduction allemande par 

Nestle, Zeitschr. f. Kirchengeschichte, 1897, p. 211. Traduction anglaise 
\j par Frakcis Albert, Catholic University Bulletin, avril 1906, p. 160 et 

suiv. 
\y 2. J.-B. Chabot, Vicole de Nisibe> son histoire, ses statu ts, dans le 

Journal de la SociHe asiatique, juiilet-aout 1896, 9 e serie, t. VIII, p. 43 et 

suiv. 



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HISTOIRES PARTICULIERES. 209 

et mars-avril 1903, p. 241 (traduction), YHistoire de 
Dioscore, patriarche d'Alexandrie, ecrite par son dis- 
ciple Theopiste. Cette histoire a probablement ete 
traduite du grec en syriaque; elle semble rentrer 
d$ns le groupe des publications sur les saints de 
TEglise monophysite dont nous avons parle ci-dessus, 
p. 150. 

Les vies des patriarches nestoriens Mar Aba I, 
Sabrj^su, Denha et Yaballaha III, ont ete publiees 
par M. Bedjan [Histoire de Mar-Jabalaha, de trois 
autres patriarches, etc., Paris, 1895). 

Le patriarche Mar Aba I (540-552) etait n£ dans la 
religion de Zoroastre ; il re$ut le baptAme a Hira, etu- 
dia a l'6cole de Nisibe, puis se rendit a fedesse, oil son 
eleve Thomas lui enseigna le grec. Apres avoir visits 
Constantinople, Mar Aba retourna a Nisibe, oil il se fit 
connaltre comme un professeur distingu£. filu pa- 
triarche en 540, il ouvrit une ecole a S&eucie. Ses con- 
troverses avec les mages lui attirerent des persecutions ; 
il passa plusieurs ann^es de sa vie en prison et il fut 
exile dans l'Adherbeidjan par Chosroes Anoschirwan. 
Selon ses Actes publies par M. Bedjan {Op. cit., 
p. 206), le patriarche recouvra ensuite la liberty et 
il mourut en paix sur son siege. Barhebraeus l , au 
contraire, fait mourir Mar Aba en prison, oil il avait 
ete jete a son retour a Seieucie. On attribue a Mar 
Aba une version de TAncien Testament (ci-dessus, 
p. 53); il ecrivit des commentaires (ci-dessus, p. 72); 
des canons ecclesiastiques et des lettres synodales (ci- 
dessus, p. 165); un traite sur les empGchements au 
mariage (ci-dessus. p. 175); des hymnes et des home- 



4. Chron. eccL, 1 05. Cf. J. Labourt, Le christianisme dans Vempire 
perse, Paris, 490t p. 190 et note 5 de la page 190. 

1*. 



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210 HISTOIRES PARTICULIEREvS. 

lies*. 11 traduisit en syriaque laliturgie de Nestorius. 
Sabrjesu, dont les Actes ont ete ecrits par le moine 
Patros (Pierre), etait ev6que de Laschom en 596, quand 
il fut nomme patriarche a Finstigation de Chosroes II, 
ou Chosroes Parvez, dont les sympathies lui etaient 
acquises. La narration de Patros met en relief les hau- 
tes vertus de ce patriarche qui avait men£ d'abord la 
vie ascetique et qui jouissait d'un grand credit aupres 
des Romains et des Perses en raison de ses cures mer- 
veilleuses ; elle signale la part importante que Sabrjesu, 
etant evSque de Laschom, prit a la conversion de No- 
man ibn al-Mondhir, roi des Arabes, a Hira. Selon 
Barhebraeus 2 , Sabrjesu accompagna Chosroes au siege 
de Dara et mourut dans cet endroit; les Actes sont 
muets sur ce point. En fait, le patriarche alia avec 
Chosroes au siege de Dara, mais il revint a Nisibe ou 
i\ mourut 3 . 

L'histoire du patriarche Denha (1265-1281) a ete 
ecrite en vers rimes par un de ses contemporains 
nomme Jean; mais l'auteur a passe sous silence plu- 
sieurs evenements de sa vie qui n'etaient pas a la 
louange du patriarche. Ce petit poeme a ete publie 
pour la premiere fois par M. Tabbe Chabot (Journal 
asiatique, 9 e serie, t. V, p. 110 et suiv.); il a ete reim- 
prime par le P. Bedjan dans Touvrage cit6 plus haut 
(Histoire de Mar-Jabalaha, etc., p. 332 et suiv.). 
La publication par M. Bedjan 4 , en 1888, de l'histoire 

1. Asbemani, B. 0., Ill, part. I, 7B. Une hymne est 6dit£e dans le Bre- 
vidrium Chaldaicum de Mossoul, p. 46, voir Bicrell, Conspectus rei Sy- 
rorum litt. % p. 37, note 8 ; une autre existe au Musee britannique, Add. 
17249, fol. 165 b ; comp. Maclean, East Syrian Daily Offices, p. 98 et 105, 

2. Chron. eccl., II, 407. 

3. voir la chronique e"dite"e par Guidi, Un nuovo testo siriaco..., tra- 
duction de Ngeldeke {Op. cit., ci-dessus, p. 193, note), p. 46 et 18; 
Thomas de Marga, livre I, chap, xxv; Elias de Nisibe dans la Chron. eccl. 
de BarhebrjEus, e^d. Abbeloos et Lamy, II, p. 108, note 2. 

4. Histoire de Mar Jab-Alaha, patriarche, et de Raban Sauma, Paris, 



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HISTOIRES PARTICULIERES. 211 

de Yaballaha III et de Rabban Sauma interessa vive- 
ment les orientalistes . Yaballaha qui, avant d'etre 
eleve a la dignite patriarcale, s'appelait Marcos, £tait 
originaire de la Chine et avait mene la vie religieuse 
avec son maitre Rabban Sauma aux environs de Pekin. 
Le disciple et le maitre, pris du desir de visiter les Lieux 
saints a Jerusalem, se mettent en route pour l'Occident. 
lis arriverent dans l'Adherbeidjan ou ils sejournerent 
deux ans, retenus par les troubles qui agitaient l'Orient. 
Marcos fut alors nomm£ metropolitain de la Chine, 
et Sauma visiteur general. A la mort du patriarche 
Denha, le clerge, afin de s'attirer la faveur des prin- 
ces mongols, designa Marcos pour succeder a Denha 
et le nouvel 61u occupa le siege patriarcal, sous le 
nom de Yaballaha III, de 1281 a 1317. Ce patriarche se 
trouva m616 aux ev^nements qui se deroulerent sous 
sept rois mongols; il prit part notamment aux nego- 
ciations que le roi Argoun entama avec les souverains 
de TEurope pour former une alliance contre les Arabes. 
Le r^cit du voyage de R. Sauma envoye en mission aux 
difterentes cours de l'Occident est des plus instructifs* 
La publication de M. Bedjan fut l'objet de plusieurs 
travaux qui en firent valoir l'importance pour l'histo- 
rien 1 . 



1888; relmprimge par le P. Bedjan, en 1895, dans l'ouvrage cite plus haut, 
Histoire de Mar-Jabalaha, de trots autres patriarches, etc, 

4. Nous en avons donne une analyse detaUlge daus le Journal asiat., 
4889, 8« s6rie, t. XIII, p. 313 et suiv., con: p. aussi Lamy, Bulletin de VA- 
cadimie royale de Belgique, 3 e s6r., XVII, 223; Van Hoonacker, le Mu- 
se"on, t. VIII, n° 2; Noeldeke, Litterar. Centralblatl, 4889, 842-844. En 
4895, M. l'abbe Chabot a publie une traduction francaise dans la 
Revue de VOrient latin, t. I et If, avec de nombreuses notes et deux 
appendices. M. Hemrich Hilgenfeld a propose" divers amen dements au 
texte syriaque, Textkritische Bemerkungen zur Tetchita dmar Jaba- 
laha..., I6na, 4894. M. Rudolf Hilgenfled a public le texte arabe de la 
vie de Yaballaha HI, d'apres la recension de Saliba du Livre de la tour, 
avec une traduction latine et des notes, Jabalahse III vita ex Slivse 
Mossulani libro, qui inscribitur Turris, desumpta, Leipzig, 1896. 



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2ft IIISTOIRES PARTICULIERES. 

M. Tabbe' Chabot a publie, d'apres un ms. syr. du 
couvent des Chaldeens a S6ert, une traduction de la 
Vie de Joseph Bousnaya, ecrite par Jean bar Khal- 
doun *. Bousnaya etait un moine du couvent de Rabban 
Hormizd; il mourut en 979. Ce livre de Bar Khaldoun, 
tres etendu, renferme des anecdotes sur la vie asceti- 
que de Bousnaya et d'autres moines du couvent d'Hor- 
mizd ; il se termine par un traite sur la mystique. 

Thomas de Marga, dans son Histoire, et Ebedjesu, 
dans son Catalogue, citent des ouvrages sur la vie 
monastique qui ne nous sont pas parvenus : 

Abraham de Kaschkar 2 (milieu du VI e s.) est donne 
corame l'auteur d'un traits sur la vie monastique, 
qui fut traduit en persan par son disciple, Jean le 
moine 3 . 

Mar Babai, abbe du monastere d'lzla (569-628), com- 
posa le Livre de Vabbe Marc et des discours sur Ter- 
mite Mathieu, sur Abraham de Nisibe et sur Gabriel 
de Katar. Ses autres oeuvres sont : une histoire du 
martyr Georges (voir ci-dessus, p. 135) ; La cause des 
Hosannas; Le livre de V union sur les deux natures du 
Christ 4 ; un commentaire sur les Centuries d'fivagrius ; 
une histoire des partisans de Diodore ; un livre sur la 
f£te de la sainte Croix ; des hymnes sur les tetes de 

\. Vie du moine Rabban Bousnaya, ecrite par son disciple Jean 
Bar-Kaldoun, traduite du syriaque et annotee par J.-B. Chabot dans la 
Bevuejde I'Orient Chretien, 1897-1899. Comp. Assemani, B. 0., III, part. 
I, 265; Chabot, Revue semitique, 1896, p. 252. 

2. Cet Abraham doit etre distingue* d'Abraham, le fondateur du grand 
couvent du mont Izla, qui 6tait 6galement de Kaschkar et qui 6crivit des 
regies pour les moines, voir ci-dessus, p. 168-169. 

3. Appele" a tort Job par Mari, ed. Gismohdi, part. I, p. 52. 

4. Le Livre de Vunion est annonce" com me devant paraitre dans le 
Corpus scriptorum christian, oriental, par les soins de J. Labourt. Des 
extraits se trouvent dans la chrestomathie intituled Le petit livre des 
miettes, JLoLy»» paj>to, Ourmia, 1898, p. 32 et 402. Cette chrestomathie 
donne aussi, p. 316, un extrait de la recension du Livre de Vunion, 
faite par un certain Simon. 



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HISTOIRES PARTICULIERES. 213 

l'annee { ; des regies pour les novices ; des canons pour 
les moines ; un commentaire des saintes Ecritures (voir 
ci-dessus, p. 73); des lettres adressees k Joseph 
Hazzaya. 

Sahdona, qui vivait au commencement du VII e siecle, 
ecrivit la biographie et Toraison funebre de Rabban 
Jacques, son mattre. La vie de Sahdona est conserve 
dans le Livre de la chastete, dont nous parlerons sous 
le n° suivant. 

La Vie de Bar Edta, le fondateur du couvent qui 
porte ce nom, a ete 6crite par Jean le moine. Origi- 
nate de Resapha sur l'Euphrate, Bar Edta 6tudia a 
Nisibe et mourut vers 612. Son biographe lui attribue 
une apologie qu'il composa pour le roi Chosroes. II ne 
doit pas 6tre confondu avec un autre Bar Edta, con- 
temporain de Sahdona 2 . 

Rabban Sergius (commencement du VII* s.) ecrivit 
une histoire des religieux du Beit-Garmai, a la de- 
mande de Rabban Jacques ; cette histoire 6taitintitulee 
Le destructeur des puissants. 

Rabban Sabrjesu, surnomme Rostam (vers 650), a 
laiss6 des biographies de Mar Jesuzeka du monastere 
de Gassa, de Mar Jesuyab, de Mar Abraham, abbe du 
couvent de Beit-Abe, de Rabban Kamjesu, d'Abraham 
de Nathpar, de Mar Job le Perse, de Rabban Sabrjesu 
l'ancien, le fondateur du couvent de Beit-Koke, de 
Rabban Joseph, abbe du m6me couvent, et de son frere 
Abraham. Ses autres livres sont : un grand ouvrage 

4. Une hymne attribute a Mar Baba! a 616 traduite par Maclean dans 
East Syrian Daily Offices, p. 400 et 886. 

2. Voir Heinricu Goussen, Martyrius-Sahdona's Leben und Werke, 
Leipzig, 4897, p. 43, note 4. M. Goussen signale les erreurs d'Asse'mani 
et de Wright, qui ont confondu ces deux personnages. La vie en prose 
par Jean le raoine a servi de base a la vie en vers ecrite par Abraham 
et 6dil6e par M. Budge, que nous avons mention nee ci-dessus p. 207, 
note 2. Cf. Addai Scher, Revue de VOrient chrUien, 4906, p. 43, n° XIV. 



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/ 



214 HIST01RES PAHTICULIERES. 

contre les heretiques et sur differents sujets ; un traite 
en huit livres sur Notre-Seigneur et les missions de ses 
Apdtres ; un livre sur la chastete et la vie ascStique. 

Aphnimaran (vers 660) a £crit lui aussi les vies de 
Rabban Joseph et de son frere Abraham ; en outre, des 
R&ponses, des traites sur la perfection et d'autres oeu- 
vres. 

Atken (vers 660) composa, outre des histoires eccle- 
siastiques (voir ci-dessus, p. 204), une controverse 
theologique, plusieurs lettres et un traits sur la vie 
monastique. 

Rabban Gabriel, surnomme Taureta, etait abbe du 
couvent de Beit-Ab6 au temps du patriarche nesto- 
rien Henanjesu I (686-701) ; il ecrivit, outre le recit des 
martyrs de la montagne de Berain (voir ci-dessus, 
p. 120), Thistoire de Mar Narsai, abbe du m&me cou- 
vent, et une hom&ie sur le jour de la Passion. 

Jean le moine ou Jean de Beit-Garmai (m&me epoque) 
laissa des Vies d' Abraham, le fondateur du Grand cou- 
vent de ce nom, de Bar Edta et de Mar Khodawai, le 
fondateur du couvent de Beit-Hale, pres de Mossoul*. 

Le moine Salomon bar Garaph (VIP s.) est l'auteur 
d'une histoire des anachoretes anterieurs k son epoque. 

David, 6v6que des Kartewaye (Kurdes), qui vivait au 
temps du patriarche Timothee (780-823), composa le 
Petit paradis (voir ci-dessus, p. 145). Dans ce livre 
se trouvait Thistoire des moines du couvent de Beit- 
Ab6 du VII e siecle. 

IS Histoire du moine Behira, dont le texte syriaque a 
ete publie par M. Richard Gottheil dans la Zeitschr. fur 
Assyriologie, 1899, X1I1, 189-242, se divise en trois 
parties : la premiere relate la rencontre de Behira et 

1. Des hymnes sont mises sous le nom de Jean le moine. Voir Mac- 
lean, East Syrian Daily Offices, Londres, 1894, p. 100 et 226. 



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HISTOIRES PARTICULIERES. . 215 

du moine Jesuyab, le soi-disant auteur du livre; la 
seconde, les entretiens de Mahomet avfec Behira qui 
fournit au Prophete des renseignements sur la religion 
qhretienne ; la troisieme se compose d'une serie de 
visions apocalyptiques stir les temps futurs de la do- 
mination arabe jusqu'a la seconde venue du Messie. 
Suivant Tediteur, cette histoire 16gendaire a du voir 
le jour dans une communaute syriaque de la Perse ; 
elle a ete composee a la fin du Xl e siecle ou au com- 
mencement du XII e , sauf la seconde partie qui est plus 
ancienne. 

Ajoutons encore : Histoire de sainte Marine, pu- 
bliee par M. F. Nau, Revue de V Orient chretien, VI, 
p. 276-290 et 354-378; Une version syriaque inedite 
de la vie de Schenoudi, par F. Nau, dans la Revue 
semilique, Paris, 1900; le texte syriaque de Vie et 
recits de V abbe Daniel le Scetiote, par F. Nau, dans la 
Revue deV Orient chretien 9 Paris, 1891; Vie de Mar 
Bischo'i dans les Acta martyr, etsanct. de P. Bedjan, 
HI, p. 572, et la Recension de deux recits de cette vie 
dans la Zeitschr. f. Assyriologie, XV, p. 103; enfin le 
Texte grec et syriaque de la vie de saint Malchus dans 
y saint Jerome et la vie du moine Malchus le captif, 
par P. van den Ven dans le Museoh, nouvelle s£rie, I, 
413; II, 208. 



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XIII 



LA LITTERATURE ASCETIQUE. 



La revue que nous avons pass£e sous le n° precedent 
des histoires monastiques, nous amene a parler des 
ecrits qui ont pour objet la vie religieuse. L'oeuvre la 
plus ancienne de ce genre, qui suivit de pres l'6tablis- 
sement du monachisme dans la Mesopotamie, est celle 
d'Aphraate, surnomme le Sage persan. Les vingt-trois 
Demonstrations, que cet auteur 6crivit entre les annees 
337 et 345 de notre ere, traitent, il est vrai, autant 
des questions th6ologiques que de la vie monastique ; 
elles ont pour objet la foi, la charite, le jeune,- la 
priere, la penitence, Fhumilite, la confiance, etc. La 
vie monastique est le sujet de la sixieme demonstration ; 
la septieme est consacree au clerge; d'autres, a la 
circoncision, a laP&que, a la resurrection et a la vie fu- 
ture ; quelques-unes des dernieres sont dirigees contre 
les Juifs ; la vingt-troisteme est intitulee Le grain de 
raisin, |N4^, par allusion a Isaie, xlv, 8. Les vingt- 
deux premieres sont classees suivant Tordre des vingt- 
deux lettres de Talphabet syriaque ; la vingt-troisieme 
a et6 ajoutee apres coup par l'auteur qui a divise son 
recueil en deux parties : la premiere partie comprend 
dix demonstrations ecrites en 337, et la seconde les 

LITTERATURE SYRIAQUE. 13 



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218 LA LITERATURE ASCfiTIQUE. 

treize autres ecrites en 344 et 345. Aphraate designe 
parfois ces trails sous le nom fthomelies, jpoL* ; les 
auteurs syriaques les appellent aussi epitres, parce 
que c'est sous la forme de lettres adressees a un cor- 
respondant qu'ils ont ete rediges. lis nous sont parve- 
nus dans trois manuscrits anciens (V e et VI e s.) du 
Musee britannique i . 

On sait peu de chose de la vie d'Aphraate ; a en ju- 
ger par .son ouvrage m£me, il etait ne dans le paga- 
nisme ; il se fit moine apres sa conversion et devint 
eveque; c'est en cette qualite qu'il apparait dans la 
lettre encyclique adressee au clerge de Seleucie et de 
Ctesiphon et qui fait l'objet de sa XIV e homelie. Dans 
le paragraphe xxv de cette homelie, Aphraate parle de 
Timposition des mains que plusieurs ont regue de Iui. 
On ignore dans quel endroit de la Perse 1'auteur ecri- 
vait ; c'6tait dans le couvent de Mar Mattai au nord de 
Mossoul, si Ton en croit un ms. dedate recente (1364), 
mais il est douteux que ce couvent existat deja a son 
epoque. Aphraate semble avoir pris le nom de Jacques 
en entrant dans les ordres ecclesiastiques ; ce nom se 

1, C'est d'apres ces ms. que Wright a public Yeditio princeps sous le 
titre de The homilies of Aphraates, Londres, 4869. M. Bickell a traduit 
en allemand huit de ces trait^s dans la Bibliothek der Kirchenweeter de 
Tallhofer, Kempten, 4874; M. Budge a traduit en anglais le premier dans 
son Edition des Discours de Philoxene, The discourses of Philoxenus, 
Londres, 1894, t. II, p. clxxv. Une traduction allemande de tout I'ou- 
vrage a 6te" imprimSe par M. Bert dans les Texte und Untersuchungen 
de Gebhardt et Harnagk, III, Leipzig, 1888. M. Graffin re" edite Aphraate 
dans sa Patrologia syriaca; le premier volume de cette patrologie, le 
seul paru jusqu'ici, renferme ces traite*s a l'exception du dernier; la 
traduction latine et l'introduction sont de Dom Parisot, Patrologia sy- 
riaca, I, Paris, 1894. Cf. Forget, De vita et scriptis Aphraatis, Louvain, 
1882; Sal. Funk, Die haggadischen Elemente in den Homelien des 
Aphraates, Vienne, 1891. 

11 existe de dix-neuf des home* lies d'Aphraate une version armCnienne 
qui a Cte" publiCe avec une traduction latine par Antonelli, Sancti 
Patris nostri Jacobi, episcopi Nisibeni, Sermones, etc., Rome, 1756 ; 
2« 6d., Vienne, 1765. La traduction latine a ete reimprimee par Andre 
Galland dans sa Bibliotheca veterum Patrum, V, Venise, 1788. 



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LA LITTfeATURE ASCETIQUE. 219 

trouve dans une clausule du ms. du Musee britannique 
date de 512 ; il a sans doute ete la cause de la confusion 
que Gennadius et la version armenienne ont faite de 
cet auteur avec Jacques, £veque de Nisibe, qui mourut 
en 338, anterieurement par consequent a la redaction 
des dernieres homelies. 

En t6te de ses homelies, Aphraate a reproduit la 
lettre de son correspondant, mais le commencement de 
cettelettre manque dans les manuscrits syriaques 4 . 

Aphraate possedait a fond les Ecritures et etait au 
courant de l'exegese juive et chretienne de l'Ancien 
Testament, comme on le voit par ses dernieres home- 
lies dirigees contre les Juifs. II vivait au milieu de la 
persecution de Sapor II, et il nous a transmis des 
dates certaines pour Thistoire de ces temps. Son style 
n'a pas la grace et Tel^gance des homelies de Phi- 
loxene ; la phrase est trop souvent couple par des cita- 
tions bibliques qui nuisent a Teffet des p^riodes. Les 
longueurs et les redites sont fatigantes sans que la 
pensee de Fauteur en soit plus claire. On sent, quand 
il parle des durs temps dans lesquels il vivait, une 
certaine gene et la crainte de compromettre ses coreli- 
gionnaires. Cependant son ouvrage se recommande a 
plusieurs titres ; c'est le type le plus ancien de l'homelie 
syriaque 2 , libre de toute influence grecque ; c'est aussi 

1. Dom Parisot a corncle" cette lacune, d'apres la version armenienne, 
dans la traduction latine de la Patrologia syriaca. Dans la version ar- 
menienne, ce correspondant est Gr^goire l'llluminateur, e" veque d'Arme"- 

. nie; notice evidemment inexacte, mais on peuten inferer que Gregoire 
etait le nom du correspondant d'Aphraate. 

2. L'homelie syriaque est designee sous le nom de memra, « discours », 
et n'a pas le m£me sens que l'homelie grecque ou latine; c'est une 
composition ou un petit traite sur un sujet particulier; on donnait 
aussi ce nom aux divisions d'un ouvrage etendu ; dans ce cas, il corres- 
pond a notre mot livre ou chapitre, L'homelie mCtrique formait un 
genre different (voir ci-dessus, p. 13 et suiv.). Malgrg son nom de dis- 
cours, l'homelie syriaque, soit en prose, soit en vers, n'appartient pas 
au genre oratoire, qui para It avoir etc" peu cultive chez les Syriens. 



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220 LA LITTfeRATURE ASCfiTlQUE. 

un guide stir pour l'etude de la syntaxe arameenne. 
D'un autre cdte, il nous met au courant des controver- 
ses du commencement du IV e siecle sur la metaphysi- 
que, la question pascale, le comput des annees depuis 
la creation, etc., des dissensions qui agitaient l'Eglise 
orientale, des prevarications et de la simonie du haut 
clerg6. 

Sous Tinfluence des idees platoniciennes relatives a 
la distinction de F&me animale ou vegetative et de l'&me 
spirituelle ou intellectuelle, Aphraate croyaitque TEs- 
prit-Saint qui habitait chez 1'homme apres le bapteme 
y demeurait jusqu'au peche du coupable ou jusqu'a la 
mort de l'innocent, puis retournait vers la divinity dont 
il emanait, tandis que Tesprit animal etait enterre avec 
le corps. Le celebre ascete Isaac de Ninive admettait 
aussi la distinction de l'&me et de l'esprit chez 
1'homme * ; mais Georges, ev6que Jacobite des Arabes, 
s'eleve contre la doctrine d'Aphraate, qu'il traite de 
grossiereetd'inepte, dans la lettre qu'il ecrivit, en 714, 
en reponse a diverses questions que le pr£tre reclus 
Jesu lui avait adressees au sujet de ces homilies 2 . 

Selon l'ancienne tradition fondee sur le Psaume 
xc, 4, Aphraate admettait que la duree du monde se- 
rait de six mille annees repondant aux six jours de la 
creation. Ses calculs des annees ecoulees depuis la 
creation jusqu'a. son epoque sont renferm^s dans les 

1. Voir J.-B. Chabot, De S. Isaaci Ninivitse vita, Louvain, 1892, p. 76; 
Braun, Moses barKepha, Fribourg en B., 189i, p. 42. , 

2. Cette lettre de Georges a ete imprimee par Paul de Lagarde dans 
ses Analecta syriaca, p. 108, et a 6t6 re6dit6e en partie par Wright, 
The homilies of Aphraates, p. 19 et suiv. Elle a £te traduite en alle- 
mand par Ryssel, Ein Brief Georgs, Bischofs der Araber, Gotha, 1883, 
et par GeorgBert, en tete de sa traduction des homilies d'Aphraate, 
dans les Texte und Untersuchungen de Gebbardt et Harnack, III, Leip- 
zig, 1888. Traduction partielle en anglais par Cowper, Syriac Miscellanies, 
Londres, 1861. Cf. aussi Ryssel, Georg's des Araberbischof Gedichte und 
Briefe t Leipzig, 1891. 



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LA LITTERATURE ASCSTIQUE. 221 

homelies II, XXI et XXIII. Les chiffres de la II e home- 
lie ne concordent pas toujours avec ceux de la XXl e , 
sans doute par suite d'erreurs de copiste; M. Sasse a 
propose les meilleures corrections pour concilier ces 
textes 4 . Dans sa lettre que nous avons eitee plus haut, 
Georges des Arabes, qui etait jaco&ite, rejette avec d6- 
dain les calculs d'Aphraate, bases sur la Peschitto, et 
prefere les donn^es des v Septante qui, pour l'epoque 
des patriarches bibliques, s'ecarte du texte hebreu. 
Elias de Nisibe, qui 6tait nestorien et ne reconnaissait 
que la Peschitto, accepte la chronologie de la XXIII 
homelie d'Aphraate 2 . Georges comptait 4901 ans depuis 
Adam jusqu'a l'fcre des Seleucides. Elias de Nisibe, 
conformement a Aphraate, admet seulement 3468 ans ; 
il ajoute : « Ce nombre ne concorde avec aucun des cal- 
culs faits pr^cedemment, mais il se rapproche de celui 
des Juifs, parce qu'il est tire du livre qu'ils possedent 
(l'Ancien Testament) ; mais le livre des Juifs n'est pas 
exact (c'est-a-dire a et6 altere), comme je Fai montre 
dans un autre endroit. » 

A la difference des homelies d'Aphraate, les treize 
homelies de Philoxene de Mabboug ont uniquement 
pour objet la vie du parfait chretien ; elles forment un 
traite de morale religieuse et aussi un corps de regies 
sur Tascetisme. On n'y trouve aucune allusion aux con- 
troverses dogmatiques, auxquelles cet ev^que pritpart 
avec tant d'ardeur. Le titre actuel de l'ouvrage est 
ainsi congu : « Traites sur la rectitude des moeurs, 
composes par le bienheureux Mar Philoxene, eveque 
de Mabboug, qui y enseigna le cours entier de la dis- 
cipline ; comment on commence a devenir le disciple 

i. Prolegomena in Aphr. Sermones homeliticos, Leipzig, 1879. 
2. Voir le passage de la Chronique de cet auteur imprime" dans Wright, 
The homilies of Aphraates, p. 38. 



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222 LA LITERATURE ASCfiTIQUE. 

du Christ ; par quelles regies et conduites on se forme 
pour arriver a l'amour spirituel ; comment nait la per- 
fection qui nous rend semblables au Christ selon la 
parole del'ap6tre Paul. » M. Budge, a qui Ton doit la 
publication de ces homelies 4 , a remarque que les cita- 
tions bibliques sont faites d'apres la Peschitto; il en 
conclut que Philoxene a du composer cet ouvrageavant 
Tedition de la version Philox^nienne (508) et peu de 
temps apres son elevation au siege episcopal de Mab- 
boug (485). 

La premiere homelie sert de prologue au livre ; les 
douze autres traitent de la foi, de la simplicity, de la 
crainte de Dieu, de la pauvrete\ des desifs de la chair, 
de Fabstinence et de la fornication. En 6crivant ces 
traites, l'auteur s'est certainement inspire des homelies 
d'Aphraate. Comme Aphraate, il disserte en premier 
lieu sur la foi, « le fondement de la religion » ; mais, 
c'est un point digne de remarque, il omet de parler de 
la priere, qui fait le sujet de la quatrieme homelie 
d'Aphraate. 

C'est surtout dans ce livre que Philoxene a deploye 
ses qualites de styliste que Jacques d'Edesse appr^ciait 
tant; ses periodes sont longues et harmonieuses, trop 
longues a notre gout, mais notre gout litteraire n'est 
pas celui des Orientaux, 

Jesudenah, dans le Livre de la chastete dont nous 
avons parle sous le n° precedent, p. 205, nous a trans- 
mis quelques notices sur les auteurs ascetiques de la 
Mesopotamie. Nous rSsumons ici ces notices en suivant 
Tordre dans lequel elles se trouvent dans ce livre : 

Mar Grdgoire, le Directeur, qui fit un livre sur la 
vie monastique. Ce Gregoire etait persan d'origine; il 

4. The Discourses of Philoxenus Bishop of Mabbogh, vol. I. The sy- 
riac text; vol. II, Introduction, translation, etc., Londres, 1894. 



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LA LITTMATURE ASCfiTIQUE. 223 

embrassa la vie monastique a la suite de visions ; il 
£tudia a 6desse sous la direction du docteur Moi'se ; 
il se rendit ensuite au mont Izla ou ii v6cut dans la 
solitude. Plus tard, Gregoire alia se fixer en Chypre; 
mais, sur la fin de ses jours, il revint au mont Izla 
ou il mourut. Nous savons par Assemani * que ce 
moine vivait dans la seconde moitie du IV siecle; 
il 6tait en relations avec Epiphane, evdque de Salamis 
en Chypre, et avec le moine Theodore ; il adressa a 
ceux-ci plusieurs traits s el des lettres. Ces trails 6taient 
vraisemblablement des chapitres de son ouvrage sur la 
vie monastique, qui ne nous est pas parvenu 2 . 

Mar Abraham le Grand, le prince des moines, qui 
fonda un couvent sur le mont Izla dans le voisinage 
de Nisibe. Iletablit des regies pour les moines (voir 
ci-dessus, p.168-169). 

Mar Babai le Grand, qui fonda une ecole et un 
monastere celebre dans le Beit-ZabdaL 11 <§crivit beau- 
coup de livres et de commentaires (voir ci-dessus, 
p. 212). 

Mar Yahb y I'anachorete, qui ecrwit sur Dieu et ses 
creatures. II est indique comme l'auteur de nombreux 
livres; il vivait a la fin du VI siecle ou au commence- 
ment du VH% car A il est plac£ aussit6t apres Mar Babai. 

Mar Abraham de Nathpar 3 , quiecrivit sur la vie 
monastique. II vivait vers le milieu du VI e siecle. 
Ebedj6su mentionne ses ceuvres dans son catalogue; 



1. B. O., Ill, part, I, 170. Le recit d'Assgmani differe sur quelques 
points de celui de J6sudenah. 

2. Cet ouvrage est mentionne dans le Catalogue d'Ebedjesu, B. 0., Ill, 
part. I, 191. 

3. Ce nom est 6crit aussi Naphtar, Assemani, B. 0., I, 463 ; ill, part. I, 
191; Ignatius Ephr£M II Rahmani, Studia syriaca, Mont Li ban, 1904, 
chap, viii, n°4, et adnotatio in cap. vm, p. 66. Beit-Nathpera ou 
Naphteria est donne comme le nom d'une ville de TAdiabene pres 
d'Arbeles. 



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224 LA L1TTERATURE ASCETIQUE. 

Ass^mani donne les titres de huit petits trails con- 
serves au Vatican 4 . Jean le moine avait traduit en 
persan les livres d'Abraham de Nathpar; il en existe 
une traduction arabe. 

Gregoire, metropolitain de Nisibe, qui a ecrit sur 
les devoirs de la vie monastique. Ce Gregoire etait 
originaire de Kaschkar;Jl professa a Arbeles, puis 
dans sa ville natale ou il fonda une £cole. Le Patriar- 
che Sabrjesu (596-604) le nomma metropolitain de Ni- 
sibe, mais il dut quitter cette ville parce qu'il avait 
excommunie Hannana d'Adiabene, et il revint mourir 
a Kaschkar. II fit des livres, ajoute Jesudenah, et une 
histoire ecclesiastique. 

Mar Georges, moine et martyr, qui fonda une icole 
a Baby lone et ecrivit sur la vie monastique et contre 
les heretiques. Sur la vie de ce martyr nestorien, voir 
ci-dessus, p. 135. 

Mar Schoubhalmaran 9 metropolitain de Karka de 
Beit-Slok, qui fit des livres sur la vie monastique. 
« Ce bienheureux vivait au temps de l'heretique Ga- 
briel, medecin du roi Chosroes (II) 2 , et 6tait metropo- 
litain de Karka de Beit-Slok. A cette epoque il n'y 
avait pas de patriarche 3 . II Ecrivit de nombreux ou- 
vrages sur la vie monastique. A cause des difficultes 
qu'il eut avec les habitants de Singar, le roi Chosroes 
le condamna a l'exil jusqu'a sa mort. » 

Aba Zinai qui fit des livres sur la vie monastique 
et fonda un monastere dans la montagne d'Adiabene. 

1. B. 0., I, 464; comp. Mai, Script, veter. nova collection V, 65. Une 
hymne attribute a Abraham de Nathpar est traduite dans Maclean, 
East Syrian Daily Offices, p. 100. 

2. Gabriel 6tait monophysite et excita le roi de Perse contre les Nes- 
toriens. 

3. C'est a partlr de 608 ou 609 que Chosroes II de*fendit aux Nestoriens 
d'elire un patriarche, Barbebr^eus, Chron. eccl. f II, p. 109; Noeldeke, 
Tabari, p. 358, note; Hoffmann, Auszuge aus syr. Akten, 116. 



• 



LA LITTERATURE ASCfiTIQUE. 225 

II vivait au temps de Babai bar Nesibnaye (commen- 
cement du VII s.). 

Mar Babai, le scribe, qui fit des livres sur la vie 
monastique (VI e s.) sur Babai, le scribe des grottes, 
voir Addai Scher dans la Revue de V Orient chretien, 
1906, p. 19, n°XVIiI. 

Mar Isaac, evSque de Ninive, qui abdiqua Vepisco- 
pat et fit des livres sur la vie monastique. « II fut cr£e 
ev&que de Ninive par le patriarche Mar Georges, dans 
le monastere de Beit-Abe. Apres avoir gouverne pen- 
dant cinq mois le dioc&se de Ninive, comme succes- 
seur de Tev^que Moi'se, il abdiqua pour des raisons que 
Dieu connait, et alia habiter dans la montagne. Le 
siege Episcopal demeura vacant pendant quelque 
temps ; puis Isaac eut pour successeur Mar Sabrjesu, 
qui lui-m£me abdiqua, vecut en anachorete au temps 
du catholicos Henanj£su, et mourut dans le monastere 
de Mar Schahin, dans le pays de Kardou. Isaac, apres 
avoir quitte le siege de Ninive, s'en alia dans la mon- 
tagne de Matout qui entoure le pays de Beit-Houzaye, 
et habita dans la solitude avec les anachoretes qui se 
trouvaient Ik. II vint ensuite au couvent de Rabban 
Schabour. II £tait tr&s applique a l'etude des livres 
saints, au point qu'il perdit la vue par suite de son ar- 
deur pour la lecture et de son abstinence. Isaac etait 
suffisamment vers6 dans la connaissance des divins 
mysteres ; il fit des ouvrages sur la vie spirituelle des 
moines. II £crivit trois propositions qui ne furent pas 
acceptees par beaucoup de gens. Daniel bar Touba- 
nita, evdque de Beit-Garmai, s'61eva contre lui a cause 
de ces propositions. Isaac quittala vie temporelle dans 
une profonde vieillesse et son corps fut depose dans le 
monast&re de Schabour. 11 etait de Beit-Kataraye, et 
je pense que la jalousie excita contre lui les moines, 

13. 



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226 LA LITERATURE ASC&TIQUE. 

comme elle les excita contre Joseph Hazzaya, Jean 
d'Apamee et Jean de Dalyata* ». 

Cette notice si precise sur le c&ebre £crivain asce- 
tique nous permet de rectifier, comme M. Chabot Fa 
d6ja fait 2 , la biographie 3 impudemment fausse qu'un 
auteur monophysite a mise en t6te de la version arabe 
des oeuvres d'Isaac de Ninive. Cet auteur fixe l'^poque 
d'Isaac au commencement du septieme mille du monde, 
c'est-a-dire au commencement du VI e siecle ; Jesudenah 
nous apprend qu'Isaac vivait k la fin du VII 6 siecle ; il 
a ete nomme ev£que parle patriarche Georges (660-680) . 
Au lieu ducouvent nestorien de Beit- Abe, ou Isaac etait 
moine, le r^dacteur de la biographie arabe indique le 
couvent jacobite de Mar Mattai, et au lieu de la mon- 
tagne de Matout et du couvent de Rabban Schabour, il 
indique, pour la retraite d'Isaac, le desert de Sc£t£ en 
figypte et le monastere jacobite de Notre-Dame des 
Syriens. Isaac de Ninive etait nestorien. Les trois 
propositions dont parle Jesudenah et qui souleverent 
de nombreuses contradictions, £taient sans doute con- 
formes a la doctrine de Hannana d'Adiab&ne qui se 
rapprochait du catholicisme. Les oeuvres que Ton at- 
tribue k cet ascete forment tout un catalogue; selon 
Ebedj6su, elles comprenaient sept volumes 4 . La ver- 

1. Cf. une notice analogue dans Ignatius Ephr^em II Rahmani, Studia 
syriaca, chap, vni, n° 1. 

2. Notes sur la literature syriaque dans la Revue simitique, 1896, 
p. 254. 

3. Edited par Asseiiani, B. 0., I, 445. 

4. Ass&mani, B. 0., Ill, part. I, i04; cinq volumes, suivant la notice 
des Studia syriaca mentionu£e ci-dessus, dans la note 1. Ass6mani en 
a donne une liste, B. 0., I, 446-460 ; M. Chabot en a donne une autre 
lisle plus complete avec Enumeration des ms. qui les renferment, De 
<S. Isaaci Ninivitse vita, scriptis et doctrina, Lou vain, 1892, 27-53. 
M. Chabot a public, a la fin de ce livre, trois discours d'Isaac de Ninive 
avec une traduction latine. Zingerle a edite deux autres discours dans 
Monumenta syriaca, Innsbruck, 1869, I, p. 97-101. La Chrestomathie . 
intituled Le petit livre des miettes, Ourmia, 1898, reproduit, p. 155- 



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LA LITTERATURE ASCETIQUE. 227 

sion arabe de ces oeuvres est divisee en quatre volu- 
mes; de cette version derive la version ethiopienne. 

Daniel bar Toubanita qui, selon Jesudenah, combattit 
la doctrine d'Isaac de Ninive, ecrivit eneffetun ouvrage 
intitule Solution des questions sur le cinquieme volume 
des oeuvres d'Isaac de Ninive, ainsi qu 1 Ebedjesu nous 
Tapprend*. Ce Daniel £tait ev£que de Tahal dans le 
Beit-Garmai ; Fepoque ou il vivait est peu certaine. 
Ebedjesu cite parmi les autres oeuvres de Daniel bar 
Toubanita, des oraisons funebres, des homelies metri- 
ques, des r£ponses sur des questions bibliques, des 
£nigmes et un Livre de fleurs, quisemble 6tre une an- 
thologie po&ique. 

Aba Joseph Hazzaya, appele aussi Ebedjesu. Jo- 
seph Hazzaya qui vivait au commencement du VII Ste- 
ele £tait persan d'origine. II avait &t6 fait prisonnier, 
sous le calife Omar, par les troupes envoy^es contre 
la ville de Nemrod, et vendu comme esclave a un Arabe 
de Singar. II passa ensuite aux mains d'un chr&ien, 
nomme Cyriacus, qui l'affranchit apres Tavoir converti. 
II se fit moine et devint directeur du monastere de Mar 
Basima dans le pays de Kardou, puis du monastere de 
Rabban Boktj£su dans les environs de la. ville de Zinai. 
« II ne cessait, ajoute Jesudenah, de composer des li- 
vres. II avait un frere germain qui s'appelait Ebedjesu. 
Celui-ci vint de la ville de Nemrod, regut le bapt£me 
et se fit moine. Des lors Joseph fit tous ses livres sous 
le nom de son frere Ebedjesu. Parce qu'il avait ecrit 
dans ses ouvrages quatre traites qui ne furent pas ap- 
prouves par les docteurs de l'Eglise, Mar Timoth^e 



167, sous le nom d'Isaac de Ninive, l'homelie sur l'amour de l'6tude 
d'Isaac d'Antioche; et, p. 851, une homelie sur la penitence, diflfe- 
rente de celle d'Isaac d'Antioche publiee par Bickell. 
1. Assemaw, B. 0., Ill, part. I, 174. 



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228 LA LITERATURE ASCETIQUE. 

tint un synode et l'anathematisa l'an 170 du regne des 
fils de Hischam, Ou Joseph Hazzaya avait-il puise sa 
doctrine ? On peut l'apprendre de son histoire ecrite 
par Mar Nestorius, evGque de Beit-Nouhadre. Je pense 
que le patriarche agit ainsi par jalousie ; Dieu sait la 
verite. » Cette notice de Jesudenah se rapporte au 
schisme que Hannana d'Adiabene avait introduit dans 
l'Eglise nestorienne, en pr&chantune nouvelle doctrine 
qui se rapprochait du catholicisme. Joseph Hazzaya 
s'etait declare le partisan de Hannana et il fut com- 
battu par Mar Babai dans son traite De uniohe et dans 
les lettres qu'il lui adressa*. Jesudenah semble rappor- 
ter au temps de Joseph le synode du patriarche Ti- 
mothee qui eut lieu en 790 et qui condamna les parti- 
sans de Hannana. C'est par suite de cette confusion 
qu'il a place Joseph Hazzaya apres Isaac de Ninive. 
On attribue a Joseph Hazzaya de nombreux trails, 
tels que le Livre des tresors sur des questions abtruses ; 
des livres sur les malheurs et les chatiments, suf les 
Causes des principales f6tes de TEglise ; Le Paradis 
des Orientaux (voir ci-dessus, p. 145) ; des commen- 
taires sur le livre du Marchand (Isai'e du desert de 
Scete), sur pseudo-Denys l'Areopagite, sur les Capita 
scientise d'EwdLgrius ; et des epitres sur la vie monas- 
tique. 

Mar Jean, quifonda un monaslere dans le pays de 
Kardou et habila dans la monlagne de Beit-Dalyata 2 . 



i. Assemam, B. 0., Ill, part. I, 95 et97; Hoffmann, Auszuge aus syr. 
Akten, p. 446-117; Wright, Syriac literature, 2 e 6d., 124-129. La notice de 
Jesudenah explique comment le nom d'Ebedj^su fut donne a Joseph 
Hazzaya, et supprime l'hypothese d 'apres laquelle celui-ci aurait ete" 
ev6que. 

2. Telle est la prononciation exacte de ce mot, dont le sens est la con- 
trie des treille8, comme on le voit plus loin. Les Studia syriaca de 
M. Rabmani, chap, vw, n° 2, contiennent une notice un peu differente 
de celle qui suit. Cette notice parle de la visite que l'eveque Salomon 



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LA LITTERATURE ASCfiTIQUE. 229 

« II etait du pays de Beit-Nouhadre et il lut toutes les 
Ecritures dans les ecoles. II prit Thabit monastique 
dans le couvent de Mar Yozadak et s'attacha au bien- 
heureux £tienne, disciple de Mar Jacques Hazzaya. 
Jean avaitdeux fibres germains, Sergius et Theodore, 
qui se firent moines, eux aussi. II quitta le couvent 
pour aller habiter dans la montagne de Beit-Dalyata 
ou il se nourrissait de raisins de treilles au lieu de pain. 
II composa de nombreux ouvrages sur la vie monas- 
tique... Ses livres ne furent pas approuves par le ca- 
tholicos TimothSe, qui r&mitun synode et l'anath£ma- 
tisa pour avoir dit que l'humanite de Notre-Seigneur 
est unie a sa divinite... » 

Ayec Jean de Dalyata on a souvent confondu Jean 
Saba, qui avait 6t6 surnomm6 Saba [Vaine) par dis- 
tinction de son fr£re appele aussi Jean et qui, comme 
Jean Saba, avait embrasse la vie monastique 4 . Jean 
Saba, qui vivait au IX e siecle, habita le couvent de Da- 
lyata, fond6 par Jeande Dalyata, ce qui explique Iden- 
tification erron^e que Ton fit des deux moines. Mais 
cette confusion cessa lorsque Ton sut, en 1899, par la 
publication du catalogue des ms. de Berlin, que Jean 
Saba etait identique, non pas k Jean de Dalyata, mais a 
Jean bar Phenkaye, ainsi nomme parce que ses parents 
etaient originaires de la ville de Phenek sur le Tigre 
superieur, au nord de Mossoul 2 . Suivant le passage 

de Haditha (760-780) fit a Jean de Dalyatba, dont l'gpoque est ainsi fixee 
a la seconde moitie* du VIII e siecle, comme le remarque M. Rahmani, 
ibid*, p. 65, Adnotatio in cap. vin. 

4. Cf. Ass£mani, B. 0., I, p. 433 et suiv. Dans le ms. de Cambridge, 
Add, 1999, f. 134 6, p. 469 du catalogue Wright et Cook, on lit : « Fin du 
livre... de Jean de Dalyata qui fut surnomme Saba. » ~ 

2. Sachau, Verzeichniss der syr. Handschriften, Berlin, 1899, p. 554- 
555. L'extrait public* a cet endroit a ete aussi imprinig en 1904, d'apres un 
autre ms. avec quelques vari antes, par Ignatius Ephr-em II Rahmani, Stu- 
diasyriaca, chap, vm, n°3; cf. un autre extrait chap, ix, n°2, et adno- 
tatio in cap. viii-ix, p. 65-66. 



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230 LA UTTfiRATURE ASCfiTIQUE. 

public par Sachau et Rahmani et mentionne dans la 
note precedente, les oeuvres de Jean Saba ou Jean bar 
Phenkay^ comprenaient : un livre sur la vie du moine, 
de l'anachor£te et de Tascete parfait, avec tine preface 
du fr&re de Jean Saba K ; cinq tomes sur la vie reli- 
gieuse; deux tomes de complements; deux volumes 
contre les theories ; un volume sur le chant a ; un vo- 
lume sur l'^ducation des enfants ; un volume de sept 
homilies sur le commerce (spirituel) ; un grand nombre 
d'homelies m£triques et de lettres; un Livre d'archeo- 
logie, jio© s±h ^bo; un traits sur le rel&chement des 
des moeurs ; un autre sur la perfection de la vie divine 
des moines 3 . 

Sahdonciy evSque de Mahoze d*Arewan y dorit le 
nom est Marty rius, et qui est aussi appele Barsadhe. 

1. lmprimee dans le chap, ix, n° 1, des Studia syr. 

2. Lire 1P°J?> qui est la lecon du ms. de Berlin. 

3. Suivant le Catalogue d'Ebedjesu dans Assemam, B, 0., Ill, part. I, 
p. 103, les trails sur la vie monastique formaient deux volumes. La 
plupart des ouvrages e"nonc6s ci-dessus se trouvent dans des ms. sy- 
riaques en Europe et en Orient; les uns sont mis sous le nom de Jean 
Saba, les autres sous le nom de Jean bar Phenkaye. 

Pour Jean Saba, voir Assemani, B. 0., I, p. 433 el suiv. ; Wright, Cata- 
logue des ms. syr. du Musle britannique, General index sous John 
Saba; Wright et Cook, Catalogue des ms. syr. de Cambridge, p. 445; 
Catalogue Zotenberg, n° 20J, ms. carschouni. Zingerle a public un ex- 
trait d'une homelie de Jean Saba dans Monumenta syriaca. 1, 102. 

Sous le nom de Jean bar Phenkaye" sont mis : quelques livres ou 

poewes asceliques, et surtout Le livre a'archiologie, U^o ***? \*k*i dont 
le titre complet est Livre d'archiologie ou Histoire du monde passager, 
II est divis6 en deux tomes comprenant, Tun neuf chapitres et l'autre 
six chapitres. Ii s'arrete a Tan 686 de notre ere. Cf. Assemani. B. 0., Ill, 
part. I, p. 189 ; Addai Scher, Notice sur les ms, syr, du couvent de Notre- 
Dame des Sentences, dans le Journal asiatique, mai-juin 1906 ; la chresto- 
mathie intitule Le petit livre desmiettes, Ourmia, 1898, qui donneun 
extrait, p. 204; Gismonm, Linguae syr, Grammatica, 2« 6d., Beyrouth, 
1900, qui donne un autre extrait dans la chrestomathie, p. 148 ; Baum- 
stark, Rdmische Quartalschrift, t. XV, et Actes du XII* congres des 
Orientalistes t Rome, 1899, III, i re partie, p. 117. Une po&ie de Jean bar 
Phenkaye" se trouve dans le Directorium spiritual d'Ems Millos, 
Rome, 1868; un extrait d'une autre poesie dans le Liber Thesauri du 
du P. Cardahi, p. 35. Addai Scher, Revue de VOrient chritien, 1906, p. 23, 
se referant a Tan 686, place a cette date Jean bar Phenkaye. 



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LA LITERATURE ASC^TIQUE. 231 

La notice etendue que Jesudenah consacre a cet ev6que, 
devenu cel&bre par sa conversion au catholicisme, 
contient quelques informations nouvelles. Sahdona, 
nous apprend cette notice, fut nomm6, apr6s sa conver- 
sion, 6v6que d'Edesse sur l'ordre d'Heraclius, mais il 
ne demeura que peu de temps dans cette ville, dont 
Tempereur le fit bient6t chasser. C'est k fidesse que 
Gabriel Taureta, abbe du couvent de Beit-Abe, alia 
discuter avec le renegat : « Apres que Sahdona fut 
chass6 de TEglise, dit cet abbe, moi Gabriel, enflamm^ 
d'un zele ardent, je me rendis pr£s de lui a Edesse, je 
disputai avec lui et je le confondis * . » Outre la biogra- 
phie et l'oraison funebre de Rabban Jacques (voir ci- 
dessus, p. 213), Sahdona 6crivit un traite sur l'asce- 
tisme que M. Bedjan apublie d'apres unmanuscrit du 
VII* oil VIII e si&cle 2 . Le traite est divise en deux par- 
ties : la premiere comprenait vingt-deux chapitres, 
maisil n'en reste plus que six, par suite de la suppres- 
sion des seize premiers que Jesuyab d' Adiabene arracha 
du volume pour en emp&cher la publication, parce qu'il 
renferme la profession de foi catholique de Fauteur 
concernant le dogme de l'lncarnation ; la seconde partie 
a quatorze chapitres. A la suite de ce traite viennent 
cinq epitres adressees par Sahdona a des moines et de 
courtes sentences religieuses. 

A ces notices du Livre de la chastete, il convient 
d'ajouter : 



i. Comp. Heinrigh Goussen, Marty rius-Sahdona's Leben und Werke, 
Leipzig, 1897. Dans cet opuscule, M. Goussen a etabli que le nom de 
Sahdona, ecrit fautivement Mar Touris, devait etre lu Martyrius, et 
que cet Cv6que s'^tait converti, non pas au monophysisrae, mais au 
catholicisme. Martyrius est la traduction du syriaque bar sahde, « fiis 
des martyrs » ; comparer abbe Chabot, Revue critique, 18 juillet 1898, 
p. 43. 

2. Padlus Bedjan, S. Martyrii, qui et Sahdona, quse supersunt omnia, 
Paris et Leipzig, 1902. 



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232 LA LITERATURE ASCETIQUE. 

Dadjesu de Katar (fin du VII e siecle) qui, suivant le 
catalogue d'Ebedjesu, traduisit le Paradis des moines 
occidentaux (ci-dessus, p. 143) et le Livre d'Isaie 
Vascetey ecrivit un livre sur la vie monastique, des 
traites sur la sanctification de la cellule, des oraisons 
funebres, des lettres et des questions sur la paix du 
corps et de l'esprit * . 

Simeon de-Taibouteh qui, outre des regies monas- 
tiques (voir ci-dessus, p. 171), composa une Exposition 
des mysteres de la cellule (Catal. d'Ebedjesu, Asse- 
mani, B. 0., Ill, part. I, p. 181). (Test probablement 
Pouvrage que BarhebraBUS attribue a Simeon sur l'insr 
titution monastique et qui valut a son auteur, dit-il, 
l'epithete de Taibouteh, « sa grace » [Chron. eccl., II, 
p. 139). 

Berehjesu ou Berikjesu, moine du couvent de Ka- 
moul et contemporain du patriarche Timothee (fin du 
VHP s.), qui composa un livre sur la vie monastique 2 . 

,Un manusqrit du couvent de Notre-Dame des Se- 
mences contient, sous le titre de « Avertissements aux 
moines », cinquante-cinq traites ou lettres sur des 
sujets asc6tiques d'Abdme'schiha, un auteur qui parait 
6tre posterieur au X e siecle, voir Addai Scher, Notice 
sur les ms. syr.du couvent de Notre-Dame des Se- 
ntences dans le Journal asiatique, juill.-aout 1906. 

BarhebraBus a ecrit a Maraga, en 1279, le Livre des 
eihiques, v oa-Mj \&*i divise en quatre parties et qui 
trarte des exercices spirituels et corporels de l'homme 



1. Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 99. Le commentaire sur Isaie de 
Scete est cite dans le Livre de I'Abeille, ed. Budge, chap, xliii. C'est la 
seule oeuvre de Dadjesu de Katar qui nous soit parvenue ; elle existe 
divisee en quinze traites dans un ms. de Seert, voir Addai Scher, No- 
tice sur la vie et les ceuvres de Dadischo Qatraya, dans le Journal asia- 
tique, janv.-fevr. 1906, p. 103; et Revue de VOrient chr6tien, 1906, p. 2i. 

2. Assemani, D. 0., Ill, part. I, 275. 



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LA LITTERATURE ASCfiTIQUE. 233 

religieux. Assemani en a donne une analyse dans sa 
Bibl. Orient., II, 303 et suiv. Le Livre de la colombe 
^aSj ufco, du m&me auteur, est une ceuvre analogue, a 
l'usage des ascetes et des ermites ; il est aussi divise en 
quatre parties. II existe des versions arabes de ces 
deux ouvrages A . 

Pour les autres ecrits sur la vie monastique, nous 
renvoyons aux numeros IX, § 4; XII, § 2. 

1. Le P. Bedjan a publie le texte syriaque de ces deux livres, Ethicon 
seu Moralia Gregorii Barhebrsei, Paris et Leipzig, 1898. Un appendice, 
a la fin da volume, reproduit une petite composition de Barhebraeus en 
prose rim 6e, intitutee L'en/fcnce de Vesprit,\j<x>p f 0)i,o.t\|, et qui estdu 
meme genre. Le P. Cardahi a publie aussi le Livre de la colombe sous 
le titre de Abulfaragii Gregorii Bar-Hebrsei Kithdbhd Dhijaund seu 
Liber columbse, Rome, 1898. Venfance de Vesprit se trouve egalement 
dans cette edition. 



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XIV 



LA PHILOSOPHIE. 



§ 1. «— La philosophie syriaque. 

Le plus ancien texte syriaque, apres la version de la 
Bible, est un dialogue sur le destin entre Bardesane 
et ses disciples. 

Bardesane naquit k Edesse, le 11 juillet 154*, de 
parents riches et nobles. Son pere, dit Barhebraeus, 
s'appelait Nouhama, et sa mere, Nahschiram 2 . Se- 
lon saint Epiphane, il fut l'ami d'enfance du prince 
d'^desse, Abgar, fils de Manou, qui regna trente-cinq 
ans, de 179 k 214. II ne fut sans doute pas etranger a 
la conversion de ce prince qui devint chr^tien vers 206. 
Bardesane, selon Barhebraeus, v6cut soixante-huit ans 
et mourut en 222. « II avait d'abord et6 £leve, ajoute 
cet historien, dans le paganisme par un pr£tre de Mab- 
boug, mais il regut ensuite le baptfeme et fut eleve dans 
la doctrine de rfiglise a Edesse 3 . II ecrivit des traites 

1. Date fournie par la Chronique d' Edesse et confirmee par la Chro- 
nique eccUsiastique de Barhebileus, I, 47. 

2. Chron. eccl.,1, 47. Sur ces noms, voir Hoffmann, Auszuge aus syr. 
Akten, p. 437, note 1168. 

3. Son mailre dans l'etude des sciences occultes aurait 616 un certain 
Scuthinos, le precnrseur de Mani et l'auteur de quatre livres (Epiphane, 



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236 LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 

contre les h6resies et, a la fin, il se laissa entrainer par 
les theories de Marcion et de Valentin. II nia la resur- 
rection ; il considera l'union charnelle comme un acte 
de purete et pretendit que « tous les mois, la lune, la 
mere de la vie, emettant sa lumi&re et entrant dans le 
soleil, le pdre de la vie, recevait de celui-ci l'esprit de 
conservation qu'elle repandait sur tout Tunivers 4 » . 
Cette notice ne s'eloigne pas beaucoup de ce que rap- 
porte fipiphane. Suivant Eusebe, au contraire, Bar- 
desane, apres avoir et6 un partisan de Valentin, serait 
revenu, a la fin de sa vie, a Torthodoxie, mais sans 
se laver completement de son hSresie. Cette derni&re 
hypothese, admise aussi par pseudo-Moise de Khorene, 
semble trouver un appui dans un passage du Livre du 
destin 9 ou Bardesane combat l'astrologie, a laquelle il 
s'etait, dit-il, adonne autrefois. 

Somme toute, on sait peu de chose de la vie et des 
ecrits du celebre gnostique. Pseudo-Moise, qui s'en- 
tend a combler les lacunes de Thistoire, fait de Barde- 
sane un ap6tre fervent; il aurait tente d'evangeliser 
l'Arm&ue ; il aurait ecrit Phistoire de cette contree et 
un autre livre d'histoire ou de memoires sur Flnde, d'a- 
pres les renseignements que lui avait procures l'am- 
bassade indienne deputee a Tempereur Heliogabale 2 . 

Saint Ephrem represente Bardesane comme un 
homme du monde, aimant le luxe, et l'oppose a Mar- 

Th£odoret, etc. ; comp. aussi Paul de Lagarde, Prsetermissorum libri 
duo, Goettingue, 4879, p. 96, I. ult.). La plus ancienne des notices qui 
attribuent a Bardesane rinvention d'un alphabet mystique est de Je"su 
bar Noun e'lu catholicos en 824; Khayyath, Syri orientates, Rome, 
4870, p. 476, note 2. 

4. Barhebraeus a em prim te ses renseignements a la Chronique de 
Michel le - Syrien, qui donne d'autres details tegendaires sur la vie de 
Bardesane, 6d. Chabot, p. 410 (trad., I, p. 483). 

2. Renan, dans son Marc Aurele, Paris, 4882, p. 433, note 3, pensait que 
Pauteur de ces ouvrages Ctait un autre Bardesane, originaire de la 
Babylonie. Renan, ibid., p. 436-439, a trac6 un joli portrait de Barde- 
sane d'fidesse. 



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LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 237 

cion, l'ascete, qui se v6tissait d'etoffes grossieres; il 
mentionne les cent cinquante hymnes que ce gnostique 
^crivit pour repandre sa doctrine dans le peuple*. 
Malheureusement ces hymnes sont perdues"; perdus 
aussi les traites ou dialogues contre les heresies dont 
parlent Eusebe, les Philosophoumena et Barhebraeus, 
ainsi que le traite d'astronomie, dans lequel Bardesane 
etablissait, par le calcul de la duree des revolutions 
des planetes, que le monde prendrait fin apres six mille 
~ans d'existence 2 . Le Kitdb al-Fihrist (ed. Fluegel, 
Leipzig, 1871, p. 339) donne les titres d'autres ouvrages 
de Bardesane, mais on ne peut se fier aux donn^es de 
cet auteur pour une epoque si eloignee du temps ou il 
vivait. II ne nous reste done, pour etudier le systeme 
philosophique de ce Syrien, que le Lwre sur le destin 
et quelques notices eparses dans le recueil des hymnes 
de saint Ephrem contre les heretiques, et notamment 
dans les hymnes 53-55 3 . Encore ces notices doi- 
vent-elles 6tre utilisees avec circonspection 4 . Recon- 
struire la doctrine de Bardesane d'apres les theories de 
Valentin ou d'autresgnostiques, comme ont tente dele 
faire Hahn, Merx et Hilgenfeld, est un travail fonde sur 
<le pures hypotheses 5 . 

Le livre sur le destin intitule : Lwre des lois des pays, 
fut d'abord connu par deux longs extraits qu'Eusebe a 
inseres dans sa Prseparatio evangelica, vi, 9. Le se- 
cond de ces extraits se trouve aussi dans le IX e livre 

1. Voir ci-dessus, p. 11. 

% D'apres Georges, 6veque des Arabes; voir Cureton, Spicilegium 
syriacum, Londres, 1855, p. 21 ; Wright, The homelies of Aphraates, 
Londres, 1869, p. 27, I. 11 ; Ligarde, Analecta syriaca, Leipzig, 1856, 
p. 114, 1. 18. 

3. Dans re*dition romaine de saint Ephrem, t. II, p. <$53 et suiv. 

*. Voir Nau, Une biographie in6dite de Bardesane Vastrologue, Paris, 
1897. . 

5. Voir Hort, article Bardesanes dans le Dictionary of christian bio- { 
graphy. 



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238 * LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 

des Recognitions de pseudo-Clement, ou il a ete inter- 
pole ; la version syriaque des Recognitions publiee par 
Paul de Lagarde ne l'a pas. Le second des dialogues 
attribues a Cesaire, le fr6re de saint Gregoire de Na- 
zianze, contient aussi une grande partie de cet extrait 
relatif aux lois des contrees. 

Cureton a retrouve Toriginal syriaque du livre sur le 
destin dans un manuscrit duMusee britannique, duVI e 
ou Vll e siecle, et l'a publie avec une traduction an- 
glaise, dans son Spicilegium syriacum, Londres, 1855. 
II a reproduit dans son edition les passages d'Eusebe, 
des Recognitions et de Cesaire, [concernant ce livre 4 . 

Le livre sur le destin est r6dige sous la forme d'un 
dialogue entre Bardesane et ses disciples, a l'imitation 
des dialogues de Socrate. Ce dialogue a et6 mis par 
ecrit par un des disciples du maitre, nomm6 Philippe, 
qui a plac6 en t6te une introduction et qui y parle a la 
premiere personne. II n'est gu&re douteux que le texte 
syriaque ne soit un original. Les noms propres, comme 
Schamschegeram et Avida, sont non seulement syria- 
ques, mais appartiennent aux anciens noms edess£- 
niens et nous sont connus par d'autres documents. 
Quelques notices trahissent une origine mesopota- 
mienne, notamment celle relative au decret d'Abgar, 
interdisant la castration des pr6tres de la dees&e Tar- 
gata, et a la suite duquel cet usage disparut d'Edesse ; 
celle aussi qui parle de la conqu&te de TArabie comme 
d'un 6venement tout recent (qui eut lieu hier,]dit le 
texte); il s'agit tr&s vraisemblablement de la con- 

1. Traduction allernande par Merx, Bardesanes von Edessa, Halle, 
1863. Noirvelle edition par Nau, Bardesane Vastrologue. Le livre des lois 
des pays, texte syriaque et traduction fran^aise avec une introduction 
et de nombreuses notes, Paris, 1899 ; en appendice, traduction de deux 
extraits relatifs a Bardesane, Tun de Georges, 6veque des Arabes, et 
l'autre de Moise bar K6pha. 



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LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 239 

qu6te de l'Arabie par Septirae Severe en 195-196. 

Bardesane demontre que 1'homme jouit du libre 
arbitre et est responsable de ses actes. II etudie, a 
cette fin, l'organisation du monde celeste et du monde 
terrestre, mais on chercherait en vain, dans les idees 
qu'il exprime — et on a eu tort d'y chercher — des 
theories gnostiques. II y a un Dieu, professe-t-il, crea- 
teur de Tunivers, unique et indivisible, non cr6e. Les 
autres 6tres [itye) ou Elements [estoukse = axoixeZa) 
ont re$u une determination spSciale et sont subordon- 
nes; envisages a ce point de vue, ils sont soumis a des 
lois fixes auxquelles ils ne peuvent se soustraire et ils 
ne sont pas responsables de leurs actions. Mais cer- 
tains de ces 6tres, nomine 1'homme, jouissent, en 
dehors des necessity inherentes a leur nature, d'une 
liberty d'action qui leur permet de faire le bien ou le 
mal ; sous ce rapport, ils sont justiciables de leurs actes. 

Bardesane rejette le systfcme fataliste des Chaldeens 
ou astrologues et le syst&me contraire de certains 
philosophes, suivant lesquels 1'homme est complete- 
ment son maitre, les afflictions et les maladies £tant 
des accidents ou des ch&timents de Dieu. Selon Barde- 
sane, 1'homme est sous l'influence de trois agents : la 
nature, le destin et la volonte. Le destin est le pouvoir 
que Dieu a donne aux astres de modifier les conditions 
dans lesquelles nous vivons, d'apres la marche et la 
direction qu'il leur a imprim^es. L'influence du des- 
tin se produit au moment de la naissance; 4 ce mo- 
ment-Ik r&me intellectuelle descend dans l'&me vege- 
tative qui elle-m^me descend dans le corps ; c'est alors 
que se produisent les chances de bonheur ou de mai- 
nour, de sant6 ou de maladie, suivant les rapports 
dans lesquels les astres et les Elements se trouvent 
entre eux. 



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240 ;LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 

Cette philosophic de Bardesane ne laisse rien trans- 
puter du nXriQwiia, de la pluralite des principes crea- 
teurs nicies etfemelles, dessyzygies,des eons, etautres 
idees gnostiques. Dans le livre sur le destin, Bardesane 
apparait comme un chretien, dont l'orthodoxie est 
d'aussi bon aloi que celle d'autres Syriens posterieurs, 
Aphraate, par exemple. II croyait, il est vrai, aux ge- 
nies sideraux, mais Barhebraeus, au XIII e siecle, 
croyait encore a Tinfluence des astres sur le monde 
terrestre. II est done impossible de savoir avec quelque 
certitude en quoi consistait l'heresie de Bardesane. II 
est cependant difficile de la nier, en presence du temoi- 
gnage unanime des anciens Peres de l'Eglise et des 
refutations auxquelles elle donna lieu 4 . 

Deux dialogues grecs anonymes ont 6t6 rediges, dans 
les dernieres annees de Constantin, contre Marcion, 
Valentin et Bardesane. Le principal interlocuteur dans 
le premier de ces dialogues est un nomm6 Adamantius 
que Ton confondit d'abord avec Origene. Dans le se- 
cond, e'est un certain Macrinus qui represente la doc- 
trine de Bardesane. 

Les partisans de Bardesane formaient a Edesse une 
secte importante et appartenaient a la classe riche et 
eclair^e. Malgre les efforts de saint Ephrem, cette secte 
se maintint jusque sous Rabboula (f 435), qui ramena 
les egares dans le giron de l'Eglise orthodoxe 2 . 



1. M. Nau, Une biographie inedite de Bardesane Vastrologue, voit dans 
Bardesane un astronome dont le systeme cosmographique a 6te ma) 
interprets ou denature par saint Ephrem, qui a traite de gnostique cet 
auteur. Les autrcs Remains, ajoute-t-il, p. 12, quiontparle de Bardesane, 
empruntent a saint Ephrem. M. Nau a dSveloppe cette idee dans deux 
autres memoires : Bardesane Vastrologue, dans le Journal asiatique y 
juillet-aout 1899, p. 12-19; et Bardesane Vastrologue. Le livre des lots 
des pays, texte syriaque et traduction frangaise, Paris, 1899. 

2. Voir la biographie de cet evSque dans Overbeck, S. Ephreemi syri... 
opera selecta, Oxford, 1865, p. 192. 



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LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 2*1 

Le Spicilegium syriacum de Cureton renferme, ou- 
tre le traite sur le destin, une lettre adressee par le 
philosophe Mara, fils de Serapion, a son jeune fils 
Serapion. Ce philosophe £tait stoicien* ; il conseille a 
son fils de dominer ses passions, de demeurer indiffe- 
rent aux richesses et aux honneurs de ce monde, qui ne 
sont que des biens passagers, et de ne pas s'emouvoir 
des vicissitudes du sort. La sagesse seule m6rite d'etre 
recherch^e et cultivee. Mara ecrit sa lettre de la prison 
ou les Romains le tiennent enfermS. Si les Romains 
lui rendent la liberte et sa patrie, ils agiront avec 
justice ; au cas contraire, il attend la mort avec tran- 
quillite. II 6tait de Samosate a en juger par le passage 
suivant : « Tu as appris au sujet de nos compagnons, 
que, lorsqu'ils sortaient de Samosate, ils s'affligeaient 
et se plaignaient de leur sort : « Nous sommes eloi- 
« gnes de nos families, disaient-ils, et nous ne revien- 
« drons plus a notre ville voir nos parents et celebrer 
« nos dieux... » Lorsque la nouvelle du depart de nos 
anciens compagnons pour Seleucie nous arriva, nous 
all&mes en secret a leur rencontre, et a leur malheur 
nous joignimes le ndtre... » Ce renseignement est trop 
vague pour permettre de determiner de quelle calamite 
il s'agit et a quelle epoque elle eut lieu. Ewald 2 rappelait 
la prise de Samosate par les Romains en Fan 72 (Jose- 
phe, De hello judaico, VII, vn, 1-3). M. Schulthess 
repousse avec quelque raison ce rapprochement; on 
remarquera aussi que la lettre parle de la dispersion 
des Juifs qui eut lieu posterieurement et suivit la prise 
de Jerusalem par Titus. D'un autre c6te, on ne peut 

1. La doctrine stoicienne de Pauteur de celte belle letlre a ete mise 
en Evidence par M. Schulthess qui a donne une traduction allemande 
du texte et en a fait une etude dans la Zeitschr. der deuU morgenU 
Gesell., t. LI, p. 365 et suiv. 

2. Gdtting. Gelehrte Anzeigen, 1836, p. 661. 

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242 XA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 

descendre, pour la date de ce document, plus bas que 
le IV e siecle, ou le paganisme apparait encore a Sa- 
mosate. Ce texte appartient done a la plus ancienne 
epoque de la litterature syriaque * . 

Mara lui-m£me, quoiqu'il reconnut un Dieu unique, 
n'etait pas chretien. II parle de Jesus-Christ en termes 
qui ne laissent aucun doute a cet egard : « Quel profit, 
dit-il, les Atheniens ont-ils retire du meurtre de So- 
crate, qui a ete venge par la famine et la peste qui les 
accablerent? Ou'les habitants de Samos, du supplice 
de Pythagore, eux dont le pays fut en une heure cou- 
vert de sable? Ou les Juifs, (du supplice) de leur sage 
roi, car a partir de ce temps le pouvoir leur fut enleve? 
C'est justement que Dieu vengea ces trois sages, par 
la famine et la mort des Atheniens, par une pluie de 
sable a Samos, par la devastation et Fexil des Juifs 
disperses dans tous les lieux. Socrate ne mourut pas a 
cause de Platon, ni Pythagore a cause de la statue de 
Junon 2 , ni le sage Roi a cause des lois nouvelles qu'il 
avait etablies. » 

Une notice ajoutee a cette lettre temoigne aussi de 
la philosophic stoicienne de Mara. Un de ses amis, 
enchatne pres de lui, lui demanda : « Par ta vie, dis- 
moi ce qui excite ton rire ! » Mara repondit : « Je ris 
du temps qui me rend le mal qu'il ne m'a pas em- 
prunte. » 

Jacques, ev^que d'Edesse, est l'auteur d'un traite 
intitule La cause premiere, creatrice, eternelle, toute- 
puissante et non creee, qui est Dieu conservateur de 
toute chose. Ce renseignement nous est fourni par 



1. C'est evidemment un lexte original et non une traduction du grec, 
comme le supposait Renan, Journal asiatique, 4« s6rie, t. XIX, p. 32. 

2. Confusion avec le sculpteur Pythagore, comme le remarque 
M. 6chuthe8S, d'apres M. Wilamowitz. 



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LA PHILQSOPHIE SYRIAQUE. 243 

une note de Georges, eveque des Arabes,.qui acheva 
YHexameron de Jacques d'Edesse*. Ce traite, dont 
l'HexamSron formait la suite, est perdu. On croyait le 
retrouver dans une ceuvre syriaque, connue sous le 
nom de Causa causarum et dont le titre exact est Livre 
de la connaissance de la verite ou de la cause de 
toutes les causes*. Mais la publication de cette oeuvre 
par Kayser 3 a permis de constater que sa redaction 
6tait de beaucoup posterieure a Jacques et ne pouvait 
6tre placee avant le XI e ou m6me le XIP siecle 4 . L/au- 
teur, p. 8, se donne comme un ev&que d'Edesse qui, 
apres avoir occupe pendant trente ans le siege episco- 
pal, a renonce au monde dont l'ont degotit6 les epreu- 
ves qu'il a subies de la part de son clerge. 11 s'est retire 
dans la solitude aupres de deux ou trois ascetes et y a 
compost son livre pour le bien de l'humanite. Si ces 
lignes visent le celebre £v£que d'Edesse, Jacques, elles 
avaient pour but de placer sous l'autorit^ de celui-ci, 
au moyen d'un mensonge, un livre qui avait la pre- 
tention de realiser une utopie bien decevante. 

Ce que lauteur se proposait, en effet, c'etait de reu- 
nir dans une seule communaute religieuse tous les 
hommes separes par des dogmes differents, c'est-a-dire 
les Chretiens, les Juifs et les Musulmans. II traite de 
la divinity, de son essence et de ses attributs, mais il 
passe sous silence les articles de foi qui ne seraient pas 

1. Voir Ryssel, Georg's des Araberbischofs Gedichte und Brief e aus 
dem Syrischen uebersetzt, Leipzig, 4891, p. 137 et 227. Nous ecrivons 
Hexameron pour nous conformer & l'usage, quoiqu'il soit plus.logique 
de dire Eexae'mcron, 

2. Assemani, B. 0., I, 461 et suiv.; Pohlhann, Zeitschr. der deut. mor- 
genl. Gesell., XV, 648 et suiv. 

3. Das Buck von der Erkenntniss der Wahrheit Oder der Ursache 
aller Ursachen, Leipzig, 1889. La traduction allemande de Kayser a 6t6 
publiee, apres la mort de celui-ci, par M. Siegfried, a Strasbourg, 1893, 
avec le meme titre. 

4. Noeldeke, Literar. Centralblatt, 1889, n° 30. 



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244 LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 

acceptes de.tous; il parle, il est vrai, de la Trinite, 
mais en termes vagues et de maniere a ne choquer ni 
les Juifs ni les Musulmans. La Genese est pour lui, 
comme pour les auteurs des Hexamerons, la base de 
ses dissertations sur Punivers. Ces dissertations por- 
tent siir le monde celeste et le monde terrestre, sur 
Thomme, les animaux, les vegetaux et les mineraux, 
veritable encyclopedic des sciences au moyen &ge. En 
t6te de l'ouvrage, une liste indique le sujet traite dans 
chaque chapitre des neuf livres qui le composaient. 
Mais, dans les manuscrits qui Tont conserve, il s'arr&te 
au milieu du second chapitre du livre VII. Cet auteur 
est au courant de la philosophie mystique des Arabes, 
pour laquelle il montre une certaine predilection ; son 
style est correct et clair, mais enerve par une trop 
grande prolixity. 

Quelques manuscrits ajoutent a la fin de ce livre 
une courte composition poetique en vers de sept syl- 
labes sur les elements et leur union, conforme a la 
description que la Causa causarum en fait, d'apres 
Aristote, dans le chapitre v du IV C livre. 

Molse bar Kepha est Fauteur d'un traite sur la pre- 
destination et le libre arbitre divise en quatre livres. 
Ce traite, conserve dans le ms. Add. 14731 du Musee 
britannique, a, comme le chapitre analogue du Can- 
delabre des sanctuaires de Barhebraeus, un caractere 
dogmatique et theologique et ne presente pas, a beau- 
coup pres, le m^me inter&t que le dialogue sur le des- 
tin attribue a Bardesane. 

Nous citerons aussi, quoique ecrit en arabe, le traite 
d'Elias bar Schinaya, metropolitain de Nisibe, intitule 
Livre de la demonstration de la verite de la foi> qui a 
un caractere dogmatique et est ecrit au point de vue 
de la doctrine nestorienne. Assemani l'a decrit comme 



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LA PHILOSOPHIE SYRIAQUE. 245 

un ouvrage anonyme*. M. Horst en a publie une tra- 
duction allemande 2 . 

Le livre de Barhebraeus qui porte le titre de Can- 
delabre des sanctuaires, £v&* 4ko, est un ouvrage du 
m£me genre, exposant la doctrine monophysite. II est 
divise en douze bases ou principes sur lesquels l'Eglise 
est fondee. Ces bases sont : la science, en general, la 
nature de l'univers, la theologie, llncarnation, la con- 
naissance des substances celestes (les anges), le sacer- 
doce, les demons, l'&me intellectuelle, le libre arbitre 
et la fatality, la resurrection, le jugement dernier, le 
paradis 3 . Barhebraeus a ecrit encore un Livre des 
rayons, ^Jv ^L>, divise en dix sections ; cet ouvrage 
est, en quelque sorte, un abrege du pr6c6dent 4 . 

fibedj^su de Nisibe a ecrit, en 1298, un livre de phi- 
losophic et de theologie nestorienne, intitule La perle, 
)LJuy&, et divise en cinq sections qui traitent de Dieu, 
de la Creation, de la vie chretienne, des sacrements 
de TEglise et des signes du monde futur. Assemani 
en a donne une analyse dans sa Bibliotheca orientalis, 
vol. HI, I re partie, 355-360, et le Card. Mai l'a (§dite 
avec une traduction latine dans le tome X de sa Scrip- 
torum veterum nova collectio 5 . Ebedjesu traduisit 
lui-m£me son ouvrage en arabe en 1312, ainsi que 

1. B. O., Ill, part. I, 303-306. 

2. Des Metropolian Elias von Nisibis Buck vom Betoeis der Wahrheit 
des Glaubens, Col mar, 1886. 

3. Assemani, B. 0., II, 284. Des ms. de cet ouvrage se trouvent dans 
les bibliotheques de Rome, de Paris, de Berlin et de Cambridge. 11 en 
existe une version arabe. Des passages du ms. de Berlin, Coll. Sachau, 
n° 81, ont 6te publics par M. Gottheil sous le titre de A synopsis of 
greek philosophy by Bar Ebraya, dans Hebraica, III, 249-251. La pre- 
face en a ete* publige par Manna, Morceaux choisis de la litUrature 
aramienne, t. II, p. 358. 

4. Assemani, B. O., II, 297; manuscrits a Rome, Paris, Londres, Oxford, 
Cambridge et Berlin. 

5. Badger en a fait une traduction anglaise dans The Nestorians and 
their rituals, Londres, 1852, vol. II, p. 380 et suiv. 

14. 



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246 LA PrIILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 

nous Tapprend Amr dans le Livre de la to\ir, oil sont 
cites d'importants passages 4 . 



§ 2. — La philosophic Aristotelienne. 

Les oeuvres des Syriens concernant la logique et la 
mStaphysique bnt attire Tattention de savants emi- 
nents, non pas que ces oeuvres aient un caractere ori- 
ginal, car elles ne comprennent que des traductions 
ou des commentaires des livres d'Aristote, mais les 
Syriens ont ete, dans l'etude de ces sciences, les initia- 
teurs des Arabes qui depasserent promptement leurs 
maitres et firent prevaloir leurs id£es philosophiques 
m£me en Europe au moyen Age. 

Cest a YEcole des Perses, la celebre ecole d'Edesse, 
que les Syriens commencerent a enseigner la philoso- 
phie peripateticienne, au V e siecle de notre ere. L'lsa- 
goge de Porphyre 2 a ete traduite en syriaque au 
moins trois fois depuis le milieu du V e siecle jusqu'au 
milieu du VII e . Les anciens commentaires sur l'lsagoge 
sont independants du commentaire grec d'Ammonius ; 
ils appartiennent a la premiere floraison des etudes 
syrogrecques qui finit avec l'Ecole nestorienne d'E- 



1. II est possible que cette traduction soit l'ouvrage arabe intitule 
La perle du roi, qu'£bedj6su mentionne dans la liste de ses oeuvres, 
AssSmani, B. 0., III, part. 1, 360. 

2. Nous suivons pour cet alinea A. Baumstark, Aristoteles bet den 
Syrern vom V-VJIJ Iahrhundert, Leipzig, 1900. Le volume, le premier 
d'une publication qui doit comprendre la literature aristotelienne 
chez les Syriens, renferme : une 6tude des biographies syriaques et 
arabes d'Aristote; une gtude des commentaires syriaques de Yl&agoge, 
et les textes syriaques avec une traduction allemande de : 1° la vie 
d'Aristote; 2° le commentaire de Ylsagogt par Probus; 3° les fragments 
du commentaire deYIsagoge" d'apres Jean Philoponus; 4° les fragments 
du commentaire d'Elienne d'Alexandrie se trouvant dans les Dialogues 
de Severe bar Schakako; 5° les fragments du Livre des definitions de 
Bazoud. 



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LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE.. 247 

desse. Vient ensuite l'epoque des traductions litterales 
du grec. L'Isagog6 est etudiee a Taide des commen- 
taires grecs dependant d'Ammonius; les Syriens mo- 
nophysites^ Sergius de Reschaina et les moines du 
couvent de Kennesre, se rattachent a Jean Philoponus 
et a raristotelisme neoplatonicien posterieur. Une 
troisieme periode commence dans la seconde moiti£ 
du VH e siecle ; elle marque le declin des etudes greco- 
syriaques ; la civilisation arabe suscite la brillante ac- 
tivity des traducteurs du IX e et du X e siecle; c'est 
l'epoque des extraits et des compilations. 

A la premiere periode appartiennent Ibas, Koumi 
et Probus qui, suivant le catalogue d'Ebedjesu 4 , tra- 
duisent du grec en syriaque les livres de l'lnterprete 
(Theodore de Mopsueste) et l'oeuvre d'Aristote. On ne 
connait pas de traduction d'Aristote par Ibas (-{- 457) 
ni par Koumi. A Ibas peut 6tre attribute la plus an- 
cienne des traductions de l'lsagoge 2 . Probus vivait au 
milieu du V e siecle ; dans un endroit il est appele pres- 
byter, archidiacre et archiatre d'Antioche. Nous pos- 
sedons de cet auteur : 1° la deuxieme partie, para- 
phrasee dans un extrait posterieur, d'un commehtaire 
sur l'lsagogd 3 ; 2° un commentaire du IIsqI €Q^rjvsiag A ; 
un commentaire sur les Premiers analytiques 5 . 

Les travaux de l'Ecole d'Edesse sur la logique furent 
repris et completes par Sergius de Reschaina (f 536). 
Cet eminent medecin, quoique mohophysite, jouit 

1. Assemani, B. O.j III, part. I, 85. 

2. Voir Baumstark, op. cit., p. 139-140. 

3. Edite* par Baumstark, op. cit., texte, p. 9; trad., p. 148. 

4. Edite par G. Hoffmann, De hermeneuticis apud Syros Aristoteleis, 
p. 62, trad, latine, p. 90. Ibid., p. 22-62, Hoffmann a edite la traduction 
syriaque du neqi CQ/utfveiag avec un fragment de la traduction arabe. 

5. fidite* avec une- traduction francaise par A. van Hoonacker, Le 
traiU du philosophe syrien Probus sur les Premiers analytiques d'A- 
ristote dans le Journal asiatique, juillet-aout 1900, p. 70. 



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248 LA PHILOSOPHIE ARISTOTfiLIENNE. 

d'une reputation egale chez les Syriens occidentaux et 
chez les Syriens orientaux { . Ce qui nous reste de ses 
oeuvres philosophiques se trouve presque entierement 
dans le ms. Add. 14658 du Mus6e britannique, du 
VII e siecle. Ce manuscrit renferme la traduction de 
Ylsagoge de Porphyre avec la soi-disant Table de 
Porphyre 2 , des Categories d'Aristote 3 , du IIsqI xoo/liov 
7iqo$ ^AXi^avdQov^ et d'un traite sur Tame, divise en 
cinq sections et completement different du IIbqI r/JVxrJQ. 
II renferme aussi un traite original de Sergius sur la 
logique, comprenant sept livres (incomplets) et adress6 
a Theodore de Merv; un traits sur la negation et l'af- 
firmation ; un autre sur les Causes de Vunivers selon 
les principes d'Aristote; un quatrieme sur le genre, 
l'espfcce et l'individu 4 . Le ms. Add. 14660 du m&me 
Mus£e contient une scolie de Sergius sur le mot <r#3/ta : . 
le ms. de Berlin n° 88, fol. 83 £-104 a, un traits de 
Sergius sur les Categories, adress6 a Philothee s . 

1. Ebedj6su le ciasse dans son catalogue parmi les auteurs nestoriens 
et mentionne ses commentaires sur la logique et la dialectique, Asse- 
mani, B. 0., Ill, part. I, 87. 

2. Cette table existe aussi dans le ms. de Berlin n° 90 (Sachdu 116); 
elle a et6 reproduite par M. Gottheil dans Hebraica, IV, p. 207. 

3. Dans le ms. syr. du Vatican 158, re'marque Wright, Syriac litera- 
ture, 2 e ed., p. 91, note 2, cette version est attribute a tort a Jacques 
d'Edesse, qui n'aurait guere ete qu'un enfant a l'epoque ou le ms. du 
Musee britannique a 6te 6crit ; en outre ce n'est pas le style de cet au- 
teur. Le ms. de Paris n° 248 repete la menie erreur. Dans le catalogue 
des ms. de la Laurentienne, Evode Assemani indique a tort Honein 
comme l'auteur de cette traduction, Renan, De philosophic* peripatetica 
apud Syros, Paris, 1852, p. 31, note 3. La traduction syriaque des Cate- 
gories a et£ publiee d'apres le ms. de Paris et le ms. de Berlin (Sa- 
chau 226) par Salomon Schueler, Die Uebersetzung der Categorien des 
Aristoteles von Jacob von Edessa, Berlin, 1897 (l'editeur donne encore 
Jacques d'Edesse comme le traducteur syriaque); et par Gottheil, The 
syriac versions of the Categories of Aristotle dans Hebraica, IX, 
p. 166. 

4. Renan, I. c, p. 25-28; Wright, Syr, literature, 2 e 6d., p. 90-94. 

5 Le mcme ms., fol. 80 a, 83 b, a une scolie du philosophe Eusebe 
d'Alexandrie sur les Categories. Cf. Baumstark, op. cit., p. 137-138, sur 
les ms. syriaques contenant des traites de la philosophie Aristot&ien- 
ne; p. 172-173, en particulier, sur le ms. syr. 158 du Vatican. 



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LA PHILOSOPHIE ARISTOTfiLIENNE. 1 249 

La version du IIsqI xoa^tov { a ete publiee par Paul 
de Lagarde dans ses Analecta syriaca, p. 134 et suiv. 
M. Victor Ryssel lui a consacre une 6tude approfondie, 
dans laquelle il a reuni toutes les variantes que pre- 
sente cette version, comparee avec le texte grec 2 . La 
traduction de Sergius, dit M. Ryssel, appartient a la 
catSgorie des traductions syriaques, peu nombreuses, 
qui sont litterales et cependant expriment fidelement 
la pens^e de l'auteur. Elle doit 6tre consider^ comme 
le chef-d'oeuvre de Tart du traducteur, car Sergius a 
su rendre le sens et le contenu de l'original grec dans 
une version aussi claire qu'exacte, serrant de pres le 
texte. Elle est bien superieure a la version latine d'A- 
pul£e de Madaura qui s'est permis toutes sortes de li- 
beries. La comparaison avec les differents manuscrits 
grecs permet de conclure que le syriaque ne repre- 
sente pas le texte d'un manuscrit determine, mais 
qu'il reproduit les lemons tant6t d'un manuscrit, tant6t 
d'un autre. On peut supposer que Sergius, comme 
Apul6e, avait sous les yeux un original qui differait 
de celui des manuscrits grecs connus et qui etait plus 
ancien. 

Theodore, £v6que de Merv, auquel Sergius dedia un 
certain nombre de ses traites, s'adonna aussi a l'etude 
de la philosophic peripat£ticienne. Parmi ses ouvra- 
ges, Ebedjesu mentionne des Solutions a dix questions 
de Sergius 3 . 

Le ms. 14660 du Musee britannique, qui contient la 
scolie de Sergius sur le mot o#5/*a, nous a conserve 

4. Ce traits a 6te attribue a Aristote, mais il a 616 compose vraisem- 
blablement par un philosopbe posterieur. 

2. Ueber den textkritischen Werth der syr. Vebersetzungen griechi- 
scher Klassiker, Leipzig, l°partie, 1880; « e partie, 1881. 

3. Ass£mani, B. 0., Ill, part. 1, 147; Retun, De philosophia peripate- 
tica, p. 29. 



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250 I,A PHILOSOPHIE ARISTOTfiLIENNE. 

le traite sur la logique de Paul le Perse adresse au roi 
Chosroes Anoschirwan. Paul ie Perse vivait au milieu 
du VI siecle*. « II brilla, ditBarhebrseus 2 , autant dans 
les sciences ecclesiastiques que dans la philosophie 
profane, et il composa une admirable introduction a la 
logique. II avait esp^re devenir metropolitan! de la 
Perse, mais, n'ayant pas r&ini les suffrages de ses 
concitoyens, il se convertit, dit-on, a la religion des 
mages. » Son livre est intitule Traite sur la logique 
d'Aristote le philosophe, adresse au roi Chosroes. II 
a ete publie avec une traduction latine et des notes 
par M. Land 3 . 

C'est sans doute aussi de la philosophie d'Aristote 
que traitait le Livre des questions grecques que com- 
posa vers la meme 6poque le p^riodeute Boud, plus 
connu chez nous pour sa traduction des contes de 
Kalila et Dimna. Ce livre portait le singulier titre 
d'Aleph Migin 4 , 

Ahoudemmeh, metropolitain Jacobite de Tagrit (559), 
composa plusieurs ouvrages philosophiques : le Livre 
des definitions de tous les sujets de la logique; un 
traitd sur le libre arbitre, sur l'&me et sur l'homme 



1. Cf. Labourt, Le christianisme dans V empire perse, Paris, 1904, 
p. 166. Paul le Perse est sans doute aussi l'auteur des Institute/, regu- 
laria divinse legis e"dites par Kihn, voir Labourt, ibid., p. 167. Un ms. 
syr. en la possession de M. Bedjan renferme un commentaire sur le 
tcsqI e^firjvetaq compose par Paul le Perse et traduit du perse en syria- 
que par Severe Sebokt, e"v6que de Kennesrin, voir A. van Hoon acker 
dans le Journal asiatique, juillet-aout 4900, p. 73, 4°. 

2. Qhron. eccl., II, p. 97. 

3. Anecdota syriaca, i. IV, texte, p. 1-32; traduction, p. 1-30; notes, 
p. 90-113. Renan aedite et traduit la premiere partie de l'lntroduction, 
Journal asiatique, 4 C serie, t. XIX, 1852, p. 312-319; De philosophia pe- 
ripatetica, p. 19-22. 

4. Assemani, B. O.j III, part. 1, 219. On a don ne" plusieurs explications 
de ce titre; M. Steinschneider y voit la corruption du grec to aXya 
/utyav, e'est-a-dire livre A des Mgtaphysiques d'Aristote. 



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LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 251 

considere comme microcosme ; un traite sur la com- 
position de Thomme en corps et en ame \ 

Au commencement du VII e siecle, le couvent de Ken- 
nesre,sur la rive gauche de l'Euphrate 2 , devint celebre 
par l'enseignement du grec qui y etait donne\ L'ev^que 
Severe Sebokt se iivra dans ce couvent, vers 640, a 
l'etude de la philosophic, des mathematiques et de la 
theologie. Les ms. du Muse'e britannique, Add. 14660 
et 17156, renferment quelques-uns des ouvrages philo- 
sophiques de cet eveque : un traite sur les syllogismes 
des Analytica priora d'Aristote, une lettre au pr^tre 
Aitilaha sur diffe'rents termes du UsqI €Q/Lii]vslag^ des 
fragments d'un commentaire sur le IIsqI sQ^rjvsiag; et 
une lettre au pe'riodeute Jonas pour expliquer quelques 
points de la Rhetorique d'Aristote 3 . 

Deux disciples de Severe Sebokt, Jacques d'Edesse 
et Athanase de Balad, continuerent la tradition de leur 
maftre dans les sciences philosophiques. 

Jacques d'Edesse est Tauteur d'un Enchiridion ou 
traite des termes techniques de la philosophic, qui est 
conserve dans le ms. Add. 12154 du Musee britanni- 
que. Wright 4 pensait qu'on pouvait aussi attribuer a 
cet auteur deux compositions m^triques sur des sujets 



4. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 492-193. Une partie du dernier ouvrage 
se trouve dans le ms. Add. 44630 du Mus6e brilannique, Wright, CataL, 
p. 802; il a ete public par F. Nau dans la Patrologia orientalis, t. Ill, 
fasc. I, Histoires d'Ahoudemmeh et de Marouta suivies du traite" d'A- 
houdemmeh sur Vtiomme, Paris, 4906. Dans ce traite" Ahoudemmeh men- 
tionne son precedent ouvrage sur Vhomme microcosme. Un autre traits 
sur Thomme consider comme microcosme est mis sous le nom de Mikael 
l'lnterprete dans un ms. du couvent de Notre-Dame des Semences, au 
nord de Mossoul, voir la Notice d'ADDAi Scher dans le Journal asiati- 
que, mai-juin 4906, p. 499. 

2. Le couvent de Kennesrin ou Keonesre se trouvait en face d'Euro- 
pus (Djerabis des Arabes), et avait et6 fond6 par Jean bar Aphtonia, 
comp. Hoffmann, Auszuge, p. 462, note 1260. 

3. Renan, De philos. peripat., p. 29-30; Wright, Catal, p. 4460-1463* 

4. Syriac literature, 2 e ed., p. 450. 



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252 LA PHILOSOPHIE ARISTOTfeLIENNE. 

de philosophie qui se trouvent dans deux ms. du Va- 
tican, n os 36 et 95, et que les manuscrits donnent sous 
le nom de Jacques de Saroug. On a cru pendant quel- 
que temps que Jacques d'Edesse avait traduit les Ca- 
Ugories et le IIsqI sQftrjvsiag d'Aristote. Wright a re- 
connu que la version des Categories 6tait de Sergius 
de Reschaina (voir ci-dessus p. 248, note 3); quant a 
la version du IJsqI hQfirjvslaq, M. Hoffmann a montre 
-qu'elle 6tait d'un autre auteur * . 

Athanase de Balad, qui devint patriarche des Jaco- 
bites en 684, s'etait retire dans le convent de Beit- 
Malka du Tour-Abdin, apres avoir Studie sous Severe 
Sebokt dans le couvent de Kennesre 2 . La il traduisit 
enj645 VIsagoge de Porphyre. Sa traduction est con- 
servee dans le ms. du Vatican 158 et dans des ms. des 
bibliotheques de Florence, Paris et Berlin, qui sont 
des copies du ms. du Vatican 3 . Le ms. Add. 14660 du 
Mus6e britannique contient une traduction, faite par 
le m£me Athanase, d'une autre Isagoge d'un auteur 
grec anonyme. 

A la seconde moitie du VII e siecle ou a la premiere 
moiti£duVIII e appartient, selon M. Baumstark(o/>. cit.> 
p. 223 etsuiv.), le commentaire de l'Anonyme du Vati- 
can (cod. 158, f . 107a-129a) , dont l'auteur est peut- 
&tre un moine jacobite du couvent de Kennesre. Ce 
commentaire n'est qu'une compilation d'extraits d'an- 
ciens commentaires de Tlsagoge. M. Baumstark l'a 
publie avec une traduction en le comparant avec la ver- 
sion de l'lsagoge faite par Athanase de Balad pour 

1. De hermeneuticis apud Syros Aristoteleis, p. i7. 

2. BARHEBRiEus, Chron. eccl., I, p. 287. 

3. Reman, De philosophia peripatetica, p. 30; Aron Freimann, Die Isa- 
goge des Porphyrins in den syrischen Uebersetzungen, Berlin, 4897. 
M. Freimann a public dans son ouvrage le texte syriaque de Visa- 
goge". 



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LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 253 

les passages que cette version a fournis au commen- 
taire de l'Anonyme. 

Un disciple d'Athanase, Georges, nomme 6v£que 
des Arabes en l'ann^e 686, est connu par plusieurs tra- 
vaux dont le plus important est la version de YOrga- 
non d'Aristote. Le ms. Add. 14659 du Musee britan- 
nique a conserve une partie de cette version : les 
Categories, le IIsqI hQfirjvsiag et le premier livre des 
Analytiques divise en deux parties; chaque livre est 
precede d'une introduction et suivi d'un commentaire A . 
M. Hoffmann en a donn6 quelques extraits dans son 
ouvrage intitule De hermeneuticis apud Syros Aristo- 
teleisy p. 22. « Parmi les commentaires syriaques, dit 
Renan 2 , je n'en ai trouve aucun qui puisse lui 6tre 
compart au point de vue de importance de l'oeuvre 
et de la methode exacte de l'exposition; aucun autre 
ne devrait lui 6tre pr6fer6, si des savants songeaient 
a imprimer quelque partie de la philosophie des 
Syriens. » 

Barhebraeus 3 cite un commentaire de Moise bar 
Kepha sur la dialectique d'Aristote. 

Les travaux sur les definitions et les divisions logi- 
ques, procedant du commentaire de Jean Philoponus 
sur TlsagogS etquifurentinaugur£s par Ahoudemmeh 
(voir ci-dessus, p. 250), pen6trerent dans les couvents 
nestoriens. Enanjesu, au milieu du VII e siecle, com- 
posa un volumineux commentaire des definitions et 
divisions, dedie a son frere Jesuyab*. 

1. Renan, De phil. peripat., p. 33; Hoffmann, De hermeneuticis apud 
Syros Aristoteleis, p. 148-151. 

2. L. c, p. 33-34. 

3. Chron. eccl % , II, 815. 

4. Cf. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 144; Thomas de Marga, Hisloria 
monastica, ed. Budge, II, 11 (trad., I, 79); Baumstark, op. cit., p. 212. 
H. Baumstark a public des fragments de Ylsagoge d'apres Jean Philo- 
ponus tires du ms. du Vatican n° 158. 

LITTERATURE SYRIAQUE. 15 



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254 LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 

Abzoud, dans la seconde moitie du IX e siecle, ecrivit 
une poesie en vers de sept syllabes sur les divisions 
philosophiques, qui est adressee k son ami Kourta; 
elle est conserve dans le ms. de Berlin, n° 92, fol. 
120b a 124a \ 

Ebedjesu mentionne encore dans son Catalogue : 

Un commentaire sur les Analytiques par le patriar- 
che Henanjesu I, elu en 686, B. 0., Ill, part. I, 154. 

Un commentaire sur toute la dialectique par Aba 
de Kaschkar (Mar Aba II, 61u patriarche en 741?), 
B. 0. y III, part. I, 154 et 157 2 . 

Une introduction a la logique par Jesudenah, ev^que 
de Bassora vers la fin du VIII siecle, B. O., Ill, part. 
I, 195 3 . 

Un commentaire sur la dialectique par Denha, ap- 
pele aussi Ibas, qui vivait vers 850, B. 0.> III, part. I, 
175. 

Un manuscrit du couvent de Notre-Dame des Se- 
mences, au nord de Mossoul, renferme Les dix cate- 
gories par Jesubokt, mdtropolitain de Perse vers 800 4 . 

Ce sont les Nestoriens qui transmirent aux Arabes 
la philosophic grecque avec les autres sciences. Au 
premier rang se placent les c&ebres mddecins qui vi- 
vaient k Bagdad sous les califes Abbasides du IX C et 
du X e siecle. Honein, son fils Ishak et son neveu Ho- 
beisch, firent de nouvelles traductions syriaques et 

4. Cf. Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 189; Baumstark, op. cit, p. 212. 

2. Dans le premier de ces passages Mar Aba est d6sign6 sous le nom 
d'Aba de Kaschkar, et dans le second, sous celui d'Aba bar Berik-Sebya- 
neh, comp. Wright, Syriac literature, 2 e 6d., p. 187. Addai Scher, Revue 
de VOrient chre"tien, 1906, p. 9, n° IX, place Aba de Kaschkar au VI 9 siecle. 

3. On ne peut conclure avec Assemani de la notice d'Ebedjesu con- 
cernant le patriarche Sourin, B. 0., Ill, part. I, 169, que ce patriarche 
ait 6crit sur la logique d'Aristote, comp. Renan, De philos, peripat., 
p. 37. 

4. Voir la Notice d'ADiui Scher dans le Journal asiatique, mai-juin 
1906, p. 499, cod. 52. 



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LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 255 

arabes qui comprenaient toute la philosophic peripate- 
ticienne etne se bornaient pas, comrae les travaux des 
Syriens anterieurs, a VOrganon*. Zacharie de Merv, 
ou Abou Yahya al-Marwazi, ecrivit Sur la logique 2 . 

C'est probablement vers le milieu du X e siecle que 
fut ecrit le volumineux Livre des definitions de Bazoud, 
qui est conserve dans un ms. de Berlin. Ce Bazoud ne 
doit pas &treconfondu avec Abzoud, dont il a ete parle 
plus haut, comme M. Hoffmann 6tait port6 ale croire ; 
et il ne peut 6tre identifie avec Mikael Tlnterprete, 
sous le nom duquel le Livre des definitions est mis 
dans un ms. de Hndia Office de Londres, comme 
M. Hoffmann l'a remarqu^ 3 . Le livre de Bazoud est 
par lui-m£me de mince valeur, mais il a de l'inte- 
rdt pour les ouvrages perdus qu'il nous a transmis en 
partie. C'est le jugement qu'en porte M. Baumstark, 
qui a publie, avec une traduction, des fragments de ce 
commentaire, une compilation formee d'extraits d'an- 
ciens commentaires de l'lsagoge. En 6ditant le texte, 
M. Baumstark a vGrifie sur la version de l'lsagoge 
par Athanase de Balad, les passages que le commen- 
taire a empruntSs k cette version. 

Denys bar Salibi ecrivit en 1148 un commentaire 
sur l'lsagoge de Porphyre et sur les Categories, le 
HsqI eQMveiag et les Analytiques d'Aristote 4 . 

4. Reman, De philos. peripat,, p. 62. Suivant Barhebncus, Honein tra- 
duisit du grec en syriaque le livre de Nicolas sur la somme philoso- 
phique d'Aristote ; Assemam, B. 0., II, 270-272. 

2. Kitdb al-Fihrist, 6d. Fldegel, Leipzig, 1871, p. 263; Ibn Abi Ousei- 
bia, ed. Mueller, Koenigsberg, 1884, 1, 234-235. 

3. G. Hoffmann, De hermeneuticis apud Syros Aristoteleis, p. 454; 
Opuscula nestoriana, p. xxi et suiv. ; Baumstark, op. cit., p. 213. Le 
Livre des definitions de Mikael l'lnterprete existe dans un ms. du cou- 
vent des Ghaldeens de Notre-Dame des Semences, voir la Notice d'An- 
dai Scher dans le Journal asiatique, mai-juin 4906, p. 499; et dans 
Revue de VOr. chr., 4906, p. 16, ou Mikael est mis a la fin du VI 4 s. 

4. Un ms. a Cambridge, Catal.de Wright et Coos, p. 1009, I; cf. As- 
semaki, B. O., II, p. 210. 



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256 LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 

Le second livre des Dialogues de Jacques bar Scha- 
kako, qui devint evSque sous le nom de Severe (-J- 1241) , 
traite de la philosophic Le premier dialogue est spe- 
cialement consacre a la logique qui est resumee dans 
cinquante-deux questions. Le second dialogue est di- 
vise en cinq sections reparties de la maniere suivante : 
1° les definitions et les divisions de la philosophie; 
2°Tethique; 3° la physique et la physiologie; 4° les 
mathematiques ; 5° la metaphysique et la theologie * . 
Jacques ou Severe bar Schakako apparait a la fin de la 
decadence scientifique et, comme Barhebraeus, cher- 
che a maintenir dans les ecoles chretiennes la science 
du passe, au moyen de compilations. Severe ne puise 
pas directement dans le commentaire de l'lsagoge 
fait par Etienne d'Alexandrie, mais il utilise un 
compendium syriaque qui s'etait servi de ce commen- 
taire 2 . 

Barhebraeus cl6t la serie des Syriens Jacobites qui 
ecrivirent sur la philosophie d'Aristote. Utilisant les 
travaux des Arabes, il embrasse toute cette philoso- 
phie 3 . Son Livre des pupilles des yeux 9 i&JL&f \lL» y 
comprend une introduction sur lutilite de la logique 
et sept chapitres consacres a Vlsagoge de Porphyre, 
aux Categories, qluIIsqI ig/LiTjvslag, auxAnalyticapriora, 
aux Topiques, aux Analytica posterior a etauxSophis- 
tiques. Le Livre de Ventretien de la Sagesse, ;&*»; j^L> 
ii*La> est un abrege de la dialectique, de la physique 
etdela metaphysique ou theologie. Le livre intitule 

1. Manuscrits au Mus6e britannique, a la Bodl&enne, a Berlin et a 
Goettingue. 

2. Cf. Baumstark, op. ciL, p. 182 et suiv. M. Baumstark a public ettra- 
duit plusieurs extraits des Dialogues, dont un du livre II, section 4, 
avait deja et6 £ditepar Ruska, voir notre numero suivant,S 5, Les ma- 
thematiques. Ces extraits reprodnisent les fragments du commentaire 
d'JStienne d'Alexandrie qui se trouvent dans les Dialogues. 

3. Reman, De philosophia peripat., p. 64 et suiv. 



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LA PHILOSOPHIE ARISTOTfiLIENNE. - 257 

La crhne de la science * y jEooai iol, est une vaste ency- 
clopedic renfermant la philosophic peripateticienne tout 
entiere, et sert aujourd'hui aux Syriens, dit Renan, de 
somme de la philosophic II est divise en trois parties 
dont la premiere comprend dans neuf livres : Ylsagoge, 
les Categories, le Ilcpt eQfi^vsiag, les Analytica prior a, 
les Analytica posteriora,\a. dialectique, lasophistique, 
la rhetorique et la poetique. La seconde partie ren- 
ferme huit traitessur la physique, leciel etl'univers, les 
meteores, la generation et la corruption, les mineraux, 
les plantes, les animaux et Tame. La troisieme partie 
est consacree alametaphysiqueet a la theologie, a l'e- 
thique, l'economie etla politique. Unabrege de ce grand 
ouvrage est intitule Le commerce des commerces, 
ji&Jil*J. Ici, comme dans laplupartde ses traites scien- 
tifiques, Barhebraeus n'apporte aucune idee nouvelle 
ou origin ale ; son ceuvre est celle d'un 6rudit qui a beau- 
coup lu et beaucoup retenu et qui dispose ses mate- 
riaux avec methode. A cette classe de ses eerits appar- 
tient aussi, dit Wright, un poeme rim£ sur Udme 
selon les vues des Peripateticiens, dont la rime est 
form£e par la lettre schin, ainsi que sa traduction 
syriaque des Theor ernes et avertissements d'Avicenne 
et de La creme des secrets de son contemporain Athir 
ad-Din Mofaddal 2 . Ajoutons encore avec Renan 3 un 
autre poeme rime de Barhebraeus sur la sentence de 
Socrate : « La loi est bonne, mais la philosophic est 



1. Dans Ass4mani, B. 0., II, 270, cet ouvrage est designe sous le nom 
de Livre de la Science des Sciences. 

2. Wright, Syriac literature, 2 ft Edition, p. 270;comp. Assemani, B.O., 
II, 268. Les oeuvres philosophiques de Barhebraeus se trouvent dans 
des manuscrits des principales bibliotheques de l'Europe. Barhebraeus 
a 6crit aussi en arabe un traits sur Tame qui a 616 edite par le 
P. Cheirho dans Al-Machriq, Beyrouth, 1898, n° 16 et suiv. 

3. De philosophiaperipatetica, p. 67. 



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258 VERSIONS SYRIAQUES 

meilleure ». La rime est formee par la desinence aiv 
de mots grecs. 

Chez les Nestoriens, les etudes philosophiques ces- 
serent avec Ebedjesu qui, a la fin de son catalogue, 
donnela liste de ses propres oeuvres. Ces oeuvres com- 
prennent un livre des mysteres des philosophes grecs 
et douze traites sur toutes les sciences 4 , qui semblent 
perdus. 

§ 3. — Autres versions syriaques de la philosophie 
grecque. 

Nous avons parle sous le paragraphe precedent des 
versions syriaques des oeuvres d'Aristote. Les Syriens 
possedaient encore des traductions d'autres ouvrages 
de la philosophie grecque, dont la plupart nous sont 
parvenues dans des manuscrits du Musee britannique 
et ont ete ^ditees par Land, Anecdota syriaca, I, p. 64 
et suiv. ; Paul de Lagarde, Analectasyriaca, etSachau, 
lnedita syriaca*. 

La litteraturegnomiqueavaitun charme special pour 
les Syriens qui ontreuni des sentences morales et phi- 
losophiques dans diverses collections sous les noms 
de Pythagore, Platon, Theano, Menandre, le pape 
Sixte, etc. Les sentences de Pythagore ont ete editees 
par Lagarde, Anal, syr., p. 195-201; titre : Traite de 
Pythagore; sentences que le philosophe Pythagore 
prononca sur la vertu et qui, par leur valeur, ont la 



1. B. O., Ill, part. I, p. 360. 

2. Renan a le premier fait connaitre ces traductions dans sa Lettre & 
M. Reinaud sur quelques ms. syr. du Musee britannique, publiee dans 
le Journal asiatique, 4 e s6rie, 4832, t. XIX, p. 293 et suiv. Dans cette 
lettre Renan avait egalement indique' les versions syriaques de la philo- 
sophie p^ripateticienne, dont il a repris Texamen dans sa these Ratine 
De philosophia peripatetica apud Syros. 



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DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE. 259 

bedute de Vor. Gildemeister a reconnu que Ja collec- 
tion syriaque de ces sentences procede de la m6me re- 
daction que la collection grecque de Demophilus ; il a 
recherche et reproduit les sentences grecques corres- 
pondant au syriaque { . 

Les ecrits attribues a Platon comprennent trois 
courts morceaux (Sachau, Inedita syriaca, p. 66-70). 
Le premier contient des definitions platoniciennes deri- 
vees, en grandepartie, des "Oqoi, mais dans une recen- 
sion differente; ces definitions ont aussi quelques rap- 
ports avecles Definitions de Secundus et d'Epictete dans 
Orelli, Opuscula veterum Grsecorum moralia et sen- 
tentiosa, I, 227, 230 2 . Le second morceau est intitule 
Preceptes de Platon a son disciple; il est redige sous 
forme de dialogue, etil est rempli d'idees chretiennes 3 . 
Le troisieme, dum^me genre, donne des definitions de 
la foi, de Dieu, de la charity, de la justice et de la vertu. 
Les Preceptes de Platon ont ete traduits en anglais 
par Cowper (Syriac Miscellanies , Londres, 1861). 
M. Sachau a £mis l'hypothdse que Sergius de Re- 
schaina £tait l'auteur de la version syriaque de ces 
textes 4 ; une etude critique qui reste a faire montrera 
si cette version presente reellement le caract&re des 
traductions de Sergius. 

La petite collection, intitulee Conseils de Theano, 
philosophe pythagoricienne y a 6t6 editee par M. Sa- 
chau (Inedita syr., p. 70). Les sentences attributes a 
cette femme philosophe ne se retrouvent pas, a 1'ex- 

1. Comp. Renan, Lettre a M. Reinaud, p. 303; Gildemeister, Hermes. 
1869, t. IV, p. 81 ; Wright, Journal of the royal asiatic Society, New 
series, vol VII, part. 1, 1874, Appendix, p. 5. 

2. Sachau, Inedita syriaca, p. iv; Renan, Lettre a AT. Reinaud, p. 307. 
* 3. Renan, Lettre a M. Reinaud, p. 308. Renan ajoute ; • Le manuscrit 

syriaque 159 du Vatican contient aussi des preceptes apocryphes de 
Platon a son disciple, en carschouni, diffe rents de ceux-ci. » 
4. Hermes, 1870, t. IV, p. 78. 



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2G0 VERSIONS SYRIAQUES 

eeption d'une seule, dans les ecrits grecs publies sous 
le noin de Theano. 

Cette collection est suivie, dans T6dition de M. Sa- 
chau, des Sentences des philosophes sur Vdme { ; des 
Conseils des philosophes et de la Vie du philosophe 
Secundus. La vie de Secundus est incomplete dans la 
version syriaque ; elle s'arr&e apres la definition de la 
mort; c'est une recension diflterente du texte grec 
connu. 

M me Lewis a publie dans Studia Sinaitica, n° 1, 
Londres, 1894 : Les discours des philosophes sur 
I'dme, p. 19-26, et Les sentences des philosophes, 
p. 26-38, qui proviennent du Xdyog tisqI ipvxfjg de Gre- 
goire le Thaumaturge (Patrol gr., X, 1140), ainsi que 
V. Ryssel Fareconnu 2 . 

Un manuscrit de la bibliotheque de New-College 
d'Oxford contient aussi des maximes de Psellus, Theo- 
erite, Anaxagoras, Protagoras, Theano et Timachus, 
dont quelques-unes se trouvent dans les Sentences 
sur I'dme 3 . Un manuscrit de la bibliotheque de Du- 
blin a des sentences de plusieurs philosophes grecs 4 . 

•Les sentences de Menandre sont conserves dans 
deux ms. du Musee britannique, Tun est le fameux 
ms. Add. 14658, du VII e siecle, qui renferme une grande 
partie de la logique et de la philosophie syriaque ; 
l'autre est le ms. Add. 14614, du VIII e siecle. Le pre- 

1. Comp. Hermes, 1869, t. IV, p. 72et78. Ces sentences on teHe" tradui- 
tes en anglais par Cowper, Syriac Miscellanies* p. 43 et suiv., et en al- 
lemand par Ryssel, Rheinisches Museum f. Philologie,neue Folge, 4895, 
LI, p. 532; cf. Max Iiim, ibid., LII, p. 143. 

2. Rheinisches Museum f. Philologie, neue Folge, LI, p. 318 ; Theol. 
Litter aturzeitung, 1896, p. 60. Ryssel en a donn6 une traduction alle- 
mande, Rheinisches Museum, LI, p. 4 et p. 532. 

3. Publtees parSACHAu, Inedita syr.,\). v-vn, et traduites en allemand 
par Ryssel, Rheinisches Museum f. Philologie, n. Folge, LI, p. 549. 

4. Wright. The book of Kalilah and Dimnah, Oxford, 1884, Preface, 
p. IX. 



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DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE. 261 

mier rapporte cent cinquante-trois sentences, qui ont 
et£ publiees par M. Land, avec une traduction latine et 
des notes critiques * . Le second n'a que dix-huit nume- 
ros qui, sauf les deux premiers, se retrouvent dans la 
premiere collection ; ce petit recueil a ete publie par 
M. Sachau, Inedita syriaca, p. 80. M. Baumstark, qui a 
6tudie les deux recueils publies par Land et Sachau et 
qui a traduit en allemand le texte syriaque 2 , estime que 
le recueil Land a 6t6 interpol6 et augmente par un au- 
teur maladroit, qui etait anterieur au compilateur du 
ms. Add. 14658. Les interpolations proviendraient du 
document qui a fourni le recueil Sachau. Les premiers 
critiques qui se sontoccup£s de cette collection croyaient 
qu'elle nous avait conserve des extraits des comedies 
de Menandre qui sont presque enti&rement perdues. 
M. Baumstark admet qu'il circulait, deja au milieu du 
IV e stecle, deux florileges des sentences de Menandre ; 
il laisse indecise la question si ces florileges ont ete 
traduits d'originaux grecs ou s'ils ont 6t6 tires 
des fables d'une nouvelle comedie de Menandre 
traduite integralement en syriaque (I). Mais M. Fran- 
kenberg qui a repris l'etude de ces sentences dans la 
Zeitschr. fur die alttest. Wissenschaft, 1895, XV, 
p. 226, y voit un produit de la litterature juive. Sa 
these est fondee sur la comparaison d'un certain nombre 
de ces sentences avec celles que Ton trouve dans le 
livre de Sirach et dans le livre des Proverbes. 

Les sentences mises sous le nom du pape Sixte ne 
sont autres que les sentences du philosophe Sextus, 
dont Toriginal greca 6t& retrouvS et publie en 1892 par 



4. Anecdota syriaca, t. I, texte, p. 64; traduction, p. 158; notes, 
p. 198. 

2. Lucubrationes syro-grsecee, Leipzig, 1894, dans le Supplement XXI 
des Annates philosophiques, p. 257-524. 

15. 



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202 VERSIONS SYRIAQUES 

A. Elter. Elles ont ete traduites en syriaque dans deux 
versions, qui sont reunies dans un seul recueil et qui 
forment deux collections auxquelles a ete ajoutee une 
troisieme collection de sentences. Ce recueil, intitule 
Paroles choisies de Mar Xystus, evique de Rome, a 
ete publie par Paul de Lagarde (Analecta syriaca, 
p. 2-31) et traduit en allemand par Gildemeister et 
Ryssel 4 . 

Romanus, un medecin et un moine du couvent de 
Kartemin, qui devint patriarche en 887, sous le nom 
deTh^odose, estl'auteur d'une collection de centdouze 
maximes pythagoriciennes, qu'il traduisit, en grande 
partie, du grec en syriaque, et auxquelles il ajouta de 
courtes explications en syriaque et en arabe. M. Zoten- 
berg en a donne une savante Edition, avec une traduc- 
tion frangaise, dans le Journal asiatique, 1876, septieme 
serie,t. Vlll,p. 425 etsuiv.«Quelques-uns des 2vp6oXa 
JJvOayoQixd qui nous ont 6te transmis par les auteurs 
grecs, remarque Pediteur, se retrouvent, litteralement 
traduits, dans notre texte syriaque. Un certain nombre 
de ces sentences ont passe du syriaque en arabe et se 
retrouvent dans les recueils publics par Scaliger, Er- 
penius et Freytag, etaussi dans VHistoire des medecins 
d'Ibn Abi Ouseibia 2 ». 

Une petite collection de sentences attributes aux 
philosophes grecs est conserve dans le ms. syr. 135 
du Vatican. Elle porte le titre de « Discours des philo- 
sophes pour celui qui veut posseder en lui une bonne 
patience 3 ». 

i. Gildemeister, Sexti sententiarum recensiones latinam, grsecam, 
syriacam conjunctim exhibuit..., Bonn, 1873; V. Ryssel, Zeitschr. fur 
wissenschaft, Theologie, 1895-1897; Rhein. Museum fur Philologies neue 
Folge, LI, 189S. Les travaux antgrieurs publics sur ce sujet, sont cites 
dans les articles de Ryssel. 

2. Zotenberg, op. cit., p. 433-434. 

3. Elle a e*te 6ditee par Guidi, Rendiconti della R. Accademiadei Lin 



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DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE. 563 

L 'apologue appartient, en quelque sens, a la litera- 
ture gnomique. Nous mentionnerons a cette place la 
version syriaque (Tune recension des fables d'Esope, 
que Wright place entre les IX e et XI e siecles*. Lands- 
berger a 6dite un texte de cette version retouche par un 
auteur juif, sous le titre de Die Fabeln des Sophos, 
syrisches Original der griechischen Fabeln des Synti- 
pasy Posen, 1859. L'editeur croyait retrouver dans ce 
texte un original syriaque, mais Geiger a etabli que le 
mot Sophos etait une alteration d'Esophos, Esope 2 . 
, D'autres manuscrits portent Josiphos, « Joseph », qui 
est une autre corruption du m6me nom. Une seconde et 
meilleure edition a et£ publiee par Samson Hochfeld 
avec une introduction critique : Beitrage zur syrischen 
Fabellitteratur, Halle, 1893. Hochfeld place au 
VU e siecle la recension £ditee par Landsberger 3 . 

Du m&me genre sont les huit fables que Roediger a 
publtees dans sa Chrestomathia syriaca, 2 e ed., Halle, 
1868, p. 97, d'apres unms.de Berlin ouellessont ins6- 
rees dans Uhistoire de Joseph et du roi Nabuchodo- 
nozor; et les trois fables imprimees par Wright 4 . 

Nous citerons encore Le livre des contes amusants y 
\&z4g* V&s \&* de Barhebraeus, quoique cet ouvrage 
ne derive pas du grec et n'ait aucune pretention au 
titre de livre philosophique. Les premiers chapitres 

cei, juin 1886, p. 554-556. Cf. Le ms. Add. 2012 de Cambridge, Catal. 
Wright et Cook, p. 536, n° IX. 

1. Syriac literature, 2 e 6dit., p. 241. 

2. Dans la Zeitschr der dent, morgenl. Gesellschaft, 1850, t. XIV, 
p. 586 et suiv. 

3. Cf. aussi Gismondi, Linguae syriacse Grammatica, Beyrouth, 1900, 
Chrestom., p. 7-18. 

4. Wright, Journal of the royal asiatic Society, 1874, vol. VII, part I, 
Appendix, p. 4; The Book of Kalilah and Dimnah, Preface, p. ix-x ; 
comp. Hochfeld, Beitrdge zur syrischen Fabellitteratur, Halle, 1893 ; 
Sachau, Verzeichniss der syr. Handschriften, Berlin, 1899, p. 266, 439, 
725; Wright et Cook, Catal. des ms. de Cambridge, Add. 2020, p. 585 
et586. 



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264 VERSIONS SYRIAQUES 

renferment des sentences des philosophes grecs, per- 
sans, indiens et juifs, des ascetes Chretiens et musul- 
mans. Le chapitre x donne un choix de fables d'a- 
nimaux, il est suivi de contes, dont quelques-uns d'une 
obscenite qui etonne de la part d'un ev&que ; Fauteur 
s'en excuse; il a voulu, dit-il, &tre complet. Une col- 
lection des caracteres physiognomoniques d^crits par 
les philosophes forme le vingtieme et dernier chapitre. 
M. Morales a publie des extraits de cet ouvrage, avec 
une traduction allemande, dans la Zeitschr. der deut. 
morgenl. Gesellschaft, 1886, t. XL, p. 410 et suiv. J . 
M. Budge en a donne une edition complete a Londres 
en 1897, avec une traduction anglaise 2 . L'editeur a 
ajoute quelques poesies de Barhebraeus sur la morale 
et une elegie sur la mort du patriarche Jean bar Ma- 
dani, jqui est un des plus beaux morceaux de la lite- 
rature syriaque de la derniere epoque. 

On a attribue a tort a Barhebraeus un livre arabe 
intitule U&loignement du souci 3 . 

Revenant aux traductions syriaques de la philoso- 
phic grecque, nous rencontrons : un dialogue sur 
r&me entre Socrate et Erostrophos (Analecta syr., 
p. 158) ; un traite sur T&me [Stadia Sinaitica y I, p. 19) ; 
le discours d'lsocrate a Demonicus [Anal. syr. 9 p. 167- 
177); un traite JJsqI doxTJoscoq ou De exercitatione, 
attribu6 k Plutarque [Anal, syr., p. 177-186) ; le traite 
de Plutarque contre la colere, RsqI doQy7jaiag (Anal. 



1. Quelques specimens son t imprimis dans la Chrestomathia syriaca 
de Kirch et Bernstein, 2« 6d., Leipzig, 1836, p. 1-4. Assemam avait fait 
connaitre le titre des chapitres, B. 0., II, p. 306. 

2. The laughable Stories collected by Mar Gregory John Bar-Hebrseus. 

3. Assemani, B. 0., II, p. 268 et 272. Un ms. a Berlin, Catal. Sachau, 
n° 195, p. 631, et a Paris, syr. 274; cet ouvrage est d'Elias de Nisibe 
et non pas de Barhebraeus ; il n'a rien de commun avec Le livre des 
contes amusants. Cest un livre de morale comprenantdouze chapitres; 
il enseigne la maniere d'acqugrir la paix de Tame. 



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DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE. 265 

syi\, p. 186-195) ; le traite-de Lucien contre la calom- 
nie, IIsqI rov f*7j gadlwg mareveiv SiaSoXrj (edit6 par Sa-r 
chau, Inedita syriaca, p. 1-16) ; un traits de Themis- 
tius IIsqI aQSTTJg, qui n'est pas connu en grec (Ined. 
syr.y p. 17-47); le traits de Themistius JJsqI yiXiag, 
(Ined. syr. y p. 48-65). 

Le dialogue entre Socrate et Erostrophos ne corres- 
pond k aucun des dialogues Platoniques, mais il est 
evidemment, dit Renan, de la famille de ces dialogues 
supposes, tels que l'Eryxias, 1'Axiochus, le Minos, 
THipparque*. 

Les versions du discours d'Isocrate k Demonicus, 
observe M. Ryssel 2 , et du traits de Lucien sur la ca- 
lomnie sont libres plutdt que lit te rales. « Les grandes 
omissions, ajoute M. Ryssel 3 , que pr^sente la version 
du discours d'Isocrate, comparee avec les ms. grecs, 
sont d'une telle importance qu'il n'est pas impossible 
que le texte grec du discours, dont Tauthenticite est 
mise en doute par plusieurs savants, procede d'une 
recension postSrieure; dans ce cas, la forme de cette 
recension tardive differerait des autres discours d'lso- 
crate reconnus authentiques, parce que le reviseur 
effagait dans maints endroits, sans se gener, le carac- 
tere styliqued'Isocrate. La traduction syriaque remon- 
terait dans cette hypothese, a une forme plus archai- 
que de l'original ; la preuve en serait 1'omission de 
phrases sans importance et non necessaires. La version 
du traite de -Lucien contre la calomnie est du meme 
genre ; ce n'est pas une traduction litt6rale ; elle omet 



1. Lettre a M. Reinaud, p. 299. Ryssel en a fait une traduction alle- 
mande dans le Rheinisches Museum f. Philologie, neue Folge, XL VIII, 
485; cf. ibid., LI, 4. 

8. Ueber den textkritischen Werth der syr. Uebersetzungen, Leipzig, 
1880-1881, I, p. 4. 

3. Ibid., II, p. 44. 



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266 VERSIONS SYRIAQUES 

des mots et des phrases avec Tintention de rendre la 
pensee plus claire et plus transparente, ou elle para- 
phrase et ajoute avec la preoccupation d'exprimer plu- 
t6t le sens des phrases que le sens des mots. La m6me 
caracteiistiquepeut 6tre aussidonneedu-texte syriaque 
du IIsqI cpiUaq, qui est plus court que le grec ' . » 

A la classe des versions qui sont des remaniements 
plut6t que des traductions d'un original grec, appar- 
tiennent : le traite* de Plutarque IIsqI doQyTjoiag et, sans 
doute aussi, le traite IIsQi doxrjoswq, attribue k Plu- 
tarque et dont le grec ne s'est pas retrouve 2 . Leplus 
sou vent le traducteur prend, comme base de son tra- 
vail, les pensees de Plutarque et construit avec elles 
un nouvel ouvrage ; ces versions sont de peu d'utilit6 
pour la critique du texte grec. 

M. Baumstark qui, apres Gildemeister et Ryssel, a 
examine* ces versions, arrive a des conclusions ana- 
logues, mais un peu differentes 3 . 11 croit y recon- 
naitre la maniere de traduire propre a Sergius de 
Reschaina; ce serait done des traductions de ce celebre 
interprete 4 . Pour expliquer, d'un c6t£, les divergen- 
ces que ces versions pr^sentent entre elles, et, d'un 
autre c6t6, les erreurs et les lacunes qu'elles contien- 
nent, M. Baumstark admet des revisions ulterieures : 
un premier reviseur, peii de temps apres la mort de 



1, Le syriaque s'arrete a la p. 279 de l'6dition de Petavius et a la 
p. 328, 1. 12, de Petition de W. Din dor f. 

2. Ryssel, Ueber den textkritischen Werth, etc., I, p. 4; II, p. 5. 
Com p. Gildemeister, Rheinisches Museum fur Philologie, neue Folge, 
t. XXVII, p. 520 et suiv. Gildemeister et Buecheler ont public dans ce 
volume une traduction allemande du texte syriaque du He^l aoxtjoeuyg 
et du Uegl ao^pjatag. 

Z.Lucubrationet syro-grsecse, Leipzig, 4894, dans le supplement XXI 
des Annates philologiques, p. 405 et suiv. 

4. M. Sachau, Hermes, 1870, vol. IV, p. 78, avait deja e*mis la m&ne 
conjecture pour la plupart des versions mentionnees ci-dessus. 



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DE 1A PHILOSOPHIE GRECQUE. 267 

Sergius, aurait remanie le discours d'Isocrate a De- 
monicus ; un second aurait retravailte les versions de 
Lucien et de Themistius ; un troisieme serait l'auteur 
des profondes modifications subies par le texte sy- 
riaque des traites de Plutarque. L'apparat critique sur 
lequel est basee cette hypothese est solidement etabli, 
mais en pareille occasion, une preuve convaincante 
est impossible. 

La version du traite de Plutarque sur les avantages a 
tirer de ses ennemis [De capiendo, exinimicis utilitate) 
rentre dans la m£me classe des traductions syriaqires. 
Elle se trouve avec les versions du IIsqI doxrjoscog et du 
IIsqI doQyrioiag dans le ms. du Sinai' qui a fourni a 
M. Rendel Harris le texte syriaque de YApologie 
d'Aristide (voir ci-dessus, p. 155). M. Nestle Fa pu- 
blic avec une traduction anglaise dans les Studia 
Sinaitica, n° IV, sous le titre de A tract of Plutarch 
on the advantage to be derived from ones enemies, 
Londres, 1894. M. Nestle incline a voir ici la m6me 
main qui a traduit le TIsqI doQyrialag et le IIsqI aQsrrjg. 
M. Ryssel, qui a traduit cette version en allemand, 
ne reconnait pas le caractere des traductions de Ser- 
gius, Rhein. Museum, neue Folge, LI, 1896, p. 1 et 
suiv. Comp. Nceldeke, Zeitchr. der deut. morgenl. 
Gesell., XLIX, p. 324; Franz Cumont, Revue de Phi- 
lologie, 1895, p. 81. 

M. Gottheil a publie des fragments d 7 une version 
syriaque d'Apollonius de Tyane, Zeitschr. der deut. 
morg. GeselL, 1892, XL VI, p. 466. 



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XV 



LES SCIENCES CHEZ LES SYRIENS. 



§ 1. — La m6decine. 

La m^decine fut particulierement cultivee par les 
Syriens, qui s'acquirent en Orient une grande notoriete 
dans cette science. Barhebrseus rapporte dans sa chro- 
nique syriaque * que, lorsque Sapor fonda la ville de 
Gondesapor, il fit venir dans cette ville des medecins 
grecs, qui introduisirent en Orient la medecine d'Hip- 
pocrate 3 . « II y eut aussi, ajoute-t-il, des nxedecins 
syriens qui devinrent illustres, tels que Sergius de Re- 
schaina, Atanos (?) d'Amid 3 ; Philagrius, Simeon de-Tai- 
bouteh, Gregoire l'ev^que, Theodose le patriarche, 

1. Ed. Brcns et Kirsch, p. 62; 6d. Bedjan, p. 57. 

2. Suivant Tabari (Noeldeke, Geschichte der Perser... Tabari, Leide, 
1872, p. 67), Sapor fit venir de l'lnde un m£decin qu'il 6tablit en Susiane 
a Karka de Beit-Lapat (ou Gondesapor), et c'est de ce mSdecin que les 
Susiens tenaient leurs connaissances me'dicales. 

3. Pn^of ^oojL^f, cette orthographe ne se pr£te pas a la lecture 
d'Athanase d'Amid.Athanase, nomme maphriend'Amid par le patriarche 
Theodose, en 887, n'est pas connu comme medecin, en outre la place 
que Barhebrseus assigne a tdoco&f dans son enumeration ne permet pas 
de considerer celui-ci comme un contemporain de The'odose. Nous ne 
savohs rien non plus des medecins Philagrius et Gregoire nomm£s dans 
cette notice. Grigoire V&vSque, a cause de la place qu'il occupe, ne 
peut designer Barhebrseus, qui fut un des medecins du sultan a Alep 
en i263, Chron. eccl., I, 747. 



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270 LA MfiDECINE. 

le celebre Honein, fils d'Ishak, et beaucoup d'autres 
apres ceux-ci. lis £taient tous syriens, mais Aaron le 
pr&tre n'^tait pas syrien ; son livre fut traduit du grec 
en syriaque par Gosius d' Alexandria » 

Sergius, le medecin en chef de Reschaina, traduisit 
une partie des oauvres de Galien. Le manuscrit Add. 
14661 du Mus6e britannique contient les livres Vl-VIII 
du Traite des simples y JJbqI xQaaeaivrsxal^vvd^ewv rcSv 
dnXwv (paQfitdxwv. Chaque livre est precede d'une courte 
introduction de Sergius, adress^e au pr^tre Theodore, 
et d'une liste des noms des plantes qui y sont trait^es 
avec leurs equivalents en syriaque. Si le manuscrit est 
reellement du VI e ou du VII e siecle, comme Wright 
le pensait Von devra consid^rer comme ajoutees apres 
coup les gloses arabes qu'il contient. M. Merx a public 
des extraits de cette version dans la Zeitschrift der 
deut. morg. Gesellschaft, 1885, t. XXXIX, p. 237 et 
suiv. Le ms. Add. 17156 renferme des fragments de 
L'art medical etdes Facultes des aliments de Galien 2 ; 
ces fragments ont 6t6 6dites par M. Sachau, Inedita 
syriaca^ p. 88-97. Les traductions de Sergius ont ete 
reviseesau IX e siecle par Honein ibn Ishak 3 . Cette re- 
vision ne nous est pas parvenue, mais le lexique syria- 
que de Bar Bahloul, qui cite Sergius, rapporte quel- 
quefois les nouvelles explications de Honein 4 . 

Le Gosius qui, selon la notice de Barhebrseus, tra- 
duisit en syriaque le Syntagma medical du pr6tre et 
medecin Aaron d'Alexandrie, a 6te identifie avec Ge- 



1. Catal., p. 1187. 

2, Wricht, Catal., p. 1188. 

3. Voir IbnAbi Ocseibia, I, 204. 

4, Immanuel Loew, Aramseische Pflanzennamen, Leipzig, 1881, p. 18. 
Gottiieil a publie et traduit en anglais un petit recueil de remedes 
derive" de Galien : Contributions to syriac Folk-medicine dans le Jour- 
nal of the American Oriental Society, XX, 1899, p. 145. 



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LA MfiDECINE. 271 

sius Petaeus qui vivait au temps de l'empereur Z6non 4 . 
Dans un autre passage (Histoire des Dynasties, ed. 
Pocock, p. 158; ed. Salhani, p. 157), Barhebraeus 
ajoute que le recueil d' Aaron se composait de trente li- 
vres, aux quels Sefgius ajouta deux autres livres. 
M. Steinschneider considere cette assertion comme 
erron^e ; l'auteur des deux livres additionnels est le 
traducteur arabe Massardjawihi ouMasardjis a . 

M. Pognon a publie et traduit en frangais une ver- 
sion syriaque anonyme des Aphorismes d'Hippocrate 
(Leipzig, 1903). * 

Simeon de-Taibouteh, qui ecrivait a la fin du VII e sie- 
cle, composa, outre des ouvrages asc^tiques, un livre 
sur la medecine 3 . Ce livre est cite dans le lexique sy- 
riaque de Bar Bahloul, mais il ne nous est parvenu. 

Nous ne possedons pas, non plus, le recueil medical 
de Romanus, devenuplus tard le patriarche Theodose. 
Barhebraeus nous apprend que ce recueil etait tres 
estime de son temps 4 . 

La pl&ade des c61ebres m^decins nestoriens de Bag- 
dad commence avec Georges Boktj^su, qui se fit con- 
naitre a Gond^sapor, et que le calife Al-Mansour, le 
fondateur de Bagdad, manda aupres de lui dans la 
nouvellecapitale. Lafamille desBoktjesu s'illustra sous 
les califes qui suivirent. Gabriel bar Boktjesu, petit- 
fils de Georges, est l'auteur d'un Compendium arabe 
des oeuvres de Dioscoride, Galien et Paul d'Egine, cite 



1. Voir Baumstark, Lucubrationes syro-grsecse, note 60; maisLECLERC, 
Histoire de la midecine arabe, Paris, 1876, 1, p. 42, croit que Gesius 
vivait un siecle avant Gosius et ne doit pas etre confondu avec celui-ci. 

2. Steinschneider, Al-Farabi dans Memoires de VAcadimie des 
Sciences de Saint-Pitersbourg, 7 e sCrie, t. XIII, n° 4, p. 66 ; Leclerc, 
Histoire de la midecine arabe \ I, p. 79-80. 

3. Catal, fibedjisu, B. 0., Ill, part. 1,184; BarhebrjEUs, Chron. eccl., 
II, 139. 

4. Chron. eccl,, I, 391. 



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272 LA MEDECINE. 

souvent dans le lexique de Bar BahlouL La transcrip- 
tion des mots grecs, passes en arabe par rinterme- 
diaire du syriaque, a defigure d'une maniere deplorable 
les noms des plantes, et Bar Bahloul ne s'est pas fait 
faute de rapporter ces mots defigures, qu'il enregistre 
soit comme des termes nouveaux, soit comme des 
synonymes des noms corrects f . Ass^mani, interpr&ant 
mal un passage du catalogue d'Ebedj6su 2 , croyait que 
Gabriel avait compost un lexique ; il traduit : « Bar 
Bahlul composuit lexicon ex multis collectum libris et 
Jesu bar Ali medicus et Mazuraeus et Gabriel ». Mais 
il faut entendre : « Bar Bahlul conscripsit lexicon, cu- 
jus magna pars compoeita fuit e libris Jesu bar Ali 
medici et Mazuraei et Gabrielis. » 

Jean bar Maswai, ou Yahya ben Masawaih (f 857), 
dirigea Tecole la plus frequentee de Bagdad. II com- 
posa plusieurs livres de m^decine, soit en syriaque, 
soit en arabe, et ses versions d'ouvrages grecs ajoute- 
rent a sa reputation d'ecrivain. Le Livre sur la fievre, 
mis sous le nom de Jean bar Maswai dans des traduc- 
tions hebraiques et latines, est un epitome des con- 
naissances m^dicales des Syriens et des Arabes. 
M. Pagel a 6dite en partie et en partie analyst un ms. 
de Paris contenant la soi-disant chirurgie de Jean 
bar Maswai 3 . Actuellement on n'est pas en etat de 
dresser un catalogue exact des oeuvres de ce m^decin 4 . 

Honein (f 873 5 ), fils d'Ishak et disciple de Jean bar 



1. Voir Imhanuel LflEw, Aramseische Pflanzennamen, p. 12-13. 

2. B. 0., Ill, part. I, p. 257-258. 

3. Die angebliche Chirurgie des Joh. Ma&ue, Berlin, 1893. 

4. Steinschneider, Zeitsch. der deut. morg. Gesell., 1893, t. XLVII, 
351-354. 

5. Le 28 Safar de Tan 260 de l'Hegire et le l er Kanoun de Tan 1185 
des Grecs, suivant le Kitdb al-Fihrist, 294; fautivement le 23 Safar 264 
des Arabes et le l« r Kanoun 1188 des Grecs suivant Ibn Abi Ouseibia, I, 
190. Barhebraeus {Chron. syr.,ed. Bruns, 170: 6d. Bedjan, 162) a confondu 



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LA MEDICINE. 273 

Maswai, apres avoir etudie a Bagdad, alia apprendre 
le grec en Occident (a Alexandrie). De retour a Bag- 
dad, il se fit connaitre par des traductions syriaques et 
arabes des ceuvres de Dioscoride, d'Hippocrate', de 
Galien et de Paul d'Egine, et par ses revisions des 
anciennes versions de Sergius de Reschaina. Les gloses 
de Dioscoride sur les plantes, que Bar Bahloul em- 
prunte a Honein, sontbeaucoup plus correctes que celles 
qui sont cities d'apres Gabriel Boktjesu 2 . Barhebraeus 
attribue a Honein, en dehors de ses traductions, des 
ceuvres personnelles composant vingt-cinq volumes 3 . 
« Honein, ajoute-t-il, laissa deux fils, dont Tun, Isaac, 
fit de nombreuses traductions. II avait aussi un neveu, 
du nom de Hobeisch, qui fut egalement un interpr^te 
distingu£ des livres sur la medecine, mais la plupart 
de ses ceuvres ont pass£ a la posterity sous le nom de 
Honein. » De nombreux traites arabes de medecine 4 
circulaient sous le nom de Honein. 

« L'oeuvre de cet auteur, la plus celfcbre et la plus 
repandue, ditM. Steinschneider 5 , est une Introduction 
a la science medicate qui suit YArs parva de Galien, 
mais le livre est redig6 par demandes et reponses. Ho- 
nein le laissa en projet ou incomplet, et son neveu 
Hobeisch le mit par ecrit ou le compl^ta. » 

Jean, fils de Serapion, ou Serapion 1'alne (fin du 



les deux dates^en donnant le synchronisme 1188 des Grecs et 260 des 
Arabes; corap. Assemani, B. 0., Ill, part. 1, 164. 

1. Steinschneideb, op. laud,., 350, mention ne le traite d'Hippocrtite 
sur les maladies aigues avec le commentaire de Galien, traduit par 
Honein (ms. de Paris, texte arabe en caracteres he'breux). 

2. Immanuel Loew, Aram. Pflanzennamen, p. 13 

3. Chron, syr., 6d. Bruns, 170 ; 6d. Bedjan, 163. 

4. Ibii Abi Ouseibia, I, 184, 200 ; Kitdb al-Fihrist, 294 ; comp. Klamrotii, 
Zeitschr. der deut. morg. GeselL, 1886, t. L, 195 et suiv., 201, 621 et 
suiy. 

S.Dfe hebrdischen Uebersetzungen des Mittelalters, Berlin, 1893, p. 700, 
§457. 



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274 L'HISTOIRE NATURELLE. 

IX e s. ou commencement du X e ), composa en syriaque 
deux recueils ou Pandectes, le premier en douze li- 
vres et le second, plus r^pandu, en sept livres, dont 
le dernier est un traits d'antidotes. Le second recueil 
a et6 traduit en arabe par plusieurs auteurs (Mousa 
ben Ibrahim al-Hadith, IbnBahloul, etpeut-etreAbou 
Bischr Mattai), et en latin par Gerard de Cremone 
sous le titre de Practica sive Breviarium, et par Abra- 
ham de Tortose K . 

D'autres Syriens ecrivirent sur la medecine, mais 
leurs ouvrages etant en arabe 2 , nous les laissons pour 
arriver & Barhebraeus. 

BarhebrsBUs, qui fut aussi un medecin distingue, 
composa plusieurs ouvrages sur la medecine : une 
version et un Epitome du traite des simples de Diosco- 
ride, sous le titre de Livre de Dioscoride ; un com- 
mentaire en arabe des Aphorismes d'Hippocrate ; un 
commentaire en syriaque sur les Questions de mede- 
cine d'Honein avec une version partielle de ces ques- 
tions 3 . Ces ouvrages semblent perdus. Gottheil a 
publie le chapitre du Candelabre des sanctuaires 
(voir p, 245) contenant un resume des plantes medici- 
nales de Dioscoride 4 . 

§ 2. — LTiistoire naturelle. 
II existe plusieurs recensions syriaques de l'histoire 

1. Voir Ibn Abi Ouseibia, I, 109; D r Lkclerc, Histoire de la midecine 
arabe, Paris, 1876, I, 113-117 ; Stewschneider, Die hebrdischen Ueber- 
setzungen, p. 736, % 474. 

2. Excepts ceux du medecin Gabriel, du XIII 6 siecle, qui composa en 
syriaque a Edesse de nombreux livres sur la medecine et la philoso- 
phie, suivant Barhebr£<js, Chron. syr., e"d. Bruns, p. 485 ; ed. Bedjan, 
p. 457. 

3. Barhebil«:us, Chron. eccl., II, p. 479 ; Assemani, B. 0., II, 268. 

4. A list of plants and their properties (for private circulation), Ber- 
lin, 1886. 



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L'HISTOIRE NATURELLE. 275 

des animaux connue sous le nom de Physiologus. La 
redaction la plus brdve a 6te publiee par Tychsen { ; 
elle comprend trente-deux petits chapitres. M. Land a 
a edite un texte plus d6velopp£, diyis6 en quatre-vingt- 
un chapitres ; chaque chapitre est suivi d'une theorie 
(ou commentaire) basee sur la Bible et les dogmes 
Chretiens ; nombreux emprunts aux homelies de saint 
Basile sur l'hexameron. M. Land a etabli une table de 
concordance des differentes versions grecques, latines, 
syriaques, etc., decetouvrage. L'auteur d l unetroisieme 
recension, que M. Ahrens a fait connaitre 3 , a utilise, 
outre les sources communes, des documents arabes. 
Les cent vingt-cinq chapitres qui composent le livre 
sont consacres non seulement aux animaux, mais a des 
arbres et a des pierres; des notices geographiquea 
forment une section particuliere (chap. 80-89). Cette 
composition n'a pas les theories de Edition Land. Elle 
est d'origine nestorienne. C'est la source des extraits 
du Physiologus que Ton trouve dans le lexique de Bar 
Bahloul. 

Les histoires fabuleuses des animaux etaientconnues 
des Syriens par la Lettre d' Alexandre a Aristote de 
pseudo-Callisthene 4 . Cette lettre a et£ publiee a part 
dans la chrestomathie syriaque de Roediger, 2° 6d., 
p. 112-120. 

Denys bar Salibi composa un traite sur la structure 
du corps humain, dont deux courts fragments existent 
a la Bodleienne 5 . — Du meme genre est un traite en 



1. Physiologus syrus seu Historia animalium^ Rostock, i79o. 

2. Anecdota syriaca, IV, texte, 1-99; traduction latin e, 31-98; commen- 
taire, 115-176. 

3. Das Buck der Naturgegenstdnde, Kiel, 1892. 

4. Sur la version syriaque du Roman d'Alexandre, voir ci-apres 
n° XVII, § 2. 

5. Catal. Payne Smith, col. 529. 



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276 L'HISTOIRE NATURELLE. 

vers de sept syllabes, incomplet au commencement, 
dans le ms. 116 de la Collection Sachau a Berlin ; 
M. Gottheil l'a publie dans Hebraica, IV, 206-215. 

L'agriculture est representee en syriaque par une 
version des geoponiques grecques, contenue dans un 
ms. du Musee britannique, du VIIl e ou IX e siecle, qui 
a ete publiee par Paul de Lagarde 4 . Le manuscrit, in- 
complet au commencement et a la fin, ne porte nititre 
ninomd'auteur; il renfermeuntexte assurementancien, 
qui rappelle les traductions litterales des premiers sie- 
cles, comme celles de Sergius de Reschaina. M. Baum- 
stark rapporte a ce dernier, avec beau coup devraisem- 
blance, les geoponiques syriaques etilfait observer que 
le manuscrit £dite par Lagarde, loin de reproduire une 
version integrate, ne donne qu'un epitome maladroi- 
tement abrege par un Syrien posterieur 2 . L'oeuvre de 
Sergius est mieux representee par la version arabe, 
attribute a tort a Kosta ben Luca, et conserve dans un 
ms. de Leide. L'int£r6t du texte syriaque est surtout 
lexicographique ; il nous a transmis un grand nombre 
de mots, de noms de plantes qui apparaissent iciavec 
un sens precis. L 1 original que le traducteur rendit en 
syriaque etait le livre d'Anatolius Vindanius de Bey- 
routh (dans Photius, Cod. 163) ou ^AvaxoXtog Ovivda- 
viuiviog BrjQVTiog (dans les geoponiques grecques). Get 
ouvrage grec ne s'est conserve que dans la compilation 



1. Geoponicon in sermonem syriacum versorum quae supersunt, 
Leipzig, 1860; comparer De Geoponicon versione syriaca scripsit A.P.de 
Lagarde, Berlin, 1855, re'imprime dans les Gesammelte Abhandlungen 
de Lagarde, Leipzig, 1866; et Lagarde Mittheilungen, 1, 192. Un frag- 
ment syriaque des Geoponiques imprimg par Land dans ses Anecdota 
syriaca, IV, 100, a ete reconnu par Noeldeke, Litt. Centralblatt, 1876, 
p. 1*5. 

2. Lucubrationes syro-grxcx, p. 390. Hadji Khalfa cite parmi les tra- 
ducteurs du Livre de l'agriculture un certain Sergius, fils d'Elias, qui 
pourrait 'designer Sergius de Reschaina, voir Bauvstark, ibid., p. 379. 



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L'ASTRONOMIE, LA COSMOGRAPHIE, LA GEOGRAPHIE. 277 

de Cassianus Bassus \ ou il a passe presque en entier. 
Les geoponiques syriaques sont citees dans le lexique 
de Bar Bahloul sous le titre de Livre de V 'agriculture 
fait par Iaunios; Ibn al-Aw&m ecrit le nom de Tauteur 
en arabe lounios; ce nom repr^sente la derniere partie 
de [OvCvSav\uavio$ 2 . Nous savons par Photius que les 
eglogues georgiques d'Anatolius Vindanius ou Vinda- 
nionius comprenaient douze livres ; la version syriaque 
avait au moins deux livres de plus, car, dans le manu- 
scrit, la lacune commence apres le chapitre iv du li- 
vre XIV. Le traducteur a pris ses additions a des sour- 
ces differentes, parti culierement aux Hippiatriques 
d'Anatolius ; on en trouve aussi les materiaux dans les 
geoponiques de Cassianus Bassus 3 . 



§ 3. — L'astronomie, la cosmographie 
etla geographic 

L'astronomie syriaque parait s'Stre degagee de tr6s 
bonne heure de l'astrologie. Bardesane, qui s'^tait 
adonne pendant sa jeunesse a l'etude de l'astrologie 
chaldeenne, reconnut ensuite l'inanite de cette science. 
Ce celebre gnostique composa un traite d'astronomie 
qui ne nous est connu que par des citations d'auteurs 
posterieurs 4 . 

1. II en a ete fait quatre editions, dont la derniere par M. Henri 
Becrh, Geoponica sive Cassiani Bassi... eclogse, Leipzig, 1895, dans la 
collection de Teubner. M. Beckh a consulte la version syriaque, mais il 
aurait pu encore en tirer plus de profit pour la critique du texte grec. 

2. Voir Immanuel LOw, d'apres Rose, Aramseische Pflanzennamen, 
p. 19. 

3. Bauhstark op.cit., p. 396-4D0; comp. J. Sprenger, Geoponica, Leip- 
zig, 1889. 

4. C'est probablement a ce traits que Georges, eveque.des Arabes, a 
emprunte la citation de Bardesane qui se trouve dans sa lettre concer- 
nant Aphraate, Curetoh, Spicilegium, p. 21 ; Lagarde, Analecta syriaca, 
p. 114, 1. 18; Wright, The homilies of Aphraates, p. 27, 1. 11. 

10 



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278 L'ASTRONOMIE, LA COSMOGRAPHIE 

Sergius de Reschaina se forma k l'ecole des Grecs. 
Son livre de L 'influence de la lune, adresse a Theo- 
dore, d&veloppe et explique le TIsqI xQioifiwvtfpsQatv de 
Galien ; il est suivi d'un appendice intitule Le mou- 
vement du soleil, edite par Sachau, Inedita syriaca, 
p. 101-126. II est douteux que Sergius ait traduit en 
syriaque la MsydXrj ovvrafyg de Ptolemee dont une ver- 
sion arabe existe dans le ms. de Leide 1034 (War- 
ner 680) 4 . 

Severe Sebokt composa un livre intitule Les figures 
du Zodiaque, dont quelques chapitres, conserves dans 
le ms. Add. 14538 du Musee britannique, ont ete 
edit£s par Sachau, Inedita syr., p. 127-134. Ces cha- 
pitres traitent de la terre habitable et inhabitable, de 
la mesure du ciel et de la terre, du mouvement du 
ciel et de la terre. Un ms. de Berlin, n° 186, Catal. Sa- 
chau, p. 606, renferme du m&me ecrivain : 1° un traite 
sur Tastrolabe, qui ade 1'importance pour l'histoire des 
sciences en Orient; publie avec une traduction fran- 
$aise par M. Nau 2 ; 2° et une lettre sur la quatorzieme 
lune du mois de nisan de Tannee 97.6 des Grecs (665 de 
Jesus-Christ), adressee au pr^tre et pSriodeute Basile 
de Chypre. 

Le patriarche Timothee I est 1'auteur d'un traite 
d'astronomie intitule Livre des etoiles 3 . 

Les Syriens, s'inspirant des homelies des Peres de 
FEglise grecque sur les six jours de la Creation, 
exposaient aussi leurs connaissances scientifiques dans 
des hexam6rons. Jacques d'Edesse, sur la fin de sa 
vie, composa un ouvrage de ce genre, qu'il laissa in- 

1. Dans le sens de Taffirmative, v. Baumstark, Lucubrationes syro- 
. greecee, p. 380; contra, Wright, Syriac literature, 2 ft 6d., p. 93, note 7. 

2. Le traite" sur Vastrolabe plan de Severe Sabokt dans le Journal 
asiatique, janvier-fevrier 1899, p. 56, et mars-avril 1899, p. 238. 

3. Ass&mani, B. 0., Ill, part. I, p. 160. 



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ET LA GfiOGRAPHIE. 279 

complet et qui fut achevS par son ami Georges, ev^que 
des Arabes. Ce livre est divise en sept traites et il de- 
bute par un dialogue entre Tauteur et un de ses disci- 
ples, nomm£ Constantin ; il est conserve dans deux ma- 
nuscrits, Tun a Leideetl'autreaLyon ' ; l'abb^P. Martin 
en a fait une analyse et en a public quelques passages 2 ; 
M. Hjelt a edite, avecune traduction latine, le troisieme 
trait<§, consacr6 k la geographic 3 . La geographie de 
Jacques n'a rien d'original, comme le croyait Tabbe 
P. Martin, mais elle est empruntee a Ptol£m£e 4 . 

David de Beit-Rabban est, dit-on 5 , l'auteur d'un 
traite de geographie intitule Les limites des climats 
ou contrees, et les variations des jours et des nuits. 
Assemani croyait retrouver cet ouvrage dans des poe- 
mes qui appartiennent certainement, dit Wright, a 
une epoque beaucoup plus basse. L'un de ces po&mes 
a 6te publie par le P. Cardahi 6 , et r£imprim6 avec une 
traduction anglaise par M. Gottheil 7 . 

Moise bar Kepha composa, lui aussi, un hexamSron 
en cinq livres, qui est conserve dans un ms. de la Bi- 
bliotheque nationale, syr. 241. On y remarque une fi- 
gure geographique, de forme sph£rique, sur laquelle 
sont inscrits les noms de la Libye, de la mer Adria- 
tique et de TEurope 8 . 

1. Le ms. de Paris, syr. n° 240, est une copie partielle du ms. de Leide, 
faite par Gabriel Sionita, Catal. Zotenberg, p. 197. Une autre copie, qui 
semble avoir, servi pour le ms.de Paris, existe a Glascow, voir Weir, 
Journal asiatique, novembre-d£cembre 1898, p. 550. 

2. Journal asiatique, 1888, 8* sene, t. XI, p. 155-219 et 401-490. 

3. Etudes sur VHexameron de Jacques dEdesse, Helsingfors, 1892. 
V. Rvssel a traduit en allemand la partie de Georges, Georg'srdes Araber- 
bischofs Gedichte und Brief e, Leipzig, 1891. 

4. Noeldeke, Litterar. Centralblatt, 1888, p. 1743; James Darmesteter, 
Revue des etudes grecques, 1889, p. 180-188; Hjelt, op. laud., p. 30. 

5. Assemani, B. 0., HI, part. 1, 255. 

6. Liber thesauri de arte poetica Syrorum, Rome, 1875, M-46. 

7. Hebraica, vol. VIII, p. 65-78. 

8. M. Nau a traduit un passage de Tbexame'ron de Moise bar Keplia, 



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280 L'ASTRONOMIE, LA COSMOGRAPHIE 

L'hexameron d'Emmanuel bar Schahhar£ est un long 
poeme en vingt-huit chants, dont les uns sont en vers 
de septsyllabes et les autres en vers de douze syllabes. 
Cet ouvrage est conserve au Vatican, ms. syr. 182 ; au 
Musee britaniiique, Orient. 1300 ; a Berlin, n 08 61 et 62, 
Catal. Sachau, p. 211 et 217; a Cambridge, Add. 1994,; 
et en Orient 4 . Le second chant manque dans les 
manuscrits connus jusqu'a ce jour; le ms. du Vatican, 
a, en outre, une homelie sur le bapt^me qui se trouve 
aussi dans le ms. K. VI, 5, du Mus£e Borgia (aujour- 
d'hui au Vatican). 

En dehors des traitSs sur Thexameron, la cosmo- 
graphie etait exposee dans quelques ouvrages particu- 
liers. Le catalogue d'Ebedjesu nous apprend que Jesu- 
bokt, metropolitain de Perse vers 800, ecrivit un livre 
sur Tunivers et un autre livre sur les signes de Fair 2 ; 
et que Salomon de Bassora est Fauteur d'un traite sur 
la configuration du ciel et de la terre 3 . 

Le Livre des tresors que Jacques ou Severe bar Scha- 
kako composa en 1231, est unercompilation theologique 
divisee en quatre parties ; on en trouvera une analyse 
dans Assemani, B. O., II, p. 237 4 . M. Nau a etudie la 
quatrieme partie, relative a lacosmographie et a la geo- 
graphie, et il en a signale l'interGt pour 1'histoire des 

dans Bardesane Vastrolague. Le livre des lois des pays, Paris, 1899, 
p. 59. 

4. Un ex trait dans le Liber thesauri du P. Cardahi, p. 68-71; un autre 
extrait dansla Chrestomathie d'Ourmia intitule Le petit livre des miettes, 
p. 168; de plus longs ex traits dans Manna, Morceaux choisis de litte- 
rature arame'enne, Mossoul, 1900, II, p. 444-207. 

2. Assemani. B. O., Ill, part. 1, 194. 

3. Assemani, ibid., 309. 

4. Des ms. de cet ouvrage se trouvent : au Vatican, n° 159, Catal., 
111,307; au Musee Borgia, s£rie K, VII, vol. 16 (aujourd'hui au Vatican), 
Cersoy, Zeitschr. fur Assyriologie, t. IX, p. 377 ; au Mus6e britannique, 
Add. 7193, Catal. Rosen, p. 84; a Cambridge, Add. 1997, Catal. Wright 
et Cook, p. 425; a la Bibliotheque nationale, n° 316 (nouvelles acquisi- 
tions). 



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ET LA GfiOGRAPHIE. 281 

sciences chez les Syriens * . Les Dialogues du m6me au- 
teur renferment, dans la quatrieme section du deuxieme 
livre, des definitions sur l'astronomie 2 . 

La seconde partie du livre anonyme Causa causarum 
(voir ci-dessus, p. 243), chap, iv-vii, est une sorte 
d'encyclop&Iie des sciences, ou Tauteur a reuni, avec 
quelques notions originales et personnelles, les con- 
naissances qui etaient enseignSes en Syrie vers le XII e 
siecle. Plusieurs figures Sclairent le texte. Laterre est 
representee par un cercle divise en cinq parties : 1° 
Fextremite septentrionale, qui comprend la terre obs- 
cure ne recevant jamais le soleil; 2° au-dessous, la 
terre habitable avec les sept climats ; les extr^mites a 
Test et l'.ouest sont impenetrables, a Test a cause des 
arbres, a l'ouest a cause de la mer; 3° le centre, in- 
habitable a cause de la chaleur; 4° au-dessous, pays 
inconnu auquel on ne peut acc^der ; 5° l'extremite me- 
ridionale, terre obscure qui ne voit jamais le soleil. 

Le Candelabre des sanctuaires et le Livre des rayons 
de Barhebraeus (voir ci-dessus, p. 245) ont egalement 
une partie geographique. Cette partie a ete editee par 
M. Gottheil 3 , qui avait precedemment publie la carte 
que renferme le premier de ces livres 4 . 

On trouve encore d'autres cartes dessinees a la fin 
de certains manuscrits pour remplir les feuillets 
restes en blanc. Un manuscrit du lexique de Bar Ali 
de la Bibliotheque nationale, n° 299, est de ce nom- 

i. Journal asiatique, J896, 9 e s6rie, t. VII, p. 286-331. 

2. Voir plus loin le paragraphe 5 de ce chapitre, et plus haut, p. 256. 
Un traitg de cosmographie attribug a pseudo-Den ys l'Ar^opagite se trouve 
au Musee britannique, Add. 7192, Catal. Rosen, p. 84, n° SI. 

3. Hebraica, t. VIII, p. 39-55. 

4. Proceedings of the American Oriental Society, mai 1888, p. 16 et 
suiv. Cette carte qui a 6t6 tiree du ms. de Berlin, se trouve egalement 
dans le ms. de Cambridge et dans le ms. de Paris, voir Gottheil, He- 
braica, t. VII, p. 39, note 2, et Tabbe Nau, Journal asiatique, 9 e serie, 
t. Yni, p. 155. 

16. 



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282 LA CHIMIE. 

bre. M. Chabot en a extrait deux cartes geographi- 
ques\ et M. Nau, une carte des mansions lunaires 
et des principales constellations a . 

Mais l'ouvrage special qui traite ex professo de la 
cosmographie, c'est le livre que Barhebraeus composa 
en 1279 sous le titre de L'ascension de I'esprit, 
ULtfoof tf&&**. M. Gottheil a public le premier chapitre 
de la seconde partie 3 . Une edition complete a paru 
par les soins de M. l'abbe Nau 4 . Barhebraeus dressa 
aussi des tables astronomiques a l'usage des Aleves. 

§ 4. •— La chimie. 

L'esprit pratique des Syriens que le fatalisme des 
astrologues avait rebute, s'eloigna 6galement du 
mysticisme de Tancienne alchimie. La religion chr£- 
tienne exer$a en ce sens une influence salutaire, plus 
encore que la culture grecque importee en Orient, car 
les Musulmans, instruits a la m6me ecole, manifesto- 
rent un gotit prononce pour l'astrologie et Talchimie. 
Les Arabes en general et les califes en particulier 
avaient une foi souvent aveugle dans Faction des as- 
tres sur leur destin^e. D'un autre cdte, les trails de 
chimie des Arabes contrastent d'une fagon singuliere 
avec ceux des Syriens. Nous trouvons un temoignage 
frappant de cette divergence dans La chimie au mot/en 
age de M. Berthelot 5 . Le second volume de cet ou^ 
vrage renferme sur la chimie syriaque une s^rie de 

1. Bulletin de giographie historique et descriptive, 1897 et 1898. 

2. Journal asiatique, 9 e serie, t. VIII, p. 185 et suiv. 

3. Mittheilungen des Akad. Orient. Vereins zu Berlin, 1890, n° 3. 

' Le livre de l'ascension de Vesprit... cours d' astronomic, par Gre"- 
goire About farag,dit Bar Hebrseus..., Paris, (texte) 1899, (traduction fran- 
chise) 5900. 

5. Paris, 4893, vol. Mil. 



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LES MATHEMATIQUES. 283 

textes, grecs d'origine, mais retravailles suivant la 
methode experimentale ; ce sont de vrais manuels d'or- 
fevres, traitant de Falliage et de la coloration des me- 
taux, de la transformation des corps. Au contraire, la 
chimie des Arabes musulmans, qui compose le troi- 
sieme volume, ne nous offre que des divagations mys- 
tiques et intentionnellement obscures, presentees 
comme Theritage des anciennes sciences occultes. 

§ 5. — Les mathematiques. 

Les sciences exactes semblent avoir ete n6glig£es 
par les anciens Syriens. Les quelques ecrits syriaques 
que nous possedons sur cette matiere sont posterieurs 
a l'H^gire et procedent autant de la culture arabe 
que de la culture grecque. Les Dialogues de Jacques 
ou Severe bar Schakako ont une section (4 e section du 
II e livre) pour les mathematiques, qui comprennent 
l'arithmetique, la musique, la geometrie et l'astrono- 
mie. Cette section a et6 6ditee avec une traduction 
allemande par M. Julius Ruska *. L'auteur, remarque 
M. Ruska, ne s'etait pas propose* d'6crire un manuel 
de mathematiques, mais de parvenir par les idees 
abstraites des mathematiques au plus haut degre 
de la pens£e philosophique, a la th^ologie. L'introduc- 
tion etles deux premieres questions rappellent YEloa- 
ywyrj dQid^rjTMTJ de Nicomaque, que les Syriens ou les 
Arabes connaissaient sans doute par un extrait d'un 
auteur neopythagoricien. La quatrieme question et, en 

1. Das Quadrivium aus Severus bar Schakku's Buck der Dihloge, 
Leipzig, 1896. La reunion de ces quatre sciences, qui furent d£sign6es 
sous le nom de Quadrivium, est due chez les Grecs a Jamblique, comp. 
Merx, Historia artis grammatics apud Syros, p. t09. Voir aussi Julius 
Ruska, Studien zu Severus bar Schakku's « Buch der Dialoge » dans 
la teitschr. fur Assyriologie, XII, 1897, p. 8 et 145. 



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284 LES MATHfiMATIQUES. 

partie, la troisieme dSrivent des IlQoXeyp^sva avv &€& 
riJQ (piXoowplag d'un pythagoricien anonyme dont Bar 
Schakako possedait une version syriaque. Mais les de- 
finitions et les dissertations sur l'arithm^tique, la mu- 
sique, la geometrie et l'astronomie, concordent avec 
celles des auteurs arabes. 

Barhebraeus, dont les etudes embrasserent toutes les 
connaissances humaines, professa les mathematiques 
d'apres Euclide k Maragha en 1268 \ mais il ne laissa 
aucun ouvrage sur ce sujet. 

1. Ass^mani, B. 0., II, 253. 



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XVI 

LA GRAMMAIRE, LA LEXICOGRAPHIE, LA RHETORIQUE 
ET LA POETIQUE. 



§ 1. — La grammaire. 

C'est encore aux Grecs que les Syriens demanderent 
leurs premieres notions de la grammaire. Nous avons 
rappel£ plus haut, sous le n° VI, les anciens travaux 
de Tortho^pie appliquee aux textes lus dans les ecoles. 
Le systeme des points ou accents s^parant les mem- 
bres de la phrase et notant la valeur syntactique de 
chacun de ces membres, fit partie integrante de la 
grammaire syriaque. La logique d'Aristote en formait 
la base ; cinq de ces accents repondent aux cinq catego- 
ries d'Aristote, ainsi que le constate un auteur syria- 
que anonyme^. Les regies concernant la phonetique 
et la morphologie vinrent plus tard et furent etablies 
sur le modele de la grammaire grecque de Denys de 
Thrace et des canons de Theodose. Le fait a ete mis en 
evidence par M. Merx qui a publie, avec une traduc- 
tion latine, la version syriaque de la grammaire de 
Denys 2 . 

v 1. Voir Philipps, A letter of Mar Jacob of Edessa on syriac ortho- 
graphy ', Londres, 4869, Appendice, p. 68. 
2. Hiitoria artis grammatics apud Syros, Leipzig, 1889, dans les 



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286 LA GRAMxMAIRE. 

Les etudes relatives a Taccentuation syriaque furent 
surtout florissantes chez les Nestoriens, du VI e au 
VIII e siecle. 

Parmi les anciens grammairiens Jacobites, on cite 
Ahoudemmeh, qui fut elev£ au siege de Tagrit par Jac- 
ques Baradee en 559. Sa grammaire, a en juger par 
un passage rapporte par Bar Zoubi, suivait les princi- 
pes de la grammaire grecque * . Mais c'est Jacques d'£- 
desse qui composa le premier traite systematique de 
grammaire syriaque, et ce traite fit longtemps auto rite 
en Syrie. Barhebrseus en tira, pour sa grammaire, 
d'importants extraits qui permettent de juger de Teten- 
due de cet ouvrage aujourd'hui disparu presque entie- 
rement. II n'en reste que quelques fragments a la 
Bodleienne d'Oxford et au Mus6e britannique de Lon- 
dres 2 . Dansle premierdeces fragments, Jacques cons- 
tate les d^fauts de l'6criture syriaque qui ne tient compte 
que des consonnes et omet de noter les voyelles. II r6- 
pond a Paul d'Antioche, qui lui demandait de perfec- 
tionner cesysteme defectueux: « Jepensequ'onpourrait 
etablir des regies pour Torthographe de cette langue 



Abhandlungem fur die Kunde des Morgenlandes, IX, 2. La version sy- 
riaque est contenue dans le ms. Add. 14620 et (incomplete) dans le ms. 
Add. 14658 du Musee britannique, ainsi que dans le ms. de Berlin, Coll. 
Sachau, 226. Dans ce dernier ms., I'ouvrage est mis sous le nom de Jo- 
seph d'Ahwazauquel Ebedj^su, B. 0., Ill, part. 1, 103, attribue, en effet, 
une interpretation de Denys. II est anonyme dans les ms. du Mus6e bri- 
tannique, mais, le ms. 14658 renfermant des ceuvres de Sergius de Re- 
schaina, Wright avait cru qu'on pouvait altribuer a celui-ci la version 
en question ; cette conjecture est sans fondement, comime Pa montrg 
Merx, op. cit.,p. 7-8. Choerobocsus et YEtymologicum magnum citent 
un Sergius grdmmatieus, mais ce Sergius est posterieur a Sergius de 
Reschaina, voir Baumstark, Lucubrationes syro-grsecse, p. 369. 

1. Merx, Historia art. gramm., p. 33. 

2. Les fragments de Londres, ms. Add. 17217 et 14665, ont et£ publies 
par Wright, Calal., p. 1168-1173, et reimprimgs avec les fragments 

y d'Oxford par Wright, Fragments of the syriac Grammar of Jacob of 
Edessa, Londres, 1871, et par Merx,' H istoria art. gramm.,p,13 des 
textes syriaques. 



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LA GRAMMAIRE. 287 

{le syriaque), en dehors de voyelles additionnelles pour 
les voyelles qui manquent dans Talphabet. Au moyen 
deslettres additionnelles, on montrerait Temploi deces 
regies et l'orthographe des noms et des verbes qui s'y 
referent. Etant tiraille en deux sens, d'un c6te par ta 
demande, et d'un autre cdt6 par la crainte de la perte 
des livres anciens, crainte qui avait emu mes pr^deces- 
seurs, voici ce que j'ai imaging : pour Intelligence et 
la confirmation de ces regles-la seulement, on ajoute- 
rait des lettres indiquant les modifications et la pro- 
nonciation exacte des voyelles, mais cette addition 
n'aurait pas pour objet de completer et de corriger 
l'alphabet lui-m&me * . » Jacques distinguait huit voyel- 
les; il cr6a, en imitant les voyelles grecques, sept let- 
tres- voyelles : Va long 6tait represents par Yolaf et les 
sept autres voyelles par les sept nouvelles lettres. II 
introduisit ces lettres-voyelles dans les mots, mais 
seulement dans les mots cites comme exemples k Tap- 
pui des regies de sa grammaire. Cette invention ne sur- 
vecut pas, du reste, a son auteur; apres Jacques d'E- 
desse, les Jacobites admirent seulement cinq voyelles 
qu'ils designerent par des signes analogues aux 
voyelles grecques. Les Nestoriens reconnurent sept 
voyelles qu'ils marquerent par des points simples ou 
doubles et dont la valour resultait de leur position 
au-dessus ou au-dessous de la ligne 2 . 

1. Comparer Barhebiuecs, (Euvres grammaticales, €6. abb6 P. Martin, 
Paris, 1872, I, p. 196, 1. 16-42. 

2. 11 6tait utile de rappeler ces faits parce qu'on a era a tort que les 
points- voyelles des Nestoriens existaient au temps de Jacques d'Edesse 
et que celui-ci iuventa les voyelles des Jacobites pour simplifier un 
systeme trop complique\ Wright, CataL, p. 1168; Fragm. of the syriac 
grammar of Jacob of Edessa, Preface; Syriac literature, 2° 6d.,p. 151 
et 152 ; en sens contraire, voir abbe" P. Martin, Jacques (TEdesse et les 
voyelles syriennes, dans le Journ. asiat., 1869, p. 456 et suiv. ; La mas- 
sore chez les Syriens, ibid., 1875, p. 132; R.Duval, Traiti de grammaire 
syriaque, p. 71 ; Merx, Historia art, gramm., p. 49-50. 



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288 LA GRAMMAIRE. 

La tradition rapporte que Th^ophile d'Edesse (-f- 785) 
fit, le premier, usage des voyelles Jacobites dans sa tra- 
duction de Ylliade d'Homere. Mais Tinvention de ces 
voyelles est sans doute due aux massoretes Karkaphiens 
qui, selon Barhebraeus, ont ramene les voyelles syria- 
ques au nombre de cinq 4 . Quant aux sept points-voyel- 
les des Nestoriens, leur apparition n'est peut-6tre pas 
anterieure a la seconde moitie du VII l e siecle 2 . 

L'essor que Jacques imprima aux etudes grammati 
cales suivit de pres la conqu^te arabe de la Syrie. La 
' langue syriaque, menaceepar Tidiome des conquerants, 
dut £tre des cette 6poque stereotypee, pour ainsi dire. 
Aussi Jacques, dans sa grammaire, comme apres lui 
les massoretes dans leurs annotations des textes sacres, 
s'ingenia-t-il a fixer d'une maniere minutieuse la pro- 
nonciation des lettres et des syllabes et l'accentuation 
des phrases, en suivant la methode grecque 3 . Ilintrodui- 
sit de nouveaux points diacritiques et completa le sys- 
teme des accents, dont le nombre s'eleva a trente-six 4 . 

Auparavant ce nombre 6tait beaucoup moins grand. 
Joseph d'Ahwaz se servit de neuf accents 5 , comme 
nous l'avons dit plus haut, p. 56; puis on en admit 
vingt-quatre, dont remuneration est fournie par la 
liste du diacre Thomas, probablement le m6me que 
Thomas d'Harkel, Tauteur de la version Heracleenne. 
Cette liste et plusieurs petits trails sur la grammaire 
et les accents sont conserves dans les manuscrits de la 
massore Jacobite, que nous avons citSs ci-dessus > 
p. 60. On^ doit a Tabbe P. Martin et a Philipps Tedition 

- 1. Barhebrjsus, CEuvres gramm., I, p. 3, 1. 43. 

2. Abb6 P. Ma-rtin, La massore chez les Syriens, p. 149, comp. p. 17T et 
190. 

3. Comp. Merx, Historia art, gramm.,p.S0 et suiv. 

4. Merx, ibid., p. 89-101. 

5. Ou plutdt dix en comptant le pasoqa ou point final ; Merx, Historia 
artis gramm.y p. 99. 



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LA GRAMMAIRE. 289 

de ces petits textes grammaticaux * . Le premier est 
une lettre de Jacques d'fedesse, adressee a Georges, 
ev&que de Saroug, sur l'orthographe de differents mots 
syriaques et de mots grecs transcrits en syriaque. 
Cette lettre est suivie (Tun traite du m£me Jacques di- 
vise en cinq chapitres : sur les personnes, sur les 
genres, sur les temps, sur les formes des mots et sur 
les accents. La liste du diacre Thomas forme le n° III 
de l'&lition Martin 2 , p. 13, et l'appendice II de Tedi- 
tion Philipps 3 , p. 83. 

Le manuscrit de la massore nestorienne, Add. 
12138, renferme, lui aussi, quatre courts traites redi- 
ges a Tusage des &6ves des 6coles 4 . 

Au nombre des grammairiens, Ebedj6su cite encore 
un Jean le stylite, probablement le moine du couvent 
de Litarba, avec lequel Jacques d'Edesse etait en cor- 
respondance 5 . Un passage de sa grammaire est rap- 
porte par Jean bar Zoubi 6 . 

1. P. Martin, d'apres le ms. du Vatican, le ms. Barberini et le ms. 
de Paris, Jacobi Edesseni epistola ad Georgium episcopum Sarugensem 
de orthographia syriaca, Paris, 1869; Philipps, d'apres les ms. de 
Londres, Add. 42178 et 7183, A letter of Mar Jacob of Edessa on syriac 
orthography, Londres 1869. 

2. Dans cette edition, la liste est suivie d'un commenta* ° fait de 
plusieurs morceaux et comprenant plus d'accents que ceux eh ice's en 
tete. Ce commentaire est posterieur a Thomas. L'abb6 Martin a ajoutg : 
1° un ex trait de la grande grammaire de Barhebraeus correspondant, 
dans l'^dition des CEuvres grammaticales de Barhebrseus, a la p. 244 du 
1. 1; 2° une partie de l'hqmelie LXXXII de Severe d'Antioche d'apres la 
traduction de Jacques d'Edesse; et3° un specimen des lettres-voyelles 
de Jacques d'Edesse. 

3. Philipps a fait valoir, p. 90, les raisons qui militent en faveur de 
l'identincation du diacre Thomas et de Thomas d'Harkel. Le petit traite 
qu'il a public comme appendice I, p. 68-83, n'est pas, com me il le pen- 
sait, du VII* siecle, mais plut6tdu Vllt e , voir R. Duval, Traite de gram- 
maire syriaque, p. 144, $ 168. M. Philipps a ajoute le chapitre de la 
grande grammaire de Barhebraeus sur les accents. 

4. Merx, Historia artis gramm., p. 31. L'un de ces traites a ete 6dite" 
d'une maniere abr£g6e par G. Diettrich, Die Massorah der dstlichen 
und westichen Syrer, Londres, 1899, Append. I, p. 98. 

8. Voir Schroeter, Zeitschr. der deuU morgenL Gesell.,\. XXIV, p. 262. 
6. Assemaw, B. 0., Ill, part. 1, 256. 

LITTERATURE SYRIAQUE. 17 



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290 LA GRAMMAIRE. 

Honein (-j* 873) ecrivit un opuscule grammatical, qui 
est cit6 par Barhebraeus et Elias de Tirhan et qui por- 
tait le titre de Livre des points, j^jv j^L>. Selon Elias, 
Honein y parlait des predicats, de la protase et de 
Tapodose, c'est-a-dire de la syntaxe que les anciens 
grammairiens avaient laissee de c6te * . 

La grammaire d'Honein ne nous est pas parvenue, 
mais nous possedons celle d'Elias de Nisibe dans des 
manuscrits de Rome, de Florence, de Londres, de 
Cambridge etde Berlin. Ces manuscrits temoignent par 
leur nombre de la faveur dont cette grammaire jouis- 
sait en Syrie. C'etait le manuel courant, mis a la portee 
deseleves, ouceux-citrouvaient resumes lestravauxdes 
grammairiens anterieurs, notamment ceux de Jacques 
d'Edesse, beaucouptropetendus pour les commenQants 2 . 

David, fils de Paul, composa dans la seconde moitie 
du VIII e siecle un ouvrage grammatical dont plusieurs 
fragments existent dans le ms. syr. 9 de Tindia Office 
a Londres 3 . 

Un petit traite sur les conjunctions syriaques, tire de 
la grammaire de Denys de Thrace, a ete publie par 
M. Gottheil dans Hebraica, t. IV, p. 167, d'apres un 
ms. de Berlin, coll. Sachau, n° 306, 1. Cet opuscule 
existe aussi au Vatican, a la Bibliotheque nationale et 
au Mus£e britannique. II est difficile de fixer la date de 
sa composition; le ms. du Musee britannique est du 
IX e ou X e siecle. 



4. Voir Syrisehe Grammatik des Mar Elias von Tirhan, ed. Baeth- 
gen, Leipzig, 1880, chap, xvin, p. 24, I. ult. ;'comp. Merx, Historia artis 
gramm.i p. 108. 

2. La grammaire d'Elias de Nisibe a ete* publide par Gottheil, A trea- 
tise on syriac grammar by Mar Elias of Sobha, Berlin, 4887. Merx en 
a donne une analyse, Historia artis gramm., p. 442 et suiv. 

3. Publics par R. Gottheil, Proceedings of the American Or. Society, 
mai 1891; cf. Hebraica, VIII, 65; et Ignatius Epurjsm II Rahmam, Studia 
syriaca, Mont Liban, 4904, X, n° 3. 



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LA GRAMMAIRE. 291 

Nous citerons ici Jean bar Khamis, 6v6que de Tha- 
manon, egalement auteur d'une grammaire qui ne 
s'est pas conserve^ 4 . 

C'est sans doute vers la fin du X e siecle qu'il faut 
placer le Livre de la ponctuation, compose, suivant 
le catalogue d'Ebedjesu, par Andre, qu'il ne faut pas 
confondre avec Andre de Samosate 2 . 

Elias de Tirhan, quidevint patriarche des Nestoriens 
en 1028 et qui mourut en 1049, introduisit, le premier, 
la methode arabe dans la grammaire syriaque. II ecri- 
vit pendant sa jeunesse et avant d'etre nomme eveque 
de Tirhan, une grammaire dans laquelle il appliqua la 
nouvelle methode, mais sans y reussir d'une maniere 
satisfaisante 3 ; il ne sut pas se detacher complete- 
ment du systeme syriaque, de sorte qu'il composa, 
dit Merx *, un ouvrage imparfait et confus. Cet Elias 
est encore l'auteur d'un traite sur les accents que Bar 
Zoubi a insert dans sa grande grammaire 5 . 

Jean bar Zoubi, moine et docteur nestorien, qui 
vivait a la fin du XII e siecle et au commencement du 
XIII C , n'entra pas dans la voie inaugur^e par Elias de 
Tirhan, mais il s'en tint dans ses deux grammaires au 

1. Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 256, place cet auteur au XIl e siecle; 
plus loin, p. 708, il se corrige et il en fait le contemporain d'Honein. Ce 
Jean bar Khamis ne doit pas eire confondu avec Kamis bar Kardah£, 
l'auteur de poesies fort goutCes des Syriens. 

2. Cf. Assemani, B. 0., Ill, part. I 202; Wright, Syriac literature, 2« 
edit., p. 232. 

3. Cette grammaire a £t£ publiee d'apres un ms. de Berlin, avec une 
traduction allemande, parBAETHGEN, Syrische Grammatik des Elias von 
Tirhan, Leipzig, 1880. 

4. Historia artis gramm., p. 455. 

5. Ce traits a 6t6 analyst par Philipps dans 1'appendice III, p. 85, de 
son opuscule, A letter of Mar Jacob, bishop ofEdessa on syriac ortho- 
graphy. II est imprime", p. 19, 1. 13 et suiv., dans l'cdition du traitC de 
Bar Zoubi, faite par i'abbe" P. Martin d'apres lems. Add. 25876 du Musee 
britannique et le ms. 450 du Vatican, Traite" sur V accentuation chez les 
Syriens orientaux, Paris, 1877; et dans G. Diettrich, Die Massorah der 
ostl. und westl. Syrer, Londres, 1899, Append. II, p. 114. 



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292 LA GRAMMAIRE. 

systeme syriaque. Dans sa grande grammaire, il a re- 
cueilli une partie des oeuvres de ses devanciers, et il 
y a m61e des notions de la logique grecque tirees des 
commentaires de Severe Sebokt et de Rabban Denha * . 
Sa petite grammaire, en vers de sept syllabes, est 
un epitome destine aux jeunes eleves. Ces deux ouvra- 
ges etaient tres estimes des Syriens. 

Le Reseau des points de Joseph bar Malkon, ev6que 
de Mardin, concorde souvent litteralemeht avec la 
grammaire d'Elias. Ce Joseph bar Malkon semble &tre 
l'eveque de Nisibe consacre en 1190 sous le nom de 
Jesuyab 2 . Le Reseau des points traite des nombreux 
points usites a cette epoque dans Fecriture syriaque 
pour noter les voyelles, indiquer la prononciation 
exacte des consonnes et marquer 1'accentuation des 
phrases. II est ecrit en vers de douze syllabes ; c'etait 
un aide-memoire a l'usage des eleves qui Fapprenaient 
par coeur. Dans les manuscrits, il est place apres la 
gramnfaire d'Elias de Nisibe et celle de Jean bar 
Zoubi 3 . 

Le premier livre des Dialogues de Jacques ou Se- 
vere bar Schakako, disciple de Bar Zoubi, traite en 
premier lieu de la grammaire; suit une dissertation sur 
les accents d'apres le systeme de Jacques d'Edesse. 
Cette seconde partie a et6 editee par M. Merx dans son 
Historia artis grammatical apud Syros, d'apres des 



1. Merx, Historia artis gramm., p. 167; p. 158 et suiv., Merx a donn6 
une analyse de ces deux grammaires. L'abb6 P. Martin a public la 
partie relative aux accents; voir la note 5 de la p. pr6c6dente. 

2. Wrigiit, Syriac literature, 2 e 6dit., p. 236. 

3. Voir le ms. du Vatican 194 et le ms. du Mus6e britannique Add. 
25876. Merx a analyse cet ouvrage et en a publie des extraits dans son 
Historia artis gramm., p. HI et suiv. Severe bar Schakako tenait en 
mediocre estime le talent de versificateur de Bar Malkon. Cf. Pallin. 
Martin, De la mitrique chez les Syriens, Leipzig, 1879, Appendice, p. 68- 
71 ; Merx, op. ciU, p. 46, 1. 15 du texte. 



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LA GRAMMAIRE. 293 

ms. d'Oxford, de Goettingue, de Berlin et de Londres' 1 . 
Jacques bar Schakako composa aussi une grammaire 
metrique en vers de douze syllabes avec le titre d'Har- 
monie, i£3&*>$f. Merx a publie de cet ouvrage, a la suite 
du dialogue sur la grammaire, les fragments relatifs 
a des questions qui n'etaient pas traitees dans le dialo- 
gue 2 . Selon le savant editeur 3 , ce grammairien met a 
contribution les livres des philosophes grecs et des 
maitres d'ecoles syriens, mais il ne suit pas son mai- 
tre Bar Zoubi, dont il ne prononce m6me pas le nom. 
Nous terminons par Barhebraeus cet apergu histori- 
que de la grammaire syriaque. Dans son oeuvre gram- 
maticale, Barhebraeus s'est montre le vulgarisateur eru- 
dit et critique qu'il fut dans la plupart de ses autres 
ecrits. Nous avons rappele plus haut que c'est grace a 
lui que nous connaissons l'importance de la grammaire 
de Jacques d'Edesse. Aux travaux de celui-ci, Barhe- 
braeus adapta la methode arabe qu'il suivit avec plus 
d'intelligence que ne l'avait fait Elias de Tirhan 4 . Sa 
grande grammaire, intitulee Le livre des splefldeurs, 
j-^Jbjj ^JL>, est T oeuvre la plus complete de ce genre ; on 
y trouve expliquees les particularity des deux dialectes 
syriens, l'occidental et l'oriental; les remarques lin- 
guistiques des massoretes Jacobites et nestoriens y sont 
reproduces, ainsi que les minuties ortho^piques que 
les grammairiens inventerent pour distinguer les formes 
analogues des noms et des verbes. Barhebraeus est 
encore Tauteur d'une petite grammaire metrique, Le 



1. L'abb6 P. Martin en avait donn£ quelques passages dans le Journal 
miatique, avril-mai 1872. 

2. Un extrait repondant a l'edition Merx, p. 45,1. 15, avait 6te publie 
avec une traduction francaise par l'abbe P. Martin en appendice a son 
opuscule De la mttrique chez les Syriens, Leipzig, 1879, p. 68-71. 

3. His tor ia artis grammatics, p. 215. 

4. Comparer Merx, op, c*7., p. 231 et suiv. 



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•294 LA LEXICOGRAPHIE. 

livre de la grammaire, >.n.^^> m*o, suivi d'un traite 
sur les mots ambigus avec un commentaire { . 11 laissa 
inacheve un autre petit traits grammatical, Le livre 
de Vetincelle, |k-jo^» Mo 2 . 

Nous laissons de cote les grammaires des Maronites 
qui puiserent leur science en Europe, comme Amira, 
Abraham Ecchellensis, Isaac Sciadrensis et Joseph 
Acurensis. Merx en a parle dans son Historia artis 
grammatics apud Syros, p. 272-273. 

§ 2. — La lexicographic 

Les traites sur les mots ambigus ou Libri canonum 
de sequilitteris appartiennent autant au domaine de 
l'exegese et de la grammaire qu'a celui de la lexicogra- 
phic, mais nous les classons sous ce paragraphe parce 
que ce sont les premiers vocabulaires, sur le plan des- 
quels furent confectionnes les lexiques syriaques. Ces 
traites, ecrits a la maniere grecque, ont un caractere 
propre bien determine; du reste, pour leurs lexiques, 
les Syriens n'ont pas emprunte de gloses aux lexiques 
grecs de Cyrille d'Alexandrie, d'Hesychius et de Sui- 
das, comme le croyait Larsow 3 . 

Tant que le syriaque fut langue vivante, le besoin 
de dictionnaires ne se fit pas sentir. Cependant Tecri- 
ture defectueuse des anciens Syriens, qui ne marquait 

4. Ces deux grammaires ont ete" edit^es par l'abbe" P. Martin d'apres un 
ms. de Paris, (Euvres grammatical d'Aboul-Faradj dit Barhebrseus, 
Paris, 1872. Merx a analyse la grande grammaire dans son Historia artis 
grammaticw, p. 229 et suiv. En 1843, Bertheau avait edite" a Goettingue 
la grammaire metri que, mais sans le commentaire ni le traite des mots 
ambigus, Gregorii Barhebrsei qui et Abulfarag grammatica Ungues 
syriacse in metro Ephrsemo. En 1869, Philipps imprima et traduisit en 
anglais le chapitre de la grande grammaire relatif aux accents, A let- 
ter of Mar Jacob bishop of Edessa on syriac orthography, p. 3*, 
texte, p. 23. 

2. Voir Asskmani, B. 0., If, p. 272, n° 27. 

3. De dialectorum reliquiis, Berlin, 1841. 



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LA LEXICOGRAPHIE. 295 

pas les voyelles, multipliait les cas ou des mots de 
sens different ont la m6me forme. Les maitres qui 
expliquaient les textes sacres dans les ecoles, furent 
obliges de distinguer par des points particuliers ces 
mots, qu'ensuite on reunit et classa avec leurs signes 
distinctifs dans depetits recueils al'usage des etudiants. 
Un de ces recueils eut pour auteur Joseph d'Ahwaz, qui 
crea le premier systeme de points; d'autres furent com- 
poses par Jesu bar Noun, Honein et Abdochos ou Eu- 
dochus. Barhebraeus, comme il nous l'apprend lui- 
m6me, utilisa ces travaux pour le traite du m6me genre 
qui fait partie de ses oeuvres grammaticales * . A ces 
noms, on doit ajouter celui d'Enanjesu, plus connu 
par sa version du Paradis de Palladius. Son Liber 
canonum de sequilitteris est conserve, avec l'ouvrage 
analogue d'Honein, dans une collection publiee par 
M. Hoffmann (Opuscula nestoriana, Kiel, 1880, 
p. 2-49), d'apres un manuscrit de l'lndia Office a Lon- 
dres. Ce ms. renferme une recension abregee; une 
partie d'une recension plus developpee est fournie par 
le ms. 72 Sachau de Berlin, et aete publiee par M. Gott- 
heil a la suite de son edition de la grammaire d'Elias 
de Nisibe. Un ms. de Y Union Theological Seminary 
de New- York, analogue a celui de Berlin, a quelques- 
unes des gloses d'Honein qui ont passe dans la gram- 
maire d'Elias de Tirhan et qui manquent dans l'edition 
d'Hoffmann. Ainsi se trouve confirmee la conjecture de 
M. Noeldeke, suivant laquelle ces gloses appartenaient 
au fonds primitif de l'ouvrage 2 . 



1. Abb6 P. Martin, (Euvres grammaticales d'Aboul-Faradj, II, p. 77. Le 
traite de J6su bar Noun, qui sembie ne plus exister, est cite aussi dans 
les gloses du lexique de Bar Bahloul. Celui d'Abdochos se trouve a 
Rome, a Saint-Pierre in Montorio (Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 308) ; a 
Paris, a la Bibliotheque nationale ; a Berlin et a Cambridge. 

2. Noeldeke, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell., XXXV, p. 94. Voir 



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296 LA LEXICOGRAPHIE. 

Le livre d'Honein a ete retravaille et augmente par 
un auteur anonyme. II semble, a en juger par le ms. 
de Berlin, que Bar Zoubi completa le travail d'Honein, 
et Wright pensait que Tauteur anonyme en question 
pourrait 6tre ce m6me Bar Zoubi 4 . 

Les Opuscula nestoriana de M. Hoffmann contiennent 
ensuite, p. 49-84, un traite metrique d'fibedjesu de 
Gozarte, qui devint patriarche des Nestoriens en 1552. 
Cet ecrit, en vers de sept syllabes, est suivi d'un com- 
mentaire; il a pour objet les mots semblables par I'ecri- 
ture et differents par le sens 2 . 

Le Liber canonum de sequilitteris d'Enanjesu ne 
doit pas 6tre confondu avec une compilation de cet 
auteur relative a la prononciation exacte des mots diffi- 
ciles qui se rencontrent dans les ecrits des Peres 3 . 

Les lexiques syriaques suivirent de pres la renais- 
sance des etudes grecques chez les Nestoriens de Bag- 
dad, ou les ecoles florissaient au temps des califes 
Abbasides. Ces lexiques, redig^s par ordre alphabeti- 
que, comme les recueils de mots ambigus, avaient le 
double but d'expliquer les locutions difficiles ou peu 
usuelles, dont le nombre s'aecrut chaque jour apres 



sur ce sujet Gottheil, Hebraica, VI, p. 215 et suiv., ou ce savant a donn6 
des variantes a l'edition d'Hoffmann d'apres le ras. de New-York. 

i. Wright, Syriac literature, 2 e edit., p. 269. II existe encore un traite 
anonyme dans les ms. 194 et 450 syr. de la bibliotheque du Vatican, et 
une dissertation sur les homonymes sans nom d'auteur et incomplete 
dans le ms. 419 syr. de la me me bibliotheque, voir Hoffmann, Opuscula 
nestoriana, p. xvm; comp. Assemani. B. 0., Ill, part. I, 308, IX; un 
autre traits a Berlin (Sachau 180). 

2. Cet ouvrage se trouve aussi, en dehors du ms. de llndia Oflice, 
dans le ms. du Vatican 419 syr. (voir Hoffmann, op. cit., p. xix), et dans 
le ms. appartenant a Y Union Theological Seminary, voir Proceedings 
of the American Oriental Society, XII, 134. Le trait6 d'Ebedj^su de 
Gozarte est imprime" 6galement dans la Cbrestomathie d'Ourmia, inti- 
tuled Le petit livre des miettes, p. 347. Deux poesies de cet auteur se 
trouvent, Tune dans la meme chrestomalhie, p. 222, et l'autre dans le 
Liber thesauri duP. Cardahi, p. 80. 

3. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 144. 



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LA LEXICOGRAPHIE. 297 

rintroduction de l'arabe comme langue populaire, et 
de donner la clef des termes techniques grecs conser- 
ves dans les versions syriaques. Ce n'etaient pas de 
vrais dictionnaires de la langue, mais des compilations, 
plus ou moins etendues, de gloses syriaques expli- 
quees quelquefois en arabe. 

Le celebre Honein, qui traduisit tant de livres grecs, 
redigea le premier lexique syriaque. Cet ouvrage etait 
vante pour son exactitude et pour sa methode ; il passa 
dans les compilations posterieures ou il perdit son indi- 
viduality. Son titre, Explication de mots grecs en 
syriaque 11 , ^isv&m* l^oS j^fo-t ,nt^, indique.qu'Honein 
avait surtout en vue ici les mots grecs ; il avait traite 
des mots syriaques dans son De sequilitteris dont nous 
avons parle precedemment. 

Nous avons dit ci-dessus, p. 272, que Gabriel Boktjesu 
avait ete considere a tort comme Fauteur d'un lexique. 

Zacharie de Merv 3 , qui vivait a la fin du IX e siecle, 
completa Toeuvre lexicographique d'Honein au moyen 
de nombreuses additions que Bar Bahloul cite frequem- 
ment. Ces additions etaient, parait-il, mal disposes et 
souvent contradictoires avec les gloses d'Honein. Pour 
remedier a cet inconvenient, un disciple d'Honein, le 
m^decin Jesu bar Ali, composa, a la demande du diacre 
Abraham, un nouveau lexique en utilisant les gloses 
de Honein et de Zacharie de Merv. Dans la preface de 
son glossaire, il confesse que son livre est encore im- 

4. Bar Bahloul avertit dans la preface de sod lexique, que les gloses 
qu'il y a ins£r6es sans nom d'auteur sont empruntees au lexique d'Ho- 
nein. 

2. Voir Immanuel Loew, Zeitschr. der deut. morg. Gesell., XL, p. 76*, et 
Aram&ische Pflanzennamen, Leipzig, 188i, 17, note 2. 

3. Sans doute le meme qu'Abou Yahya al-Marwazi, un eminent niede- 
cin de Bagdad, qui ecrivit en syriaque sur la logique et d'autres sujets, 
Wright, Syriac literature, 2 e ed., p. 215; comp. ci-dessus, p. 255. Le 
nom de Zacharie lui est donne par Bar Bahloul dans la preface de son 
lexique. 

17. 



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•298 LA LEXJCOGRAPHIE. 

parfait, et il prie Abraham et les autres lecteurs qui 
remarqueraient des lacunes, de le completer. Abraham 
ne faillit pas a cette tache; parmi les nombreux ma- 
nuscrits de Bar Ali conserves dans les bibliotheques de 
TEurope, quelques-uns portent, apres la preface, une 
note relative a ces additions et intitulee nXrjQoyoQla ; 
d'autres, au contraire, n'ont pas cette note et offrent 
un texte plus proche de l'original. A la derniere cate- 
gorie appartient le manuscrit de Gotha dont G. Hoff- 
mann a publie la premiere partie*. II est a souhaiter 
que cette edition soit achevee. 

Henanjesu bar Seroschwai, 6v6que de Hira vers 900, 
est Tauteur d'un quatrieme lexique syriaque. Bar Bah- 
loul qui donne des gloses de ce lexique a chaque page 
de sa compilation, le juge dans sa preface tr&s exact et 
l'appelle le complement d'Honein. 

La plus volumineuse compilation de cette sorte est 
le lexique de Bar Bahloul 2 , espeee d'encyclopedie dans 
laquelle Tauteur a reuni les differentes ceuvres de lexi- 
cographic avec de nombreuses notices tirees des ecrits 
syriaques sur les sciences naturelles, la philosophic, la 
theologie et l'exegese biblique. Le principal me>ite de 
Bar Bahloul est de citer exactement ses autorites. Son 
ouvrage nous est parvenu, il est vrai, considerablement 
interpole, et il n'est pas rare d'y trouver cites des au- 
teurs d'une epoque posterieure, comme BarhebraBus, 
par exemple, qui est du XIII 6 siecle. Bar Bahloul, en 
arabe Abou'l-Hassan ibn al-Bahloul 3 , etait originaire 

i. Syrisch-arabische Glossen, Kiel, 1874. 

2. Edite par R. Duval, Lexicon syriacum, auctore Hassano Bar Bah - 
lule, Paris, i888-4896. 

3. Le nom 6'Isa ou Jesu qu'on lui donne par erreur, Assemaki, B. 0., 
Ill, part. I, 257, vient de la confusion qui s'est faite entre les noms de 
Bar Bahloul et de Bar Ali dans les ms. ou les lexiques de ces deux au- 
teurs sont melanges; mais Bar Bahloul n'a pas le nom de Jesu dans les 
ms. d'Oxford et de Cambridge, comme le dit Gesenius, Sacra Pente- 



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1 



LA RHETORIQUE ET LA POfiTIQUE. 299 

d' Awana, dans le diocese de Tirhan* . II vivait vers le 
milieu du X e siecle ; en 963, il agit en faveur de Telec- 
tion d'Ebedjesu I, patriarche des Nestoriens 2 . Suivant 
une clausule de quelques manuscrits, cet auteur com- 
posa son lexique a Bagdad, ou il enseignait dans les 
£coles 3 ; on lui donne Tepithete $ habile docteur, j**£> 

lUopo. 

filias de Nisibe cl6t la serie des lexicographes 4 avec 
son Livre de I'interprete, qui se distingue des lexiques 
precedents autant par sa forme que par la concision 
des gloses. C'est un vocabulaire arabe-syriaque, divise 
par ordre des matieres et par chapitres 5 . 

§ 3. — La rh6torique et la poetique. 

La rhetorique et la poetique ont ete envisagees par 
les anciens Syriens comme une partie de la philosophic 
aristotelienne ; c'est a ce point de vue special qu'elles 
etaient enseignSes dans les ecoles, et les Merits qui en 
traitent nous offrent peu d'interSt pour la literature 
syriaque. 

Honein fit (probablement en syriaque) la version de 
la rhetorique et de la poetique d'Aristote, dont parlent 

costalia, Leipzig, 1834, p. 26, note 46. Le nom de Bahloul, qui signifie bouf- 
foil, n'est pas rare chez les Arabes; ainsi s'appelait notamment le 
bouffon d'Haroun al-Raschid. De nos jours il designe dans les contes 
populaires du Kurdistan une espece d'Asmodee, capable du bien et du 
mal. 

1. Voir Ibn Abi Ouseibia, 6d. A. Mueller, Koengisberg, i884, 1. 1, p. 109, 
ou il faut lire al-Tirhdni, au lieu de al-Tabrehdni. 

2. Mari, e"d. Gismondi, pars I, p. 1<M. 

3. Voir Gesenius, Sacra Pentecostalia, p. 27 ; Payne Smith, Catalogue^ 
col. 604. 

4. Nous ne parlerons pas des lexiques modernes des Maronites 
comme celui de Karmsedinoyo. 

5. II a ete public par Paul de Lagarde en tete de son livre Prwler- 
missorum libri duo, Goettingue, 1879. Thomas a Novaria en tira les ma- 
tgriaux pour son Thesaurus arabico-syro-latinus, Rome, 1636. 



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300 LA RHETORIQUE 

certains auteurs arabes, et il semble que c'est cette 
version qu' Abou Zacharia et Abou Bischr traduisirent 
en arabe* . 

Antoine de Tagrit composa au IX e siecle un volu- 
mineux traite ^de rhetorique qui jouit d'un grand cre- 
dit chez les Syriens. Ce traite est divise en cinq livres, 
dont le premier est subdivise en trente chapitres; il 
existe avec quelques lacunes dans un ms. de Mossoul 2 . 

Severe bar Schakako a disserte de la rhetorique et 
de la poetique dans le premier livre de ses Dialogues 
apres avoir parle de la grammaire. Le dialogue sur la 
poetique vaut une mention particuliere. II nous a con- 
serve un fragment de la version syriaque de la poetique 
d'Aristote, relatif a la definition de la tragedie, lequel 
nous permet de verifier, au moins sur ce point, la fide- 
lite de la version arabe d'Abou Bischr 3 . Ce dialogue 
renferme en outre un traite sur la versification syriaque 
qui est unique en son genre 4 . Malheureusement les 
regies qui y sont etablies sont basees sur la poesie de- 
cadente des siecles post^rieurs, et ne nous apprennent 
rien des principes qui regissaient l'ancienne poesie 
syriaque. 

1. Voir D. Margoliocth, Analecta orientalia adpoeticam Aristoteleam, 
Londres, 1887, p. 3 et suiv. Dans cet ouvrage, M. Margoliouth a 6dit6 
la version de la poetique d'Abou Bischr et le livre d'Avicenne traitant 
de la poetique. 

2. Il sera prochainement publie dans le Corpus scriptorum christia- 
norum orientalium de M. Chabot. M. Manna en a donne quelques 
passages dans Morceaux choisis de la litterature arameenne, II, p. 
95, Mossoul, 1902. Le ms. Add. 17208 du Muse*e britannique a des 
fragments des premiers chapitres du premier livre. Cf. Orientalische 
Studien Theodor Nceldeke, Giessen, 1906, p. 479. 

3. Margoliouth, op. ciL, p. 6. Ce- fragment est imprime a la suite de 
la version d'Abou Bischr. 

4. £dit6, sous forme d'extraits, avec une traduction francaise par 
Tabbe* P. Martin, De la metrique chez let Syriens, dans le vol. VII, fasc. 
2, des Abhandlungen fur die Kunde des Morgenlandes, Leipzig, 1879. 
Severe bar Schakako reproduit litte"ralemeiit des passages de la Rhitori- 
que d'Antoine de Tagrit, comme il r6sulte du ms. de Mossoul qui sera 
editC prochainement. 



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ET LA POETIQUE. 301 

Barhebraeus ne visait point a Foriginalite quand il 
ecrivit son livre de La crSrne de la science qui com- 
prenait la philosophic aristotelienne tout entiere, 
comme nous Tavons rappele plus haut, p. 257, et dans 
lequel la rhetorique et la poetique occupent les deux 
derniers chapitres de la premiere partie. M. Margo- 
liouth aedit^la poetique dans ses Analecta orientalia 
adpoeticam Aristoteleam, Londres, 1887, p. 114-139. 



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XVII 



TRADUCTIONS SYRIAQUES. 



Nous n'avons pas reserve un chapitre special a la 
theologie, a cause de la diversite des ecrits syriaques 
que cette science a produits. Quelques-uns de ces ecrits 
ont ete mentionnes dans les chapitres precedents ; les 
autres, en plus grand nombre, seront cites dans les 
notices de la seconde partie consaerees a leurs auteurs 
d'apres l'ordre chronologique. A cette place leur ca- 
ractere et leur objet ressortiront peut-6tre mieux. 
Mais nous dirons ici quelques mots des traductions des 
oeuvres des Peres grecs qui ne rentrent pas dans les 
genres litteraires traites ci-dessus. Ces traductions te- 
moignent de Finfluence exercee par la theologie 
grecque sur la theologie syriaque. Ce sera Tobjet du 
premier paragraphe de ce dernier n° ; dans le second pa- 
ragraphe, nous mentionnerons les traductions d'ceuvres 
profanes. 

Les premieres traductions syriaques sortirent du 
mouvement scientifique qui se produisit dans la Meso - 
potamie au V e et au VI e siecle de notre ere et qui eut 
d'abord son centre a Edesse (comparer ci-dessus 
n° XIV, § 2). Ces premieres traductions sont litterales 
et terre a terre ; elles jurent avec le genie litteraire des 



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m TRADUCTIONS D'CEUVRES 

Syriens et maltraitent leur langue.. La renaissance des 
sciences en Mesopotamie, qui commence au IX e siecle, 
favorisee par les califes de Bagdad, marque une ere 
de progres : les traducteurs s'efforcent de rendre autant 
Tesprit que la lettre du livre traduit; ils sont familia- 
rises avec la langue technique, et leur style est de meil- 
leur aloi. 



§ 1. — Traductions d'osuvres des Peres grecs. 

Les principales oeuvres des Peres grecs ont passe 
en syriaque 4 . Quelques traductions sont tres anciennes, 
suivant depres parfoisl'original grec qu'elles transmet- 
taient aux Syriens ; telle est la version du traite De 
recta fide de Cyrille, que Rabboula, ev£que d'Edesse, 
fit sur un exemplaire qui lui avait ete envoye par Tau- 
teur. La plupart de ces versions sont conservees 
dans les bibliotheques de l'Europe; mais, malgre l'in- 
ter&t qu'elles presentent, peu d'entre elles ont ete edi- 
tees ; nous nous bornerons a quelques indications som- 
maires ; le lecteur trouvera d'autres informations dans 
La litterature grecque de M. Batiffol (4 e ed.), a laquelle 
il nous suffira souvent de renvoyer. 

Le catalogue d'Ebedjesu renferme, dans sa premiere 
partie 2 , une liste des livres de la patrologie grecque 
traduits en syriaque ; cette liste est precieuse, car elle 
fait connaitre le titre d'ceuvres grecques qui ne sont 
pas connues d'ailleurs, mais ce n'est pas ici le lieu de 
la reproduire. 

Les deux epitres de saint Clement de Rome aux Co- 
rinthiens, contenues dans le ms. syr. Add. 1700 de 

4. Sur les traductions des commentaires bibliques des Peres grecs, voir 
ci-dessus, p. 74. 
2. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 13 etsuiv. 



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DES PERES GRECS. 305 

Cambridge, ont ete publiees par M. Robert Kennett 
apres la mort de Bensly qui en avait prepare l'edition l . 
L'authenticite de la premiere epitre ne fait pas de doute ; 
la seconde est apocryphe. 

En 1856, Beelen a donne une nouvelle edition des 
deux epftres sur la virginite, mises sous le nom de 
s. C16ment deRome 2 . 

Cureton £dita en 1845 Fancienne traduction syriaque 
des trois Epitres de saint Ignace a Polycarpe, aux 
fiph^siens et aux Romains 3 . Cureton croyait que cette 
version reproduisait les epitres originales, qui avaient 
et6 interpolees et alt6r£es dans la recension grecque 
connue; les autres epitres grecques etaient, selon lui, 
apocryphes. Les controverses que cette these souleva 
susciterent une nouvelle publication du celebre orien- 
taliste anglais (Vindicise Ignatianee, Londres, 1846); 
puis celui-ci donnait une seconde edition, augmentee 
de nouveaux textes, sous le titre de Corpus Igna- 
tianum, Londres, 1849. Les conclusions de Cureton 
sont aujourd'hui definitivement rejet^es : la version 
syriaque ne represente qu'un extrait d'un recueil des 



1. The Epistles ofS. Clement to the Corinthians in syriac by the late 
Bensly, Cambridge, 1899. L'abb6 Paulin Martin avait public, dans le 
IV* vol. des Analecta sacra du card. Pitra, un fragment de la seconde 
lettre (apocryphe) de S. Clement. 

2. S. Patris nostri dementis Romani Epistolse binse de virginitate, 
Louvain, 1856. Beelen soutient encore l'authenticite de cesdeux epitres. 
Le texte syriaque et la traduction latine sont une reproduction am61io- 
ree de Veditio princeps que Wetstein avait fait paraitre a Leide en 1752. 
Galland avait re^dite" la traduction dans le premier volume de saBiblio- 
theca veterum Patrum. Dans un premier appendice, Beelen areimprimg 
la traduction latine de Wetstein et la traduction allemande de Zingerle 
(Die zwei Briefe des h. Klemens von Rom an die Jungfrauen, Vienne, 
1827); un second appendice renferme de&Fragmentanonnullaexegelici 
argumenti anecdota. Cf. Funk, Theol. Quartalschr., LIX, 3; Hilgenfeld, 
Zeitschr.f. wissenschaft. Theologie, XX, 4; Land, Syrische Bijdragen to 
de Patristik, Leide, 4857. 

3. The ancient syriac version of the epistles of S. Ignatius, Londres, 
1845. 



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J 



30G TRADUCTIONS D'OEUVRES 

epitres, retravaille et amplifie par un faussaire *. 

Le P. Zingerle a fait connaitre, dans le premier vo- 
lume des Monumenta syriaca (Innsbruck, 1869, p. 1), 
unextrait syriaque delalettre dePolycarpe, contenant 
le chapitre VII et la fin du chapitre XII qui manque en 
grec. Quelques mots du chapitre XII ont 6t6 imprimes 
par Cureton dans son Corpus Ignatianum, p. 212, 1. 3, 
d'apres un ms. du VI e siecle oil se trouve le traite de 
Timothee iElure d'Alexandrie contre le concile de 
Chalc^doine. Cureton a ajoute (ibid., p. 204, 1. 6) les 
chapitres IX et XIII tires de la version syriaque del'His- 
toire ecclesiastique d'Eusebe, et (p. 214, 1. 25 et 27) 
des citations du chapitre V empruntees a Severe d'An- 
tioche. Le P. Zingerle a traduit en latin ces divers 
fragments 2 . 

L'abbe Paulin Martin a publie dans le quatridme 
volume des Analecta sacra du card. Pitra : un frag- 
ment du traite sur la foi orthodoxe attribue faussement 
a saint Justin 3 ; les fragments connus des versions 
syriaques et armeniennes de saint Irenee 4 ; un fragment 
du livre (apocryphe) de Clement d'Alexandrie contre 
les heresies. 

Plus importants sont les textes qui representent Toeu- 
vre de saint Hippolyte dans la publication de l'abbe 
P. Martin. Apres les commentaires bibliques (voir ci- 
dessus, p. 74), viennent : 1° des fragments sur la P&que, 
que Lagarde avait d&ja imprimes dans ses Analecta 

1. P. Batiffol, La literature grecque, p. 14. 

2. Op. cit., I, p. 2-5; comp. P. Batiffol, La litterature grecque, p. 17. 
L'abbe Paulin Martin a donn6 un fragment de la lettre de Poly«arpe 
dans le IV e vol. des Analecta sacra du card. Pitra. 

3. Moesinger a publie" un autre fragment dans Monumenta syr., II, p. 7. 
4.M0ESINGER, I. c, p. 8-9, avait publie trois de ces fragments d'apres 

des ms. du Vatican ; Tun d'eux a 616 imprim£ sous le nom de Meliton, 
dans le Spicilegium syriacum de Cureton, p. 32, et dans le Spicilegium 
Solesmense ducard. Pitra, II, p. lix ; il se trouve aussi en arabe sousle 
nom d'Hi6roth6e dans le Spicileg.Rom.dxx card. Mai, III, p. 704. 



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DES PERES GRECS. 307 

syriaeciy p. 88 et 89; 2° un fragment de l'homelie sur 
FEpiphanie; 3° des fragments dudiscours sur la resur- 
rection adresse a l'imperatrice Mammaea; Lagarde en 
avait donne des passages, Anal, syr., p. 87 '. Dans le 
ms. syr. Rich 7185 du Musee britannique, qui contient 
une partie du commentaire de Bar Salibi sur le Nou- 
veau Testament, M. Gwynn a trouve cinq fragments 
des Capita Hippolyti adversus Caium, dans lesquels 
la refutation de Cai'us par Hippolyte est precedee d'un 
court index des objections que Cai'us avait faites a des 
passages de T Apocalypse *. 

De Denys, ev&que d'Alexandrie, l'abbe P. Martin a 
edite des fragments syriaques : 1° de lalettre a Nova - 
tus ; 2° de la lettre a Denys et Etienne ; 3° de la lettre 
a fitienne de Rome ; 4° de la lettre au pape Xystus 
(Sixte); 5° de la dixieme refutation de Paul de Samo- 
sate; 6° de la lettre a Paul de Samosate 3 . 

Les oeuvres de Pierre, ev£que d'Alexandrie, sont re- 
presentees dans la m6me publication par des fragments 
d'hom&ies sur la divinite, sur la resurrection, sur 
la non-preexistence del'ame 4 . 

D 1 Alexandre, le successeur de Pierre sur le siege 
d'Alexandrie, l'abb£ P. Martin a recueilli des fragments 
de l'ency clique et de plusieurs homilies 5 . 

Les oeuvres d'Apollinaire, dont les originaux grecs 
ont disparucomme etant h^retiques, se sont conserves 
en partie dans des traductions des Syriens monophy- 



1. Cf. Bonwetsch et Achelis, Hippolytus dans Die gr. christl. Schrifl- 
steller, Leipzig, 1897; Batiffol, Hippolyte dans la Revue biblique, 1898, 
p. 115-119. 

2. Gwynn, Hippolytus and his heads against Caius, dans Hermathena, 
VI, p. 397-418, Dublin, 1888. 

3. Comp. P. Batiffol, La litte'rature grecque, p. 131. 

4.Comp. P. Batiffol, ibid , p. 127. Sur la lettre de Pierre relative aux 
renegats, voir ci-dessus,, p. 162-163. 
5. Comp. S. Alexjtodri... sermo dans Mai, Nova Patrum Bibl. 11,531. 



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308 TRADUCTIONS D'OEUVRES 

sites qui les mirent sous le nom de Peres orthodoxes : 
Gregoire le Thaumaturge, Jules et Felix de Rome, 
Athanase. C'est un fait connu, qui a fait Fobjet des 
nouvelles recherches de MM. Lietzmann et Flemming-. 
Ceux-ci ont reedit6 d'une maniere critique les textes 
syriaques suivants qui sont de ce genre * : le xavd /lisqoq 
niang, de Gregoire le Thaumaturge 2 ; la plupart des 
trails de Jules de Rome 3 ; deux Confessions d'Atha- 
nase; la Lettre a Jovien et la Confession des Peres 
de Nicee contre Paul de Samosale * ; un fragment de 
Jules 5 et une citation de Felix 6 , avec quelques nou- 
veaux textes tir^s des ms. du Musee britannique. 

Outre le traits navd fnigog niovtg, Lagarde a publie 
dans ses Analectasyriaca d'di\itre& oeuvresde Gregoire 
le Thaumaturge, dont l'authenticite a ete discutee : le 
discours a Theopompe sur Vimpassabilite et la passa- 
bilite de Dieu ; des extraits du traite sur la resurrec- 
tion et des douze chapitres sur la foi. L'abbe P. 
Martin a reimprime ces textes dans les Analecta sacra 
du card. Pitra, t. IV, et en plus : La revelation de saint 
Gregoire; Le discours sur V Annonciation de la Vierge; 
Uhome'lie sur le bapteme de Notre- Seigneur ; et divers 
fragments pseudepigraphiques. 

La Vie de Gregoire de Neocesaree ou Gregoire le 
Thaumaturge, a ete publiee en syriaque par P. Bedjan, 

1. Hans Lietzmann, Apollinaris von Laodicea und seine Schide, Tubin- 
gue, 1904. Johannes Flemming et Hans Lietzmann, Apollinarische Schrif- 
ten, Berlin, 1904, Cf. Hugo Gressmann, Zeilschr. der deut. morgenl. 
Gesell., LIX, 1905, p. 674. 

2. Publie par Lagarde, Analecta syriaca, p. 31-67, et par P. Martin, 
Analecta sacra du card. Pitra, IV. Le P. Lequien avait le premier re- 
connu que ce traite" 6tait un 6crit d'Apollinaire. 

3. Edites par Lagarde, op. cit. f p. 67-79, etMoEsiNGER, Monumenta sy- 
riaca, II, p. 1-5. 

4. Caspari, A Ite und neue Quellen zur Geschichte des Taufsymbols, 
Christiana, 1866. 

5. Dans Moesinger, voir ci-dessus, note 3. 

6. Zingerle, Monumenta syriaca, I, p. 1. 



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DES PERES GRECS. 3Q9* 

Acta mart, et sanctorum, VI, 83-106. Elle aete tra- 
duite en allemand par Ryssel * . 

Le IV e vol. des Analecta sacra, publie par Tabbe 
P. Martin, a encore quelques fragments syriaques d'e- 
crits de Methodius, d'Eustathius d'Antioche, deS^ra- 
pion de Thmuis et de pseudo-Denys TAr^opagite. 

Les oeuvres de Gr^goire de Nazianze furent traduites 
en syriaque, en deux tomes, par Tabbe Paul, en 624 r 
en Chypre, ou il s'etait r^fugie pour echapper aux ar- 
mees perses qui avaient envahi la Mesopotamie 2 . Atha- 
nase de Balad traduisit les homelies, au moins partiel- 
lement 3 , et la ^uva/wy^s xai ifyjyrjou; IotoqujUv ; celle-ci 
nous est parvenue dans un ms. du Mus^e britannique 4 . 
Les Nestoriens, de leur c6te, avaient une version des 
ecrits du Th^ologien 5 . Au nombre des traducteurs de 
ces Merits, Barhebreeus cite aussi Jacques d'Edesse 6 . 
Peu de temps avant sa mort, le P. Bollig edita le ms. 
du Vatican syr. 105, qui contient une version des poe- 
mes iambiques; son edition a ete completee par le- 
P. Gismondi 7 . Ce manuscrit, qui est ancien (V e ouVI e 
s.), ne comprend pas la serie integrate des poemes de 
Gregoire ; l'ordre y differe de celui des Editions grec- 

1. Theol. Zeitschr. aus der Schweiz, 1894, p. 228. cf. Victor Ryssel,. 
Georgius Thaumaturgus, sein Leben und seine Schrif ten, Leipzig, 1880. 

2. Assemani, B. 0.,I, 71; HI, part. I, 23. Sa version est conserved au 
Musee britannique ; Wright, Catal., p. 423-433. 

3. Wright, Catal., p. 441. 

4. Wright, Catal., p. 425. 

5. Wright, Catal., p. 436-437. 

6. Assemani, B. 0., II, 307; III, part. I, 23. Wright croyait erronee l'as- 
sertion de Barhebraeus ; il dit, Syriac literature , 2 e e*d., p. 119: « Jac- 
ques d'fcdesse retoucha simplement, croyons-nous, la version de l'abbe 
Paul, a laquelle il ajouta probablement des notes et des ex traits expli- 
catifs de Severe, et la recension par Athanase de la 2way<ayrj xai 
h%ijyt]OiQ IotoqicSv mise en appendice a l'homelie « In sancta lumina • 
{Catalog. Wright, p. 423-427). 

T.S.GregoriiTheologi liber carminum iambicorum versio syriaca* 
Pars prima, edidit P. J. Bollig. Pars altera, ediditu. Gismondi, Bey- 
routh, 1895 et 1896. 



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310 TRADUCTIONS D'OEUVRES 

ques ; plusieurs poemes sont reunis en un seul ; d'au- 
tres, au contraire, sont coupes en plusieurs parties. 
Le P. Gismondiena combl£ les lacunes avec des ms. 
du Musee britannique; il a m 6 me reproduit deux re- 
censions differentes du podme sur la virginite ; une 
troisieme existe dans un autre ms. du m&me musee. 
L'une de ces recensions provient de la version nesto- 
rienne; une autre de la traduction de l'abbe Paul. Mais 
onne saitquelle version des poemes de Gregoire repre- 
sentent lems. 105 du Vatican et certains ms. du Musee 
britannique. Si le manuscrit du Vatican est reellement 
du V° ou du VI e s., commele dit Ass^mani, ce ne peut 
&tre la traduction de Januarius Candidatus d' Amid * , 
faite en 665, ni celle de Theodose 2 , faite en 805, non 
plus que la version nestorienne de Rabban Gabri el, qui 
venait d'etre achevee quand le patriarche Timothee I 
(780-823) en adressa un exemplaire a Sergius 3 . On y 
voit avecquelque vraisemblance l'ancienne version nes- 
torienne mentionnee par Assemani 4 . La version nesto- 
rienne fut commence par les patriarches Mar Aba IP et 
Timothee I 6 ; la version Jacobite de l'abbe Paul le fut 

1. Appele* Senorinus Chididatus par Assemani, B. 0., II, cxlix, 502; HI, 
part. I, 43, note. Sur le nom exact de cet auteur voir Guidi, Actes du 
X 6 Congres des Orientalistes de Geneve, 4894, 3 e partie, p. 75. La ver- 
sion de Candidatus 6tait divise*e en dix-sept chapitres, d'apres une 
notice du ms. 96 du Vatican, laquelle est suivie d'un fragment de cette 
version, vers 4-82 du poeme neqi twv xad' eavrov; ce fragment, peut- 
etre unique, a 6t6 £dit6 par Guidi, I. c, p. 87. 

2. Barhemleus, Chron. eccl., I, 363; Assemani, B. O., II, 345. II est pos- 
sible que les ms. Add. 14547 et 48821 du Muse"e britannique renfer- 
ment la traduction de Candidatus ou celle de Theodose ; Wright, Catal., 
p. 433. Theodose est aussi l'auteur d'une version de I'homelie de Gre- 
goire de Nazianze sur les miracles du prophete £lie, conservee dans le 
ms. syr. 96 du Vatican, Catal. Vat., II, 521. 

3. Voir l'abbe Chabot, Journal asiatique, mai-juin 1898, p. 544. 

4. B. O., Ill, part. I, 24, note I. Cette version est peut-etre aussi celle 
du ms. du Mus6e britannique, Add. 18815, du IX e siecle, Catal. Wright 
p. 436. 

5. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 157. 

6. Barhebrjsus, Chron. eccl. t II, 179. 



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DES PERES GRECS. 311 

par Denha ou Ibas (vers 850) et par un auteur ano- 
nyme dont Toeuvre est conservee dans le ms. Add. 17197 
du Musee britannique; Wright 1 pense que cet auteur 
peut &tre Elias, ev£que de Singar vers 750 (comp. As- 
semani, B. 0., II, 339). Georges, ev6que des Arabes, 
composa un recueil de scolies sur les homelies de Gre- 
goire, qui renferme un grand nombre de lecons ; cette 
compilation est conservee dans le ms. Add. 14725 du 
Musee britannique 2 . 

De Tancienne Ecole des Perses a Edesse sort la ver- 
sion de la Theophanie d'Eusebe, dont il n'existe que 
des fragments en grec ; elle a ete editee par Samuel 
Lee 3 d'apres le celebre ms. Add. 12150 du Musee bri- 
tannique, date de 411, qui renferme aussi les Recogni- 
tions de Clement, l'histoire des martyrs d'Eusebe 4 et 
la version syriaque du traite contre les Manicheens de 
Titus, evSque de Bostra (f 375), complete en quatre 
livres et dont on ne possede en grec que les deux 
premiers livres et une partie du troisieme 5 . 

II n'est reste que des fragments de la version 



1. Wright, Syriac lit., 2 e ed., p. 157, note 2. Mari, ed. Gismondi, 
part. I, p. 21, cite J6su bar Noun et Elias de Kascbkar parmi les tra- 
ducteurs de Gr6goire de Nazianze. 

2. II a ete" fait aussi plusieurs commentaires partiels, que nous men- 
tionnerons dans notre seconde partie sous le nom de leurs auteurs. 

3. Eusebiuson the Theophania, Londres, 1842, trad., Cambridge, 1843; 
comp. P. Batipfol, La litt. grecque, p. 209; Hugo Gressmaiw, Studien 
zu Eusebius* Theophanie, dans Texte und Untersuchungen, neue Folge, 
VIII, 3; XII, 154; Eusebius* Werke, III Bd., 2 Halfte, Die Theophanie 
die griech. Bruchstucke und Uebersetz. der syr. Ueberlieferung, Leipzig, 
1904. Sur les versions de VHistoire eccUsiastique et de la Chronique 
d'Eusebe, voir ci-dessus p. 488 et suiv. Voir aussi Eusebius ofCsesarea, 
on the Star, ed. Wright, Journ. of sacred Lit., Londres, 1866; Mai, 
Nova Patrum Bibl., IV, 281. 

4. Voir ci-dessus, p. 144. 

5. Cette version a ete" e"dite"e £ar Paul de Lagarde, Titi Bostrensis 
contra Manichseos libri IV syriace, Berlin, 1859; comp. P. Batiffol, 
La litt. grecque, p. 288. 



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312 TRADUCTIONS D'CEUVRES 

syriaque du JJsqI diayoviaq svayyeXuov d'Eusebe *. 

Les ms. syriaques nous ont conserve des traductions 
des oeuvres de Jean le moine, ou Jean de Lycopolis, le 
Voyant de la Th6bai'de, qu'Assemani a confondu avec 
Jean d'Apamee. Jean le moine florissait dans la se- 
conde moitie du IV e siecle 2 . 

Le ms. Add. 14569 du Musee britannique contient 
un recueil des vingt premieres Lettres f estates d'Atha- 
nase d' Alexandrie ; il ne s'est conserve en grec que 
des fragments de la serie suivante. Dans Fexemplaire 
grec que le traducteur syriaque avait sous les yeux, 
les lettres XV et XVI manquaient, comme la re- 
marque en est faite a la fin de la XIV 6 lettre. En tSte, 
on lit une introduction dans laquelle toutes les lettres 
festales sont analysees et portent la date de la f&te de 
P&ques, pour laquelle, chaque annee, Athanase £cri- 
vait une de ses lettres. Cureton a edite ce manuscrit 
dans l'etat ou il se trouve et sans reparer le desordre 
des feuillets intervertis ; il a ajoute des extraits des let- 
tres XXVII, XXIX et XLIV tires du livre de Severe 
d'Antioche contre Jean Grammaticus de C&saree (con- 
serve seulement en syriaque), et un extrait de la 
XXXIX 6 lettre relatif aux livres canoniques de l'A. et 
du N. Testament 3 . Le card. Mai a retabli Tordre 
correct dans une nouvelle edition, accompagnee d'une 
traduction latine, Script, vet. nova collectio, t. VI. 
Larsow en a fait une traduction allemande, et Pusey 
une traduction anglaise 4 . 



1. Voir Baumstark, Oriens christianus, 1901, p. 378. 

2. Voir Cureton, Corpus Ignatianum, BerliD, 1849, p. 351-352; cf. 
Wright, Catal., p. 451, note. 

3. Cureton, The festal letters of Athanasius, Londres, 1848; comp. 
P. Batiffol, La litt. grecque, p. 272. 

4. Schwartz, Zur Geschichte des Athanasius, Goettingue, 1905, et ci- 
dessus, p. 76. 



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DES PfiRES GRECS. 313 

Les canons attribues a Athanase, ecrits en grec,nous 
sont parvienus fragmentairement dans une version 
copte et integralement dans une version arabe faite du 
copte vers 1050 par Mikael, ev£que de Tinnis. Ces 
deux versions ont 6te publiees par MM. Riedel et 
Crum dans la Text and Translation Society, Lon- 
dres, 1904. Ces regies forment un traits, concernant 
le clerg£ d'Egypte, que le traducteur a divise en 107 ca- 
nons, en tete desquels il a place un titre indiquant le 
sujet du canon. M. Riedel a prouve contre Renaudot 
que I' attribution de l'ouvrage a Athanase est tres vrai- 
semblable * . 

La version syriaque du traite de saint Epiphane 
Ileal [isTOtov xaloTadpcSv, incomplet en grec, a ete pu- 
blic par Paul de Lagarde 2 . Sur Les vies desprophhtes 
attributes faussement a Epiphane, voir ci-dessus, p. 83. 

Les Analecta syriaca de Lagarde contiennent, p. 91- 
100, un morceau forme d'extraits des ecrits de Diodore 
de Tarse sur les deux natures du Christ. D'une com- 
position analogue est le morceau suivant, tir6 du livre 
de Theodore de Mopsueste sur l'lncarnation ; titre : 
« [Extraits] du livre sur l'lncarnation , du traite qui 
commence par ces mots : « Comme beaucoup de per- 
sonnes se sont mep rises de differentes manures sur 
le sens du mot incarnation, du chapitre xi, etc. » Ce 
sont des extraits des chapitres xi, xxxm, xxxv- 

XXXVIII, L, LI, LVI, LIX, LX, LXIII, LXVI, LXXIIiet LXXIV 3 . En 

4. Le texte syriaque du ne^l rrjq oaqxiooews (apocryphe) a e*te" pu- 
blie par Caspari, Alte und neue Quellen zur Geschichte des Taufsym- 
bols, Christiana, 1866. Dans ce livre esl 6dite" ce qui reste en syriaque 
des Merits de Jean, 6v6que de Jerusalem. 

2. Veteris Testamenti ab Origene recensiti fragmenta apud Syros 
servata quinque. Prsemittitur Epiphanii de mensuris et ponderibus 
liber nunc primum integer et ipse syriacus, Gcettingue, 1880. 

3. Sachau, Theodori Mopsuesteni fragmenta syriaca, Leipzig, 1869, a 
edite" d'autres fragments du livre de l'lncarnation avec une traduction 

18 



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314 TRADUCTIONS D'OEUVRES 

outre, un extrait du traite sur la foi. La plus grande 
partie des oeuvres de Diodore et de Theodore a ete 
traduite en syriaque, a Edesse, par Ibas et ses disci- 
ples, au V e siecle *. L'homelie de Theodore sur la vertu 
a £te traduite par Abraham, ev&que de Bassora, qui 
vivait vers 990 2 . 

Trois homilies de Proclus, ev6que de Constantino- 
ple (434-446), Tune sur l'lncarnation, la seconde sur 
la Nativite de Notre-Seigneur, et la troisieme sur Cle- 
ment d'Alexandrie, se sont conservees en syriaque 
dans un ms. du Vatican. Mai en a donne une traduc- 
tion latine dans le Spicilegium Romanum, t. IV, 
p. lxxxviii-xcxviii; M. Chabot en a publie le texte 
syriaque dans les comptes rendus de la Reale Aecade- 
mia dei Lincei, vol. V, 1896. 

JJdvTTjQQMog et les homelies exeg^tiques d' Andre 
de Samosate (milieu du V e s.), dont les oeuvres sont 
perdues en grec, sont mentionnes en syriaque par le 
catalogue d'Ebedjesu (Assemani, B. 0., Ill, part. 1, 202). 
On connaissait des fragments de la lettre a Rabboula 
par Overbeck (S. Ephraemi syri... opera selecta, 
p. 223). M. Baumstark a retrouve cette lettre entiere 
dans le ms. du Vatican qui etait auparavant au Musee 
Borgia, K. VI, 4 (voir Oriens christianus, 1901, p. 179). 

La composition des ecrits de pseudo-Denys TAreo- 
pagite semble d^fmitivement fixee entre 482 et 500 3 , 



de ces fragments et de ceux de Lagarde. II a ajoute l'hymne du 
matin. 

4. Voir ci-dessus, p. 76 et 247. Barhebileus, Chron. eccl., I, 55, attri- 
bue la traduction des commentaires de Theodore a Mana, qu'il appelle 
Magna, a Narses et a Acacius. Jacques de Saroug, dans une de ses lettres 
publiCes par Tabbe" P. Martin, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesellschaft, 
XXX, 220, dit avoir 6tudi6 a Edesse pendant sa jeunesse (vers 470) les 
livres de Diodore que Ton traduisait alors a PEcole des Perses. 

2. Assemani, B. O., Ill, part. I, 475. 

3. Voir J. Stiglmayii, Das Aufkommen der Pseudo-Diony$ischeu 



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DES PERES GRECS. 315 

Peu de temps apres leur apparition, ces livres furent 
traduits du grec en syriaque par Sergius de Reschaina 
(f 536) et ils se repandirent dans toute la Syrie, ou 
ils furent lus et commentes paries Monophysites. Ser- 
gius mit en tete de sa traduction une introduction qui 
indique combien la doctrine mystique et pantheiste 
captivait son esprit. Cette introduction est conserve 
dans le ms. Add. 22370 du Mus6e britannique avec le 
commentaire de Theodore bar Zaraudi, un ecrivain de 
basse epoque * . La version de Sergius existe dans le 
ms. Add. 12151, date de 809, avec Introduction et les 
scolies de Phocas bar Sergius d'Edesse, qui vivait au 
VHP siecle 2 . Les scolies de Phocas sont, en grande 
partie, traduites des IlaQaOioeig de Jean le Scolasti- 
que de Scythopolis. Phocas a ajoute deux lopigs extraits 
des prefaces de Jean de Scythopolis etde Georges, ega- 
lement de Scythopolis, ecrites pour defendre l'authen- 
ticite des livres attribues a Denys l'Areopagite, et dont 
le texte grec figure sous le nom de Maximus dans la 
Patrologia grseca de Migne, IV, 15-21 3 . La version 
de Sergius reunit toutes les ceuvres connues de pseudo- 
Denys, et il n'y a pas de trace que ces ceuvres aient ete 
post^rieurement amplifieesou transformees 4 . La lettre 
de Denys a Timothee sur la mort des Apdtres Pierre et 
Paul a ete mentionnee plus haut, p. 92. Jean de Dara, 
au commencement du IX e siecle, ecrivit un commen- 

Schriften, Feldkirch, 1893, p. 63; comp. P. Batiffol, La litterature 
grecque, p. 321. 

1. Wright, Catal., p. 500. 

2. Wright, Syriac literature, 2° 6d., p. 93, contre Assemani qui pla- 
(?ait a tort cet 6crivain avant Jacques d'Edesse, B. 0., I, 468. Des ms. du 
Vatican ont aussi la version de Sergius, Cat. Vat., Ill, 56, n° 107, et 
542, n° 254. Des extraits dans le premier livre de la Chronique de 
Michel le Syrien, £d. Chabot, I, p. 3 et 4 (trad., p. 6 et 8). 

3. Wright, Catal., p. 500; comp. abbe P. Martin, Analecta sacra de 
Pitra, IV, Proleg. xxiii; Stiglhayr, op. cit., p. 52-53. 

4. Voir Stiglmayr, op. cit., p. 88-90. 



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316 TRADUCTIONS D'OEUVRES 

taire sur les deux livres de pseudo-Denys, La hierar- 
chie celeste et La hier archie ecclesiastique * . Le Li- 
vre de Hier o thee, qui porte le nom du soi-disant 
maitre de Denys, ne semble pas 6tre une version, mais 
un original syriaque ; nous en parlerons dans notre se- 
conde partie, dans la notice consacree a Etienne bar 
Soudaili, auquel ce livre a ete attribue. 

Un resume de la traduction syriaque des T^fiara 
de Jean Philoponus, ouvrage theologique dirige con- 
tre le concile de Chalcedoine, aujourd'hui perdu, est 
donn£ par la Chronique de Michel le Syrien ( ed. Cha- 
bot, p. 203; trad., t. II, p. 69). 

Les oeuvres de Severe d'Antioche qui sont pour la 
plupart perdues en grec, sont conservees en syriaque 
-dans des traductions Jacobites. Paul, ev&que de Calli- 
nice, traduisit en 528 a Edesse, ou il s'etait retire 
apres sa deposition de son siege episcopal 2 : la cor- 
respondance de Severe et de Julien d'Halicarnasse sur 
1'incorruptibilite du corps du Christ, avec un discours 
de Severe contre Julien 3 ; le traite contre les Additions 

1. Assemani, B. 0., II, 190-121 ; manuscrits au Vatican 100, 363 et 411, 
•Catal. Vat., II, 539, et Mai, Script, vet. nova collectio, V; a la Bod- 
leienne, n° 264. Frothingham, Stephen bar Sudaili, Leide, 1886, p. 4, 
•cite a tort Joseph d'Ahwazparmi lescommentateurs de pseudo-Denys; la 
notice du Catalogue d'J&bedj6su, sur laquelle il se fonde, doit s'entendre 
<de la grammaire de Denys de Thrace ; BjEthgen, Theol. Litteraturzeit., 
XII, 222, comp. ci-dessus, p. 285, note 2. 

2. Wright, Syriac lit., 2° 6d., p. 94, note 1, remarque que ce Paul ne 
doit pas etre confondu avec Paul, eveque d'Edesse, qui fut exil6 a 
Euchaita en 522, reHabli sur son siege en 526, et mourut l'ann^e sui- 
vante. 

3. Ms. syr. du Vatican 140, Cat. Vat., Ill, p. 232; Assemani* B. O., II, 
p. 46; ms. Add. 17200 du Mus6e britannique, du VII 6 siecle, Wright, 
Catal., p. 554. La correspondance entre Severe d'Antioche et Julien 
d'Halicarnasse est inser^e dans la compilation syriaque de l'Histoire de 
Zacharie, liv. IX, chap, xm (Land, Anecd. syr., HI, p. 363). Suivant 
Brooks, The syriac Chronicle of Zachariah of Mitylene, p. 234, note 1, 
le texte est independant de la traduction de Paul de Callinice. La letlre 
de Severe a Justinien contre Julien se trouve dans Zacharie, liv. IX, 
chap. 16 (Land, Anecd. syr., Ill, p. 279) ; d'autres lettres, liv. IX, chap. 20 
(Land, ibid,, p. 290). 



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DES PERES GRECS. 317 

ou Appendices de Julien h , et contre la derniere apo- 
logie de celui-ci 2 ; le traite contre les Manicheens et le 
Philalethes 3 . « Probablement de lui, ajoute Wright 4 , 
sont : l'ancienne version des Homilise cathedrales n ; 
la version de la cor respon dance de Sergius Gramma- 
ticus et de Severe au sujet du dogme des deux natures 
en Jesus-Christ 6 ; et peut-Stre encore la version du 
traite de Jean Grammaticus de Cesaree 7 et quelques 
autres versions qui ne nous sont connues que par des 
citations eparses. Ces traductions lui valurent de la 
part des Jacobites le titre d'Interprete des livres, !!£***> 

L'abbe Paul traduisit, pendant son s&jour en Chypre, 
vers 624, outre les ceuvres de Gregoire de Nazianze 
(ci-dessus, p. 309), VOctoechus de Severe, un re- 
cueil d'hymnes pour les f&tes de l'annee. Sa version 
nous est parvenue, avec celle des hymnes de Jean bar 
Aphtonia, de Jean Psaltes et de quelques autres auteurs, 
dans le ms. Add. 17134 du Mus6e britannique, oil elle 
a ete revisee en 675 par Jacques Philoponus (Jacques 
d'Edesse) 8 . Celui-ci nous informe, dans une note du 
manuscrit 9 , qu'il a revu avec soin la traduction syriaque 

1. Ms. syr. du Vatican 140; ms. Add. 12158, date de 588, Wright, Ca- 
tal., p. 556. Une traduction latine du commencement du traits contre 
Julien et de l'homelie de Timothee d'Alexandrie est imprimee dans le 
Spicilegium Romanum de Mai, t. X. 

2. Ms. Add. 12158. 

3. Ms. du Vatican 140. 

4. Syriac literature^ 2 e e"d., p. 95. 

5. Ms. Add. 44599, dat6 de 569; ms. du Vatican 142, dat6 de 576; 143, 
date de 563; et 256, non dat6. 

6. MS. Add. 17154. 

7. MS. Add. 12157, 17210, 17211. 

8. Wright, Calais p. 330. Dans le manuscrit, l'abbe Paul a fautivement 
le titre d'^veque. Wright pensait que le reviseur 6tait Jacques d'Edesse 
et il voyait dans le ms. un autographe de ce celebre eveque. M. Nau, 
Journal asiatique, septembre-octobre4898, p. 346,estimait que celui-ci 
devait etre distingug de Jacques Philoponus. 

9. Publiee par Wright, Catal., p. 330, et traduite en partie par Merx, 
Historia artis grammaticse apud Syros, p. 38. 

18. 



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318 TRADUCTIONS 

sur les ms. grecs, et qu'il a marque les additions faites 
par Paul pour arriver a la meme longueur des lignes 
poetiques qu'en grec. II a ecrit en noir, dit-il, les mots 
qui se trouvent en grec, et en rouge les mots ajoutes ; 
il a indique au-dessus de la ligne les nouvelles in- 
terpretations qu'il proposait. Jacques d'Edesse insera 
dans cette collection une hymne sur le Saint-Chrome 
et le Gloria in excelsis Deo. Merx a publie le texte 
syriaque, revise par Jacques, du Gloria in excelsis 
avec le texte grec en regard 4 . 

Jacques d'Edesse est l'auteur d'une nouvelle traduc- 
tion des Homilise cathedrales, qui fut achevee en 701 ; 
elle existe dans le ms. 141 du Vatican et le ms. Add. 
12159 du Mus£e britannique (celui-ci, date de 868). 
Dans ce dernier manuscrit, les homelies, au nombre 
de cent vingt-cinq, sont divisees en trois tomes 2 . Les 
notes marginales montrent que Jacques avait quelque 
connaissance de Fhebreu 3 . 

Athanase, nomme patriarche d'Antioche en 684, 
traduisit en syriaque, alors qu'il etait pr&tre a Nisibe, 



1. Historia artis gramm., p. 39. Une autre version de 1'Octoechus est 
conservee dans le ms. Syr. 94] du Vatican, 6crit entre 1010 et 1033, et 
dans un ms. plus ancien ma is incomplet de la bibliotheque nationale ; 
cf. Assemani, jB. 0., I, 487. 

2. L'Sdition de la version de Jacques d'Edesse est commenced dans la 
Patrologia orientalis de Graffin et Nau, dont un fasc, Paris, 1906. Ce 
fascicule renferme un choix de six homelies (LII-LVIII) avec une traduc- 
tion francaise par R. Duval. L'homelie LII sur les Macchabees avait paru 
d'apres la version de Paul de Call i nice et d'apres celle de Jacques d'E- 
desse dans : The fourth book of Maccabees by Bensly and Barnes, Cam- 
bridge, 1895. Kugener a publie une autre homelie dans la Revue de 
VOrient Chretien, 1898, p. 435; et, dans Oriens christianus, 1902, p. 265, 
il a imprime, avec une traduction francaise, l'allocution prononcee par 
SCvere apres son elevation au trdne patriarcal d'Antioche. Cf. Paulin 
Martin, ci-dessus p. 289, note 2; Nestle, Grammatica syriaca, Carlsruhe 
et Leipzig, 1881, p. 79-83. Quatre homelies sont traduiles dans Mai, 
Scriptorum velerum nova collection IX, p. 725, et une autre dans Mai, 
Spicilegium Romanum, X, p. 202. 

3. Wright, The Journal of sacred literature, 1867, 4 e serie, p. 430; 
Nestle, Zeitschr. der deut. morgenl. GeselL, XXIV, p. 290-291. 



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D'OEUVRES PROFANES. 319 

en 669, a la demande de Mathieu, ev6que d'Alep, et de 
Daniel, ev&que d'Edesse, des lettres choisies de Severe 
d'Antioche dont une partie nous est parvenue*. 

Nous nous arr^tons ici, laissant de c6te les traduc- 
tions des oeuvres de saint Basile, Gregoire de Nysse, 
saint Jean Chrysostome, Evagrius du Pont, etc., etc., 
qui n'ont encore 6t6 ni editees, ni £tudiees, et dont la 
nomenclature se trouve dans les catalogues des biblio- 
theques publiques de TEurope 2 . La plupart de ces ver- 
sions sont anonymes ; celles qui portent un nom d'auteur 
seront mentionnees dans notre seconde partie. 

§ 2. — Traductions <T oeuvres profanes. 

La litterature ^trangere qui n'avait pas un caract&re 
religieux du scientifique, n'interessa guere les Syriens. 
Les Semites eurent peu de gout pour les mythes de 
l'lnde ou de la Grece qui choquaient leurs idees mono- 
theistes. Vlliade et YOdyssie pass&rent en Syrie, 
mais leur passage laissa peu de traces. Le Roman 



1. Wright, Catal., p. 558 et 565, ms. Add. 12181 et 14600 du Musee 
britannique contenant le VI e livre de ces lettres. Ce sixieme livre a e"te 
publie et traduit en anglais par E. W. Brooks, The sixth book of the 
select Letters of Severus patriarch of Antioch in the syriac version of 
Athanasius of Nisibis, vol. I, part 1 et 2 {text) ; vol. II, part. 1 et 2 
[translation), Londres, 1902-1904. 

2. A saint Basile est attribute L'histoire de Joseph, fils de Jacob, qui 
est conserved en syriaque dans un ms. de Berlin (Sachau 9). Cette His- 
toire a et£ publie'e dans une traduction allemande par Magnus Weinberg 
et Samdel Wolf Link, Die Geschichte Josefs angeblich von Basilius dem 
Grossen, Berlin, 1893 et 189S. 

Le commencement de VExplication de Voraison dominicale de Gre- 
goire de Nysse est 6dit6 dans les Monumenta syriaca de Zingerle, I, 
p. Ill ; et une homglie de saint Jean Chrysostome, ibid., p. 117. 

BiETHGEN a traduit en allemand la partie du grand traite d 'Evagrius, 
'ArTiQQijTixos ou De octo vitiosis cogitationibus d'apres le ms. de Berlin 
{Sachau 30*2), voir : Biblische und kirchenhistorische Studien von Boeck- 
ler, IV Heft, Munich, 1893, — Anhang II, Evagrius grdssere von den 
acht Lastergedanken... 



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320 TRADUCTIONS 

d 'Alexandre eut, au contraire, une grande vogue en 
Orient ; les Orientaux croyaient y lire Thistoire veri- 
dique du h£ros marque du sceau de Dieu. Quant aux 
contes de Kalila et Dimna et aux recits de Sindb&n, 
ils y voyaient des livres de morale. 

L'histoire fabuleuse d'Alexandre le Grand, mise sous 
Tautorite de Callisthene, se repandit de l'Egypte, son 
lieu de naissance, dans les autres pays que le conque- 
rant macedonien avait soumis a son joug. L'ancienne 
version syriaque du roman de pseudo-Callisthene * ne 
procede pas directement du grec ; elle a passe par un 
intermediate pehlwi, M. Nceldeke Fa prouve 2 , et elle 
ne peut &tre placee plus bas que le VII e siecle. La re- 
cension grecque de pseudo-Callisthene dont elle derive 
remonte evidemment plus haut. Les deux legendes qui 
se sont greffees sur le roman primitif — la legende de 
la source de vie et la legende de la porte d'airain a la 
frontiere de Gog et Magog — ne sont pas incorporees 
dans le texte syriaque, mais sont ajout^es k la fin du 
livre et elles forment un recit a part. II est m&me assez 
singulier qu'elles aient 6t6 inserees dans certaines re- 
censions grecques 3 , car le roman est purement pai'en, 
tandis que dans les deux legendes, Alexandre est un 
roi juif ou chretien conduit par Dieu. La version ethio- 
pienne a fusionne le tout, et le roi de Macedoine y 
parle, du commencement a la fin, non seulement comme 

1. Publtee par A. Wallis Budge, The history of Alexander the Great, 
Cambridge, 1889, avec une introduction et une traduction anglaise; tra- 
duction allemande par Ryssel, Archiv f. neuere Sprachen, XC, 4893. 

2. Beitrdge zur Geschichte des Alexander romans, Vienne, 4890, dans 
le vol. XXXVIII des Mgmoires de l'Acade'mie des sciences de Vienne. 

3. Dans l'edition grecque de pseudo-Callisthene imprim6e par Muller 
a la suite de l'histoire d'Arrien dans la collection Didol (Arriani Ana- 
basis et Indica, Paris, 4877), la legende de la source de vie se trouve 
dans le livre II, chap. 37-39, mais seulement d'apres C, elle manque 
dans A et B; la legende de la porle d'airain, livre III, chap. 26 et 29, 
est donnee d'apres B et C, mais A ne l'a pas. 



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D'OEUVRES PROFANES. 321 

un roi chretien, mais aussi comme un theologien tres 
verse dans la connaissance xies dogmes { . Ces legendes 
remontent au commencement de notre ere; Josephe et 
saint Jerome connaissent le recit de Gog et Magog. 
Mais la version syriaque de ces deux legendes nous 
conduit plus bas : Gog et Magog y sont identifies avec 
les Huns qui envahirent la Syrie en l'annee 826 des 
Seleucides (514-515 de J.-C). On y lit aussi au sujet 
des Arabes : « 11 arrivera, a la fin de 940 ans, un autre 
roi... » ; cet autre roi semble 6tre Mahomet, Tannee 940 
des Seleucides correspondant a l'annee 628-629 de J.-C. 2 
Ces deux legendes forment le canevas d'un petit 
poeme sur Alexandre le Grand, compose tres proba- 
blement par Jacques de Saroug 3 . Les manuscrits qui 
le contiennent l'attribuent a ce prolifique ecrivain 4 , et 
on n'a aucune raison de contester cette attribution. 
C'est, il est vrai, une des moins bonnes compositions 
poetiques de Jacques, mais Tauteur etait &ge quand il 
l'ecrivit. II parle de Tinvasion des Huns comme d'un 
evenement recent; cette invasion eut lieu en 514-515, 
date fournie par la l^gende en prose ; Jacques avaitalors 



1. Voir A. Wallis Budge, The life and exploits of Alexander the Great 
being a series ofethiopic texts, Londres, 4896. 

2. Noeldeke, Beitrdge zur Geschichte des Alexanderromans, pense 
qu'il ne s'agit pas des Arabes musulmans, mais des Arabes anterieurs 
qui combattaient dans les armees des Perses ou des Romains; l'an- 
nee 940 aurait 6t6 devinee par Tauteur. C'est peu vraisemblable. 

3. Public d'apres un ms. de Paris par Knos dans sa Chrestomathia 
*t/r., Goettingue, 1807, p. 66. Une meilleure Edition, quoique encore im- 
parfaite, a ete" donne'e par Budge, d'apres le ms. de Paris et un ms. de 
Londres, dans la Zeitschr. fur Assyriologie, VI, 369-404; traduction an- 
glaise par Bodge dans The history of Alexander the Great, Cambridge, 
1889 ; traduction allemande par A. Weber, Des Mar YaMb Gedicht ubei\ 
den gldubigen Konig Alexandras, Berlin, 4852; par Zingerle, Ein altes 
syrisches Alexander lied, Brunn, 1882; Ryssel, Archiv f. neuere Spra- 
chen, XC, 1893, p. 83. 

4. Kn5s, op. cit., traduit fautivement les mots du titre wpo^^uiD 
par metro Jacobitico au lieu de compose" par Mar Jacques. 



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322 TRADUCTIONS 

soixante-trois ans. Ce poeme a du reste ete retravaille 
comme les diverses homelies metriques de l'ev£que de 
Saroug, et les retouches sont loin de l'avoir ameliore. 
L'auteur devait avoir entre les mains un texte des le- 
gendes tres voisin de celui publie par M. Budge, mais 
qui ne contenait pas encore le passage relatif aux 
Arabes et a Mahomet. 

Paul de Lagarde a edite (Analecta syriaca, p. 205- 
208) la version syriaque d'une courte biographie d'A- 
lexandre, tiree de pseudo-Callisthene. Le roman grec 
a aussi fourni la lettre d'Alexandre a Aristote dont 
nous avons parle plus haut, p. 275. 

Le Pantschatantra Sanscrit est la source d'un recueil 
de contes dans lequel les personnages sont des ani- 
maux et qui est connu sous le nom de Kalila et Dimna. 
Ce recueil a passe par le pehlwi en syriaque, avec le 
titre de Kalilag et Damnag { , et en arabe avec le titre 
plus moderne de Kalilah et Dimnah 2 . Le catalogue 
d'Ebedjesu 3 nous fait connaitre l'auteur de l'ancienne 
version syriaque ; c'est le periodeute Boud qui vivait au 
Vl e siecle et dont nous avons rappele precedemment le 
Livre des questions grecques (voir ci-dessus, p. 250). La 
version arabe, faite egalement du pehlwi, au VIII e sie- 



1. La version syriaque a et6 6dit6e sur une copie d'un ms. du couvent 
de Zafaran a Mardin et traduite en allemand par Bickell, avee une 
savante introduction de Benfey, Das Buck von Kalilag und Damnag, 
alte syrische Uebersetzung, von Gust. Bickell mit einer Einleitung von 
Theod. Benfey, Leipzig, 4876. M. Blumenthal a publie des corrections au 
texte syriaque d'apres d'autres copies acquises par M. Sachau, Zeitschr. 
der deut. morgenl. Gesell., XLIV, p. 267-320. 

2. La version arabe a ete e*dit6e par Silvestre de Sacy, Calila et Dimna, 
Paris, 1816; nouvelles contributions par Guidi, Studii sul testo Arabo 
del libro di Calila e Dimna, Rome, 1873, et par Noeldeke, Die Erzdh- 
lung vom Mausekdnig, Goettingue, 1879, dans le XXV vol. des Memoi- 
res de TAcad^mie de Goettingue. Nouvelle edition par le P. Cheikho, 
Beyrouth, 1905 ; cf. Noeldeke, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell., LIX, 
1905, p. 794. 

3. Assemam, B. O., Ill, part. I, 219. 



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D'CEUVRES PROFANES. 323 

cle, par Abdallah ibn al-Mokaffa, a donne naissance 
a d'autres versions posterieures, syriaque, grecque, 
hebraique, espagnole*. La syriaque a 6te decouverte 
dans un manuscrit de Dublin par Wright qui Fa pu- 
bliee 2 . Wright y voit l'ceuvre d'un pr&tre syrien qui 
l'ecrivit au X e ou au XI e siecle. 

Wright place a la m^me epoque la version du livre 
de Sindban ou Sindibadh, en syriaque Histoire de 
Sindbdn et des Philosophes qui etaient avec lui*. Le 
syriaque derive de la version arabe que Mousa fit sur 
le pehlewi dans la seconde moitie du VIII e siecle; il 
reproduit la plus courte des deux recensions que Ton 
connait de la version arabe 4 . Le syriaque a ensuite 
passe en grec dans la traduction de Michael Andro- 
poulos, faite pourle prince de Melitene, Gabriel (1086- 
1100), ou elle porte le titre de 2vvrinag. C'est a la m&me 
epoque que Sime'on Seth rendait en grec, a la demande 
de l'empereur Alexis Comnene, le livre de Kalila et 
Dimna 5 . 

Sur une version syriaque des fables d'Esope, voir 
ci-dessus, p. 263. 

II aurait 616 amusant de retrouver Vlliade et YOdys- 
see travesties sous le costume syriaque dont Theophile 

1. Ces differentes traductions out de l'importance pour la reconstilu- 
tlon de la version arabe, dont une edition critique reste encore a faire ; 
comp. J. Derenboitrg, Directorium vitee humante, Paris, 1887, Avant- 
propos; Keith Falconer, Kalilah and Dimnah or the fables of Bidpai, 
Londres, 1888, Introduction. 

2. The Book of Kalilah and Dimnah translated from Arabic into 
Syriac, Oxford, 4884; traduction anglaise par Keith Falconer, op. cit. t 
voir note pr6cedente. 

3. Texte 6dite d'apres un ms. de Berlin et traduit en allemand par 
BvETHGen, Sindban oder die sieben Weisen syrisch und deutsch von 
Fried. Bsethgen, Leipzig, 1879. Traduction anglaise par Gollancz, Folk- 
lore, juin 1897, p. 99. Roediger en avait iraprimg un specimen dans sa 
Chrestomathia syr., 2« 6d., HaUe, 1868, p. 100. 

4. Noeldeke, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell, XXXIII, 521. 

5. Comparetti, Ricerche intomo al libro di Sindibdd, Milan, 18(i!>; 
Wright, Syriac liter., 2«? ed., p. 241. 



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324 TRADUCTIONS D'CEUVRES PROFANES. 

d'Edesse (f 785) les avait affublees, au rapport de Bar- 
hebrseus ' . La traduction de Theophile est perdue, mais 
Severe bar Schakako nous en a conserve quelques 
vers 3 . 

1. Histoire des Dynasties, 40 et 228 (trad., 26 et 148), £d. Pocock; 
p. 41 et 220, 6d. Salhani. 

2. Ges vers ont e" te" recueillis et publies par Lagarde, The Academy, 
l er octobre 1871, p. 467; comp. Merx, Historia artis gramm., p. 214, 
1. 2 et 10. Le P. Cardaui a cite un autre vers dans son Liber thesauri 
de artepoetica, p. 40. 



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DEUX1EME PAR TIE 
NOTICES SUR LES ECRIVAINS SYRIAQUES 



LITTERATURE SYRIA«iUE. 10 



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Les notices biographiques surlesecrivainssyriaques 
completeront notre etude de la litterature. A raison de 
la place restreinte qui nous reste, ces notices seront 
necessairement breves; elles ne peuyent former une 
histoire de la literature syriaque qui exigerait un 
volume entier. Le temps, du reste, n'est peut-6tre pas 
venu d'ecrire une histoire complete de cette litera- 
ture; il faut attendre que de nouvelles publications 
comblent les nombreuses lacunes qui existent encore. 
Les ecrivains syriaques peuvent 6tre repartis en trois 
periodes d'inegale etendue : la premiere comprend 
l'epoque pendant laquelle les Peres de l'Eglise affer- 
missent la foi chretienne et combattent les doctrines 
gnostiques, elle s'etend jusqu'au V e siecle ; la seconde, 
du V e au VII e siecle, est marquee par la propagation de 
nouvelles heresies en Syrie : le nestorianisme a Test et 
le monophysisme a Touest; la troisieme commence 
avec la conquete arabe. 



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LES ECRIVAINS JUSQU'AU V e SIECLE. 



Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons 
dit plus haut de Bardesane, p. 235, d'Aphraate, p. 218, 
de Simeon bar Sabb&£, p. 123, et de Miles, p. 126; 
nous arrivons tout de suite a saint Ephrem. 

La biographie de cet illustre Pere a ete ecrite peu de 
temps apres sa mort survenue le 9 juin 373 * , car Gre- 
goire de Nysse et Palladius la connaissent deja. Nous 
n'en possedons plus la redaction primitive, mais des 
recensions posterieures, surchargees d'anecdotes mira- 
culeuses 2 . Le peu de renseignements historiques que 



4. Sur cette date voir Lamy, S. Ephrsemi syri hymni et sermones, Ma- 
lines, 1882-1902, II, Proleg., p. vin. 

2. II en existe deux recensions provenant d'un meme original et ren- 
fermant des variantes importantes : la premiere dans un ms. du Vati- 
can, publiee en grande parlie par J.-S. Assemani, B. 0., I, 36 et suiv., 
et in extenso par Evode Assemani, S. Ephrsemi opera syr. ; la deuxieme, 
generalement preferable, dans un ms. de Paris, que M. Bickell a fait 
connaitre, Conspectus rei Syrorum litterarise, p. 26, et Zeitschr. der 
deut, morg. Gesell., XXVII, 600-604 ; publile par M. Lamy, S. Ephrsemi 
syri hymni et sermones, II, 5-90 ; relmprim^e par Bedjan, Acta martyr, 
et sanct., Ill, 621. Deux courts resumes de la vie de S. Ephrem : l'un au 
Vatican, B. 0., 1, 25, et l'autre a Berlin, Lamy, op. cit., II, Prolego- 
mena, vni. Evode Assemani a public, dans la partie grecque de son Edi- 
tion, S. Ephrsemi opera grsece et latine, I, xix-xuv, les textes des auteurs 
grecs relatifs a la vie de saint Ephrem. Cf. aussi Lamy, S, Ephrsemi 
syri hymni et sermones, IV, p. xl. 



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330 LES ECRIVAINS 

fournit cette biographie s'explique par la vie retiree 
que mena saint Ephrem. 

Ecrivain d'une rare fecondite, Ephrem imprima au . 
genre poetique, cree par Bardesane, le caractere que 
ce genre conserva pendant les siecles suivants. Ses 
hymnes et ses homelies metriques resterent comme le 
modele que les auteurs posterieurs imiterent ; elles de- 
vinrent m^me celebres en Occident, ou elles furent de 
bonne heure traduites en grec. Une partie de ces poe- 
sies fut composee pour combattre les differents syste- 
mes gnostiques qui avaient de nombreux adherents en 
Syrie et en Mesopotamia L'histoire y trouve malheu- 
reusement peu a glaner; la forme poetique ne convient 
pas aux controverses, et saint Ephrem etait un pole- 
miste ardent et non pas un critique impartial. Esprit 
etroit mais d'une rectitude parfaite, il travailla a enra 
\ ciner la foi sans se pr^occuper de rendre justice a 
(ses adversaires. D'autres hymnes et homelies ont ete 
ecrites en vue des principales fetes de l'annee et pour 
les choeurs de vierges qui, sous sa direction, prenaient 
part a la celebration des offices ' . 

Au physique, saint Ephrem etait d'un aspect peu ave- 
nant : « Depuis son entree dans la vie monastique, 
rapporte son biographe 2 , jusqu'a la fin de sa vie, il ne 
mangea que du pain d'orge et des legumes sees, quel- 
quefois des legumes verts. II ne buvait que de l'eau ; son 
corps etait desseche sur ses os, semblable a un tesson 
d'argile. Son v£tement ^tait forme de nombreux mor- 
ceaux, couleur de fumier. II etait petit de taille; son 
visage etait toujours severe; jamais il ne riait; il £tait 
chauve et imberbe 3 . » On vantait sa charite dont il 

1. Voir ci-dessus, p. 14-15. 

2. Dans la recension du ms.de Paris, voir la note 2 de la page pr6- 
c^dente. 

3. L'auleur du portrait de saint Ephrem, grave" en t€te de l^dition 



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JUSQU'AU V« SIECLE. 331 

donna de touchants exemples pendant une famine a 
Edesse. 

Saint Ephrem naquit a Nisibe au commencement du 
IV e siecle, dun pere qui etait pr^tre d'une idole appe- 
lee Abnil {par. Abizal). Des sa naissance il se crut 
predestine a travailler pour le culte du vrai Dieu. II 
s'attacha, comme disciple, k saint Jacques, ev£que de 
Nisibe, mais il est douteux qu'il ait accompagne cet 
ev&que au concile de Nicee. C'est par ses miracles, dit- 
on, que Sapor fat oblige en 338 de lever le siege qu'il 
avait mis devant Nisibe f . Eorsque cette ville fut ced£e 
au roi perse en 363, saint Ephrem s'expatria avec les 
notables ; il se retira k Edesse apres avoir pass£ par 
Beit-Garbaya et Amid; il pouvait avoir alors cin- 
quante-septans 2 . Pendant son s&jour a Nisibe, Ephrem 
s'etait fait connattre par des hymnes sur les sieges su- 
bis par cette ville et sur les ev6ques qui Tadministre- 
rent, Jacques, Babou et Vologese. Ces hymnes sont 
conservees dans un recueil qui est intitule « Tome des 
hymnes de Nisibe composees par le Bienheureux Mar 
Ephrem ». Le titre n'est pas tres exact, car des 
soixante-dix-sept hymnes de ce volume les vingt-une 
premieres seules furent ecrites a Nisibe, les autres le 
furent a Edesse 3 . 

Elphrem vecut dix ans a Eldesse, et ces dix annees 



romaine, ne s'est pas inspire de cette description ; il a represented un 
personnage de haute stature avec une longue barbe et vetu d'une Ion- 
gue robe irr£prochabie. 

i. Theodoret, Hist, eccl., II, 26; Barheb ileus, Chron. syr., 6d. Bruns, 
p. 66; ed. Bedjan, p. 64. 

2. L'anecdote de saint Ephrem arrivant a Edesse et des laveuses sur 
le bord du Daican se trouvait dans la redaction primitive des Actes. 
Elle est rapportCe, d'apres ces Actes, par GrCgoire de Nysse, Sozomene 
et M£taphraste. 

3. Ce recueil a 6te" 6dite, de la maniere la plus digne d'Cloges, par 
Bickell, S. Ephrsemi syri carmina Nisibena, Leipzig, 1866. 11 y a une 
lacune pour les hymnes 22-24 qui manquent. 



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D J 



332 LES ECRIVAINS 

furent consacrees aux publications qui forment la ma- 
jeure partie de ses oeuvres. Ses premiers travaux dans 
la capitale de l'Osrhoene semblent 6tre les commentai- 
res bibliques (voir ci-dessus, p. 63), qui lui valurent une 
chaire a l'Ecole des Perses, ou il eut de nombreux dis- 
ciples, dont quelques-uns sont connus. 11 est m£me 
admissible que saint Ephrem et les docteurs qui Tac- 
compagnerent en quittant Nisibe, furent les fondateurs 
de la cel&bre ecole d'Edesse. Le nom sous lequel cette 
"6cole est designee (Ecole des Perses), favorise cette 
conjecture, car les Syriens occidentaux designaient 
sous le nom de Perses leurs coreligionnaires dans 
Vempire des Sassanides. L'enseignement de ce Pere 
comprenait, outre l'ex^gese biblique, Implication des 
dogmes, et c'est a Foccasion de cet enseignement qu'il 
fit paraitre ses hymnes contre les herStiques et les 
sceptiques 4 . 

Si grande que fut Tactivit^ intellectuelle de saint 
fiphrem, ses ceuvres suffisent amplement a remplir les 
dix ann^es que ce fecond auteur passa a Edesse. On 
doit considerer comme controuv&s ses voyages en 
Egypte, ou il aurait sejourne huit ans, et a Cesaree de 
Cappadoce, ou il aurait visits saint Basile. La legende 
de sa predication en Egypte contre les Ariens est peut- 
6tre nee d'une confusion avec Ephrem TEgyptien; 
celle de la visite a saint Basile a pu &tre occasionnee 
par les passages des ecrits de ce P&re grec ou il est 
fait mention du Syrien 3 . 

1. Un recueil de cinquante-six hymnes contre les h£r6tiques dans le 
second volume de red. romaine, p. 437-559; et, au commencement du 
troisieme volume, quatre-vingt-sept hymnes contre les sceptiques. 

2. Le passage des Actes relatif a la Doxologie se trouve dans le 
De Spirilu sancto de Basile, XXXIX, 74; pour Genese, r, 2, ou saint Ba- 
sile aurait appris d'un Syrien a remplacer le mot planait, par couvait, 
voir la deuxieme homelie de l'Hexameronde Basile. Le voyage d'Ephrem 
a cesarCe est relate par Gregoire de Nysse, Sozomene et Metaphraste. 



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JUSQU'AU V« SIECLE. * 333 

Erronee est aussi la notice des Actes concernant la 
relation^ faite par Ephrem de Tinvasion des Huns * , 
laquelle eut lieu au mois de juillet 396, vingt-trois ans 
aprds la mort de ce P&re. Fausse encore F attribution a 
Ephrem d'une poesie sur les persecutions de Valens et 
l'exil de l'6v£que d'Edesse, Bars&s ; cet exil eut lieu 
au mois de septembre 373, trois mois apr&s la mort 
d' Ephrem 2 . Apocryphe egalement le panegyrique de 
saint Basile par saint Ephrem ; celui-ci preceda dans 
la tombe l'ev&que de Cesaree 3 . 

. Saint Ephrem ecrivit peu en prose : quelques dis- 
cours exegetiques 4 , en dehors de ses commentaires bi- 
bliques. Nombreuses, au contraire, sont ses poesies 
qui comprennent plusieurs genres et dont nous avons 
esquisse les principaux traits plus haut. p. 12 et suiv. 5 . 

1. L'homelie, mise sous le nom d'Ephrem, sur la fin des temps et ou 
il est question des Huns, est publtee dans l'6d. Lamy, III, 187; M. Noel- 
deke, Beitrdge zur Geschichte des Alexander romans, p. 31, a montre que 
la composition de cette homelie est posterieure a la conquete arabe. 

2. Ephrem ecrivit des hymnes sur les persecutions de Valens et des 
Ariens, antgrieurement a Pexil de Barses. Ces hymnes sont conserves 
dans le recueil des Carmina Nisibena, £dite par Bickell. Sur le recit 
auquel sereTere la poC*sie en question, voir Socrate, IV, 18; Sozomene, 
VI, 18; Theodoret, IV, 14 et 15. Sous l'influence du Uoman de Julien 
lApostat, voir ci-dessus, p. 180-181, la persecution est rapport^e dans 
le ms. du Vatican non pas a Valens, mais a Julien, et la poesie y est 
citee avec de nombreuses varianles. 

3. Ce panegyrique existe en grec, 6d. romaine, Op. greece et latine, 
II, 289. 

4. Publics dans l'6d. rom., t. II, a la suite de d iff (3 rentes homilies 
m6triques. 

5. Les oeuvres de saint Ephrem ne peuvent etre ici citees en detail ; 
elles ont 6te publiCes a diflferentes 6poques el il suffira de rappeler 
ces publications. La grande edition de Rome, Ephrsemus syrus, opera 
omnia, 1737-1743, comprend en six volumes les textes conserves dans 
des ms. du Vatican ; troia volumes renferment les textes syriaques, et 
les trois autres volumes, les textes traduits en grec; commenced par 
Pierre Mobarak ou Benedictus, de la Sociele de J£sus, elle fut achev^e 
par Etiesne Evode Assemani. En 1865, M. Overbeck a 6dite de nouveaux 
textes a Oxford, d'apres des ms. du Mus6e britannique, S. Ephrsemi 
syri... opera selecta, Oxford, 1865. En 1866, M. Bickell a fait connaitre 
le recueil intitule Carmina Nisibena, mentionne ci-dessus. Les prec6- 
dentes editions ontete completers par M. Lamy. d'apres les ms. de Lon- 

19. 



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334 LES ECRIVAINS 

Mais toutes les homelies et hymnes mises sous le 
nom de ce celebre auteur ne sont pas sorties de sa 
plume; il en est qu'on peut revendiquer pour Isaac 
d'Antioche et Narses. 

Le poeme sur Joseph, fils de Jacob, appartient vrai- 
semblablement a TEcole d'Edes'se, mais non a saint 
Ephrem lui-meme *. 

On a beaucoup discute sur l'authenticite du Testa- 
ment de saint fephrem. L'edition critique que nous en 
avons donnee (Journal asiatique, septembre-octobre 
1901, p. 234 et suiv.) a etabli que ce Testament etait 

dres, d'Oxford etde Paris, S.Ephrsemi syri hymni et sermones, t. I-IV, 
Malines, 1882-1902, comp. Noeldeke, Gottingische Gelehrte Anzeigen, 1882, 
n° 48; 1887, n°3; Wiener Zeitschrift, 1891, p. 245. Quelques hymnes et 
homilies ont 6t6 6dit6es ou r66dilees dans la chrestomathie de Hahn et 
Siefert, dans la chrestomathie de Uhlemanx, dans les tomes I etll des 
Monumenta syriaca du P. Zingerle. De Zingerle aussi S. Ephreemi syri 
duo carmina, Brixen, 1867; Ephrssmi syri sermones duo, Brixen, 1871; 
des extraits dans sa Chrestomathie, Rome, 1871. Cf. encore Bedjan, 
S. Martyrii, qui et Sahdona, quae supersunt omnia, Paris, 1902, p. 866- 
868. Le recueil des homilies pour les Rogations a 6\6 imprime par 
M. Bedjan a la fin du premier volume de son Breviarium Chaldaicum, 
Paris, 1886-1887; reimprime dans le troisieme volume de F£d. Lamy, et 
dans le Bessarione, s6r. II, vol. 4, par Ignatius EpnitiEM II Rahmani, qui a 
aussi public quelques morceaux poetiques sous le nom d'Ephrem dans 
ses Studia syriaca, Mont Liban, 1904. Deux poesies dans le Directorium 
spirituale d'EuAS Millos, Rome, 1868. Une hom61ie dans Journ. oftheol. 
Studies, v, 546, publico par Duncan Jones. I/homelie sur l'exil, c'est-a- 
dire sur la vie ici-bas, a 616 r66ditee par M. Haffner, en 1896, dans les 
Sitzungsberichte de l'Acad^mie des Sciences de Vienne, t. XXXV, n° IX, 
Die Homilie des heiligen Ephrdm vonSyrien iiber das Pilgerleben; elle 
avaitdeja 616 imprim6e dans le III vol. de red. romaine. 11 a ete fait 
des traductions speciales de piusieurs poesies, qu'il est inutile de rap- 
peler ici. 

1. Salomon deBassora, dans son livre de VAbeille, ed. Budge, p. 47, 
attribue ce poeme a saint Ephrem. Un ms. du Musee britannique, du 
VI siecle, qui renferme les chants I et VIII, elites par Ovebbeck, 
S. Ephreemi... op., sel., p. 270-330, indique Balai comme auteur de 
l'ouvrage. Cette epopee, une des meilleures compositions de ce genre, 
comprend douze cliants; et elle est suivie d'une homeiie sur la trans- 
lation des reliques de Joseph a Constantinople, composed par un cer- 
tain Bani. Elle a ete editee par M. Bedjan, Histoire complete de Joseph, 
Paris, 1891. En 1887, M. Bedjan avait fait une premiere Edition d'a- 
pres un autre ms. qui nerenfermait que les dix premiers chants; ces 
dix chants ont ete* reimprimcSs et traduits par M. Lamy, S. Ephrsemi 
syri hymni et sermones, t. III. 



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JUSQU'AU V* SlfeCLE. 335 

pour le fond l'oeuvre de l'illustre Pere, mais qu'il 
nous etait parvenu fortement interpol£. Cette edition 
nous dispense de rappeler les travaux precedents rela- 
tifs au Testament d'Ephrem* 

Les disciples de saint Ephrem ne brill&rent pas, bien I 
loin de la, du m£me eclat que leur illustre maftre. On 
cite de Mar Aba des commentaires bibliques (voir ci- 
dessus, p. 64) et des exhortations en vers de cinq syl- 
labes A ; de Zenobius, qui etait diacre de Teglise 
d'fidesse, des traites contre Marcion et Pamphyle, des 
epitres et une vie d'Ephrem a ; de Paulonas ou Pauli- 
nus, qui est traite d'her^tique dans le Testament de 
saint Ephrem, des hymnes et divers Merits contre Mar- 
cion etles sceptiques 3 . 

A la fin du IV e si&cle vivait Balai ', qui semble 
avoir ete chorev&que du diocese d'Alep. Ses hymnes, 
ecrites dans le m&tre pentasyllabique, perp^tuerent son 
nom 5 . 

La vie de Cyrillona est aussi peu connue que celle 
de Balai, dont il 6tait le contemporain. Cyrillona est 
l'auteur d'un poeme sur les calamit6s qui arriverent de 
son temps : le fl^au des sauterelles et l'invasion des 



\ . Voir Lamy, S. Ephrsemi syri hymni et sermones, IV, p. 87. 

2. Assemani, £. 0., I, 163. On a cru que Zenobius 6tait de Gozarte, 
parce que, dans le Testament de S. Ephrem, l'Spithete de pUfc^ est 
accolee a son nom, mais le mot syriaque signiQe « vaillant > et non 
pas « de Gozarte >. 

3. Assemani, B. 0., Ill, part. 1, 170. 

4. Comp. un passage de Barheb&eus, B. 0., I, 166, ou Balai est place 
apres saint Ephremet avant le concile d'Ephese. 

5. Ce qui en reste a 6t6 6dite" par Zetterstein, Beitrdge zur Kenntniss 
der religidsen Dichtung Balai's, Leipzig, 1902; Editions anterieures : 
Overbeck, S. Ephrsemi,.. op. sel. t p. 251-336; Wenig, Schola syriaca, 
rhreslomathia, Innsbruck, 1866, p. 160-162; Cardahi, Liber thesauri de 
arte poetica, p. 25. Bickell a donne\ dans son Conspectus rei litt. } p. 46, 
note 5, la traduction d'une hymne sur le martyre de saint Faustin, dont 
il a imprime le texte dans la Zeitschr. der deuh morgenl. Gesell., XXVII, 
p. 599, n° III. 



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336 LES. &CR1VAINS JUSQU'AU V SIECLE. 

Huns. Dans un passage de ce poeme il est dit : « Une 
annee ne s'est pas encore ecoulee depuis que les Huns 
ont ravage la Syrie. » L'invasion de ces barbares ayant 
eu lieu au mois de juillet 396 (et non 395), comme nous 
Tapprennentles chroniques syriaques, c'esten 397 que 
cet ouvrage fut compose. On poss&de encore de Cyril- 
lona quelques autres poesies, de diflterents metres, sur 
le crucifiement, sur la P&que et sur le froment. Ces 
oeuvres ont 6te publtees par M. Bickell dans la Zeitschr. 
derdeut. morgehl. Gesellschaft, XXVII, 566 *. M. Bi- 
ckell identifie Cyrillona avec Absamya, le neveu de saint 
Ephrem, qui, nous le savons par la Chronique d'Edesse 
et la Chronique eccl. de Barhebraeus 2 , composa des 
hymnes et des homilies sur l'invasion des Huns. 
Absamya aurait pris le nom de Cyrillona en recevant 
le sacerdoce; ce n'est qu'une hypothese, mais une 
hypothese vraisemblable 3 . 

Le moine Gregoire se rendit d'Orient (de Palestine?) 
en Chypre ou il entra en relations avec saint Epiphane, 
ev£que de Salamine, et un moine dunom de Theodore. 
A ceux-ci sont adressSes plusieurs de ses dpitres ; son 
principal ouvrage estun traite sur la vie ascetique 4 . 

1. Voir aussi Wright, CataL, p. 670-671 ; Over beck, op. cit., 379-381 ; 
Cardahi, Liber thesauri di arte poetica, 27-29. Une traduction alle- 
raande en a 6t6 donne'e par Bickell dans la Bibliothek der Kirchenvdter 
de Tallhofer. 

2. Cf. Chronique de Michel le Syrien, 6d. Chabot, IT, p. 169 (trad., 
p. 9). 

3. Wright, Syriac liter,, 2« 6d., p. 42, objecte qu'il est surprenant que 
les chroniques syriaques qui parlent d 'Absamya ne le connaissent pas 
sous le nom de Cyrillona. Cf. Addai Scher, Revue de VOrient chre"t. y 1906, 
p. 3-4. 

4. Assemani, B. 0., I, 170-174, et III, part. I, 191, a public" quelques 
lettres et des fragments du traits; comparer ci-dessus, p. 222-223. 



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II 



LES ECRIVAINS JUSQU AU VIl e SIECLE. 



Cette periode de l'histoire litteraire des Syriens est 
la plus brillante ; elle compte de nombreux auteurs qui 
se distinguerent dans divers genres. Au commencement 
les Syriens, quoique divises par les frontieres des em- . 
pires romain et perse, ne forment encore qu'une grande 
famille religieuse. Antioche, Edesse, Nisibe et Se- 
leucie du Tigre sont les principaux centres intellectuels 
qui relient entre eux les membres de cette famille, 
jusqu'au jour ou les schismes la fractionneront en deux 
trongons. 

§ 1. — Les Orthodoxes. 

Les poesies d'Isaac d' Antiochg ou Isaac le Grand 
(V e siecle) forment une volumineuse collection. Jean 
bar Schouschan avait commence au XI e siecle leur 
reunion en un recueil, mais la mort du compilateur, 
survenue en 1073, y mit fin * . Ces poesies ne sont pas 
toutes d'un m£me auteur : quelques-unes denotent un 
orthodoxe, d'autresunmonophysite. Jacques d'Edesse, 
dans une notice que Tabb6 Paulin Martin a le premier 

1. VoirBARHEBRj:us, Chron. cccl, I, 447. 



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338 LES SCRIVAINS 

fait connaitre, distinguait trois Isaac qui ont ete con- 
fondus ensemble : 1° Isaac d'Amid, disciple de saint 
fiphrem, lequel se rendit k Rome pour y voir le Capi- 
tole ; il etait orthodoxe ; 2° Isaac d'Edesse, qui floris- 
sait au temps de Zenon, (fin du V e siecle) et se fixa a 
Antioche; il etait monophysite; et 3° Isaac, egalement 
d'Edesse, lequel d'abord £tait monophysite au temps 
de l'ev£que Paul (512), et devint ensuite orthodoxe, au 
temps de Tev£que Asclepius (522). 

Isaac d'Amid semble £tre l'auteur des poemes sur. 
les jeux seculaires (404) et sur la prise de Rome (410). 
Isaac d'Antioche peut avoir compose Thomelie sur le 
tremblement d'Antioche (459), et le long poeme sur 
le perroquet qui chantaitle Trisagion. 

D'un autre cote, Isaac d'Antioche a et& confondu 
parfois avec Isaac de Ninive. A ce dernier appartiennent 
sans doute les ecrits en prose sur l'ascetisme attribues 
au premier. 

Les renseignements sur la vie d'Isaac d'Antioche sont 
tres vagues, mais on peut tenir pour certain que cet 
Isaac composa la majeure partie des homelies mises 
sous son nom : sa grande notoriet6 a fait oublier ses 
homonymes * . 

1. Nous avons tire cette courte notice de VAvant-propos de P. Bedjan, 
Homilise S. Isaaci syri Antiocheni, t. I, Paris et Leipzig, 1903 ; nous 
renvoyons'a cet avant-propos pour les sources relatives a Isaac. Dans 
cc tome I, M. Bedjan a e"dite soixante-sept homelies dont vingt-quatre 
seulement avaient dCja vu le jour. Bickell a imprime trente-sept homi- 
lies dans deux volumes : Isaaci Antiocheni opera omnia, Giessen, I, 
1873; II, 1877.. Les homelies d'Isaac mises sous le nom de saint fcphrem 
se trouvent dans Lamy, S. Ephrsemi syri hymni et sermones. Deux ho- 
melies sont imprime"es dans la Chrestomathie d'Ourmia {Le petit livre 
des miettes), Ourmia, 1898 ; d'autres dans Ignatius Ephilem II Rahmani, Sta- 
dia syriaca, chap, v, cf. Noeldeke, Zeitschr. der deut. morgenl. Gesell., 
LVIII, p. 494. Un recueil de sentences attribue a Isaac a 6t6 public par 
MariusBesson dans Orient christianus, I, p. 46-60; 228-238. Pour les Edi- 
tions partielles, anterieures a r^dition de Bickell, voir Assemani, B. 0. t 
T, 207; Zingerle, Monumenta syriaca, I, p. 13; Cardahi, Liber thesauri, 
p. 21; Overbeck, S. Ephraemi... opera selecta, p. 379. Des traductions 



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JUSQU'AU VII* SIECLE. 339 

II n'est rien reste des oeuvres de D4d&, un moine 
d'Amid, qui fut delegue par les habitants de cette ville 
k Constantinople pour demander une diminution d'im- 
p6ts, justifiee par les ravages de la guerre et de la fa- 
mine. On attribue acetecrivain, contemporain d'Isaac, 
trois cents traites sur divers sujetset des hymnes *. 

Rabboula, nomme ev&que d'Edesse en 412, est connu 
par sa foi ardente et ses luttes contre les heresies au- 
tant que par son ceuvre litteraire 2 . II etait ne a Kennes- 
rin (Chalcis), pres d'Alep; son pere, un pr£tre pai'en, 
sacrifia, dit-on, en l'honneur de Julien l'Apostat, 
lors de l'expedition de celui-ci contre les Perses ; mais 
sa mere etait chretienne. Rabboula fut converti et 
baptise par Eusebe, ev£que de Kennesrin, et Acacius, 
ev£que d'Alep. Le nouveau proselyte se consacra tout 
entier a la religion qu'il venait d'embrasser ; il vendit 
§es biens, en distribua le produit aux pauvres, et 
se retira d'abord dans le couvent d' Abraham et ensuite 
dans un lieu solitaire pour y mener la vie ascetique. 
C'est la qu'Acacius allale chercher pour le conduire sur 
le siege episcopal d'Edesse que la mort de Diogene 
avaitlaiss^ vacant. Devenu 6veque, Rabboula s'appliqua 
avec energie a deraciner les anciennes heresies que 
saint fiphrem avait combattues, mais qui comptaient 
encore des adeptes a Edesse. II semble avoir hesite 
d'abord a rejeter la doctrine de Theodore de Mopsueste 
dont Nestorius venait de se faire le champion, mais 
son hesitation ne fut pas de longue dur6e. Rabboula se 



allemandes de diverges horiielies par Zingerle, Theol. Quartalschrift, 
4870; et Bickell, Bibliothek der Kirchenvdter, 44 e livraison, p. HI et 
491. 

4. Wright, Syriac. lit., 2 e 6d., p. 54; comp. Land, Anecd. syr., Ill, 
p. 84. 

2. Son histoire est racontee dans le document dont nous avans parle 
plus haul, p. 148. 



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40 . LES fiCRIVAINS 

declara bient6t le partisan de Cyrille d'Alexandrieyqui 
devint son ami et dotit il traduisit le traite de De recta 
Xfide* ; il alia attaquerNestorius a Constantinople mSme 
'ou il prononga un grand discours devant Theodose II. 
Son biographe, qui traduisit en syriaque ce discours 2 , 
fait ressortir le courage dont Tev6que d'Edesse fit 
preuve dans cette circonstance, ear l'ev&que de Cons- 
tantinople jouissait de la faveur de Fempereur. La po- 
lemique continua par ecrit; le m^me biographe men- 
tionne « quarante-six lettres de Rabboula adressees 
aux pr£tres, aux empereurs, aux principaux person- 
nages et aux moines, que nous chercherons avecl'aide 
de la gr&ce divine, ajoute-t-il, a traduire du grec en 
syriaque, afin que ceuxquiles liront apprennent quelle 
ardeur enflammait son z&le divin 3 » . 

Pendant son episcopat, Rabboula donna en exemple 
a son clerge sa vie d'Humilite et de privations, et il 
chercha, par des canons et des avertissements 4 , a sou- 
mettre les religieux aux pratiques ascetiques. On van- 
tait sa charite et on rapportait de nombreux temoi- 
gnages de son devouement pour les pauvres et les 
-i malades ; mais sa severite tyrannique le fit plus craindre 
Jqu'aimer des personnes de son entourage. Ce saint 



i. Voir la lettre de Cyrille a Rabboula, Overbeck, op. cit., p. 2-28. La 
version de Rabbcula existe au Mus^e britannique; elle a 6te editee par 
le P. Bedjan dans le tome V des Acta martyrum et sanctorum, p. 628- 
696. 

2. Ce qui nous reste de cette version a 6te publie par Overbeck, op. 
cit.) p. 239 et suiv. 

3. Quelques-unes de ces lettres traduites en syriaque nous sont par- 
venues, soit en entier, soit en partie, et ont 6t6 publiees par Overbeck, 
S. Ephreami, etc., opera selecta, d'apres des ms. du Mus6e britannique. 
II y en a qui font partie de la correspondaoce suivie que Rabboula eut 
avec saint Cyrille. Guidi a publie, d'apres le ms. syr. 107 du Vatican, 
une lettre de saint Cyrille a Rabboula, qui ne se trouve pas dans la col- 
lection Overbeck, Rendiconti delta R. Accademia dei Lincei, mai-juin 
1886, 416 et 546. 

4. Voir ci-dessus, p. 168. 



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JUSQUAU V1T SlfeCLE. 341 

eveque mourut le 7 aout 435 *. Ce qui est reste de.ses 
oeuvres a ete publie par Overbeck dans son livre 
S. Ephrsemi, etc. y opera selecta, p. 210 et suiv., et 
traduit en allemand par Bickell dans la Bibliothek 
der Kirchenvater de Tallhofer, n os 103-104. II faut 
ajouter un discours in£dit sur les aum6nes faites pour 
les Ames des defunts^et sur la defense des f&tes a l'oc- 
casion de la commemoraison des morts ; ce discours se 
trouve dans un ms. de la Laurentienne de Florence *. 



§ 2. — Les Nestoriens. 

La guerre que Rabboula avait declaree au nestoria- 
nisme fut interrompue a Edesse par la mort de cet 
eveque. A Rabboula succ^da Ibas qui professait a l'E- 
cole des Perses et etait un partisan avere de Nes- 
torius. C'est k ce docteur et k ses disciples, nous Fa- 
vons dejadit 3 , que les Syriens devaient leurs premieres 
traductions des oeuvres de Diodore de Tarse et de 
Theodore de Mopsueste. Rabboula avait condamne ces 
ouvrages et en avait fait bruler des exemplaires 4 . Ibas 
devenu eveque, le nestorianisme trouva la voie libre en 
Mesopotamie, et la celeb re lettre que le nouvel eveque 
adressa a Mari le Perse en encouragea la propagande 
chez les Syriens orientaux. Attaque au sujet de cette 
lettre aux conciles de Tyr et de Beyrouth, Ibas fut ac- 
quitte, mais au second concile d'Ephese, en 449, il fut 
compris avec son neveu Daniel, ev6que de Harran, 
dans la condamnation qui frappa Flavien de Constan- 

i. Date fournie par la Biographie ; le 8 aout435, indiquepar la Chro- 
nique d'Edesse* est le jour de l'enterrement. 

2. Ev. Ass^mani, Cat. cod. ms. Orient. Bibl. Palat. Medic, p. 407. Sur 
la version du Nouveau Testament par Rahboula, voir ci-dessus, p. 30. 

3. Voir ci-dessus, p. 344. 

4. AssSmani, B. 0., Ill, part. 1, 86; part. II, 73. 



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:M2 les ecrivains 

tinople, Domnus d'Antioche, Ireneede Tyr, Eusebe de 
Dorylee, Sophronius de Telia et Theodoret de Cyr. 
Ibas fut exil6 et remplaee a Edesse par Nonnus*. Son 
exil ne dura que deux ans ; apres le concile de Chalce- 
doine, qui etait principalement dirig£ contre Eutyches 
et lesMonophysites, Ibas revint sur son siege episcopal 
ou il demeura en paix jusqu'a sa mort, survenue le 28 
octobre 457. Le Catalogue d'Ebedjesu attribue k Ibas : 
un commentaire sur les Proverbes (voir ci-dessus, p. 71), 
des homelies, des hymnes et une controverse avec un 
heretique 2 . 

La mort d'Ibas occasionna Texpulsion d'Edesse des 
partisans de cet ev£que, qui enseignaient ou etudiaient 
a l'Ecole des Perses, mais cette ecole ne fut definitive- 
ment detruite qu'en 489, par ordre de Tempereur Ze- 
non. Les noms des exiles, avec les sobriquets qui 
leur avaient ete donnes k l'Ecole, nous sont fournis par 
la lettre de Tev^que monophysite Simeon de Beit-Ar- 
scham, ecrite vers 510, et qui est le document le plus 
ancien sur la propagation du nestorianisme en Perse 3 . 
Simeon est partial et injuste en vers ses adversaires, 
mais bien informe. II nomme parmi les habitants 
d'Edesse qui se retirerent sur le territoire perse, ou 
ils jouirent de la faveur du roi Peroz : Acacius, Bar- 
sauma, Mana, Abschouta, Jean le Garam£en, Mika, 
Paul fils de* Kaki, Abraham le Mede, Narses, Ezalia. 
Presque tous devinrent ev^ques en Perse; quelques- 
uns furent des ecrivains connus. 

Acacius fut elu patriarche de Seleucie en 484* et 



1. II existe de cet e"veque une lettre adress^e a l'empereur L^on sur 
c concile de Chalcedoine, Ass^mani, B. 0., 1,257 et 403. 

2. AssfeMANi, B. 0., Ill, part. 1, 86. 

3. Piibliee par Ass^mani, B. 0., I, 436, et r6imprim6e dans la Chresto- 
mathie de Michaelis. 

4. BAimEBRjsus Chron. cccl., II, 72. 



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JUSQU'AU VII* SIECLE. 343 

vecut justju'en 496 '. Barhebraeus mentionne la mission 
dont il fut charge par Peroz aupres de Pempereur 
Zenon 2 . Ce patriarche composa des homelies sur le 
jeune et la foi, et des traites contre les Monophysites ; 
il traduisit en persan, pour le roi Kawad, le traite sur 
la foi d'Elisee ou Osee, le successeur de Barsauma 
sur le siege de Nisibe 3 . Le patriarche Acacius ne doit 
pas etre confondu avec Acacius, ev6que d'Amid, dont 
les epitres ont ete commentees par Mari.de Beit-Ar- 
daschir, Tun des premiers ap6tres du nestorianisme en 
Perse. Onrapporte qu'Acacius d'Amid vendit (vers 419) 
les vases s acres de l'eveche pour racheter les captifs 
faits par les Romains dans le Beit-Arbay6 4 . 

Barsauma, avant d'etre professeur a l'Ecole des Per- 
ses,^vait ete, pretend Simeon de Beit-Arscham, l'es- 
clave de Mara de Beit-Kardou (pres de Gozarte). II 
etait au nombre des exiles de l'ann^e 457, et c'est en 
effet a partir de cette epoque qu'il se signale par son 
despotisme comme ev^que de Nisibe s . II dictates pre- 
miers statuts de l'Ecole de Nisibe 6 et etablit le mariage 
des pretres avec le consentement du patriarche. Ses 
ecrits se composent, suivant le catalogue d'Ebedjesu, 
d'exhortations, d'oraisons funebres, d'hymnes, de let- 
tres et d'une liturgie 7 . 

1. Amr, £d. Gismondi, p. 35. 

2. Barhebr,eus, Chron. eccK, II, 75. 

3. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 69, 378, et 634; le savant Maronite a 
cherche en vain a disculper Acacius de l'her^sie de Nestorius; comp. 
Wrigt, Syriac lit., 2° 6d., p. 60. Sur le concile d'Acacius, voir ci-des- 
sus, p. 165. Voir aussi Addai Sciier, Rev. de VOr. chret., 4906, p. 5. 

4. Comp. Mari, 6d. Gismondi, part. I, p. 31. 

5. Son depart deflnitif d'Edesse n'eut done pas lieu sous Rabboula, 
comme le dit Assemani, B. 0., HI, part. II, 78, ni en 489, comp. Barhe- 
braeus, Chron. cccl., t. II, p. 55, note 1. 

6. Ces statuts ne sont pas conserves, mais on possede ceux de son 
successeur Elis6e ou Os6e, publics en 496, Gcidi, Gli Statuti della scuola 
di Nisibi, Rome, 1890. 

7. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 66. Sur ses lettres a Acacius, voir ci- 



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344 LES ECRIVA1NS 

Narses accompagna Barsauma a Nisibe ou il fonda 
l'ecole de cette ville, qui devint Tun des plus celebres 
centres de l'enseignement chezles Syriens orientaux. II 
etait de Maalta, au nord-est de Mossoul, et il vint 6tu- 
_dier sous Ibas a l'Ecole des Perses. La seconde partie 
de sa vie se passa k l'Ecole de Nisibe qu'il dirigeait, 
sauf une courte interruption, quand il se retira chez les 
Kurdes a la suite <Turi differend avec Barsauma. Suivant 
Barhebraeus, Narses vecut cinquante ans apres son de- 
part d'Edesse ou il avait sejourne vingt annees; ce de- 
part ayant eu lieu en 457, sa mort tomberait en 507 *. 
Les Monophy sites lui donnerent le surnom de Lepreux, 
mais les Nestoriens, qui goutaient fort ses poesies , 
Tappelerent La harpe du Saint-Espril. Ces poesies, 
suivant Ebedj£su, etaient au nombre de 360 et formaient 
douze volumes. 

II nenous en e9t parvenu qu'une partie 2 . Narses 



des*us, p, 165. Une hymne au Musee britannique, Catal. Wright, p. 130; 
comp. Maclean, East Syrian Daily Offices, Londres, 1891, p. 236. 

1. Barhebileus, Chron. eccl., II, p. 77. Barhebrseus con fond la date de 
l'exil (457) avec celle de la destruction de l'Ecole des Perses (489). Assfc- 
mani, B. 0., H, 402 et 407, note 2, flxe a tort cet exil sous Rabboula vers 
431. Bickell, Conspectus rei Syrorum litt., p. 37, et, apres lui, Feldmann, 
Syrische Wechsellieder von Narses, p. 3, prennent sans fondementl'an- 
nce 496 pour la mort de Narses ; cette annee est celle de la mort d'Aca- 
cius, d'apres Amr. Suivant Barhadbeschaba dans Mingana, Narsai, Mos- 
soul, 1005, Narses passa quarante-cinq annees de sa vie a Nisibe et 
mourut en 502. 

2. Manuscrits en Europe : au Vatican (auparavant K. Vf, 5 du Musee 
Borgia); a Berlin; a Cambridge; en Orient : au patriarcat orlhodoxe de 
Jerusalem; au patriarcat de Mossoul; a Ourmia; au monastcre d'Hor- 
mizd, au nord de Mossoul. Le ms. d'Hormizd est le meme que le nis. du 
Vatican et le ms. 57 de Berlin qui en sont des copies. La principale 
edition des oeuvres de Narses est celle de Mingana, Narsai, homiliss 
et carmina, vol. MI, Mossoul, 1905; elle comprend quarante-sept ho- 
melies et dix cahtiques tir6s d'un ms. de l'^diteur, que celui-ci a col- 
latioDnc sur les ms. de Mossoul et d 'Ourmia; il a laisse de c6l6 les ho- 
milies qui ont un caractere heretique. Editions partielles anterieures : 
Hanererg, Zeitschr. derdeut. morg. Gesellschaft, III, 325; Cardahi, Liber 
thesauri, p. 47 ; Bedjan, Breviarium chaldaicum, Paris, 1886, I, p. 463 ; 
Gismondi, Linguae syriacse gratnmatica, Beyrouth, 1900, p. 108; Fr. Mar- 
tin, Journal asiatique, 1899-1900; Saciiau et Feldmann, voir ci-dessus, 



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JUSQU'AU VII SIECLE. 345 

affectionnait, dit-on, le metre de six syllabes, mais ses 
poesies publiees jusqu'a ce jour sont dans les metres 
de sept et douze syllabes. Le Catalogue d'Ebedjesu at- 
tribue encore k Narses des commentaires (voir ci-des- 
sus, p. 71); une liturgie; des explications sur la com- 
munion eucharistique et le bapteme ; «t un livre intitule 
Sur la corruption des moeurs. 

Elisee bar Kozb&ye, outre son commentaire sur 
l'A. T. (ci-dessus, p. 71), est encore, selon Barhadbe- 
schaba, l'auteur de nombreux traites contre les mages 
et les heretiques, voir Mingana, Narsai, t. I, p. 56. 

Mari de Beit-Ardaschir est surtout connu par la 
lettre que lui adressa Ibas. Outre son commentaire 
sur Daniel (ci-dessus, p. 71), et son livre sur les epi- 
tres d'Acacius d'Amid (ci-dessus, p. 343), il ecrivit un 
traite de controverse contre les mages de Nisibe *. 

Mana traduisit a Edesse une partie des ceuvres de 
Theodore de Mopsueste. Selon Simeon de Beit-Ar- 
scham, il fut expiilse de cette ville avec les Nestoriens 
de TEcole des Perses a la mort d'Ibas, en 457 ; il se re- 
tira en Perse, fut nomme metropofitain de Perse et 
ensuite patriarche des Chretiens de l'Orient. II est done 
inadmissible qu'il ait succede dans cette dernierefonc- 
tion, a Yaballaha I, en 420 2 . On attribue a Mana des 

p. 17, note 1 ; Kuayyat, Syllabaire chaldaique, Mossoul, 1869, et Les prai- 
ries delicieuses ()iv^ao k^po)» Mossoul, 1901; la chreslomattiie d'Our- 
mia {Le petit livre des mietfe*),p.98 et 235. Une partie du poeme de Joseph 
fils de Jacob, mis sous le nom de Narses et different du poeme attri- 
bue a S. Ephrem tvoirci-dessus, p. 334), a 6t6 6ditee par Grabowfki, Die 
Geschichte Josephs von Mar Narsai, Berlin, 1889; le second chant l'a ete 
par Max Weyl, Das 2 Joseph gedicte von Mar Narses, Berlin, 1901 ; le 
poeme entier a 616 imprime* par Bedjan, Liber superiorum, Paris et 
Leipzig, 1901, p. 521; un poeme anonyme sur Joseph a ete* publie" par 
Meier Engel, Die Geschichte Josephs, I Teil, Berlin, 1895. Comp. encore 
Maclean, East Syrian Daily Offices, p. 161 et 168. 

1. Assemam B. 0., Ill, part. I, 171. 

2. Voir J.-B. Chabot, Synodicon orientate, Paris, 1902, p. 300, note 4; 
Adda Scheu, Revue de VOrient Chretien, 1906, p. 7. 



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316 LES ECRIVAINS 

versioris pehlwies de livres -syriaques, qu'il aurait 
faites apres son 6tablissement en Perse. 

Mika, apres son expulsion cTEdesse, devint ev6que de 
Laschom. II ne doit pas £tre confondu avec Mika le doc- 
teur(VII e s.),qui composa un commentaire sur le livre des 
Rois (ci-dessus, p. 71) ; un panegyrique de son prede- 
cesseur Sabrj£su et d'un certain KantFopos (?) ; un traite 
sur Les cinq causes des Sessions et une chronique; 
voir Addai Scher, Rev. de VOr. chret., 1906, p~. 21-22. 

Yazidad accompagna Barsauma et Narses a Nisibe. 
Ebedjesu lui attribue une compilation, ^4*^? \&* {B. 
0. y III, part. I, 226). 

On ne sait a quelle epoque appartient Ara, qui ecrivit 
un traite contre les mages et un traite contre les disci- 
ples de Bardesane. 

Au VI e siecle, l'oeuvre de propagande etait accom- 
plie et la grande majorite des Chretiens de la Perse 
confessaient le dogme des deux natures et des deux 
personnes. Nous passerons rapidement sur les ecrivains 
iiestoriens de cette Epoque, dont les uns ont figure 
dans notre premiere partie et dont les autres sont peu 
connus. A Nisibe, Tecole fondee par Narses prospere 
sous les successeurs de celui-ci : Abraham, Jean et Jo- 
seph d'Ahwaz. L'enseignement de ces maitres donne 
naissance a divers travaux : Abraham et Jean publient 
des commentaires bibliques (ci-dessus, p. 71) et des 
hymnes *. Joseph d'Ahwaz est le premier grammairien 
syriaque (ci-dessus, p. 56 et 295) 2 . 

1. Ass£maxi, B. 0., Ill, part. I, p. 72; com p. p. 631 et 708. Une hymne 
d Abraham se trouve dans le psautier nestorien, comp. Wright, Syr. lit., 
2 e e"d., p. 114, note 4 ; Maclean, East Syrian Daily Offices, p. 99. Bar had - 
bcschaba, dans Mingana, Narsai, I, 36, attribue en outre a Jean un traits 
contre les Juifs et une refutation d'Eutyches. 

2. Nous renvoyons a la premiere partie pour d'autres auteurs : le pa- 
iriarche Mar Aba I, p. 209; Abraham de Kaschkar, Mar Babai, etc., p. 212- 
213; et les ascetiques, p. 222 et suiv. 



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JUSQU'AU VII« SIECLE. 347 

4 un disciple d'Abraham de Nisibe, nomme Abra- 
ham bar Kardahe, ou Abraham fils des forgerons, 
Ebedjesu attribue des homelies, des discours consola- 
tifs au sujet des defunts, des sermons et une lettre 
contre uncertain Schisban, probablement un mage. Un 
autre Abraham, Abraham Katina [le subtil), qui vivait 
a la fin du Vl e si&cle, ecrivit des sentences et des ques- 
tions * . 

Paul, un disciple du patriarche Mar Aba I, qui devint 
ev&que de Nisibe, composa un commentaire sur l'Ecri- 
ture sainte (ci-dessus, p. 72); des lettres; et une con- 
troverse, probablement adressee a Justinien 2 . 

C'etait probablement aussi un disciple de Mar Aba, 
ce Thomas d'Edesse qui Ecrivit : un traite sur la Nati- 
vite ; un traite sur TEpiphanie ; une lettre sur les chants 
d'Eglise j un probleme d'astrologie ; plusieurs home- 
lies ; et des discussions contre les h^retiques 3 . 

Theodore, nomm£ ev£que de Merv en 540, composa, 
selon Ebedjesu 4 , un commentaire sur les Psaumes (ci- 
dessus, p. 72), des solutions de questions philosophi- 
ques (ci-dessus, p. 249), unpoeme sur saint Eugene, le 



1. Assemam, B. O., Ill, part. I, 223 et 225. 

2. Assemam, B. O m III, part. I, 87. 

. 3. Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 86. Les deux traitds sur la Nativife 
et 1'Epiphanie sont conserves dans un ms. du couvent de S. "acques 
le Reclus du diocese de Seert, dontunecopie est au couvent de la Mere 
de Dieu a Alkosch. Le premier traits a Cte" public par Simon Joseph Carb, 
Thomse Edesseni tractatus de Nativitate D. N. Christi, Rome, 4898. 
Baumstark, Orient christianus, 1901, p. 320, a analyst ces deux trailers 
qui font partie du Recueil des Causes des fetes, e'crit pour 1'EcoIe de 
Nisibe. Ce recueil fut continue par Cyrus, un e"leve de Thomas (milieu 
du VI e s.), dont les traites se trouvent dans le m6me ms., avec d'autres 
traites de Hannana d'Adiabene (voir p. suiv.) ; d'Isaie, prdtre et professeur 
a l'Ecole de S&eucie (traites sur les martyrs et les confesseurs); d'un 
anonyme (sur la Vierge); du professeur Pdsl (sur le jeune du careme) ; 
traites qui ont de l'importance pour l'6tude des dogmes chez les Ifes- 
toriens. Cf. sur une hymne attribute a Thomas d'Edesse, Maclean, East 
Syrian Daily Offices, p. 98. 
4. Assemaxi, B. 0., Ill, part. I, in. 



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348 LES ECRIVAINS 

soi-disant fondateur du monachisme en Mesopotamie, 
et ses compagnons, et un livre sur divers sujets * . 

Qabriel, ev£que d'Hormizardaschir, frere de Theo- 
dore, ecrivit des livres de controverse contre les Mani- 
cheens etles Chaldeens, et environ trois cents chapitres 
sur des questions difiiciles des Ecritures 2 . 

Joseph, elu patriarche en 552, et dont nous avons cite 
les canons synodaux (ci-dessus, p. 155), pratiqua d'a- 
bord la medecine a Nisibe. Ayant eu la fortune de gxx6- 
rir d'une maladie Chosroes Anoschirwan, il dut ace roi 
son elevation au siege patriarcal. SuivantBarhebrseus 3 , 
il se montra dur et cruel en vers ses ev£ques, qui ob- 
tinrent sa deposition, trois ans apres qu'il etait entre 
en fonctions. Apres sa deposition, Joseph Ecrivit une 
histoire des patriarches nestoriens ses pred^cesseurs. 
Barhebraeus l'accuse d'avoir fabrique les lettres de con- 
solation adressees a Papa, et qui circulaient sous le 
nom de Jacques de Nisibe et de saint Ephrem 4 . 
| Hannana d'Adiabene, le successeur de Joseph d'Ah- 
waz a l'ficole de Nisibe, attira de nombreux disciples 
aupres de lui, huit cents, dit-on 5 . II est l'auteur d'un 
schisme qui agita l'Eglise nestorienne pendant quel- 
que temps et dont nous avons eu l'occasion de parler 
plus haut, p. 228. Ses oeuvres se composent de commen- 
taires (ci-dessus, p. 72) , duplications sur le Credo, 
la liturgie, le'dimanche des Rameaux, le Vendredi 
d'or (le premier vendredi apres la Pentecdte) , les Ro- 



1. Le poeme attribu6 a Theodore semble etre postericur a cetauteur; 
G. Hoffmann, Ausziige aus syr. Akten, p. 167, y voil une composition 
de Georges Warda du XIII 6 siccle. 

2. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 147. 

3. Chron. eccl., II, 95-97; comp. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 432. 

4. Chron. eccl., II, p. 31 ; comparer ci-dessus, p. 126. Sur Paul le Perse 
et le periodeute Boud, qui appartiennent a cctte epoque, voir ci-dessus, 
p. 250 et 322. 

5. Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 81. 



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JUSQU'AU VII* SIECLE; 349 

gations et l'lnvention dela Croix; et divers traites dans . 
lesquels il suivait les commentaires de saint Jean Ghry- 
sostome et s'eloignait de ceux de Theodore de Mop- 
sueste*. Hannana revisa les statuts de FEcole de Ni- 
sibe etpublia sa revision en 590 2 . II compta parmi ses 
partisans Joseph Hazzaya sur lequel le Livre de la 
chaste te contient une notice que nous avons analyse e 
(ci-dessus, p. 228). 

Jesuyab I, patriarche des Nestoriens (582-595), dut 
son Elevation au siege patriarcal a la faveur dont il 
jouissait aupres de Hormizd IV. II etait originaire du 
Beit-Arbaye (aujotftd'hui le Tour-Abdin) ; il fit ses etu- 
des a l'Ecole de Nisibe; quand il fut elu patriarche, il 
etait ev6que d'Arzoun. La mort l'atteignit au couvent 
de Hind, a Hira, pendant une visite qu'il faisait au roi 
des Arabes, Noman ibn al-Mondhir, recemment con- 
verti au christianisme (comp. ci-dessus, p. 210). Ebed- 
jesu, dans son Catalogue 3 , cite de Jesuyab : un traite 
contre Eunomius ; un autre contre un 6v£que mono- 
physite avec lequel il avait eu une controverse sur les 
dogmes ; vingt-deux questions sur les Sacrements 4 ; 
des canons et des lettres synodales (ci-dessus, p. 165) ; 
et une apologie (ci-dessus, p. 158). 

Jesuzeka, ou Zekajesu, ou encore Meschihazeka 5 , 
etait moine du couvent du mont Izla ; il quitta ce cou- 
vent avec les moines que Babai Tarchimandrite en 
avait chasses, et se retira dans le diocese de Dasen ou 

1. Ces traites appartieunenl aux Causes des fUes dont il a el6 parte 
plus haut, p. 317, note 3. Badmstark, Oriens christianus, 1901, p. 333-331, 
a analyse la Cause du Vendredi d'or et la Cause de la prikre qui se 
trouvent dans le ms. cite dans la note en question. 

2. Voir Guidi, Gli statuti delta Scuola di Nisibi, Rome, 1890; abbe" 
• Ciiadot, Journal asm*i'#ue,'juillet-aout 1896, p. 62. Sur une hymne de 

Hannana, voir Maclean, East Syrian Daily Offices, p. 22C. 

3. Assemam, B. 0., Ill, part. I, 108. 

4. Un specimen dans le ms. du Vatican 150. 

5. C'est-a-dire Jesus ou le Christ a triomphe. 

20 



,_>v 



350 LES ECRIVAINS 

il fonda le couvent de Beit-Rahban-Zekajesu ou, par 
abreviation, de Beit-Rabban; il est cite comme auteur 
d'jme histoire eccl^siastique (ci-dessus, p. 204) 1 . 

§ 3. — Les Monophysites. 

La litterature nestorienne ne nous est connue que par 
ses grandes lignes, et il est difficile de la juger par ses 
oeuvres m&mes qui nous sont parvenues en si petit 
nombre. Elle ne brilla pas cependant du meme eclat 
que la litterature monophysite et elle n'eut pas des ecri- 
vains de la valeur . d'un Jacques de Saroug, d'un Phi- 
loxene de Mabboug, d'un Sergius de Reschaina ni 
d'un Jean d'Asie. 

Pendant quele nestorianisme se propageait en Perse, 
favorise par les rois Sassanides, le monophysisme ga- 
gnait successivement du terrain chez les Syriens occi- 
dentaux, a l'ombre de VHenotique de Zenon dont il se 
couvrait. L'heresie d'Eutyches avait trouve en Syrie un 
defenseur dans la personne de 1' archimandrite Bar- 
sauma, ventre comme un saint pour sa piete. Celui-ci 
avait assiste au second concile d'Ephese; il fut con- 
damne comme h6r6tique par le concile de Chalc&Ioine; 
sa mort eut lieu en 458 2 . 

On est en droit de ne pas compter parmi les ecri- 
vains syriaques Simeon le stylite (f 2 septembre 459), 
que les Monophysites reclament comme un ,de leurs 



i. Sur Abraham, abb£ du couvent du Mont Izla, voir ci-dessus, p. 168; 
sur son successeur, Dadjesu, voir p. 169. . 

"2. Bariiebr,eus, Chron. eccl, 1, 161-165, 179, 181 ; Assemam, D. 0., II, 2-9. 
Sa vie, 6crite par son disciple Samuel, existe dans plusieurs ms. du 
Musee britannique, Wright, Catal., p. 1123; comp. B. 0., II, 9^6. Ce 
monophysite ne doit pas etre confondu avec son conteniporain nesto- 
rien, Barsauma de Nisibe, dont nous avons parte sous le paragraphe 
precedent; 



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JUSQU'AU VIP SIECLE. 351 

saints, et leur pretention semble justifiee par les trois 
lettres qui existent sous son nom, avec des Preceptes 
et avertissements adresses aux Freres'. Mais la ques- 
tion est de savoir si ces ecrits sont authentiques, car 
Simeon etait illettre ; il dictait sans doute ses lettres a 
Tun de ses disciples 2 . Sur les Actes syriaques de ce 
» saint, voir-ci-dessus, p. 147. 

Jacques de Saroug appartenait decidement a la con- 
fession monophysite, la question a ete tranchee par la 
publication de la correspondance echangee entre cet 
ev£que et les moines du couvent de Mar Bassus pres 
d'Apamee 3 . Cette correspondance montre Jacques 
hostile, des sajeunesse, a la doctrine dyophysite ensei- 
gnee a Edesse, ou le futurev^que de Saroug faisait ses 
etudes. Elle nous le montre encore se ralliant d'abord 
a YHenotique de Zenon et devenant ensuite un mono- 
physite convaincu. Jacques etait au nombre des eve- 
ques qui consacrerent Jean de Telia, un fervent mo- 
nophysite, sous Justin 4 . On possede trois biographies 
de ce celebre syrien : Tune ecrite par Jacques d'E- 
desse s ; la seconde est anonyme ; la troisteme est un 
long panegyrique en vers, attribue a un de ses disci- 
ples dunom de Georges 6 . 



4. Au Musee britannique, Catal. de Wrtyht, p. 9S1, n° 29; p. 986, n° 33; 
p. 1153. col. 1; a Cambridge, Catal. de Wright et Cook, p. 849. 4. 

2. Voir Noeldeke, Orientalische Skizzen, Berlin, 1892, p. 233. Les trois 
lettres out ete publiees par C. Torrey, avec une traduction anglaise, 
The Letters of Simeon the stylite dans le Journal of the American or. 
Society, vol. XX, 1899, p. 252. M. Torrey ad met que les lettres sont apo- 
cryphes. 

3. Editee avec une traduction francaise par l'abbe P. Martin, Zeitschr. 
der deut. morg. Gesell., XXX, p. 217 et suiv. 

4. VoirKLEYN, Ret Levenvan Joh. van Telia, Leide, 1882, vii et 31; 
Zingerle, Zeitschr. fur Kathol. Theol., XI, 92-108; Guidi, La lettera di 
Simeone vescovo di Beth-Arscham, Preface. 

ft. Voir l'abbe" P. Martin, I. c, p. 217, note 3. Le texte de cette biogra- 
phie a ete publie* par Assemani, B. 0., I, 286. 
6. Les trois biographies ont ete Cdite'es par Abbeloos, De vita et scri- 



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a/2 LES ECRIVAIXS 

Jacques naquit a Kourtam sur l'Euphrate, proba- 
blement dans le district de Saroug. II devint chore- 
v6que de Haura, dans le m£me district. C'est de cette 
ville qu'il ecrivit des lettres de consolation aux Chre- 
tiens de Nedjran et aux habitants de la' ville d'Edesse 
menacee par les Perses * , et probablement les lettres 
dogmatiques adressees aux moines du couvent de Mar 
Bassus 2 . En 519, il fut nomme ev£que de Batnan, prin- 
cipal ville du district de Saroug ; il etait alors &ge de 
soixante-huit ans; il mourut deux ans apres en 521. Sa 
vie, consacree a l'etude et ecoul^e loin des polemiques 

Ichristologiques qui agitaient l'Orient, ne fut pas trou- 
blee par les persecutions que Justin I exerga contre les 
Monophysites apres avoir abolil'Sdit d'union de Zenon, 
et dont furent victimes Severe d'Antioche, Philoxene 
de Mabboug et Paul d'Edesse. La lettre de condoleance 
que Jacques adressa k ce dernier 3 se refere aux violen- 
ces que Paul subit au mois de novembre 519, lorsqu'il 
fut emmene prisonnier a Seleucie de TOronte •*. 

Les nombreuses lettres de Jacques de Saroug exis- 
tent en grande partie dans les ras. Add. 14587 et 17163 
du Musee britannique. Nous venons de parler de ses 
lettres aux moines du couvent de Mar Bassus, aux 
Chretiens de Nedjran, aux habitants d'Edesse, a Paul 
d'Edesse 5 . Nous citerons une autre lettre a Etienne bar 

ptisS. Jacobi. Des ex traits du panegyrique ont ete imprimis par leP. 
CARDAindans son Liber thesauri, p. 37. Bickell, Bibliothek der Kirchen- 
vdter, n° 58, donne de bonnes raisons pour que l'auteur de cepanegy- 
rique ne soit pas un disciple de Jacques, mais Georges de Saroug, un 
auteur du VIII* siecle. 

1. Wright, Catal., p. 530, n°* 15 et 16; et ci-dessus, p. 140. 

2. L'abbe* P. Martin, I. c, p. 224, note 3, place la correspondance de 
ces moines avec Jacques entre 514 et 518, alors que celui-ci etait chor- 
eveque. 

3. Publico par l'abbe* P. Martin, I. c, p. 2G5. 

4. La condamnation definitive etl'exil de Paul d'Edesse eurent lieu le 
27 juillel 522, 6poque a laquelie Jacques de Saroug 6tait mort. 

5. Une lettre dogmatique, adressee aux habitants d'Arzoun, a 6te" 



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JUSQU'AU VII* SIECLE. 353 

Soudaili dans la notice concernant ce dernier. Ses ou- 
vrages ecrits en prose comprennent : une liturgie* ; un 
ordre du bapteme 2 ; six homelies festales 3 ; des ser- 
mons sur les peches, sur le vendredi de la troisieme 
semaine du car&me, et sur la P&que; des oraisons fu- 
nebres ; et une vie de Mar Hannina *. Barhebraeus at- 
tribue a cet auteur un commentaire des Six centuries 
d'Evagrius, qu'il aurait ecrit a la demande de Geor- 
ges, ev&que des Tribus, son disciple 5 , mais cette 6pi- 
th&te, designant Georges des Arabes qui vivait au 
VH e siecle, doit etre erronee, comme le remarque 
Wright 6 . C'est surtout par ses poesies que Jacques del 
Saroug excita Tadmiration des Syriens quile saluaientf 
du titre de La flute du Saint-Esprit et la harpe de VE* 
glise orthodoxe. Ses homelies metriques, nous dit 
Barhebraeus 7 , etaient au nombre de sept cent soixante, 
et soixante-dix scribes etaient occupes a les copier. 
Elles furent beaucoup lues, souvent retravaillees, a en 
juger par les importantes variantes que les ms. offrent 
pour la m6me poesie. II nous est parvenu a peine la 
moitie de ces homelies. La premiere composition poe- 
tique de Jacques qui attira l'attention des connaisseurs, 
fut, au rapport de Barhebraeus 8 , l'homelie sur le char 
d'Ezechiel, dans laquelle Tauteur predisait la prise 



editeeparP. Bedjan dansS. Martyrii, qui et Sahdona, quse supersunt 
omnia, Paris et Leipzig, 1902, p. 605. 

1. Traduite par Renaudot, Liturg. orient, collection II, 356. 

2. Edite* par J.AloysicsAssemani, Cod. liturg. eccl. univers., Rome, 1749- 
1766, II, 309 ; III, 184. 

3. Traduites en allemand par Zpjgerle, Sechs Romilien des h. Jacob 
von Serug, Bonn, 1867. Zingerle en a edite" une dans les Monumenta 
syr., I, 91. 

4. Voir Wright, Catal., p. 364, 826, 84*, 1113 et 1126. 

5. Barheb., Chron. eccl., I, 191. 

6. Syriac literature, 2* 6d., p. 70. 

7. Chron. eccl., I, p. 191. 

8. Chron. eccl., I, p. 190. 

20. 



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354 LES ECRIVAINS 

d'Amid. Nous ne pouvons rappeler ici la liste de ces 
ceuvres'. 

Jacques de Saroug, dont les homelies metriques eu- 
rent tant de succes, trouva des imitateurs en Syrie. 
Un humble potier, Simeon Koukaya, du village de 
Geschir, pres du couvent de Mar Bassus, composa des 
hymnes religieuses pendant qu'il exergait son metier. 
Le bruit en vint aux oreilles de Jacques qui fit une 
visite a Simeon et prit avec lui quelques-unes de ses 
hymnes pour les publier 2 . Neuf de ces poesies sur la 
Nativite de Notre-Seigneursont conservees dans le ms. 
Add. 14520 du Museejbritannique 3 . 

Philoxene, en syriaque Aksen&y&, le contemporain 
de Jacques de Saroug, auquel il ne survecut que deux 
annees, etait ne en Perse, a Tahal dans le Beit-Gar- 
mai. II fit ses etudes a Edesse sous Ibas, mais, comme 
Jacques, il rejeta la doctrine dyophysite enseignee par 
l'evGque d'Edesse, et devint un des plus ardents apdtres 
de la confession monophysite ; on rapporte m6me que 
ce fut a son instigation que l'eveque Cyrus sollicita de 

1. Comp. Assemani, B, 0.^1, 305-339; Abbeloos, De vita et seriptis 
S. Jacobi, p. 106-113. La principale Edition est celle des soixante-dix 
homilies publiees par P. Bedjan, Homiliee selectee Mar Jacobi Saru- 
gensis, MI, Paris et Leipzig , 1905 et 1906. Des Editions de quelques 
homelies ont 616 faites antgrieurement par : P. Bedjah dans Acta Mar- 
tyrum et Sanctorum, I, III, V et VI, et dans S. Martyrii, qui et Sah- 
dona, quse supersunt omnia, voir l'Avant-propos des Homiliee selectee, 
I, p. vni ; Zingerle, Zeitschr. der deut. morgenl, Gesell., t. XII, XIII, 
XIV, XV et XX; Chrestomathia syriaca, Rome, 1871, p. 360-386; Monu- 
menta syriaca, I, p. 21 : Sermo de Thamar, Innsbruck, 1871; Moesinger, 
Monumenta syriaca, II, p. 52 et 76; Wenig, Schola syriaca, Innsbruck, 
1866; Overbeck, S. Ephreemi syri... opera selecta, p. 382; Abbeloos, 
De vita et seriptis S. Jacobi, p. 203-301 ; Paulin Martin, Zeitschr, der 
deut. morg. Gesellschaft, XXIX, 107; Coreton, Ancient syriac documents, 
p. 107; voir en outre ci-dessus, p. 186. Traductions allemandes de quel- 
ques homelies par Zingerle, Scchs Homilien des heil, Jacob von Sarug, 
Bonn, 1867; et par Bickell dans la Bibliothek der Kirchenvdter do 
Tallhofer. 

2. Jacques d'Edesse dans le Catal. de Wright, p. 602; Baruebr^us, 
Cfiron. eccl., I, 191 : Ass*.mani, B. 0., I, 121 ; II, 322. 

CataU Wright, p. 3G3. 



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JUSQU'AU VII e SlilCLE. 355 

l'empereur Zenon la destruction de l'Ecole des Perses 
en 489 4 . Norame ev£que de Mabboug (en arabe Man- 
bidj, pres de l'Euphrate), en 485, par Pierre le Foulon, 
patriarche d'Antioche, Philoxene s'empressa, apres la 
mort de Zenon, de mettre a profit la faveur dont les 
Monophysites jouissaient aupres d'Anastase. II se ren- 
dit a Constantinople en 499 et en 506. En 512, apres 
avoir reussi, avec le concours de Soterichus, eveque 
de Cesaree de Cappadoce, a faire exiler Flavien, il 
presida un synode dans lequel Severe fut nomine" pa- 
triarche d'Antioche. Avec Justin, un revirement com- 
plet se produisit : les eveques monophysites furent 
chasses de leurs sieges et remplaces par des ortho- 
doxes ; au nombre des exiles etait Philoxene, qui fut 
dirige d'abord sur Philippopolis de Thrace et de la a 
Gangres dans la Paphlagonie, ou il mourut vers 523, 
asphyxie par la fumee dans une chambre ou il avait 
eteenferme. 

Telle fut la triste fin du fougueux eveque qui, pen- 
dant toute sa vie, fut en butte a la haine des Ortho- 
doxes, qu'il appelait les Nestoriens heretiques 2 . Son 
ardeur pour les luttes ne fit pas tort a son talent litte- 
raire ; les Syrlens le classerent au premier rang des 
ecrivains. Philoxene cultiva peula poesie; on ne con- 
nait de lui qu'une hymne sur la Nativite de Notre- 
Seigneur, qui lui a ete attribuee probablement a tort. 
Ses oeuvres en prose sont importantes ; dans la pre- 
miere partie de ce livre nous avons mentionne la ver- 
sion biblique qui porte son nom; son commentaire 



1. BarhebRjEUS, Chron. ecct:, II, 56; Cf. Vaschalde, Three letters of 
Philoxenus, Rome, 1902, p. 3 et suiv.; Nau, Notice inedite sur Phi- 
loxene de Mabboug dans la Revue de VOrient Chretien, VIII, 630. 

2. Voir la lettre qu'il adressa en 512 aux raoines du couvent de Senoun 
pres d'Edessc, dans Assemani, B, 0., II, 45. 



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350 LES ECttlVAlXS 

sur les Evangiles.; les treize homelies qu'il a ecrites 
sur la vie religieuse*; il composa en outre : trois li- 
turgies (dont deux traduites par Renaudot, Liturg. 
orient, collection II, 300-309) ; un ordre du bapt^me ; 
des prieres eucharistiques ; une dissertation sur la pa- 
raboledes dix talents; des traites sur la Trinite et 
Tlncarnation 2 ; un traits sur les diverses heresies, suivi 
d'une profession de foi ; douze chapitres contre les 
Orthodoxes; vingt chapitres contre les Nestoriens; 
sept autres chapitres contre les mdmes ; divers ecrits 
du m&me genre et plusieurs professions de foi; des 
declarations et reponses a des adversaires ; un dis- 
cours parenetique ; une oraison funebre ; des prieres et 
des regies monastiques ; de nombreuses lettres. Ces 
ouvrages existent dans des ms. des bibliotheques de 
Rome, de Paris, de Londres, d'Oxfordet de Cambridge 3 . 
Le pantheiste Etienne bar Soudaili, dont la doctrine 
est refutee dans deux lettres de Jacques de Saroug et de 

1. Voir ci-dessus, p. SO, 64 et 221. 

2. Ces traites seront prochainement publics par Vaschalde dans le Cor- 
pus scriptorum christianorum orientalium. 

3. Voir Budge, The Discourses of Philoxenus, II, p. xlviii et suiv. En 
dehors des homelies £dit6es par M. Budge, iln'a 6te public que quel- 
ques lettres de Philoxene : Assemani, B. 0., II, 30-46, a gdit6 des extraits; 
l'abb6 P. Martin, la lettre a Abou Nafir de Hira, Grammatica... linguae 
syriacse, Paris, 1874, p. 71 (sur cette lettre peut-etre apocryphe, voir 
Tixeront, Revue de VOrient Chretien, VIII, 623; Vaschalde, dans l'ouvrage 
cite ci-apres, p. 30) ; Guidi, la lettre aux moines de Teleda, La lettera 
di Filosseno ai Monaci di Tell Adda, 1886, dans les Memoires de VAcca- 
demia deiLincei; Frotiiingham, la lettre aux pretres d'Edesse, Abraham 
et Oreste, Stephen bar Sudaili, p. 28; A. Vaschalde, Three letters of 
Philoxenus bishop of Mabbog, being the letter to the monks, the first 
letter to the monks of Beth-Gaugal and the letter to the emperor Zeno, 
Rome, 1902. Dans Introduction du second volume de The Discourses 
of Philoxenus, M. Budge, a imprime* les 6crits suivants de Philoxene : 
1° une response a la question : Comment doit-on croire?; 2« une pro- 
fession de foi; 3° un article contre ceux qui divisent Notre-Seigneur ; 
4° douze chapitres contre ceux qui admettent deux natures et une 
personne dans le Christ; 5° un traite contre les Nestoriens; 6° un autre 
contre Nestorius; 7° une refutation des heresies de Mani el d'autres. 
Sur une lettre a Palricius d'Edesse, voir J.-B. Chabot, De S. Imaci 
Ninivitee vita, Paris, 1892, p. 14. 



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JUSQU'AU VIP 5 SlfeCLE. 357 

Philoxene de Mabboug, ses contemporains. etait d'a- 
bord monophysite. Cet heretique, un moine d'une piete 
exemplaire, naquit a Edesse dans la seconde moitie 
du V° siecle. Pendant sa jeunesse il sejourna quelque 
temps en Egypte ou il fut le disciple d'un certain Jean 
qui, semble-t-il, lui inculquales idees panth&stes qu'il 
professa ensuite a Edesse. II commenca par nier l'eter- 
nite des peines de l'enfer, et soutenait que les damnes, 
apres avoir ete purifies par le feu, retournaient en Dieu 
« afin que Dieu fut tout en tous » (I Cor., xv, 28). Jac- 
ques de Saroug et Philoxene de Mabboug s'eleverent 
contre un tel dogme dans leurs lettres V Chasse d'E- 
desse comme h^terodoxe, Bar Soudaili se retira a Je- 
rusalem, ou se trouvaient des moines orig£nistes par- 
tageant ses idees. De la, il entretenait des relations 
suivies avec ses disciples demeures a Edesse. Sesecrits, 
comprenant des lettres, des traites, des commentaires 
mystiques de la Bible, notamment des Psaumes, ne< 
sont connus que par la mention qu'en fait Philoxenel 
dans la lettre adressee a Abraham et Oreste d'Edesse. 
On a attribue a Bar Soudaili le Livre de Hierothee 
iascrit sous le nom de Hierothee, le soi-disant maitre 
de Denys l'Areopagite 2 . Ce livre, devenu tres rare et 
dont Barhebraeus eut beaucoup de peine a trouver un 
exemplaire, nous est parvenu dans le manuscrit m£me 
que Barhebraeus se procura et qui renferme, avec le 
texte, le commentaire de Theodose 3 . 11 exerga une 
grande influence sur la litterature pseudo-dionysienne 
en Syrie, mais il n'est pas, comme le croyait Frothing- 

1. Publiees par Frotuisgham dans Stephen bar Sudaili, Leide, 1886 : 
La lettre de Jacques a Bar Soudaili, p. 1; et la lettre de Philoxene a 
Abraham et Oreste, p. 28. 

2. Ryssel, Zeilschr. f. Kirchengeschichte, X, 156, doute de l'exactitude 
de cette attribution proposed par Frothingham. 

3. Muse"e britannique, Add. 7189, Catal. Rosen et Forshall, p. 74; 
comp. Catal. Wright, III, suppl. 



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358 LES ECRIVAINS 

ham, l'origine de cette litterature qui est grecque 1 . 
Le Livre de Hierothee fut commente par le patriarche 
Theodose (887-896) et par Barhebrseus. Le commen- 
taire de Theodose est tres detaille ; il reproduit d'abord 
chaque chapitre du texte, qui est repete ensuite par de 
courtes sections dans les paragraphes du commentaire ; 
Touvrage est precede d'une introduction generate, et 
en tete de chaque livre est placee une introduction 
particuliere. Le commentaire de Barhebrseus n'est le 
plus souvent qu'un resume de celui de Theodose, en- 
trem&e d'extraits du texte, qui est maltraite et de- 
nature 2 . 

Simeon, ev&que de Beit-Arscham, une ville pres de 
Seleucie du Tigre 3 , nous ramene en Perse. Get ardent 
monophysite etait un habile dialecticieil, et il avait 
recji le surnom du Sophiste perse^ \Uofi \kU\ ; il com- 
battit, avec le zele d'un ap6tre, differentes heresies et 
particulierement le nestorianisme qui avait envahi la 
Babylonie 4 . La vie de Simeon a ete ecrite par Jean 
d'Asie dans son Histoire des Bienheureux orientaux 5 . 
Son elevation a la dignite episcopate eut lieu sous le 
patriarche Babai (498-503). Cet eveque mourut a 
Constantinople, ou il s'etait rendu pour faire visite k 
l'imperatrice Theodora. II est connu comme ecrivain 
par ses lettres sur les martyrs Chretiens du Yemen et 



1. Voir ci-dessus, p. 315. Sur Bar Soudaili comp. Barhebr^eus, Chron. 
eccl., I, 221; Assemam, B. 0., I, 303, et II, 30; Abbeloos, De vita et scri- 
ptis S. Jacobi, Louvain, 1867, et principalement Frothingham, Stephen 
bar Sudaili, Leide, 1886. 

2. Voir Frothingham, Stephen bar Sudaili, 86-88. Des ms. du commen- 
taire de Barhebraeus se trouvent a la Bibliotheque nationale, Catal. Zo- 
tenberg, p. 175-176; au Mus6e britannique, Catal. Wright, p. 893-895; 
et a Berlin, Catal. Sachau, n° 211, p. 680. 

3. BarhebrjEus, Chron. eccl., II, 85. 

4. Barhebraeus, ibid., I, 189; II, 85; Assemaw, B. 0., I, 341; II, 409; III, 
part. I, 403. 

5. Comp. ci-dessus, p. 150. 



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JUSQU'AU'VH* SIECLE. 359 

sur la propagation du nestorianisme en Perse (ci-des- 
sus, p. 136 et342); il est aussi l'auteur d'une liturgie *. 

Jean bar Cursus, ev6que de Telia ou Constantine, fut 
un des precurseurs de Jacques Baradee pour la con- 
version de la Syrie au monophysisme. On possede 
deux biographies de cet £v£que a . Ne a Callinice d'une 
famille noble, il entra d'abord dans l'armee, maisilen 
sortit pour se consacrer a la vie religieuse. Nomine 
ev£que de Telia en 519, Jean fut expulse de son siege 
en 521. Deux ans apres, en revenant de Constantino- 
ple qu'il avait ete visiter, il fut arrete et jete en prison. 
11 mourut a Antioche en 538, a l'&ge de cinquante-cinq 
ans. Ses canons et ses Questions ont ete mentionnes 
precedemment, p. 169 ; la profession de foi qu'il adressa 
aux couvents de son diocese, existe dans le ms. Add. 
14549 du Musee britannique. On a encore de lui un 
commentaire de Thy nine du Trisagion 3 . 

Jean bar Aphtonia et Mara d'Amid, qui se declare- 
rent pour les Monophysites contre les Orthodoxes, 
furent aussi compris dans les poursuites de Justin. Le 
premier, chasse du couvent de Saint-Thomas k Seleucie 
de l'Oronte, dont il etait Fabbe, alia fonder sur la rive 
gauche de TEuphrate, en face d'Europus, le couvent 
de Kennesre qui devint celebre par son ecole. II mou- 
rut en 538; savie, 6crite par un de ses disciples, existe 
dans le ms. Add. 12174 du Musee britannique. Jean 
bar Aphtonia composa en grec des hymnes 4 . 

Mara, evlque d'Amid, fut chasse de son siege, en 519, 
et exile avec Isidore, ^v6que de Kennesrin, k Petra d\A- 

i. ASSEMANI, B. 0., I, 345. 

2. Voir ci-dessus, p. 150 et 151. 

3. Cod. Vat. 159 a Rome ; Cod. Marsh 101 a la Bodleienne. 

4. Cf. ci-dessus, p. 317. Jean bar Aphtonia doit etre distingue" de Jean, 
superieur du couvent de Beit-Aphtonia, auteur de la vie de Sdvcre, 
ci-dessus, p. 152. 



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360 LES ECRIVAIXS 

rabie ouil sejourna sept ans. Apres la mort de Justin, 
Justinien, a la demande de Theodora, envoya ces 
ev6ques a Alexandrie d'Egypte, et ils y terminerent 
leurs jours. Mara ecrivit peu; sur l'attribution d'un 
commentaire des Evangiles qui lui est faite par Asse- 
mani, voir ci-dessus, p. 65, note 3. 

Une autre victime des Orthodoxes, ce fut Paul, eveque 
de Callinice, depose de son siege en 519. Paul se retira 
a Edesse et occupa ses loisirs a rendre en syriaque les 
oeuvres de Severe d'Antioche (voir ci-dessus, p. 316). 

Jacques Baradee*, le fondateur del'Eglise Jacobite 2 , 
consacra sa vie a relever le parti monophysite qui avait 
subi de graves atteintes sous Justin et qui avait ete 
persecute particulierement par les patriarches ortho- 
doxes d'Antioche, Euphrasius et Ephrem 3 . Jaeques 
etait ne a Telia, d'un pr£tre de cette ville, nomine Theo- 
phile bar Manou. II fut d'abord moine au couvent de 
Phesilta, sur le montlzla. Vers 528, il se rendit avec un 
moine de Telia, du nom de Sergius, a Constantinople 
ou il savait trouver dans l'imp^ratrice Theodora une 
aide puissanle pour la cause des Monophysites. Son 
sejour dans cette ville se prolongea pendant qumze 
annees. En 543 une heureuse circonstance assura le 
succes de ses demarches : le roi des Arabes de Ghas- 
san, Harith ibn Djabalah, vint solliciter de Theodora 

1. Le surnpm de Baradee, en syriaque 1&>&3, kii vient de l'etoflfe 
grossiere de feutre dont il se vetissait et dont on se ser\ait commune- 
meat pour faire des housses de cheval. 

2. Le nom de Jacobite, 3 IaxtoStT7jg y est de formation grecque ; il fut 
donn6 aux partisans de Jacques par ses adversaires; les Jacobites se 
d^signaient par le nom de Les orthodoxes, 

3. La vie de Jacques BaradCe a £to e"crite par M. Kleyn, Jacobus Bara- 
d&us, deStichterdersyrischeMonophysielische Kerk, Leide,1882, d'apres 
YHistoire eccl. de Jean d'Asie, ed. Cureton, et les Vies des Bienheureux 
orientaux du mSme auteur, Anecd. syr. de Land, t. II; comp. ci-dessus, 
p. J50. Assemani avait donn6 sur ce personnage toutes les informations 
qu'il avait pu recueillir, B. 0., II, 62-69, 326 et 334. 



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JUSQU'AU VII e SlfeCLE. 361 

1'envoi d'ev&jues dans les provinces qu'il gouvernait. 
Ala demandede l'imperatrice, Theodose, le patriarche 
exil£ d'Alexandrie, consacra 6v6que de Bostra Theo- 
dore, avec juridiction sur l'Arabie et la Palestine, et 
«v6que d'Edesse Jacques Barad6e, avec juridiction sur 
la Syrie et l'Asie Mineure. Jacques n'exenja pas ses 
fonctions a fidesse m6me, qui avait alors un ev^que 
orthodoxe, Amazonius; il alia pr6cher la Syrie, la Me- 
sopotamie, la Cilicie, la Cappadoce, Hsaurie et les 
regions adjacentes. Pour assurer l'administration de 
son Eglise dansces provinces, il fit nommer a Alexan- 
drie de nouveattx 6v6ques de sa confession; parmi 
<seux-ci se trouvait le celebre historien Jean, 6v£que 
d'Ephese. L'&ection de son ancien ami, Sergius, au 
siege patriarcal d'Antioche, mit le comble a ses vceux. 
dependant la mission de Jacques ne s'accomplit pas 
sans quelques deboires : il dut excommunier comme 
iritheistes Conon et Eugene, qu'il avait faits ev^ques. 
Sergius mourut trois ans apres son installation a An- 
tioche et fut remplace par Paul, un abbe d'Alexandrie, 
aprfes que le siege patriarcal fut reste vacant pendant 
trois ann6es. Les dissensions surgirent bientot au sein 
des Monophysites triomphants. Jacques se rendit en 578 
a Alexandrie pour conferer avec" Damien de l'excom- 
munication de Paul, mais il mourut en route au couvent 
de Mar Romanus ou de Casion. Sa depouille mo r telle, 
-derob^e par les emissaires de Zachee, 6v£que de Telia, 
fut ramenSe au couvent de Phesilta en 622* . Ses oeuvres 
sont peu nombreuses ; une liturgie (traduite par Renau- 
dot, Lit. orient, collection II, 333) ; des lettres (6crites 

1. Le r£cit de ce fait, ecriten syriaque par Mar Cyriaque, a 6te" public 
«vec une traduction francaise par A. Kugeher, Comment le corps de 
Jacques Baradee fut enlevi du couvent de Casion par les moines de Phe- 
silta, dans la Bib lio the que hagiographique Orientate, Paris, 1902, p. 1- 
26; cf. Revue de I Orient chre'tien, VII, p. 196-217.* 

LITERATURE SYRIAQUE. 21 



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362 LES fiCRIVAINS 

en grec et conserves dans une traduction syriaque *); 
une profession de foi (conservee en arabe et en ethio- 
pien 2 ); une homelie pour la fdte de FAnnonciation 
(conservee en arabe a la Bodleienne). 
</ Jean d'Asie, un des 6veques militants du parti de 
Jacques Baradee, est Thistorien le plus autorise pour 
les temps agites de son £poque. Nous ne reviendrons 
pas sur son Histoire ecclesiastique, qui nous fournit 
dans sa derniere partie une sorte d'autobiographie fort 
interessante (ci-dessus, p. 181 et suiv.), ni sur sa col- 
lection des Vies des Bienheureux ovientaux (ci-dessus, 
p. 150). Jean naquit a Amid au commencement du 
VI e siecle. II fut nomme diacre au couvent de Saint- 
Jean en 529, mais il dut fuir sa ville natale pour echap- 
per aux persecutions dirigees contre les Monophysites 
par Ephrem, patriarche d'Antioche (529-544), et par 
Abraham bar Kili, ev6que d'Amid. En 535, il est a 
Constantinople ou il se rencontre avec Jacques Baradee. 
Justinien l'accueille avec faveur et lui confie l'adminis- 
tration des biens de la congregation monophysite. 
Bient6t Jean quittelacapitale de Tempire grec, charge 
d'une mission par l'empereur, et se rend, avec son ami 
Deuterius, en Asie Mineure pour convertir les pai'ens. 
Son ceuvre accomplie, Jean est rappele a Constantinople 
pour r£agir contre Tidolatrie qui 6tait encore pratiquee 
dans la ville et les environs. La fortune de cet ardent 
eveque pe>it avec son protecteur. Apres la mort de 

4. Ms. Add. 14604 du Musee brilannique, Catal. Wright, p. 704 ; Kleyn, 
Jacobus Baradmts, p. 464-194. 

2. Le texte arabe a 6te public par Kleyn, op. cit., p. 121 ; le texte £thio- 
pien, par Cornill, Zeitschr. der deut. morg. Gesell., XXX, p. 447 ; com p. 
Wright, Syriac liter., 2« 6d., 88; Barhebileds, Chron. eccl., I, 847. Sur 
une profession de foi des moines partisans de Jacques Baradee, voir 
Lamy, Actes du Xf Congres des Orientalises, Paris, 4897, p. 447 de la 
section semitique; cf. Noeldeke, Zeitschr* der deut, morgenl. Gesell., 
XXIX, p. 419. 



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JUSQU'AU VII* SIECLE. 363 

Justinien, la vie de Jean n'est plus qu'une suite cdn-. 
tinue de tribulations, de fuites et d'emprisonneirients, 
dont il a retract le tableau dans son Histoire i . Pour 
l'appreciation de l'oeuvre litteraire de Jean d'Asie, nous 
renvoyons a ce que nous avons dit precedemment de 
son histoire ecclesiastique 2 . 

Nous avons parl6 dans notre premiere partie de 
l'oeuvre scientifique de Sergius de Reschaina, qui se 
compose presque entierement de traductions de livres 
grecs 3 . Ce Savant distingue, qui devint medecin en 
chef (aQxiuTQog) a Reschaina, 6tait un prAtre monophy- 
site, flottant dans les questions dogmatiques; ses 
intrigues le porterent vers les Orthodoxes, et les Nes- 
toriens le r£clam&rent comme un des leurs (Catalogue 
d'Ebedjesu); il eut pour disciple et ami Theodore, ev6- 
que nestorien de Merv, auquel il d6dia plusieurs de ses 
livres. Les Monophysites le tenaient en mediocre estime 
comme homme priv£ ; dans la compilation syriaque de 
Zacharie il est censure pour son avarice et ses moeurs 
depravees 4 . On ignore la date et le lieu de sa naissance, 
mais on sait qu'il fit ses etudes a Alexandrie, ou il 
appritle grec. En 535, Sergius part de Reschaina etse 
rend a Antioche atfpres du patriarche orthodoxe 
Ephrem pour se plaindre des mauvais traitements de 
son 6v6que Asylus 5 . Ephrem, appr^ciant ses qualites 

1. Voir ci-dessus, p. 183. 

2. Ci-dessus, p. 183. M. 1'abbC Duchesne a dessine" de cet 6veque un 
portrait brillant, mais un peu fl atte", Memoire lu a TAcade'mie des Ins- 
criptions et Belles-Lettres, le 25 octobre 1892. 

3. Voir ci-dessus, p. 247-249, 259, 266, 270, 276, 278, 315. Dans la com- 
pilation bistorique de Zacharie, Sergius est aussi indique* comme l'au- 
teur d'un traite" sur la foi, voir Land, Anecdota syriaca, III, p. 289, 
1. 12. 

4. Land, Anecdota syr., Ill, 289; Barhefielgus, Chron. eccl. I, 207; com- 
parer aussi sur Sergius : Ass£mam, B. 0„ II, p. 323 ; Wright, Syriac lit.., 
2« 6d M p. 88; Baumstark, Lucubrationes syro-gr&cse, p. 358 et suiy. 

5. Et non Ascolius, voir Kleyn, Het Leven van Johannes van Telia, 
p. 59. 



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364 LES ECR1VAINS 

diplomatiques, le charge (Tune mission pour le pape 
Agapet. L'intrigant medecin s'embarque pour Rome, 
accompagne d'un jeune architecte du nom d ! Eustathius. 
II ramene Agapet a Constantinople et, avec son aide, 
le pape obtient Texpulsion de eette ville des Monophy- 
sites; la se trouvaient alors Severe d'Antioche et 
Theodose d'Alexandrie, exiles et retires aupres d'An- 
thimus; Anthimus dut s'expatrier, suivi de Severe. Ser- 
gius mourut a Constantinople en 536 * , et Agapet ne 
lui surv^cut que quelques jours. Le compilateur de 
Zacharie, qui rapporte ces faits, voit dans ce double 
trepas un evenement miraculeux. 

Ahoudemmeh 2 , qu'Ebedjesu catalogue a tort parmi 
les ecrivains nestoriens, avait ete d'abord eve que du 
Beit-Arbaye (ou Tour-Abdin) 3 ; son elevation au siege 
metropolitain de Tagrit par Jacques Baradee en 559 ne 
laisse pas de doute sur sa confession monophysite. Cet 
ev^que convertit un grand nombre de persans et, parmi 
ceux-ci, un jeune prince de la famille royale, qu'il 
baptisaen lui donnant le nom de Georges. Ces conver- 
sions exciterent la colere de Chosroes Aiioschirwan 
qui fit mettre en prison Ahoudemmeh ; celui-ci mourut 
dans sa prison en 575 4 . Sur ses ecrits philosophiques 
et grammaticaux, voir ci-dessus, p. 250 et 286. 

Moi'se d'Aghel est connu par sa traduction de VHis- 
toire de Joseph et Aseneth (ci-dessus, p. 83), et la 
version des Gldphyra de Cyrille d'Alexandrie, qu'il 
entreprit k la demande du moine Paphnutius. On a 

\. Voir sur cette date Baumstark, Lucubrationes syro-grsecse, p. 365. 

2. Ce nom signifie qui ressemble a sa mire. Sa vie a ete publtee par 
F, Nau dans la Patrologia Orientalis, t. Ill, fasc. 1 iBistoires <f Ahou- 
demmeh et de Marouta, Paris, 1906. 

3. Barhedileus, Chron. eccU, II, 99; comp. Assemani, B. 0., II, 414; III, 
part .1, 192. 

4. U ne fut pas decapit£, com me Barhebraus le pretend; voir Noel- 
de&e, Litter. Centralblatt, 1890, n° 35, p. 1216; F. Nau, op.cit. 



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JUSQU'AU VII e SIECLE. 365 

encore la lettre de ce moine et la reponse de Moise 
d'Aghel, mises en tete de la version des Glaphyra, et 
quelques fragments de cette" version dans le ms. syr. 
107 du Vatican ; un court fragment dans le ms. 96 du 
Vatican ; et d'autres fragments au Musee britannique, 
Add. 14555 *. La lettre de Paphnutius nous apprend 
que le traits de Cyrille sur Y Adoration en esprit et en 
verite avait et£ traduit prec6demment en syriaque 2 . 
Nous savons aussi (voir ci-dessus, p. 340) que le traite 
De recta fide avait 6t6 traduit, du vivant m£me de Cy- 
rille, par Rabboula. II r^sulte d'un passage de la re- 
ponse de Moise d'Aghel 3 que cet auteur 6crivit apr&s 
la mort de Philoxene etde Polycarpe, car il cite la ver- 
sion de FA. etdu N. T., dite la Philoxenienne (voir ci- 
dessus, p. 50). On ne sait rien de la vie de Moise 
que Wright 4 place au commencement de la seconde 
moitie du VI e siecle, entre 550 et 570 : « II ne peut 6tre 
beaucoup post^rieur, ajoute-t-il, a cause de sa traduc- 
tion de VHistoire de Joseph et Aseneth qui a passe 
dans la compilation de Zacharie le Rheteur. » 

Nous terminons ce paragraphe par Pierre c[e Calli- 
nice ou Petr us junior, qui fut nomme patriarche d'An- 
tioche en 578 et mourut en 591 5 . Ce patriarche fut 
cSlebre par ses controverses christologiques avec Da- 
mien, patriarche d'Alexandrie. Le traite qu'il ecrivit 



1. Les lettres de Paphnutius et de Moise ont eHe" pubises avec les frag- 
ments des ms. du Vatican par Glidi dans les comptes rendus de VAcca- 
demia dei Lincei, mai et juin 1886, p. 399 et suiv. M. Guidi a re conn u r 
d'apres la description du Catal. de Wright, que les fragments de Lon- 
dres et de Rome ne sont que des disjecta membra d'un seul et meme 
manuscrit. .^^ 

2. La version syriaqu> est contenue dans le ms. Add. 12166 du Mus6e 
britanoique, date de 6§3-r^ right, Catal., p. 491. 

3. Ce passage avairlfeja Cte* imprime* par Ass£mani, B. 0., II, 82-83. 

4. Syriac liter. J* e"d., p. 112-113. 

f>. Voir AssBk*^i, B. 0., II, 69 et 352; comp. Barhebr^is, Chron. eccl., 
1,250. 




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366 LES fiCRIVAlNS JUSQU'AU VII- SlftCLE. 

contre son adversaire est divise en quatre livres, com- 
prenant chacun vingt-cinq chapitres ; il en existe des 
parties dans des manuscrits du Vatican, du Musee 
britannique et de Berlin. Pierre est encore Fauteur 
d'uneliturgie, d'un traite contre les Tritheistes, de plu- 
sieurs lettres et d'une homelie metrique sur le Cruci- 
fiement * . 

4. AssfiMAKi, B. 0., II, 77 et suiv.; Wright, Catal., p. 674, 951 et 4314; 
Sachau, Catal., p. 2, col. 2. 



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LES ECRIVAINS SOUS LES ARABES. 



§ 1. — Le VII* si^cle. 

Le VII e siecle ouvre une &re nouvelle de la literature 
syriaque. Apres la conqu^te musulmane, l'empire des 
Sassanides s'ecroule et disparait du monde : en m&me 
temps la domination des Romains prend fin en Syrie 
et en Mesopotamie ; elle est releguSe, pour ce qui con- 
cerne TOrient, dans TAsie Mineure. En 636 la conqu6te 
de la Syrie et de la Babylonie est assuree aux Arabes 
par les batailles de Yarmouk et de Kadesia; les places 
fortes qui avaient resiste ouvrirent leurs portes Fannee 
suivante. 

Le commencement du siecle n'avait pas ete propice 
aux etudes. L'avenement de Phocas, en 602, avait ete 
la cause de la reprise des hostilites entre les Perses et 
les Romains. Pendant plus de vingt ans Chosroes II 
ravagea TAsie anterieure. Edesse tomba en son pouvoir 
en 609 ; une importante partie des habitants fut trans-* 
port£e dans le Segestan et le Chorasan * . La prise de 
Damas, en 613, et celle de Jerusalem, l'annee suivante, 

4. Barhebr-eus, Chron.eccl., 1, 264;comp. R.Duval, Histoire d'&desse, 
Paris, 1892 (Ex trait du Journal asiatique,i&9i), p. 223 et suiv. 



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368 LES feCRIVAINS 

amenerent Pdccupation par lesPersesdePEgypte et de 
l'Asie Mineure. Cest seulement en 622 qu'Heraclius r 
libre de ses mouvements, put reprendre Toffensive ; il 
s'avanga, de victoires en victoires, jusqu'au cceur de 
Tempire perse, et for^a Tennemi a evacuer le territoire 
romain. Ces succes ne rendirent pas le calme aux infor- 
tunes Syriens. H6raclius profita de sa presence e» 
Orient pour chasser les 6v6ques et les moines jacobite& 
et livrer aux Orthodoxes leurs 6glises et leurs couvents. 
La conqu^te arabe achevee, la paix regna en Syrie 
sous les Omayades. Les grandes luttes religieuses ont 
cesse ; les Chretiens oublienl leurs dissensions et s'unis- 
sent pour defendre leur foi et leurs biens contre leur& 
nouveaux maitres. Les livres didactiques vont succe- 
der aux traites dogmatiques : Texegese des saintes 
Ecritures perdra le point de vue eleve ou l'avait portee 
l'etude des dogmes; elle s'attachera davantage k la 
forme et a la prononciation exacte du texte biblique : 
elle sera surtout grammatical et philologique. Cette 
nouvelle direction de Tenseignement s'accentuera par 
le sentiment que l'arabe, la langue officielle, deviendra 
l'idiome populaire et que le syriaque litteraire devra 
6tre appris k l'ecole. 
ts Les ecrivains nestoriens sont plus nombreux pendant 
ce siecle que les Scrivains Jacobites. Beaucoup d'entre 
eux, completant l'oeuvre de leurs devanciers, publierent 
des vies des saints de leur Eglise, des histoires monas- 
tiques et des traites ascStiques; de breves notices ont 
ete donn^es dans la premifere partie sur la vie et les 
oeuvres de quelques-uns de ces auteurs. 

Theodore bar Koni, ev&que de Kaschkar, vivait pro- 
bablement au commencement du VII e si&cle * . Le Ca- 

4. Ou bar K6w&ni ifils de Saturninus?) selon Sachau ; cf M Martin Lewin, 
Die Scholien des Theodor barKdni, Berlin, 1905, p. xiv-xvi. 



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DU VIP SltiCLE. 369 

talogue d'Ebedjesu * mentionne de cet auteur : un 
livre de scolies, une histoire ecclesiastique, des ins- 
tructions et des sermons. Le Livre des scolies se 
trouve en Orient dans deux manuscrits : Fun a Our- 
mia, l'autre a Alkosch ; on en possede quelques copies 
en Europe 2 . Cet ouvrage est divise en onze livres qui 
contiennent : les livres I-VIII, des scolies sur l'A. et 
le N. T. ; le livre IX, deux trails, Tun contre les Mo- 
nophysites et les Orthodoxes, et l'autre contre les 
Ariens; le livre X, un colloque entre un paien et un 
Chretien; et le livre XI, un traite contre les heresies 3 . 
J6suyab II, originaire de Gedala (pres deMossoul), 
avait professe a l'ecole de Nisibe; il 6tait ev6que de 
Balad lorsqu'il fut eleve a la dignite patriarcale, en 628, 
apres la mort de Chosro&s II. En 630, Boran, fille 
de Chosro&s, le chargea d'une mission aupres de l'em- 
pereur Heraclius, auquel le patriarche remit le bois de 
la Croix, enlev^ par les Perses apres la prise de Jerusa- 
lem. Quand les Musulmans envahirent la Babylonie, 
Jesuyab fut assez habile pour obtenir d'eux un dipldme 
en faveur des Chretiens de sa province. Les Merits de 
ce patriarche se composent, d'apres Ebedjesu 4 , d'un 
commentaire sur les Psaumes (ci-dessus, p. 73), de 
lettres, d'histoires et d'hom61ies. On ne possede de ces 
Merits qu'une hymne inseree dans le Psaiitier nestorien, 

1. Assemanj, B. 0., Ill, part. I, p. i98. 

2. A Berlin, et des fragments a Cambridge. 

3. Cf. Baumstark, Oriens christians, 19(M, p. 173-178; Sachau, TevB- 
BUaxovzum Buttmanstage, 1899, p. 63. Martin Lewin a public quelques 
scolies du livre I, voir ci-dessus p. 73; et Pognon a e"dite" des extraits 
du livre XI, Inscriptions mandaites des coupes de Kouabir, Paris, 1899i 
Append. II. Quelques extraits aussi dans la chrestoraathie d'Ourmia (Le 
petit livre desmiettes), Ourmia, 1898. 

4. Assemani, B. 0., Ill, part. 1, 105. Amr, 6d. Gismondi, part. II, p. 53, at- 
tribue a J6suyab de Gedala : un traite" contre les schismatiques; un livre 
sur les mots ambigus;et un livre sur les sacrements divise* en vingt- 
deux demandes et r^ponses. 

21. 



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370 LES ECRIVAINS 

ms. Add. 14675 du Musee britannique, et une lettre 
dogmatique dans le Musee Borgia, K. VI, 4 (aujour- 
d'hui au Vatican), p. 592. 

Jesuyab de Gedala etait accompagne dans son ambas- 
sade aupres d'Heraclius du fameux Sahdona * et de Je- 
suyab d'Adiabene, qui devint patriarche sous le nom de 
Jesuyab HI, a la mort de Maremmeh en 650. Jesuyab III 
etait ne en Adiab&ne de parents fortunes; il fit ses 
etudes a Nisibe; avantdedevenir patriarche, il avaitete 
ev&que de Mossoul et ensuite metropolitan! d'Arbeles 
et de Mossoul. Pendant son 3piscopat, il eut a lutter 
contre les Jacobites qui voulaient construire une eglise 
a Mossoul et il fut Tun des adversaires de Sahdona. 
6lu patriarche, il rencontra une vive resistance dans le 
metropolitans de Rivardaschir, Simeon, qui refusait 
de lui prater ob^issance et avec lequel il entretint une 
longue correspondance. Ses oeuvres, dans le catalogue 
d'fibedj^su, comprennent : Une Refutation des opi- 
nions (heretiques); des traites de controverse; des 
oraisons funebres ; des discours ou homelies ; des hym- 
nes 2 ; une exhortation aux novices; plusieurs compo- 
sitions liturgiques ; des lettres ; et Thistoire de Jesu- 
sabran publide par M. Chabot (voir ci-dessus, p. 135). 
Jesuyab travailla aussi a une revision du Houdra ou 
Breviaire nestorien 3 . Ses Lettres, qui sont conservees 
en grande partie, sont riches en renseignements sur 
Thistoire religieuse de son epoque 4 . 



1. Sur ce personnage voir ci-dessus, p. 213 et 230. 

2. La poesie mise sous son nom dans le Liber thesauri du P. Cardhi, 
p. 124-125, est d'une epoque beaucoup plus basse, comme le remarque 
Wright, Syriac liter.,* e"d., p. 173, note 7; comp. ci-dessus, p. 18, 
note 1. 

3. Une Edition du Breviaire nestorien, retravailte pour les Chalde"ens 
cathoiiques, a ete publiee par le P. Bedjan, a Paris, 1886-1887, Breviarium 
Chaldaicum, I-III. 

4. Elles ont ete publiees avec une traduction latine par Rubens Duval, 



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DU VII 6 SIECLE. 371 

Jesuyab d'Adiabene avait eu pour condisciples a l'E- 
cole de Nisible Enanjesu et le frere de celiii-ci, nomme 
aussi Jesuyab, qui etaient egalement originaires de 
l'Adiabene. Les deux freres se firent moines et entrerent 
au Grand Couvent du riiont Izla ; puis Enanjesu, den 
sirant visiter les Lieux saints, se rendit a Jerusalem et 
de la au desert de Sc&e en Egypte, le grand centre de 
la vie ascetique et monastique. A son retour en Meso- 
potamie, le pieux moine se retira au couvent de Beit- 
Abe ou il travailla avec Jesuyab III a la revision du 
Breviaire. Plus tard il entreprit, a la demande du pa- 
triarche Georges, la version syriaque de YHistoire lau- 
siaque de Palladius. II est aussi l'auteur d'un livre de 
philosophie et de traites de lexicographic ; nous avons 
parle plus haut de ses ouvrages, p. 143, 253, 295, 
296. 

Jean de Beit-Garmai, ou Jean l'ancien, fut abb6 du 
couvent de Beit-Abe, mais il quitta ce couvent pour 
se retirer sur une colline pr&s de Dakouka, dans la pro- 
vince de Beit-Garmai. II termina ses jours dans le mo- 
nastere qu'Ezechiel construisit a cet endroit. Ebed- 
jesu* lui attribue, outre la chronique et les vies de 
moines que nous avons citees prece'demment (p. 204 et 
214), un recueil de dissertations scientifiques et de 
maximes, et des regies pour les novices. 

Georges, le successeur de Jesuyab III sur le siege 
patriarcal de S61eucie (660-680), etait ne de parents 
riches, a Kaphra, dans le Beit-Garmai. II entra comme 
moine au couvent de Beit-Ab£ et fut nomme metropo- 
litan! de l'Adiabene par Jesuyab III 2 . On possede de lui 



Isoyahb patriarchse III liber epistularum, dansle Corpus scriptorum 
christianorum orientalium, Paris, 1904-1935. 

i. Ass£mani, B. 0., Ill, part. I, 204. 

2. Thomas de MAaGA, Histoire monastique, livre II, cliap.xn. 



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372 LES ECRIVAINS 

des canons synodaux et une lettre dogmatique (ci-des- 
sus, p. 165) ; il composa aussi des homelies, des hym- 
nes et des prieres. 

Un contemporain de ce Georges, c'etait Georges de 
Nisibe, nomme m^tropolitain 3e Perat de Maisan (ou 
Bassora) par le patriarche Jesuyab III. II est Tauteur 
d'une hymne pour la d&licace de TEglise '. 

Elias, ev&que de Merv, qui prit part k l'61ection du 
patriarche Georges, ecrivit, outre des commentaires et 
une histoire ecclesiastique (ci-dessus, p. 73 et 204), des 
lettres qui sont perdues comme ses autres oeuvres. 

Henanj6su I fut nomme patriarche en 686 et vecut 
jusqu'en 701 2 . L'£v6que de Nisibe, Jean de Dasen,«ur- 
nomme Le lepreux, lui fit une violente opposition et 
reussit a mettre de son cdte le calife Abd al-Malik ibn 
Marwan. Henanj&su, apr6s avoir ete ddpos^ et jet6 en 
prison, fut conduit dans la montagne et precipite dans 
un ravin ou il faillit perir. II fut sauv6 par des ber- 
gers, mais il conserva de sa chute une infirmite qui 
lui valut le surnom du Boiteux. Retire au couvent de 
Yaunan, pres de Mossoul, il ne reprit possession du 
siege patriarcal qu'apr&s la mort de son ennemi. Ses 
oeuvres comprennent des homilies, des discours, des 
lettres; une vie de Sergius Dewada, son contemporain ; 
un traite sur le double role de I'Ecole au point de vue 
de l'enseignement de la morale et de la religion, et de 
1'enseignement des belles-lettres ; un commentaire des 
Analytiques mentionne ci-dessus, p. 254 3 . 

1. Thomas de Marga, I. c; Assemani, B. 0., Ill, part. I, p. 456. Cette 
hymne est editee dans le Liber thesauri du P. Gardahi, p. 71. Elle a 6X6 
traduite en anglais par Maclean, East Syrian Daily Offices, Londres, 
1894, p. 458. . 

2. D'apres Elias de Nisibe dans les Fragmente syrischer und ara- 
bischer Historiker de B^thgen, p. 38 et 420; comp. Wright, Syriac 
liter., 2« 66., p. 182. 

3. Sur ce patriarche et ses Merits consulter : Barhebr.sus, Chron. eccl r - 



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DU VII* SIECLE. 373 

f Les oeuvres des Jacobites du VII e siecle, moins nom- 
breuses que celles des Nest'oriens, nous sont mieux 
connues. Nous avons mentionne, p. 50-52, la version 
de TAncien Testament par Paul de Telia et la version 
du Nouveau Testament par Thomas d'Harkel. Thomas 
d'Harkel est, en outre, l'auteur d'une liturgie *. Quel- 
ques annees apres, parurent les versions des livres de 
Gregoire de Nazianze et de YOctoechus de Severe par 
l'abb<§ Paul (ci-dessus, p. 309 et 317). 

Apres Ahoudemmeh, dont nous avons parle a la fin 
du n° precedent, le metropolitain Jacobite de Tagrit le 
plus connu est Marouta, qui ne semble pas avoir porte 
le titre de maphrien 2 , c'est-a-dire de propagateur de 
la confession monophysite en Perse. Le nombre des 
Jacobites s'etait, beaucoup accru dans l'lrak depuis 
que les rois Sassanides avaient transports dans leur 
empire les captifs de la Syrie et de la MSsopotamie 
occidentale. Marouta etait ne dans Tempire perse a 
Beit-Nouhadr£ ; il mena la vie monastique dans les 
couvents de Zachee a Callinice et de Mar Mattai pres 
de Mossoul, et etudia pendant quelque temps a Edesse. 
Marouta rSsida ensuite a la cour perse, ou le parti 
monophysite etait bien vu, gr&ce au medecin Gabriel; 
apres la mort de celui-ci, il se retira a Akoula (al- 
Koufah des Arabes); il fut nomme metropolitain de 
Tagrit en 640 et mourut en 649. Sa vie a ete ecrite 

II, 133 et sutv.; Assemani, B. 0., 11,422; III, part. I, 615; Wright, Syriac 
lit., 2 e 6d., 181 ; Amr, 6d. Gismondi, II, 58. 

1. Assemini, B. O.j II, 92. On lui attribue aussi des versions de plu- 
sieurs liturgies grecques. 

2. Ce titre paralt 6tre poste'rieur a Marouta de Tagrit d'apres Ignatius 
Ephrjem II Rahmani, Studia syriaca, Mont Liban, 1904, p. 62 ; et F. Nau, 
Ristoires d' Ahoudemmeh et de Marouta, p. 12, note 3, dans la Patrolo- 
gia orientalis, t. Ill, fasc. 1, Paris, 1906. Il a e*te* donne* probablement 
a Denha le successeur de Marouta sur le siege metropolitain de Tagrit. 
Marouta de Tagrit ne doit pas etre confondu avec Marouta de Maipherkat 
qui lui 6tait anterieur de plus de deux siecles (voir ci-dessus, p. 122). 



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374 LES fiCRIVAINS 

par son successeur, Denha * . En dehors de son com- 
mentaire sur les Evangiles (ci-dessus, p. 66), Marouta 
ecrivit une liturgie 2 , des hymnes et des sedras (prieres 
rythmees pour le sacrifice de la Messe); une refutation 
d'un libelle nestorien 3 . 

Severe Sebokt est connu par ses oeuvres scienti- 
fiques (ci-dessus, p. 251 et278). Ses ecrits theologiques 
se composent : d'un traits sur les semaines de Daniel ; 
d'une liturgie; d'une lettre au periodeute Basile de 
Chypre ; et d'autres lettres a Sergius de Singar sur deux 
discours de Gregoire de Nazianze 4 . 

Jean I, patriarche d'Antioche en 631, mort en 648, 
composa de nombreux sedras ou prieres liturgiques 
qui lui valurent le nom de Jean des Sedras; il est aussi 
l'auteur d'une liturgie 5 . 

Nous arrivons a la seconde moitie du siecle, pendant 
l&quelle l'eminent Jacques d'Edesse domine les auteurs 
de son 6poque autant par l'etendue et la varied de ses 
connaissances scientifiques que par son talent de litte- 
rateur. Cet ev6que naquit vers 633 dans le village d'En- 
d£ba du diocese d'Antioche. II etudia les Ecritures et 
le grec au couvent de Kennesre sous la direction de Se- 
vere Sebokt, et il alia completer ses connaissances 
grecques a Alexandrie. Nomme e>6que d'Edesse par le 
patriarche Athanase, son ancien condisciple, Jacques 
chercha a ramener la discipline dans les couvents de son 
diocese, maisil echoua dans son entreprise (voir ci-des- 



1. Publi^e par F. Nau, op, ciL, voir note 2 de la p, pr£e6dente. 

2. Traduite par Renaudot, Lit, orient., II, 261; cf. F. Nau, op. cit. t 
p. 55, note 4. 

3. Cf. F. Nap, op. tit., p. 55. Sur une homelie pour le Dimanche nou~ 
veau mise sous le nom de Marouta, voir ci-dessus, p. 422, note 4. 

4. Wright, Catal., p. 432 et 988; Assemani,J5. 0., II, 463. 

5. BARHEBRiEirs, Chrou. eccl., I, 275; Assemam, B. O., II, 335. Suivant 
Barhebneus, il aurait traduit les Evangiles en arabe a la demande de 
Pemir Amr ibn Sad; cette notice estbien invraisemblable. 



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DU VII e SIECLE. 375 

sus, p. 170). A la suite de cet echec, il abandonna son 
siege episcopal et se retira dans le couvent de Saint- 
Jacques a Kaisoum; Habib, un placide vieillard, le 
rempla$a a Edesse. Son s^jour a Edesse avait ete de 
quatre ans ; s'il fut nomme ev6que, comme il est pro- 
bable, l'annee m&me qu'Athanase devint patriarche, en 
684, son depart d'Edesse aurait eu lieu en 688. Peu de 
temps apres, il fut appel6 comme professeur au couvent 
d'Eusebona, du diocese d'Antioche, ou, pendant onze 
ans, il expliqua les Ecritures d'apres le texte grec; il 
renouvela et perfectionna Tenseignement du grec dans 
ce couvent. A la suite de quelques difficultes avec les 
moines, Jacques passa ensuite au couvent de Teleda ; 
ses travaux sur TAncien Testament l'y tinrent pendant 
neuf ans (voir ci-dessus, p. 57). A la mort d'Habib, il 
reprit possession de son ancien siege episcopal, mais 
pour quatre mois seulement ; etant retourne au couvent 
de Teleda pour en rapporter ses livres, Jacques y 
mourut le 5 juin 708 '. 

Jacques fut un polygraphe distingue : theologien, 
philosophe, historien, exegete et grammairien, il re- 
nouvela les Etudes syriaques dans les sciences. Nous 
avons eu prec^demment l'occasion de parler des plus 
importantes de ses ceuvres en prose (ci-dessus, p. 57, 
66, 86, 170-171, 190, 242, 251, 278, 286, 289, 309, 318) ; 
nous ajouterons ici divers ecrits liturgiques : une li- 
turgie et une revision de la liturgie de Saint- Jacques, 
frere de Notre-Seigneur ; le Livre des tr&sors renfer- 
mant les ordres du baptSme, de la consecration de 
l'eau, de la celebration du mariage; une traduction 



4. D'apres Michel le Syrien, cd. Ciiabot, 445 (trad. II, 474); Barhebr^ls, 
Chron. eccl., p. 293 ; et Glias db Nisi be dans B.«thge\, Fragmente, etc., 
p. 40 et 121. Suivant Michel, Jacques aurait habits fidesse avant d'etre 
nomme eveque de cette ville, cf. loc. cit., et ibid., p. Mi (trad., 468). 



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370 LES fiCRlVAINS 

de Fordre du bapt^me par Severe; un Horologium 
contenant les services pour les heures de la semaine 
et un calendrier des jours de fete pour Pann^e 1 . 
Le c&ebre ev&que est encore Fauteur d'homelies en 
prose dont quelques-unes seulement nous sont par- 
venues ; on connait des homilies sur le sacrifice de 
la Messe, sur l'usage de pain azyme, contre les Dyo- 
physites, contre les transgresseurs des canons de 
l'Eglise 2 . Les homilies m&riques sont peu nombreu- 
ses : Tune d'elles traite de la Trinite et de l'lncarna- 
tion; une autre, sur la foi, est mise sous le nom de 
Jacques d'Edesse, mais elle est de Jacques de Saroug 3 . 
Jacques eut une nombreuse correspondance avec des 
membres du clerge de son 6poque. Nous avons deja 
parte de quelques-unes de ses lettres : a Paul d'An- 
tioche, sur la reforme de Tecriture (p. 286) ; a Georges 
de Saroug, sur l'orthographe (p. 289); d'autres sont 
adress^es : au prStre Addai, au sujet du bapt^me et de 
la consecration de Peau 4 ; au diacre Barhadbeschaba, 
contre le concile de Chalcedoine ; a Jean le stylite du 
convent de Litarba pres d'Alep; a Eustathius de Dara; 
a Kyrisona de Dara; au pr&tre Abraham; au diaicre 
Georges; et au sculpteur Thomas 5 . 

1. Ces ouvrages sont conserves dans plusieurs nianuscrits des biblio- 
theques de l'Europe. Les differentes parties du Livre des tresors sont 
reproduites separgment, voir Wright, Syriac liter., 2« e"d M p. 145. 

2. Wright, Syriac liter., 2« ed., p. 146; Catal., p. 984 et 996. 

3. Des eztraits de celle-ci ont ete" imprimis par le P. Cardahi dans 
le Thesaurus de arte poetica, p. 18-21 ; le texte complet avec une tra- 
duction latine, par Ugolini dans le vol. Al sommo Pontifico Leone XIII, 
Omm agio Giubilare delta Biblioteca Vaticana, Rome, 1888. Elle a et£ 
publiee sous le nom de Jacques de Saroug par Assibilani, Beyrouth, 
1900; cf. Le Machriq, IV, 248. Manna, Morceaux choisis de literature 
arame'enne, Mossoul, 1901, t. II, p. 25, a edite* une poesie sur Les tend- 
bres exUrieures sous le nom de Jacques d'Edesse. 

4. Com p. ci-dessus, p. 170. 

5. Ces lettres sont conservees dans le ms. Add. 12172 du Musee bri- 
tannique. Wright en a publie deux dans le Journal of sacred liter. , 
4 lb series, X, 430; Sciiroeter en a donnC une autre, Zeitschr. der deut. 



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DU VIP SIECLE. 377 

'Athanase de Balad, auquel Jagques d'Edesse dut sa 
nomination a I'ev6ch6 de cette ville, avait fait ses £tude& 
avec celui-ci au couvent de Kennesre alors dirige par 
Severe Sebokt. U passa quelque temps au couvent de 
Beit-Malka, exerga ensuite le sacerdoce a Nisibe et fut 
elu patriarche des Jacobites en 684 ; il mourut en Fan- 
nie 686. Athanase publia quelques ceuvres de philoso- 
phic (ci-dessus, p. 252), et des traductions de Gr^goire 
de Nazianze et de Severe d'Antioche (ci-dessus, p. 309 
et 318). On connait encore de cet auteur une lettre en- 
cyclique sur les rapports des Chretiens avec les musul- 
mans et quelques prieres liturgiques * . 

Jacques d'Edesse fut l'ami de Georges, qui devint 
eveque des tribus arabes monophysites en l'an 686, 
et dont le siege episcopal etait a Akoula. Le livre 
le plus important de Georges est sa traduction de 
YOrganon d'Aristote (ci-dessus, p. 253); il ecrivit des 
scolies sur les Ecritures (ci-dessus, p. 66) ; il compila 
des scolies sur les homilies de Gregoire de Nazianze 
(ci-dessus, p. 311) et acheva YHexameron de Jacques 
d'Edesse (p. 279). Georges est encore l'auteur d'un 
commentaire sur les Sacrements de l'figlise 2 ; d'une 
homelie m&rique sur le Saint-ChrSme 3 ; d'une autre 
homelie sur les ermites; et d'un traite en vers de 
douze syllabes Sur le calendrier 4 . Sa correspondance 
avec Jean le Stylite de Litarba, le pretre Jacques, le 
prfetre J£su et d'autres personnes, est conserve en 



morg. Gesell., XXIV, 261 ; un fragment dans la Grammatica syr. de 
Nestle, l e ed., p. 83, sur les rois Mages; trois lettres par Nau dans la 
Revue de VOrient chrMien, V, p: 581 ; VI, p. 115; IX, p. 512. 

1. Zotekberg, Catal., p. 28 et 47 ; Wright, Catal., p. 248. Sur Januarius 
Candidatus d'Amid, un contemporain d'Athanase, voir ci-dessus, p. 310. 

2. Wright, Catal., p. 985. 

3. Catal. Vat., Ill, 102; Wright, Catal., p. 848. Des extraits dans le 
Liber thesauri de Cardahi, p. 30. 

4. Catal. Vat., Ill, 532; Assemani, B. 0., I, *95. 



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378 LES EGRIVAINS 

partie dans le ms* Add. 12154, ecrit de 714 a 718. Une 
des lettres les plus interessantes est celle qu'il adressa 
aupr^tre Jesu (ci-dessus, p. 220); sur ses canons, voir 
p. 171. Georges mourut en 724 *. 

Nous passons rapidement sur Georges, ev&que de 
Maipherkat ou Martyropolis, auteur de plttsieurs epi- 
tres, et sur ses deux disciples, Constantin et L6ori, qui 
furent, tous deux, ev&ques de Harran. Constantin, qui 
confessait les deux natures dans le Christ, ecrivit des 
trait^s de controverse contre les Monophysites. On ue 
connait de Leon qu'une lettre adress^e au patriarche 
jacobite Elias 2 . 

Par cette lettre, Leon demandait a Elias les raisons 
de sa conversion. Elias, en effet, avait appartenu au 
parti dyophysite, mais il se rallia a la doctrine mono- 
physite a la suite de la lecture des ceuvres de Severe 
d'Antioche. II avait ete moine au couvent de Goubba- 
Barraya, puis £v6que d'Apamee, avant d'etre elu pa- 
triarche d'Antioche en 709 ; il mourut en 724. On pos- 
sede de lui son apologie en reponse a la lettre de 
Leon 3 . 

A ce siecle appartient aussi Jean Maron, patriarche 

1. RYssELa *6dite les deux homilies metriques dans les Atti delta R. 
Accademia dei Lincei, 1891, vol. IX, parte II, p. 46 et suiv.; et il en a 
donne une traduction allemande dans Georgs des Araberbischofs Ge- 
dichte undBriefe, Leipzig, 4891, p. 1-14; suit : la traduction ducommen- 
taire sur les sacrements de l'Eglise, des lettres de Georges, de la finde 
YHexameron de Jacques d'Edesse et de diverses citations. Ryssel a 
edite les lettres adressCes a Jean le Stylile, sur l'astronomie, dans la 
Zeitschr. f. Assyr iologie, VIII, p. 1-55. Dans ces lettres, Georges raen- 
tionne son Chronicon (aujourd'hui perdu). Ryssel a ecrit la biographie 
de Georges dans 1'ouvrage cite plus haut, Georgs des Araberbischofs 
Gedichte, p. xv. 

2. Assemam, B. 0., I, 465 et suiv.; Wright, Syriac lit*, 2 6 J6d., p. 160. 
Assemani placait Georges de Maipherkat vers 580; Wright le fait descen- 
dre un siecle plus bas. 

3. Dans deux ms., tous deux incomplets, I'un au Vatican, Cod. Vat. 
145, et l'autre au MusCe britannique, Add. 17187; voir Wiugiit, Syriac 
lit., 2 e ed., p. 161. 



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DU VIII* SIECLE. ~ 379 

des Maronites, sous le nom duquel sont mis : un expos6 
de la foi et deux courts traites, l'un contre les Jaco- 
bites et 1'autre contre les Nestoriens. L 'attribution de 
ces ouvrages a Jean Maron a ete contestee; elle a 
ete d^fendue par M. Nau qui a publie en autographie, 
avec une traduction, les textes syriaques d'apres le ms. 
de Paris, syr. 203 *. 

§2. — Le VIII* Steele. 

Ce siecle brilla d'un eclat bien pale autant chez les 
Syriens orientaux que chez les Syriens occidentaux; 
il marque le commencement du declin de la litterature 
syriaque. 

Babai de Gebilta, qui vivait sous le patriarche /esto- n> 
rien Salibazeka (714-728), sfelon Thistoire de Thomas J 

de Marga, se consacra a la reforme de la musique dans 
TEglise nestorienne ; il fonda, en vue de l'enseignement 
de sa nouvelle methode, plusieurs ecoles dans les dio- 
ceses d'Adiabene et de Marga, notamment a Kephar- 
Ouzzel et a Baschousch. Iletablit d'abord sa residence a 
Kephar-Ouzzel ; puis, il alia terminer ses jours a Ge- 
bilta dans le diocese de Tirhan, ou il etait ne. Babai 
composa des oraisons funebres, des cantiques, des ho- 
melies, des hymnes et des lettres 2 . 

Assemani place au temps du patriarche Pethion (731- 

1. F. Nau, Opuscules Maronites, Paris, 1899. Cette publication contient 
une dissertation surles Maronites et leur orthodoxie. Al. Assemani 
{cod. liturg., t. V) a aussi edit£ sous le nom de Jean Maron un Expose 
de la liturgie, mais M. Labourt {Dionysius bar Salibi; Expositio litur- 
gise) a montre que e'est un remaniement de celui de Bar Salibi. 

2. Assemani, B.O.,III, part. 1, 117 et suiv. Quelques-unes de ses hymnes 
existent dans les bibliotheques de Londres, de Paris et de Munich, voir 
Wright, Syriac lit., 2* 6d., p. 185. Une hymne a ete traduite en anglais 
par Maclean, East Syrian Daily Offices, p. 157. On a confondu ce 
Babai avec Babai bar NesibnayC, auteur de livres asc^tiqucs et d'hym- 
nes (Dn du VI e 1.), voir Addai Scher, Rev. de VOr. chret., 1906, p. 18. 



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380 . LES fiCRIVAINS 

740) Barsahde de la ville de Karka de Beit-Slok, au- 
teur d'une histoire eccl^siastique * et d'un traite contre 
la religion de Zoroastre. 

Abraham bar Daschandad enseigna a l'ecole de Ba- 
schousch, qui avait ete fondee par Babai de Gebilta, 
com me nous l'avons rappele plus haut. II etait d'une 
nature chetiveet on l'avait surnomme le boiteux^ mais, 
des son enfance, Babai avait, dit-on, pr£dit a sa mere 
son brillant avenir 2 . Bar Bahloul, dans la preface de 
sonlexique, lecite comme une de ses autorites. Le ca- 
talogue d'£bedj£sului attribue les ouyrages suivants 3 : 
un livre d'exhortations ; des homilies sur la penitence 
(var. sur la cupidite) ; des lettres ; le Livre de la voie 
du Roi; une controverse avec les juifs ; et un commen- 
taire sur les traites du moine Marc. 

Mar Aba II, ou simplement Aba (?), fut ndmme pa- 
triarche des Nestoriens en 741 et mourut en 751. II 
avait ete auparavant £v6que de Kaschkar, sa ville na- 
tale. Barhebrseus lui attribue un commentaire des 
oeuvres de Gregoire de Nazianze 4 . Ebedj^su citede 
cet auteur : des demonstrations ; des lettres ; un com- 
mentaire sur la Dialectique d' Aristote ; et le Livre des 
Strafeges s . 

A cette epoque appartient encore Simeon de Kasch- 
kar ou Simeon bar Tabbahe (fils des bouchers), 
auquel Ebedjesu attribue une histoire ecclesiastique 
(ci-dessus, p. 204). 

Sourin fut ev6que, d'abord de Nisibe, puis de ( 

i. Comp. ci-dessus, p. 203. Ce Barsand6 est different de Sahdona qui 
etoit aussi appete Barsahde', voir ci-dessus, p. 230. 
2. Voir Y Histoire monastique de Thomas deMarga, livre II I, chap, in, 
3.Ass£mani, B. 0., Ill, part. I, 494. 

4. Chron. eccl., II, p. 153; comp. ci-dessus, p. 310, etMARi, I, 66. 

5. AssSmani, )t. 0.,III, part. 1, 154 etl57, comp. ci-dessus, p.254.M.Cba- 
bot a public et traduit une de ses lettres dans les Actes du Congres 
des Orientalistes de Paris, 1897, Sect, semitique, p. 293 et suiv. 



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DU VIII SlfiCLE. 381 

Houlvan ou Halah. Sa vie agitee se passa au milieu 
des. intrigues ; nomme patriarche en 754 par 1'emir 
arabe d'Al-Madai'n (Seleucie du Tigre), il fut aussitdt 
deposS, a la demande des ev6ques,parle calife Abdal- 
lah. Envoys comme £v6que a Bassora, Sourin fut 
chass£ par les habitants de la ville, et il finit ses jours 
en prison. II est cite comme l'auteur d'un traite contre 
les h^retiques ; de demonstrations et de questions ; et 
d'une traduction arabe d'une partie du livre des Ele- 
ments attribu£ a Aristote \. 

Cyprien, ev6que de Nisibeen 741, construisit en 767 
la premiere eglise nestorienne a Tagrit, si&ge du me- 
tropolitain jacobite del'Orient; quelques anneesaupa- 
ravant, 758-759, il avait. eleve une somptueuse eglise a 
Nisibe; il mourut en 767. Cet evSque composa un 
commentaire sur les homelies theologiques de Gre- 
goire de Nazianze, et un traite sur l'ordination 2 . 

Abou-Nouh d'Anbar etait secretaire du gouverneur 
musulmande Mossoul et vivait au temps du patriarche 
Timothee I, qui en parle avec eloge dans ses lettres 
encyliques de 790 et 805 3 . II est l'auteur : d'une refu- 
tation du Coran; d'une refutation des heretiques; et 
d'une vie de Jean de Dailam 4 . 

Le patriarche HenanjesuII (775-779), outre lesynode 
qui porte son nom (ci-dessus, p. 165), est l'auteur de 
lettres, d'hymnes pour les morts, de cinq tomes d'ho- 
m£lies metriques et de dix questions 5 . 

1. Assemani, fi.,0., Ill, part. I, 469. Contra : Addai Scher, I. c, p. 22. 

2. Catal.d'Ebedjteu dans Assemani. J5. 0., Ill, part. 1, 444-423. « Par les 
homelies theologiques de Gregoire de Nazianze, tibedjgsu entend pro- 
bablement, dit Wright ( Syriac. liter., 2« 6d., p. 191, note 4), les homi- 
lies intitutees Theologica Prima, etc.; voir, par exemple, Wright, 
Catal., p. 425, n°« 22-25. > 

3. Assemani, B. 0., Ill, part. I. 82 et 461. 
A. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 212. 

5. Assemani, B. 0., HI, part. 1,435. 



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•3&> LES ECRIVAINS 

Le patriarche Timothee I ' , le successeur de Henan- 
jesu II, avait eu pour maitre Abraham bar Daschan- 
dad k l'ecole, de Baschousch. Avant d'etre elu patriar- 
che, il avait ete ev£que de Beit-Bagasch. Son election 
fut le resultat d'intrigues et souleva de vives contes- 
tations de la part de plusieurs 6v6ques ; nomme en 779, 
il ne fut installe qu'au mois de mai 780. De nombreu- 
ses missions nestoriennes dans l'Asie centrale signa- 
lerent son administration z£lee. II mourut le 9 Janvier 
823 2 . Timothee fut un des ecrivains les plus feconds 
de son siecle ; ses oeuvres comprennent 3 : le Livre des 
etoiles (ci-dessus, p. 278); des questions en un volume ; 
des canons juridiques (ci-dessus, p. 175) ; des canons 
synodaux (ci-dessus, p. 165); des homilies pour les 
fetes dominicales de toute Tann^e; un commentaire 
des oeuvres de Gregoire de Nazianze (ci-dessus, p. 310) ; 
environ deux cents lettres divisees en deux tomes 4 ; 
une de ces lettres renferme une longue apologie de la 
religion chr^tienne soutenue par Timothee devant le 
calife Al-Mahdi. 

Sur Jesudenah et ses oeuvres, voir ci-dessus, p. 205. 

La part des Syriens occidentaux dans Toeuvre litte- 
raire de cette epoque est mince; on croirait qu'une 



1. Sur Timothee, voir 0. Braux, Oriens Christianas^ 1901, p. 138; J. 
Labourt, De Timotheo I nestoriorum patriarchy Paris, 1904. M. Labourt 
doute qu'Abraham, le maitre de Timothee, soil le meme qu'A.braham 
bar Daschandad. 

2. Surcette date voir Ebedje'su dans Lagarde, Prsetermissorum libri 
duo, p. 93, 1. 1; eomp. Amr, 6d. Gismondi, p. 66. 

3. Voir Braun, Oriens Christianas, 1901, p. 146-149; Labourt, De 
Timotheo I, p. xm-xv. 

4. Cinquante-neul de ces lettres existent dans le ms. du Vatican (an- 
cien Borgia K. VI, 2). Quelques-unes ont gte publiCes en totalite ou en 
partie par : Braun, Oriens Christianus, 1901, p. 300 ; 1902, p. 1 ; 1903, 
P.1;Pognon, Une version syriaque des Aphorismes d'Hippocrate, teip- 
zig, 1903, p. xii ; Manna, Morceaux choisis de littirature aramtenne, 
MOSSOUI, 1902, II, p. 32 53. 



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DU VIII 6 SlfiCLE. 3«3 

Eclipse a voile les esprits pendant les trois premiers 
quarts du VIII e siecle. 

Lazare de Beit-Kandasa n'est connu que par le com- 
mentaire qu'il compila sur le Nouveau Testament * . II 
vivait vers 775, a en juger par une liste chronologique 
mise a la finde latroisieme partie des Epitrespaulines, 
laquelle se termine cette annee-la au calife Al-Mahdi 2 . 

Contemporain de celui-ci etait peut-etre Daniel, fils 
de Moise le Jacobite, cite par Elias de Nisibe comme 
l'auteur d'une chronique 3 . 

Theophile d'Edesse, fils de Thomas, jouit d'une no- 
torize rare chez les Syriens occidentaux de ce temps. 
C'etait un astronome distingue, particulierement 
estime du calife Al-Mahdi ; il appartenait k la confes- 
sion maronite ; sa mort eut lieu en 785. Les ceuvres de 
Theophile, aujourd'hui perdues, coipprenaient, outre 
des trails d'astronomie, une histoire et une version 
syriaque de Ylliade et de YOdyssee ; on attribue a cet 
auteur 1'invention des signes des voyelles employes 
par les Jacobites 4 . 

Le patriarche d'Antioche Georges fut ^lu en 758, 
dans un synode tenu a Mabboug. La minorite oppo- 
sante nomma, de son c6te, l'antipatriarche Jean de 
Callinice. Celui-ci excita le calife Al-Mansour contre 
Georges, qui fut mis en prison et y demeura pendant 
neuf ann^es. Ce patriarche mourut en 790, au couvent 
de Barsauma, pres de Melitene, pendant une tournee 
episcopale. Outre un commentaire sur l'Evangile* de 
saint Matthieu (ci-dessus,p. 66), Georges composa, pen- 

1. Voirci-dessus, p. 66. Le ms. Add. 18295 du Musee britannique con- 
tient aussi une scolie de Lazare sur un passage de pseudo-Denys TA- 
re*opagite. 

2. Wright, Syriac liter., 2 e 6d., p. 162, 

3. Voir ci-dessus, p. 203. 

4. Voir Ci-dessus, p. 205, 288, 323-324. 



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384 LES fiCRIVAlNS 

4ant qu'il etait en prison, des traites et des homelies 
metriques qui ne nous sont pas parvenus. 

Le second successeur de Georges sur Ie siege d'An- 
tioche, Cyriaque, fut elu en 793 et mourut en 817. Les 
reformes liturgiques qu'il voulut etablir, et le pacte 
<ju'ilsigna avec Gabriel, patriarche des Armeniens ju- 
lianistes, echouerent devant la resistance de ses adver- 
^aires, et la fin de sa vie s'ecoula dans Tamertume et les 
soucis * . Les canons que Cyriaque r^digea dans le con- 
cile qu'il reunitaBeit-Botin, villedu diocese de Harran, 
pour la r£forme de la liturgie, sont conserves dans plu- 
sieurs manuscrits 2 . Ce patriarche ecrivit en outre : une 
liturgie 3 ; une hom^lie sur la parabole de la vigne 4 ; 
une epitre synodale sur la Trinite et 1'Incarnation 
adressee au patriarche d'Alexandrie, Marc, et qui 
existe en arabe 5 . 

Dans la seconde moitte du VIII e stecle florissait 
David de Beit-Rabban, fils de Paul, un abbe Jacobite 
qui naquit k Beit-Schehak, dans la region de Ninive 6 . 
On cite de cet auteur : un ouvrage grammatical (ci- 
dessus, p. 290); des lettres 7 ; un commentaire sur le 
chap, x dela Genese 8 ; un Dialogue entre un Melkite 



1. Vpir Barhebh£us, Chron. ecch, I, p. 319 et suiv. L'acte d'union, 
sign6 par Cyriaque et Gabriel, et par quelques deques, est conserve 
■dans le ms. Add. 17145 du Musee britannique , Wwght, Syriac liter., 
p. 166. 

2. Ci-dessus, p. 171; comp. Barhebileus, Chron. eccl., I, 331. 

3. Wright, Catal., p. 206 et 210. 

4. Wright, Catal., p. 887. 

5. Assemaw, B. 0., II, 117. Michel le Syrien, 6d. Chabot, III, p. 498 
(trad., p. 35), cite de Cyriaque : « un volume de sa doctrine et un autre 
de lettres admirables ». 

6. Cf. Ignatius Ephilem II Rahiiani, Studia syriaca, Mont Li ban, 1904, 
Adnotatio in cap. x, p. 67. Barhebraus, dans son Magasin des mysteres, 
lui donne tant6t le titre de moine et tant6t le litre d'6veque. 

7. Publi6es par Rahmam, opere c»<., chap. x. 

8. Publie par Lagarde, Prxtermissorum libri duo, Goettingue, 1879, 
p. 241. 



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DU IX* SIECLE. 385 

et un Jacobite sur V addition qui crucifixus es pro 
nobis au Trisagion * . On lui attribue encore des ou- 
vrages qui semblent appartenir a une epoque plus 
basse : une homeliem&riquesur les climats (ci-dessus, 
p. 279); vingt-deux poesies d'une forme etrange sur 
1'amour de la sagesse 2 ; un poeme sur l'alphabet syria- 
que, qui rappelle les midraschim alphab£tiques des 
Juifs 3 , une note sur les lettres qui permutent \ ap"- 
partenant probablement a son ouvrage grammatical ; 
un po&me sur la morale, en vers de douze syllabes s ; 
un autre poeme surle repentir 6 . 

§ 3. — Le IX s si&cle. 

\j Ce siecle marque chez les Syriens une renaissance 
des etudes scientifiques et historiques. Au premier 
rang des ecrivains nestoriens de cette epoque figurent 
les medecins qui jouirent de la faveur des califes Abba- 
sides : Gabriel Boktjesu, Jean bar Maswai, Honein, 
Jean fils de Serapion (voir ci-dessus, p. 271-273). 

Gabriel Boktjesu fut medecin de la cour a Bagdad 
sous Haroun al-Raschid, Amin et Al-Mamoun; il mou- 
rut en 828. II avait ete, avec Jean bar Maswai, Tun des 
maitres de Honein 7 . Sur son oeuvre scientifique, voir 
ci-dessus, p. 271. 

I.Ms, du Vatican syr. 146 et 208; a la Bibl. nationale, Catal.Zotenberg, 
p. 154; a la Bodl&ennne (en arabe), Catal. Payne Smith, col. 449 et 
459; sur I'addition en question, voir Assemani, B. 0., j, 518 et suiv.; II, 
305 et suiv., et la dissertation de Bar Schakako dans son Livre des Tr6- 
sorSy 2° partie, chap. 14. 

2. imprim£es par 6 lias Millos, Directorium spirituals, Rome, 1868, p. 
172-214. Quelques strophes dans Cardahi, Liber thesauri, p. 138. 

3. Ms. 207 du Vatican; 197 et 215 de la Bibl. nationale. R. Gottheil Fa 
edite, Zeitschr. f. Assyriologie, VIII, 86-99. 

4. Ms. 276 de la Bibl. nationale. 

5. Ms. 96 du Vatican. 

6. Dans une version arabe, ms. 58 du Vatican. 

7. Barhebjscs, Chron.syriacum, ed. Bruns, 139 et 170; ed. Bedjan, 134 
et 162. 

22 



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386 LES ECRIVAINS 

Jean barMaswai naquit a la fin du VIII e siecle, dans 
un village pres de Ninive ; il Studia a Bagdad sous la 
direction de J6su bar Noun, qui devint patriarche a la 
mort de Timothee I. Jean fut le chef de Tecole la plus 
florissante dans lacapitale des califes; il mourut en 
857 '. 

Honein, en arabe Abou Zaid Honein ibn Ishak al- 
Ibadi, fut egalement celebre chez les Chretiens et les 
musulmans pour ses traductions syriaques et arabes 
de livres grecs. Nous Tavons vu, dans notre premiere 
partie 3 , historien, philosophe, medecin, grammairien 
et lexicographe, traiter de nombreux sujets scientifi- 
ques. £bedj£su mentionne encore de lui un Livre sur 
la crainte de Dieu qu'il ecrivit quand il 6tait diacre 3 . 
Un grand nombre de ses ouvrages etaient ecrits en 
arabe ; ils demeurent Strangers k notre sujet. Cet emi- 
nent medecin 6tait n6 a Hira et appartenait a la com- 
munaute nestorienne des lb Ad 4 . II suivit d'abord les 
lemons de Jean bar Maswai a Bagdad ; mais, ayant 
deplu a son maitre, il se rendit en Occident pour y 
etudier le grec. Quand il fut de retour a Bagdad, ses 
connaissances m6dicales furent appreciees par Gabriel 
Boktj6su qui le reconcilia avec son ancien maitre; ilfut 
nomme medecin du ealife Al-Moutawakil, et mourut en 
873 5 . 

Jean, fils de Serapion, vivait vers la fin de ce siecle. 
Son pere, originaire du Beit-Garmai, 6tait medecin; il 
eut deux fils, Jean et David, qui furent mSdecins 

^ 1. Ibn Abi Ouseibia, I, 475; le Kitdb al-Fihrist, 295; Assemani, B. 0., 
HI, part. I, 50d. Comp. ci-dessus, p. 272. 

2. Ci-dessus, p. 205, 254, 272-273, 2&>, 295-297. 

3. Assemaw, B. 0., in, part. 1, 165. 

4. Ibn Abi Ouseibia prononce Ab&d, mais la forme Ibdd est indiquee 
par les autres auteurs, voir Noeldeke, Tabari, p. 24, note 4; August 
Mueller, Lesarten, p. 24, en tete de l'edition d'Ibn Ouseibia. 

5. Comp. ci-dessus, p. 272, note 4. 



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DU IX SIECLE. 387 

comme lui*. Sur les ecrits de Jean, voir ci-dessus, 
p. 273. 

On ne sait rien de certain sur la vie de Zacharie de 
Merv, auteur d'.un lexique syriaque, et qui parait de- 
voir 6tre identify avec le m^decin Abou Yahya al- 
Marwazi, auquel on attribue des ecrits sur la logique 
(voir ci-dessus, p. 255 et 297). Cet auteur vivait vraisem- 
blablement dans la seconde moitie du IX e siecle. 

De la m6me epoque est Jesu bar Ali, un disciple 
d'Honein, qui composa aussi un lexique syriaque (ci- 
dessus, p. 297). 

Un traite de lexicographie est attribije a Jesu bar 
Noun (ci-dessus, p. 295), mais c'est plut6t par ses 
ecrits th£ologiques que ce patriarche nestorien est 
connu. Jesu bar Noun avait eu pour maitre Abraham 
bar Daschandad et pour condisciple Timothee, auquel 
il succeda sur le -siege patriarcal. Pendant son sejour 
dans le Grand Couvent du mont Izla, il s'appliqua a 
refuter la doctrine de Timothee sur le dogme de Tin- 
carnation. Dans la suite, il dirigea une ecole a Bagdad, 
oil il eut parmi ses eleves Jean bar Maswai. Jesu bar 
Noun 6tait au couvent de Mar Elias, a Mossoul, de- 
puis une trentaine d'annees, quand il fut nomme pa- 
triarche, le 18 juin 823 a ; il mourut quatre ans apres, 
a l'Age de quatre-vingt-quatre ans. Ses ceuvres, sui- 
vant Ebedjesu 3 , se composaient : d'un traits de theo- 
logie; de questions sur les Ecritures (ci-dessus, p. 73); 
de canons ecclesiastiques et decisions juridiques (ci- 
dessus, p. 166); d'oraisons fun£bres 4 ;de lettres 5 ; d'un 

1. Voir ci-dessus, p.274, note 1. 

2. Sur cette date voir Ebedjesu dans Lag arde, Prsetermissorum libri 
duo, p. 93, 1. 3; Amr, ed. Gismondi, p. 67, donne l'annee 824. , 

3. Ass^mani, B. 0., Ill, part. I, 165. 

4. Conservees en partie dans le ms. Add. 47217 du Musec britan- 
nique, Wright, CataL, p. 613. 

5. Une de ces lettres a 6te publiee, d'apres le ms. K., VI , k du Musee 



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388 LES 6CRIVAINS 

traite sur la division des services de l'Eglise*; ^'in- 
terpretations; et d'un traite sur l'efficacite des hymnes 
et des antiennes 2 . 

Denha ou Ibas, dont Tepoque est incertaine, et que 
Wright place au IX e siecle, est l'auteur, suivant Ebed- 
j6su 3 , de sermons et de dissertations sur leslois eccle- 
siastiques, de commentaires sur les Psaumes, sur les 
ceuvres de Gr^goire de Nazianze, d'apres la version 
de l'abbe Paul, et sur la dialectique d'Aristote (com- 
parer ci-dessus, p. 73, 254 et 311). 

A ce siecle le P. Cardahi rapporte a tort le pr£tre 
Saliba al-Mansouri, fils de David, qui vivait au XVI e 
siecle. Ce, pr6tre composa plusieurs poemes et des 
hymnes 4 . 

Nous ne reviendrons pas ici sur Thomas de Marga 
dont nous avons parle precedemment (p. 206), ni sur 
Jesudad de Merv, 6v6que de Haditha, connu seulement 
par son commentaire de la Bible (ci-dessus, p. 73) 5 . 

Denys de Tellmahr£, auteur d'une histoire esti- 
mee des Syriens, mais aujourd'hui perdue 6 , ouvre 
la serie des ecrivains Jacobites de ce siecle. Denys 
etait n6 a Tellmahre, localite situ6e sur le Balikh 
(un affluent de TEuphrate), non loin de Callinice. 
II fit ses etudes au convent de Kennesr6, et, apres 

Borgia (aujourd'hui au Vatican), par Gismondi, Linguse syriacae gram- 
matica, 2° ed., Beyrouth, 1900, Chrestom., p. 58. 

1. De ce traite" faisaient partie, suivant Assemani, les Riponses aux 
questions du moine Mac arius, voir Catal. ms. VaL, 11,483; III, 281 et 
405. 

2. Mari, ed. Gismondi, I, 20, attribue a ce patriarche une version des 
homelies de Gregoire de Nazianze ; comp. B. 0., HI, part. 1, 279. 

3. Assemani, B. 0., part., 1,175; Wright, Syriac lit*, 2° ed., p. 218. 

4. Liber thesauri, p. 59. Un extrait d'un de ses poemes sur la peni- 
tence, ibid., p. 57. Voir Addai Scher, Rev. de VOr. ChriL, 1906, p. 30. 

5. Kendi, cite par fibedjesu dans Assemani, B. 0., Ill, part. I, 213, est 
probablement l'auteur arabe Abd al-Masih ibn lsahk al-Kindi, com me 
l'a remarque Wright, Syriac lit,, p. 221. 

6. Voir ci-dessus, p. 193. 



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DU IX* SIECLE. , 389 

l'incendie qui detruisit ce couvent en 815, il passa au 
couvent de Mar Yakoub a Kaisoum. Cest Ik qu'il se 
trouvait lorsqu'il fut elu patriarche des Jacobites par 
le synode des ev^ques tenu a Callinice en 818, apres 
la mort du patriarche Cyriaque. Son existence devint 
d£s lors aussi agitee et troublee que celle de son pre- 
diecesseur ; nous ne rappellerons pas les luttes inces- 
santes qu'il eut a soutenir contre ses adversaires et 
contreles gouverneurs musulmans, ni les voyages con- 
tinued qui ne lui laissaient aucun repos. Michel le 
Syrien nous a transmis une biographie complete <}e 
cet infortune patriarche qui mourut le 22 aoftt 
845*. 

Le frere de Denys de Tellmahre, Theodose, ev£que 
d'Edesse, fit une version des poemes i'ambiques de 
Gregoire de Nazianze et de l'Jiom&ie de ce Pere sur les 
miracles du prophete Elie (ci-dessus, p. 310). Cet ev£- 
que eut a souffrir des vexations du gouverneur d'E- 
desse, Mohammed ibnTahir, qui fit demolir les eglises 
que le precedent gouverneur, son frere Abdallah ibn 
Tahir, avait laiss6 reconstruire. Theodose se rendit 
avec le patriarche Denys en figypte pour implorer le 
secours d'Abdallah qui avait et6 envoye dans cette 
province ; sa demarche reussit et Mohammed se mon- 
tra plus conciliant. 

Antoine le Rheteur, dont nous avons mentionn£ le 
traite de rh^torique (ci-dessus, p. 300), 6tait moine au 
couvent de Tagrit et vivait a l'epoque du patriarche 
Denys de Tellmahre 2 . Ses autres ouvrages sont : un 
livre sur la providence de Dieu en quatre parties ; des 



1. Michelle Syrien, 3d. Chabot, livre XII, ch. x etsuiv.; et Barhebraus, 
Chron. eccl., t. I, p. 343-386; Wright, Syriac liter., 2 C 6d., p. 196; J.-B. 
Chabot, Chronique de Denys de Tellmahre", Paris, 1895, Introduction, $1. 

8. Bariiebiueus, Chron. eccl. f I, 363. 



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390 LES ECRIVAINS 

panegyriques ; des lettres de consolation ; des hymnes 
et des prieres metriques*. 

Lazare bar Sabta, ev6que de Bagdad, qui fut de- 
pose de son siege en 829 par Denys de Tellmahre 2 , 
composa une liturgie et un ordre du bapt£me 3 . 

Un autre contemporain de Denys de Tellmahre, 
c'etait Jean, evSque de Dara, auquel est dedi£e VHis- 
toire de Denys. Cet evSque est l'auteur de trails de 
th^ologie : un traite eh quatre livres sur le sacerdoce ; 
un autre 6galement en quatre livres sur la resurrec- 
tion des corps ; et un important ouvrage sur l'&me 4 . 
Jean de Dara, comme nous Tavons vu plus haut 
p. 315-316), fit un commentaire d'une partie des oeu- 
vres de pseudo-Denys PAreopagite ; il composa aussi 
une liturgie 5 . 

Les ceuvres de Nonnus, archidiacre de Nisibe, sont 
contenues dans le ms. Add, 14594 du Musee britan- 
nique. La principale de ces ceuvres est un traite de 
controverse contre Thomas de Marga, que Nonnus 

1. Ses oeuvres sont en partie conserves dans les ms. Add. 14786 et 
17208 du Mus6e britannique. Roediger a imprime" une partie de son 
hymne contre la calomnie dans la deuxieme edition de sa Chrestoma- 
thia syriaca, p. 110. Antoine fut un des premiers qui firent usage de 
la rime, voir ci-dessus, p. 18, note 2. 

2. BARHEBRiEus, Chron. eccl.l, , 365. II recut aussi, comme 6vdque, le 
nom de Philoxene et de Basile, voir Assemam, B. 0., II, 123. 

3. La liturgie a 616" traduite en latin par Renaudot, Liturgim orient., 
II, 399. L'ordre du bapteme se trouve au Vatican, Cod. 147. 

4. Le traite sur le sacerdoce est conserve dans plusieurs manusc/its. 
Zingkrle a publi6 un extrait du livre II, Monumenta syriaca, I, p. 405- 
410 (comp. Theol. Quartalschrift, 1867, p. 183 ; 1868, p. 267). Overbeck a 
fait connaitre, d'apres un ms. de la Bodleienne, un passage du qua- 
trieme Tivre sur le mariage des pretres, S>. Ephrsemi syri... opera se- 
lecta, p. 409-413. Le traite" sur la resurrection est un ouvrage de haut 
inl6r6t et de grand savoir, dit Frotuingham dans Stephen bar Sudaili, 
Leide, 1886, p. 66; il est contenu dans lesms. 100 et 363 du Vatican. Des 
extraits tir6s du ms. 100 sont imprimis dans Gismondi, Linguw syriacse 
grammatica y Beyrouth, 1900, p. 60-66 de la Chrestom. ; cf. un extrait 
dans le livre II de la chronique de Michel, ed. Chabot, I, p. 7 (trad., p. 
14). Le ms. 147 du Vatican renferme des extraits du traite sur Tame. 

5. Assemani, B. 0., I 



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DU IX e SIECLE. 391 

ecrivit dans la prison ou l'avait fait jeter le gouverneur 
de Nisibe 4, Ses autres ecrits sont des lettres sur des 
questions de dogme. 

Nous avons parle plus haut des principaux ouvrages 
du medecin Romanus, un moine du couvent de Kar- 
temin, qui devint patriarche des Jacobites en 887, sous 
le nom de Theodose, et qui mouruten 896. Ce sont : 
une collection de maximes (p. 262) ; un recueil de m6~ 
decine (p. 271) ; et un commentaire du livre de Hi£ro- 
thee (p. 358). Nous ajouterons une lettre synodale 2 et 
une homelie sur le car^me 3 , conserves en arabe. 
V Le plus fecond des ecrivains Jacobites de ce siecle 
fut Moi'se bar Kepha, dont la vie a ete ecrite par un 
auteur syriaque anonyme 4 . Moise naquit a Balad, vers 
813, et mourut le 12 fevrier 903 5 a Y&ge de quatre- 
vingt-dix ans. Apres avoir pris l'habit monastique, il 
fut nomme ev£que des villes de Beit-Ramman, Beit- 
Kiyonaya et Mossoul, et prit a ce moment-la le nom 
de Severe. II exer^a ensuite les fonctions de p6rio- 
deute on visiteur du diocese de Tagrit pendant dix 
ans. Moi'se laissa de nombreux ouvrages ; nous avons 
d^ja parle de ses commentaires bibliques (p. 67), de 
son traits sur la predestination (p. 244); de son com- 
mentaire sur la dialectique dAristote (p. 253) et de 
son Hexameron (p. 279). II est en outre Pauteur : d'un 



1. Wright, Catal., p. 618. Suivant Barhebrseus, Chron. eccl., I, 363, 
Nonnus avait 6te" Tun des accusateurs de Philoxene ou Lazare bar 
Sabta, 6v6que de Bagdad, qui fut d£possed6 de son siege, comme nous 
l'avons rappele plus haut. Nonnus vivait done dans la premiere moitie* 
du IX« siecle. Cf. Michel le Syrien, ed. Chabot, p. 496 (trad., t. HI, p. 33, 
note 2). 

2. ASSEMANI, B. 0., II, 121. 

3. Mus6e britannique, ms. Add. 7206, CataU Rosen, p. 103. 

4. Assemani, B. 0., II, 218 et suiv. ; comp. Barhebr^us, Chron. eccl., 
I, 393; 11,217. 

5. Sur cette date voir Assemani, B. 0., II, 218 ; Baiuiebileus, Chron. 
eccl., 1, 39*, note 1 . 



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392 LES fiCRIVAINS 

ouvrage surle paradis, divise en trois parties et dedie 
a son ami Ignatius h ; d'un traite sur l'&me en qua- 
rante chapitres avec un chapitre supplementaire sur 
Tutilite des offrandes faites pour les morts a ; de Con- 
trover $e$ contre les heresies 3 ; de traites sur les Sa- 
crements ; d'homelies 4 ; de discours sur des sujets 
divers 5 ; et d'ecrits liturgiques, parmi lesquels deux 
liturgies 6 . On ne poss&Ie plus le commentaire qu'il 
redigea des oeuvres de Gregoire de Nazianze, ni 
Thistoire ecclesiastique dont parle son biographe. 

§ 4. — Le X 6 sifecle. 

Les ecrivains de ce siecle sont peu nombreux. Chez 
les Nestoriens, le premier en date parait 6tre Henan- 
jesu bar Seroschwai, ev^que de Hira, qui composa 
des questions sur les Ecritures et un lexique syriaque 
(voir ci-dessus, p. 74 et 298). Ses oeuvres ne sont pas 
conservees et on ne sait rien de sa vie. La perte de 

1. Cet ouvrage n'est connu que par la traduction latine que Hasius 
publia en 1569, Deparadiso commentarius< An vers (Plantin) ; com p. As- 
semani, B. 0., II, 128, n° 2; cette traduction a ete reimprimee dans 
Migne, Patrol, grseca, CXI, p. 481 . 

2. Ce traite existe dans le ms. syr. 147 du Vatican. Des extraitsdans 
Gismondi, Linguae syriac&grammatica, 2* ed., Beyrouth, 1900, Chrestom., 
p. 68-72. 0. Braun en a donne une traduction allemande dans Moses 
bar Kepha und sein Buck von der Seele, Fribourg en Brisgau, 1891, 
avec une biographie de Moise bar Kepha. 

3. Assemam, B. 0., II, 57 ; probablement identique avec le Livre sur 
lessectes, cit6 par Assemani, ibid., p. 131. 

4. Existent dans des ms. du Musee britannique, de Cambridge, de la 
Bibliotheque nationale et du Vatican. Suivant Baumstark, Oriens chri- 
stiaius 1901, p. 320, les traites sur les sacre merits se rattachent au re- 
cueil des Causes des fUes dont nous avons parte plus haut, p. 347 note 3, a 
propos de Thomas d'Edesse. Des extraits du ms. de Cambridge ont et6 
publics par Arendzen dans le Journal of Theol. Studies, 11,1901, p. 401- 
416. 

5. Dans les ms. Add. 17488 et 21210 du Mus6e britannique. 

. 6. L'une de ces liturgies a 6te traduite par Renaudot, Lit* Orient., II, 
391. 



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DU X e SlfiCLE. 393 

son lexique est, en quelque sorte, compensee par la 
compilation de Bar Bahloul qui semble le reproduire 
presque en entier*. 

£lias, £v6que de Perozschabor ou Anbar, vivait vers 
922 a . II composa : le Livre des centuries; un traite 
dcrit en vers de sept syllabes et divise en trois .volu- 
mes 3 ; une apologie ; deslettres et des homelies. 

Georges, metropolitain d'Arbeles vers 945, mourut 
en 987. II laissa une exposition des offices de l'ann£e, 
divisee en sept sections, dont Assemani a donne une 
analyse 4 . On a aussi de lui quelques hymnes * et une 
collection de canons (ci-dessus, p. 172). 

A ce siecle appartiennent les deux freres Ebedj&su 
bar Schahhare et Emmanuel bar Sehahhare, qui mou- 
rurent, le premier en 971 , et le second en 980 6 . Ebedjesu 
laissa des poesies moins estimees que celles de son 
frere. Le P. Cardahi 7 a imprim6, d'apres le ms. du 
Vatican 184, un passage du poeme de cet auteur sur 
Mikael, le disciple de saint Eugene 8 . Emmanuel etait 
professeur k Tecole de Mar Gabriel dans le Couvent 
Superieur a Mossoul. II composa un Hexam£ron en 
vers (ci-dessus, p. 280), et quelques traites d'explica- 
tionsliturgiques. 

1. Nous renvoyons pour Bahloul a ce que nous avons dit de cet au- 
teur ci-dessus, p. 298. 

2. Elias de Nisibe daos Bathgen, Fragmented p. 84; Assemani, B. 0., 
Ill, part. I, 258. 

3. Exisle au Vatican, ms. syr. 183 ; a Berlin et a Cambridge. Des ex- 
traits dans Cardahi, Liber thesauri, 72-76. Manna, Morceaux choisis, 
p. 113-142 ; Le petit livre des miettes (Chrestomathie d'Ourmia), p. 258 et 336. 

4. B. 0., Ill, part. 1, 818-540. Des extraits dans Le petit livre des miettes 
d'Ourmia, p. 40, 187 et 274; et un autre dans Gismondi, Linguae syr. 
gramm., Chrestom., p. 72. Cf. Baumstark, Orient christianus, 1901, 
p. 320. 

5. Ms. du Vat. 90et91. 

6. D'apres Cardahi, Liber thesauri, p. 71 et 138. 

7. Ibid., p. 136. 

8. Le sujet de ce poeme semble emprunte auxActesde saint Eugene 
dont la redaction est attribute a Mikael. 



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391' LES 6CR1VA1XS 

Andre, Fauteur d'un traits de pohctuation, que 
Wright place a la fin du X e siecle (voir ci-dessus, 
p. 291), cl6t la s£rie des ecrivains nestoriens de cette 
epoque. II composa aussi quelques hymnes, appelees 
tourgami, K*uy&. 

Chez les Jacobites, la litterature syriaque semble 
avoir subi une eclipse presque totale : on n'a gu&re 
ecrit qu'en arabe pendant ce siecle. Nous avons cit£ 
ci-dessus, p. 204, la chronique du diacre Simeon, sur 
la vie duquel les renseignements font defaut. 



§ 5. - Le XI 4 si£cle. 

Ce siecle est aussi terne que le precedent; la deca- 
dence litteraire ne subit plus que de rares arrets. 
Apr&s de longs intervalles apparaft quelque savant 
docteur qui s'efforce de ranimer le feu des etudes pres 
de s'6teindre, mais ses efforts tourneront le plus sou- 
vent au profit de la science arabe. 

Les auteurs nestoriens occupent encore le premier 
rang par le nombre et la valeur de leurs ouvrages. 

C'est d'abord Elias I, 61u patriarche en 1028, 
apres avoir ete £v6<}ue de Tirhan ; il mourut en 1049. 
Pendant qu'il etait ev6que, il s'occupa de travaux 
grammaticaux (ci-dessus, p. 291); devenu patriarche, 
il r6digea,dit-on, une collection des synodes nestoriens 
et des trails de droit civil (ci-dessus, p. 164 et 
175). Amr ibn Matta 4 lui attribue une Compilation en 
vingt-deux chapitres sur les principes de la religion , 
qui pourrait 6tre identique, comme le pense Wright, 



1. Voir Maris, Amri et Slibae... commentaria, ed. Gismondi, 11,98; 
Assemani, B. 0., Ill, part. I, 2G3. 



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DU XI e SIECLE. 395 

avec ses traites de droit ; et la composition d'une 
liturgie*. 

Un autre Elias, contemporain du patriarche, Elias 
bar Schinaya, metropolitain deNisibe, estl'ecrivain le 
plus remarquable du siecle. II avait mene la vie mo- 
nastique au couvent de Mikael a Mossoul, puis au cou- 
vent de Simeon sur le Tigre; il fut nomme evSque de 
Beit-Nouhadre en 1002, et metropolitain de Nisibe en 
1008 ; il survecut au patriarche 6lias 1 2 ; il fit un recueil 
de decisions ecclesiastiques et un resume du traite du 
patriarche Elias sur les heritages (ci-dessus, p. 166 et 
175). Ses autres ouvrages sont : une chronique (ci-des- 
sus, p. 201) ; une grammaire syriaque (ci-dessus, p. 290) ; 
un vocabulaire arabe-syriaque (ci-dessus p. 299); des 
hymnes et des homelies metriques, dont quelques-unes 
sont conservees dans des livres d'offices 3 ; des lettres 4 . 
Elias bar Schinaya ecrivit aussi en arabe ; nous avons 
mentionne precedemment son Lwre de la demonstra- 
tion de la verite de la foi (p. 244) et son Livre de I'eloi- 
gnement du souci (p. 264, note 3) ; Assemani a analyse 
dans sa BibL orientalis, t. Ill, part. I, 270-272, six 
de ses dissertations arabes. 

Abou Said Ebedjesu bar Bahriz 6tait abbe du cou- 
vent de Mar Elias a Mossoul ; il fut l'un des candi- 
dats au siege patriarcal en 1028, lorsquele sort designa 
1 Elias I 5 ; ildevintensuite metropolitain d'Arb^les etde 
Mossoul. Ses ouvrages se composent : d'une collection 

4, Non pas a form of consecration of the altar, comme traduit Wrigut, 
Syriac liter., 2« 6d., p. 233. 

2. Cardahi, Liber thesauri, p. 84, fixe sa mort a l'annee 1056. 

3. Ms. du Vat. 90, 91 et 181; Berlin, Sachau 64, 10. Une homelie avec 
la rime unique an et sans olaf a 6te publiee par Cardahi, Liber the- 
sauri, p. 83, comp. ci-dessus, p. 21, note 1. 

4. Le ms. syr. Vat. 129 contient les lettres adressges aux 6veques et 
au peuple de Bagdad pour protester contre rejection du patriarche 
Jlsuyab bar Ezechiel. 

5. Maris, Amri et Slibse... commentaria, 6d. Gismondi, II, 98. 



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396 LES fiCRIVAINS 

de Lois et sentences judiciaires (ci-dessus, p. 175); et 
d'une explication des offices de l'Eglise. 

Parmiles ecrivains Jacobites, on cite Jean de Maron, 
auteur <Tun commentaire sur le livre de La Sagesse 
(ci-dessus, p. 67); il mourut vers 1017. Ce Jean de 
Maron avait 6tudi6 a Edesse sous Mar Mekim. 11 fut 
professeur d'abord au couvent de Goubos, construit 
depuis peu de temps pres de TEuphrate, aux environs 
de MSlitene ; puis au couvent que le moine Elias bar 
Gagai fonda aupresde Melitene, et il alia terminer ses 
jours dans le couvent d'Aaron, non loin d'Edesse, ou 
il avait passe sa jeunesse 4 . 

Marc bar Kiki, archidiacre de l'eglise des Jacobites 
a Mossoul, fut nomm6 en 991 maphrien sous le nom 
d'Ignace. Ses mauvaises moeurs lui alienerent Fesprit 
du clerge; il s'enfuit en 1016 a Bagdad, ou il se fit 
musulman; devenu Tobjet du mepris universel, il 
tomba dans une profonde mis&re ; il revint ensuite a 
resipiscence 2 ; il composa alors sur sa chute un poeme 
dont Barhebrseus nous a conserve quelques vers 3 . 

J6su bar Schouschan fut elu patriarche jacobite 
sous le nom de Jean X, en 1058, par le parti qui se 
refusa k reconnaitre Telection d'Athanase Hay6 ou 
Athanase VI. En butte aux outrages de ses ennemis, 
il abdiqua et se retira dans un couvent. A la mort d'A- 
thanase (1064), ilfutnommedenouveau et conservason 
siege jusqu'a sa mort arriv^e en 1073 '. J6su bar Schou- 

4. Voir Barhebraus, Chron. eccl., I, 403-407. Les 6diteursde cette cbro- 
nique, p. 404, note 2, se deraandent si Assgmani n'a pas confonduavec 
ce personnage Jean Maron, auquel il a consacre un long article dans 
8a B. 0., 496-520. 

2. Cf. Michel le Syrien, Chron. livre XIII, chap, v ; Barhebrjeus, Chron, 
eccl., II, 257; 287-289; £liasde Nisibe, dans B.etiigen, Fragmented (trad., 
453). * 

3. Chron. eccl., II, 289. Le P. Cardahi les a r&mprimes dans son Liber 
thesauri, p. 440; celui-ci fixe la mort de Marc bar Kiki a 1030 ou 1040. 

4. Barhebileus, Chron. eccl., I, 437-447. 



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DU XU« SIECLE. 307 

schan composa : une liturgie; des canons ecclesiasti- 
ques (ci-dessus, p. 172) ; un traite sur l'huile, le ferment 
et le sel que les Jacobites ajoutaient au pain eucharis- 
tique * ; quatre poemes sur le pillage de Melitdne par 
les Turcs en 1058 2 ; plusieurs lettres, dont quelques- 
unes en arabe 3 . Bar Schouschan avait entrepris une co- 
dification des oeuvres d'Isaac d'Antioche, mais la mort 
l'emp&cha d'achever ce travail (voir ci-dessus, p. 337). 
Said bar Sabouni etait, suivant BarhebrsDus 4 , un 
savant distingue, qui 6crivit en grec et en syriaque. 
Le patriarche Athanase VII le nomma au siege epis- 
copal de Melitene en 1094, et il fut consacre evSque 
sous le nom de Jean. II entra k Melit&ne le jour m§me 
ou furent fermees les portes de la ville assiegee par 
les Turcs, et il fut massacre au mois de juillet 1095, 
pendant le siege, par le commandant Gabriel 5 . Bar 
Sabouni est l'auteur de plusieurs hymnes 6 . 

§ 6. — LeXIP 'Steele. 

La plupart des ouvrages nestoriens de cette epoque 
ont ete composes en arabe ; nous ne nous arr£terons 
qu'aux auteurs qui ont ecrit en syriaque . 

1. Existe a la Bibliotheque nationale, Catal. Zotenberg, p. 71; un 
fragment, ibid., p. 54. Ce traite" a et6 ecrit a la suite d'une controverse 
de Bar Schouschan avec le patriarche d'Alexandrie, Christodule, cf. As- 
semani, B. 0., II, 144, 356. 

" 2. Voir sur cet 6venement Barhebr^ls, Chron. syr., 6d. Bruns, p. 
25-2; ed. Bedjan, p. 238; Assemani, B. 0., II, 317. 

3. Lettre au patriarche d'Armenie, Assemam, B. 0., II, 211, 383; Berlin, 
Sachau 60, 1 ; Ietires arabes au patriarche d'Alexandrie, Christodule 
sur l'huile et le sel du pain eucharistique, Assemani, ibid., II, 508. 

4. Chron., eccl., I, 463. 

5. Barhebileus, Chron, syr., ed. Brums, p. 278; ed. Bedjan, p. 262. 

6. Une hymne acrostiche pour l'oflice de la prise de l'habit monacal 
se trouve dans des ms. du Vatican, de la Bibliotheque nationale, du 
Musee britannique et de la Bodleienne, Wright, Syriac liter., 2 e ed., 
p. 227. Assemani, B. 0., II, p. cli, attribue au frere de Said, Abou Ghalib ba 

LITT&RATURE SYRIAQUE. 23 



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398 v LES fiCRIVAINS 

Elias III ou Abou Halim, n6 a Maipherkat. en 1108, 
fut d'abord metropolitain de Nisibe et devint patriar- 
che des Nestoriens en 1176; il mourut en 1190. Laplu- 
p^rt de ses oeuvres sont en arabe ; il a ecrit en syriaque 
des prieres et des lettres * . 

Joseph bar Malkon, quiprit le nom de Jesuyab au 
moment de son Elevation au siege metropolitan! de Ni- 
sibe en 1190, mourut sous le patriarche Sabrjesu V 
(1226-1256). On possede de cet auteur un traite gram- 
matical en vers syriaques, intitule Le reseau des 
points (ci-dessus, p ; 292) ; ses autres ouvrages : un 
traite sur la foi, des homelies et des lettres, etaient 
en arabe 2i . 

A la m£me epoque vivait le m6ine Simeon de Schank- 
lava 3 , le maitre de Jean bar Zoubi, qui ecrivit pour son 
eleve la Chronologie mentionnee ci-dessus, p. 203. On 
a encore de ce Simeon un poeme en vers syriaques, 
mais en style enigmatique et incomprehensible sans un 
commentaire. Ebedjesu commenta ce poeme a la de- 
mande de son disciple Abraham. Le P. Cardahi Fa pu- 
blie dans son Liber thesauri, p. 89, mais sans y joindre 
l'explication d'Ebedjesu, de sorte que le texte reste 
lettre morte. On lui attribue aussi la composition de 
questions sur l'eucharistie et le bapt&me, qu'il publia 
sous le nom de l'apdtre saint Pierre 4 . 

Sabouni, trois pofemes sur la prise d'Edesse par Zengi, qui eut lieu en 
1144, mais, comme Abou Ghalib mourut en 1129, Wright, Syriac liter., 
2 e ed., p. 244, estime que ces poemes ont du etre compose"s par son 
successeur sur le siege Episcopal d'Edesse, Basile bar Schoumna (1143- 
1169). 

1. Trois prieres ont 6i6 6dit6es par Manna, Morceaux choisis de litle- 
rature arameenne, Mossoul, 1901, II, p. 173-181. Cf. Assemani, B. 0.,. HI, 
part. I, 291; Sachad, cataL, p. 142 et suiv. 

2. Assemani, B. 0., UI, part. 1, 293-306. 

3. Ou : de Schanklabad. Sur ce nom, voir G. Hoffmann, Auszuge syr. 
Mdrtyrer aus pers. Akten, p. 231 et note 1847. 

4. Assemani, B. 0., in. part. I, 562. Deux homelies sur la foi et une ho- 



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DU XIP SIECLE. 39^ 

jean bar Zoubf, moine du couvent de Sabrjesu a 
Beit-Kouka, dans l'Adiabene, un des disciples de Si- 
meon de Schanklava, est surtout connu par ses oeu- 
vres grammaticales (ci-dessus, p. 291). II composa 
aussi des homelies metriques sur la foi * et un poeme 
en vers de sept syllabes Sur les quatre probfemes de la 
philosophie 2 . 

Les Jacobites comptent quelques ecrivains de merite : 

Jean, 6v6que de Harran et de Mardin ainsi que d'au- 
tres villes de la Mesopotamie, avait ete nomine par le 
patriarche Athanase VII, en 1125; 41 mourutd'une chute 
de cheval en 1165, a Tage de soixante-dix ans. Jean s'oc- 
cupa de relever de leurs ruines les eglises et les cou- 
vents de son diocese. C'6tait un ami des lettres ; il se- 
composa tine bibliotheque et coipia plusieurs exem- 
plaires des Evangiles en lettres d'or et d'argent. Un 
certain nombre de captifs emmenes par Zengi apres la 
prise d'Edesse (1144) lui durent leur rangon 3 . La chute 
d'Edesse lui inspira un poeme, dans lequel il niait Tac- 
tion de la Providence, h^resie qui souleva Findignation 
des autres 6veques. II laissa aussi une liturgie /( . 

Le plus fecond des auteurs Jacobites de ce siecle fut 
Jacques bar Salibi, qui prit le nom de Denys lors de 
son elevation au siege episcopal de Marasch, par le pa- 
triarche Athanase VIII, en 1154; Tannee suivante, le 



m<51ie sur l'explication des mystcres sont pubises, sous le nom de Si- 
meon de Schanklava, dans Le petit livre des miettes (Chrestomathie 
d'Ourmia), p. 1 18-123 et p. 150-154. Ce Simeon est probablement l'auteur 
du Livre des Peres mis sous ie nom de Simeon bar SabbAe", voir ci-des- 
sus, p. 123, note 3. 

1. Ms. Orient. 2305 du Musee britannique; Berlin, Sachau 8. Une de 
ces homClies a 6te traduite par Badger, The Nestorians, II, 151; Comp. 
Assemajh. B. 0., Ill, part. I, 309. 

2. Berlin, Sachau, 72, 15. 

3. Barhebileus, Chron. eccl., I, 501, 525-527, 531; Assemani, D. 0., II, 
216-926. 

4. Assemani, B. 0., II, 230. 



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400 LES fiCRIVAINS 

patriarche lui assigna en plus le diocese de Mabboug. 
Michel le Grand, le successeur d'Athanase, le transfera 
en 1166 a Amid ouil mourut en 1171 4 . Ses ceuvres for- 
ment une longue liste ; Assemani en a reproduit l'enu- 
meration d'apres le ms. syr. 32 du Vatican 3 . La plus 
importante est le commentaire sur TA. et le N. T. dont 
nous avons parle precedemment, p. 67 ; les autres sont : 
un commentaire sur les Centuries d'fivagrius avec le 
texte traduit en syriaque 3 ; un commentaire sur les 
.ecrits des Docteurs ; des commentaires sur la dialecti- 
que (ci-dessus, p. 255); un livre de lettres; un abrege 
des histoires des Peres, des saints et des martyrs, un 
recueil des canons apostoliques ; plusieurs traites de 
theologie ; ; des ecrits liturgiques 5 ; deux liturgies ; un 
traits contre les heresies 6 ; un traite sur la Providence 
contre Jean, ev&que de Mardin 7 ; un panegyrique de 
Michel le Grand ; un traite sur la structure du corps 
humain (ci-dessus, p. 275) ; des homelies; deux poemes 
sur la prise d'Edesse en 1144 8 ; trois elegies sur la prise 
de Marasch par les Armenieris en 1156 9 ; deux poesies 
sur les poursuites dirig^es contre le maphrien accuse 



4. Barhebp^eus, Chron.eccl, 1,513-515 et539; Assemaki, B. 0., II, 156-211. 

2. B. 0., II, 210; comp. Catal. Bibl. Laur. et Palat. Med., p. 79; Barhe- 
brjsus, Chron. eccl., I, p. 562, nole. 

3. Existe a Berlin, Catal. Sachau, n° 186, p. 604. 

4. Quelques-uns de ces traites sont conlenus dans des ms. du Vati- 
can, de la Bibliolheque nationale et de la BodleMenne. 

5. J. Labourt a publie dans le Corpus script, christ. orientalium rex- 
position de la liturgie : Dionysius bar Salibi, Expositio liturgies, 
Paris, 1903. 

6. Parties de. ce voluniineux ouvrage au Vatican, a la Bibliotheque 
nationale eta la Bodleienne. Le traile contre les Juifs vient d'etre pu- 
blic par J. de Zwaan, The treatise of Dionysius bar Salibi against the 
Jews, Leide, 1906. 

7. voir ci-dessus, p. 399, la notice sur cet eveque. 

8. Barhebrjeus, Chron. syr., Cd. Bruns, 328; 66. Bedjan, 308. 

9. Les Armcniens avaient emmene" en captivite" Bar Salibi, qui s'e"vada 
et se retira au couvent de Kalisoura; Barhebrjxs, Chron. syr., ed. 
Bruxs, p. 346; ed. Bedjan, p. 324. 



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DU XII« SIECLE. 401 

cTavoir marie une musulmane a un chretien en 1159 *. 

Le principal ouvrage de Michel le Grand, ou Michel 
le Syrien,c'estsa chronique (ci-dessus, p. 196). Michel 
etait fils d'un pr6tre de Melitene nomme Elias ; apres 
avoir 6t6 abb6 du couvent de Barsauma, il fut elu pa- 
triarche en 1166 ; sa mort eut lieu en 1199 2 . Ses ceuvres, 
en dehors de sa chronique, comprennent : une revision 
du pontifical et du rituel Jacobite 3 ; une liturgie 4 ; un 
traits sur la preparation a la Communion, dirige contre 
les Coptes 5 ; des canons ecclesiastiques, cit6s par Bar- 
hebraeus dans son+Nomocanon ; un traits sur Institu- 
tion sacerdotale, et une profession de foi 6 ; un poeme 
sur le proc&s fait au maphrien en 1159 7 . 

L'histoire de Theodore bar Wahboun, un disciple de 
Michel le Grand, est intimement liee a celle de son 
maitre 8 , contre lequel il s'insurgea. II semble avoir 
rejete la doctrine monophysite et s'&tre rapproch£ des 
Orthodoxes 9 ; ses partisans le nommerent patriarche a 
Amid, en 1180, sous le nom de Jean,tandis que Michel 
occupait le siege d'Antioche. Cependant la fortune de 
Bar Wahboun fut de courte dur^e; il fut depos6 et re- 
legue dans le couvent de Barsauma, d'ou il parvint k 

1. Barhebr£us, Chron. eccl., II, 351. 

2. L'histoire de ce patriarche se trouve dans Barhebileus, Chron. eccl., 
I, 535-603; comp. Assemani, jB. 0., 11,154 et suiv. 

3. Ms. du Vat. 51. 

4. Ms. au Vatican, a la Bibliotheque nationale et a Leide; traduite 
par Renaudot, Lit. Orients II, 4'j7. 

5. Baruebileus, Chron. eccl., 1, 575. 

6. Ces deux Merits se trouvent en armloien ajoutes a l'e"dition abre"ge"e 
de la chronique de Michel (Jerusalem, 1870-1871). 

7. Comp. la notice sur Bar Salibi, ci dessus. p. 400. Michel revisa en 
11851a vie d'Abhai, 6veque de NicCe, cf. Asskmani, B. 0., II, 505; Wright, 
Catal., p. 1124; Syriac liter., 2« cd., p. 251; Bf.djan, Acta martyr, et 
sanct., VI, p. 615; cetle revision a 6te publi6e par Bedjan, ibid., p. 557- 
614. 

8. Elleest racontCe parBarhebraeus avec celle de Michel, Chron. eccl., 
I, 553-589. 

9. Voir BARHERRiEUs, Chron. eccl., I, 584, note 4. 



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402 LES ECRIVAINS 

s^chapper. Finalement, il se retira en Armenie ou le roi 
Leon le nomma patriarche des Jacobites de son terri- 
toire. II mourut en 1193.' Barhebraeus * vante sa 
science; Bar Wahboun, dit-il, possedait quatre lan- 
gues : le grec, le syriaque, Tarmenien et Tarabe. Cet 
auteur ecrivit une liturgie 2 , une explication de la Messe 
et un livre en arabe contre le patriarche Michel 3 . 

§ 7. — Le XIII 9 siecle 
et la fin de la literature syriaque. 

Ce si&cle a produit encore quelques ecrivains de 
bonne marque : Salomon, metropolitain de Bassora, 
plusieurs poetes, etEbedjesu, metropolitain deNisibe, 
chez les Nestoriens; Jacques bar Schakako, Aaron bar 
Madani et Barhebraeus, chez les Jacobites. 

On sait peu de chose de la vie de Salomon. II £tait 
natif de Khalat ou Akhlat, ville situee sur la c6te ouest 
du lac Van, et devint ev£que metropolitain de Bassora; 
c'est en cette qualite qu'il assista en 1222 a la conse- 
cration du patriarche nestorien Sabrjesu 4 . Nous avons 
eu precedemment (p. 82) Toccasion de parler de son 
principal ouvrage intitule Le livre de I'abeille, une 
compilation historique et theologique, dans laquelle 
sont inserees de nombreuses l^gendes. Le catalogue 
d'Ebedjesu s cite encore de Salomon : un traite sur la 
configuration du ciel et de la terre ; quelques courtes 
homelies ; et des prieres. 

Quelques Nestoriens cultiverent avec succes la poesie 
religieuse. 

1. Op.cit., I, p. 584. 

2. Traduite en latin par Renaudot, Lit. Orient., II, 409. 

3. BARnEBRiEus, Chron.eccl., I, 581. 

4. Assemani, B. O.j II, 453, n° 75. 

5. Assemani, B. 0., Ill, part. I, 309. 



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DU XIII 6 SIECLE. .403 

^ Georges Warda, d'Arbeles, composa une collection 
d'hymnes qui ont ete ins^rees dans les offices de l'Eglise 
nestorienne et forment un recueil designe sous le nom 
de Warda *. La date de ces poesies est indiquee par 
les hymnes qui parlent des calamites survenues pen- 
dant les annees 1224-1228 et 1235. 

Khamis bar Kardahe, egalement d'Arbeles, est, lui 
aussi, Pauteur d'une collection d'hymnes, dans lesquel- 
les sont exposes la vie, les paraboles et les miracles du 
Sauveur; d'autres traitent de la penitence. Sa collection 
a egalement ete introduite dans les offices nestoriens 
sous le nom de Khamis 2 . L'epoque ou il vivait est celle 
de Daniel bar Khattab, un jeune contemporain de 
Barhebraeus, auquel Khamis adressa quelques vers 3 . 
Un contemporain de Warda, Masoud ibn al-Kass, 
composa des poesies pour la f&te de TEpiphanie *. C'e- 
tait un m^decin distingu6 du calife Mostasem, a Bag- 
dad. Apres la mort du calife, ilvecut dans la retraite 5 ; 
il finit ses jours en 1280 6 . 

On possede un long poeme de Gabriel Kamsa, qui 
fut d'abord moine au couvent de Beit-Kouka et devint 
ensuite metropolitan! de Mossoul; il assista en cette 

4. La principale Edition est celle de Heinrich Hilgenfeld, Ausgewahlte 
Gesdnge des Giwargis Warda von Arbel, Leipzig, 1904, avec une traduc- 
tion allemande. On trouvera enoncSes, p. 8-10, les Editions anterieures 
qu'il est inutile de rappeler ici; nous ajoutons : Manna, Morceaux choi- 
sis de Utterature aramienne, Mossoul, 1901, II, p. 296-322 (trois hymnes) ; 
Pognon, Une version syriaque des Aphorismes d'Hippocrate, seconde 
pariie, Leipzig, 1903, p. v-x (un extrait). x 

2. Des extraits dans Cardahi, Liber thesauri, p. 59; une hymne dans la 
Chrestomathie d'Ourmia, Le petit livredes miettes, p. 94; quatre autres 
dans Manna, Morceaux choisis de Utterature aramienne, II, p. 324-330. 

3. Ces vers sont conserve's dans une po6sie de Barhebraeus, CataU Vat., 
Ill, 358; Catal. Payne Smith, col. 3-/7; comp. Assemani, B. 0., II, 308; 
III, part. I, 566; Wright, Syriac liter., 2 e ed., p. 281 et 284. 

4. Une de ces poesies existe dans le ms. Vat. 184. Le P. Cardahi en a 
im prime des extraits dans son Liber thesauri, p. 125. 

5. BARBEBRiGUs, Histoire des Dynasties, ed. Pocock, p. 522; ed. Salhani, 
p. 478; Assemani, B. 0., Ill, part. I, 501. 

6. Suivant Cardahi, Liber thesauri, p. 126. 



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404 LES fiCRIVAINS 

qualite a la consecration du patriarche nestorien Yab- 
allaha HI, en 1281. Ce poeme traite de la Creation, 
de Tlncarnation, etc., etse termineparun panegyrique 
de Sabrjesu, le fondateur du couvent de Beit-Kouka 4 . 
Jean de Mossoul, un moine du couvent de Saint-Mi- 
chel pres de cette ville, a laisse un recueil de poesies 
edifiantes, intitule Le livre de Vhomme vertueux, 
j^&ij '*i*±f ^, qu'Elias Millos, archev^que d'Akra, a 
publie a Rome en 1868 avec d'autres poemes syriaques 2 
sous le titre de Directorium spirituale 3 . Ce livre a et6 
ecrit, suivant Millos, en 1245; le P. Cardahi * place la 
mort de Jean de Mossoul en 1270. 
y Nous arrivons a Ebedj&su, m^tropolitain de Nisibe, 
le dernier des £crivains nestoriens qui m^ritent d'etre 
mentionn^s. Ebedj6su bar Berika, lorsqu'il fut elev6 au 
siege metropolitain de Nisibe et d'Armenie, vers 1290, 
parle patriarche Yaballaha III, £tait£v£que de Singar 
et du Beit-Arbaye (ou Tour-Abdin) depuis environ cinq 
ans; il mourut en 1318 5 . II a redig6 lui-m£me la liste 
de ses nombreuses oeuvres a la fin de son pr^cieux ca- 
talogue qui nous a transmis le titre de maints ouvrages 
nestoriens aujqurd'hui disparus 6 - On deplore la perte 

1. Ce pocme se Irouve dans le ms. 180 du Vatican ; comp. Ass£mani, 
B. 0., Ill, part. I, 566. Le P. Cardahi en a donn6 un long extrait, Liber 
thesauri, p. 107. 

2. Notamment vingt-deux poesies de David, de Beit-Rabban (voir ci- 
dessus, p. 38S, n° 2), trois poesies d'Ebedj^su de Nisibe, deux poesies de 
saint Ephrera, une poe*sie de Jean bar Phenkaye*. Dans le ms. de Cam- 
bridge, Add. 2018, Le livre de Vhomme vertueux est intitule Le livre des 
belles oeuvres, |-fao» Lo^jSla; ^fio. 

3. Le P. Cardahi a imprime' un passage d'une poesie de Jean de Mos- 
soul dans son Liber thesauri, p. 119. II est peu probable que cet au- 
teur soit identique avec le Mossoulien, un grammairien dont Bar Scha- 
kako parle avec peu d'eloge, voir La mHrique chez Us Syriens de 
l'abbe" P. Martin, Appendice, p. 68 et 70. Les poesies de Jean de Mossoul 
se trouvent dans le ms. Orient. 2*50 du Musee britannique. 

4. Op. cit., p. 420. 

5. AssfiMAKi, B. 0., ill, part. 1, 323 et suiv. 

6. Ce catalogue a 6t6 6tudio une premiere fois par Abraham Ecchel- 



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DU XIII* SIECLE. 405 

V de plusieurs des livres d'Ebedjesu : son commentaire 
sur FA. et le N. T. (ci-dessus, p. 74) ; le livre sur la vie 
de Notre-Seigneur sur la terre; le livre contre les 
heresies; le livre des mysteres des philosophes grecs 
et douze traites sur toutes les sciences (ci-dessus, 
p. 258) ; des decisions et des canons ecclesiastiques. 
Mais nous possedons son Nomocanon (ci-dessus, 
p. 167) ; son traite de philosophie et ., de theologie, 
. intitule La perle (ci-dessus, p. 245) ; son Paradis de 
^ VEden (ci-des^us, p. 20) ; une collection de vingt-deux 
poemes sur Tamour de la sagesse et de la science *. 

Timothee II, qui succeda comme patriarche des Nes- 
toriens a Yaballaha III en 1318,, apres avoir ete metro- 
politain de Mossoul et d'Arbeles, est Tauteur de canons, 
qu'ilredigeadanslesynode tenuTannee de son election 
au siege patriarcal, et d'un livre sur les Sacrements 2 . 

Nous terminons par les ecrivains Jacobites. 

Jacques bar Schakako 3 , qui prit le nom de Severe 
en devenant ev£que, etait d'abord moine au couvent de 
Mar Mattai pres de Mossoul. II avait etudie la gram- 
maire sous Bar Zoubi au couvent de Beit-Kouka dans 
TAdiabene; Kamal ed-Din ibn Younous, un philosophe 



lensis a Rome en 1653, sous le titre de Hebedjesu, tractatus continens 
catalogum, etc.; Ass6mani en a donng une meilleure Edition dans sa 
Bibliotheca orientalis, t. Ill, part. I; ila 616 traduit, d'apres unms. nou- 
veau, par Badger dans The Nestorians, IT, 361 ; Badger en fixe la redac- 
tion a l'annee 1298. 

1. Ms. 174 du Vatican; ms. Marsh 201 et36l de la Bodteienne. A la Bi- 
bliotheque nationale se trouve un poeme explicatif du calendrier, attri- 
bxx6 a Ebedjesu, Catal. Zotenberg, p. 128; a Berlin, Catal. Sachau, 
p. 158, et a Cambridge, Catal. Wright et Cook, p. 290, n° 10, des 
hymnes pour les offices sous le nom d'Ebedjestt ; une autre collection 
d'hymnes a Cambridge, Catal. Wright et Cook, p. 107, Add. 1977. Sur 
le commentaire du poeme gnigmatique de Simeon de Schanklava, 
voir ci-dessus, p. 398. Sur une breve chronologie ecrite par Ebedjesu, 
voir ci-dessus, p. 203; comp. page pr6c6dente, note 2. 

2. Ass£mani a decrit et analyst ces ouvrages, B. 0., Ill, part. 1,567-580. 

3. Ce nom 6tant ecrit avec deux Kaf, nous pref^rons cette pronon- 
ciation a celle de Schakko. 

23. 



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106 LES fiCRIVAINS 

arabe de Mossoul, renomme a cette epoque, lui avail 
enseigne la dialeciique et la philosophie. Bar Schakako 
mourut en 1241, pendant une visite qu'il allait faire au 
patriarche Ignace II. Ses nombreux manuscrits passe- 
rent apres sa mort a la bibliotheque du gouverneur de 
Mossoul * . Nous avons eu souvent Toccasion de citer 
ses Dialogues, ceuvre encyclopedique sur les sciences 
enseignees aux Syriens ; nous avons cit6 6galement son 
Livre des tresors, compilation theologique ecrite en 
1231 et qui renferme d'interessantes notices scientifi- 
ques (voir ci-dessus, p. 280). Le ms. 1193Rich duMu- 
see britannique a de cet auteur deux lettres en vers 
de sept syllabes; la premiere, dont chaque vers com- 
mence et finit par la lettre /e, est adressee a Mark 
Fakhr ad-Daula, fils de Thomas; la seconde, d'une 
composition aussi artificielle, avec cette difference que 
la lettre initiale et finale des vers est la lettre tap , est 
adressee au frere de celui-ci, Abou Tahir Said Tadj 
ad-Daula 2 , Les autres ecrits de Bar Schakako sont : 
une profession de foi sur la Trinite et Hncarnation ; 
une explication des offices et des prieres (ces deux Merits 
sont cites dans son. Livre des tresors); une exhortation 
pour l'ordination des pretres 3 . 



\. Barhebileus, Chron. eccl., II, 409-411. Barhebrseus dit : « II poss6- 
dait de nombreux volumes qui furent tous recus dans le demos ion du 
gouverneur de Mossoul. » Le mot fy/uooiov signifiait en Syrie « bafn 
public », « tre"sor de l'Etat », « archives publiques ». C'est ce dernier 
sens qu'on doit lui douner ici. 

2. La lettre ft est la premiere lettre du nom Fakbr; la lettre tav 
est la premiere lettre du nom Tadj. Dans le Catalogue Rosen sur ce 
ms., p. 84, Bar Schakako est designe sousle nom de Jacques, 6veque de 
Tagrit; dans d*autres manuscrits, il est appel6 Jacques de Maipherkat; 
ces epithetes sont inexactes ; cet 6 vcque rcsidait a Mossoul. Sur les fils 
de Thomas auxquels ces 6pitres Ctaient adressees, voir la notice sui- 
vante. 

3. Cette exhortation se trouve sous le nom de Jacques de Maipherkat 
dans des ms. du Vatican, de la kaurentiennc et de la Bibliotheque na- 
tionale. 



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DU XIII* SIECLE. 407 

Aaron bar Madani, qui avait ete nomme ev&que de 
Mardin, sous le nom de Jean, futeleve a la dignite de 
maphrien de l'Orient par le patriate Jacobite, 
Ignace II, en 1232. Son exterieur peu avantageux et 
son manque d'&oquence deplurent aux Chretiens de 
Mossoul. Apres cinq ans, il se retira a Bagdad, ou il 
jouit de la faveur des trois fils de Thomas, Schams ad- 
Daula, Fakhr ad-Daula et Tadj ad-Daula, medecins 
influents de la cour du calife Mostansir. A Bagdad, 
Bar Madani composa un panegyrique de Mar Aaron en 
vers de douze syllabes, et il se perfectionna dans la 
connaissance de la litterature arabe. La consideration 
dont il etait entour6 dans la capitale des califes l'ao 
compagna a son retour a Mossoul. La mort d'lgnace II 
en 1252 fut l'occasion d'un schisme, comme le fait se 
renouvelait frequemment dans ces temps troubles de 
TEglise jacobite; quelques ev6ques choisirent pour 
patriarche Aaron Angour, qui prit le nom de Denys, 
les partisans du maphrien elurent Bar Madani. L' ac- 
cord ne fut retabli qu'apres le meurtre de Denys dans 
le couvent de Barsauma pres Melitene, en 1261, et 
Bar Madani gouverna sans rival TEglise jacobite jus- 
qu'en 1263 * . Les oeuvres de cet Eminent prelat con- 
sistent en de nombreuses poesies 2 ; parmi les plus 
remarquables on cite unpoeme sur l'&me, intitule Uoi- 
seau 3 ; un autre sur la voie de la perfection 4 ; et un 

1. BARHEBRifiUS, Chron. eccl., II, 407-416; comp. I, 693-743. 

2. Le ms. de la Bodleienne, Hunt. I, en contient soixante, CataL Payne 
Smith, col. 379-382; d'autres, dans le ms. de Berlin, Sachau 207, 3, et 
dans un ms. de la Laurentienne, Catal., p. 108. 

3. Ms. du Vat. 204; BodleMenne, Hunt.l etPoc. 290, Cat. Payne Smith, 
col. 382 et 641; Berlin, Sachau 61, 8; Cambridge, Add. 2819, CataL 
p. 669. Il a e*te" edite par Manna, Morceaux choisis de litterature ara- 
meenne, avec une autre poesie sur la noblesse de l'ame et sa chute, 
II, p. 332-3*5. 

4. Un extrait dans le Liber thesauri du P. Cardahi, p. 66. II a etc" 
public par Manna, op. cit., II, p. 346-356. 



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408 LES fiCRIVAINS. 

sur la prise d'Edesse et d'autres villes par le sultan 
seldjoucide Ala ad- Din Kaikobad, en 1265. Bar Madani 
a laiss£ une liturgie * et des homelies en arabe pour les 
f&tes de Tannee 2 . 
f*~ Barhebraeus cite a Tann^e 1228 le medecin Gabriel 
' d'Edesse qui composa en syriaque des livres de mede- 
cine et de philosophic (ci-dessus, p. 274, note 2). 

II nous est agreable de clore ces notices par Barhe- 
braeus dont le nom revient si souvent dans l'histoire de 
la litterature syriaque. Ses nombreuses ceuvres s'eten- 
dent sur toutes les branches des sciences ; il semble 
qu'il ait senti venir la fin de la vie intellectuelle en 
Syrie, et il songea a eriger un monument resumant 
toute la civilisation passee, plut6tquede creer denou- 
velles voies a Tavenir. De la, le caractere impersonnel 
de ses livres qui manquent d'originalite ; Barhebraeus 
est avant tout un vulgarisateur, mais c'est en m^me 
temps un savant encyclopediste qui a, a son service, une 
methode claire et precise, une critique sagace. On doit 
cependant lui reconnaitre un vrai talent d'historien; sa 
Chronique syriaque et sa Chronique ecclesiastique 
sont a placer sans conteste au premier rang de ses 
ecrits. Ses poesies sont tournees avec facilite et ne 
manquent pas de grace; elles forment un heureuxcon- 
traste avec les elucubrations metriques des Nestoriens 
de son epoque qui travestissaient Fart d'une maniere 
si pitoyable. On s'etonne que Barhebraeus ait ete un si 
grand ecrivain quand on pense aux temps calamiteux 
pendant lesquels il vivait. 

La vie de Barhebraeus nous est connue en detail 
grace aux informations qu'il nous a laissees dans ses 



1. Voir Renaudot, Lit. Orient.^ II, 512. 

2. Ms. du Vat. 97 et 220. 



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DU XIII- SIECLE. 409 

chroniques *. Gregoire Aboul-Faradj etait son vrai 
nom; il avait re$u celui de Gregoire quand il fut con-, 
sacre ev6que ; son nom de bapteme £tait Jean ; il est le 
plus souvent designe par son surnom de Bar Ebroyo ou 
Barhebraeus, c'est-a-dire le fils de THebreu, parce que 
son pere Aaron, m&lecin distingue de Melitene, etait 
un juif converti. Barhebraeus naquit a Melitene en 1226 ; 
sa jeunesse s'ecoula dans Tetude 2 . Lorsque les Mon- 
gols attaqu^rent Melitene pendant Tete de 1243, Aaron, 
retenu par la r^colte des grains, ne put fuir en Syrie ; il 
eut Tannee suivante l'occasion de soigner et guerir le 
general mongol qui etait tombe malade ; puis il se retira 
avec ses enfants a Antioche, qui etait encore aux mains 
des Francs. Son fils aine, Barhebraeus, prit Thabit mo- 
nacal et se rendit a Tripoli, ou il etudia la me- 
decine et la philosophic avec un maitre nestorien, 
nomm6 Jacques. Au mois de septembre 1246, Barhe- 
braeus, alors Age de vingt ans, fut nomm6 evSque de 
Goubos, pr&s de Melitene, par le patriarche Jacobite, 
Ignace II ; Fannie suivante, il passa au siege episcopal 
de Lakabin, dans la m£me contree. A la mort d'Ignace 
en 1252, il prend parti pour Denys contre Bar Madani 
(voir la notice precedente) , et Denys le transfere a Alep ; 
mais cette ville appartenant a la faction dissidente de 
Bar Madani, Barhebraeus dut se retirer aupres de son 
patriarche dans le couvent.de Barsauma; il ne revinta 
Alep qu'en 1258. Six ans apres, en 1264, Barhebraeus 
fut elev6 par le patriarche Ignace III a la dignity de 

1. Chron. syr., ed. Brcns, p. 503 et suiv.; 6d. Bedjan, p. 478; Hist, des 
Dynasty 66. Pocock, p. 486; 6d. Salbani, p. 482 et suiv.; Chron. eccl., 
II, 431 et suiv.; com p. Assemani, B. 0., II, 244 et suiv. ; Abbe loos et Lamy, 
Barhebrsei chron. eccl., I, Preface; Ngeldeke, Orientalische Skizzen, Ber- 
lin, 1892, p. 253-273; Wright, Syriac liter., 2" e"d., p. 265-281; Cheikho, 
Barhebraeus, Vhomme et Ve'crivain dans Al-Machriq, 1898, n° 7 et suiv. 

2. II n'etudia pas le grecni la litte'rature grecque, comme on l'a pr6- 
tendu ; Ngeldeke, I. c, p. 254, le remarque avec justesse. 



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410 LES fiCRIVAINS 

maphrien de l'Orient, et il conservera cette fonction 
jusqu'a sa mort survenue en 1286. Depuis son entree 
dans les ordres jusqu'a sa mort, Barhebrseus mena une 
vie agit£e, ballottee entre les intrigues des partis politi- 
ques et religieux, les calamites des invasions mongoles 
et les voyages incessants d'Occident en Orient que ses 
charges lui imposaient. Ce digne prelat sut se faire es- 
timer et honor er de tous, non seulement a cause de sa 
science £prouvee, mais aussi grAce a son caractere coh- 
ciliant et modeste. Son frere, Barsauma, qui a continue 
sa Chronique ecclesiastique, nousalaisse un touchant 
tableau du deuil que sa mort, arrivee a Maraga, r6pan- 
dit sur tout le clergS de TOrient, Jacobite, nestorieu 
ou arm£nien. Son corps fut ramen6 plus tard au couvent 
de Mar Mattai, pres de Mossoul, oft residait le ma- 
phrien, et ou Ton voit encore aujourd'hui sontombeau. 
Barsauma a redige un catalogue des oeuvres de son 
frere 1 . Nous avons parl6 dans notre premiere partie 
de la plupart de ses oeuvres ; nous devons ajouter : un 
livre sur Interpretation des songes, qui date de la 
jeunesse de Tauteur; une liturgie, traduite en latin par 
Renaudot, Liturgise orient., II, 456 ; et de nombreuses 
poesies tres estim^es des Syriens 2 . 

Nous nous arr£terons ici. Les Tartares ont apport^ de 
POrient en Mesopotamie et en Syrie, non pas la lii- 
miere, mais le fer et le feu. La prise de Bagdad par 

1. BarhebrjEus, Chron, eccl., II, 475-481. 

2. Editees en grande partie par Lengerke, Koenigsberg, 1836-4838 (edi- 
tion mediocre) ; par le Maronite Augustin Scebabi, Rome, 1877. En 1880 r 
Yohanna Notayn Darauni a public a Rome le poeme sur la Sagesse divine* 
l/n extrait dans le Liber thesauri du P. Cardahi, p. 63. M. Budge a donne* 
quelques autres morceaux dans son Edition du Livre des contes amu- 
sants de Barhebr^eus (ci-dessus, p. 264). D'autres extraits dans Manna,. 
Morceaux choisis de literature aramienne, II, p. 372-395. J.-B. Chabot a 
public* une po^sie dans : Milanges de Ch, de Harlez, Leide, 1896; et une 
Lettre de Barhebraeus au catholicos Denha i, dans le Journ. asiatique t 
9« s6rie, t. XI, p. 75. 



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DU XIII- SIECLE. 411 

Houlagou en 1258 met fin a la dynastie des Abbasides. 
Les Mongols tr&inent derridre eux le meurtre et la de- 
vastation; et une longue ere d'obscurantisme va s'ap- 
pesantir sur Y Asie * . 

1. Nous citons ici deux nouvelles publications quidoivent figurer a la 
p. 35, note 3. 

W. E. Barnes, The Peschitta version of % kings, Journ. oftheol. studies, 
4905, p. 220 ; G. Diettrich, Ein Apparatus criticus zur Pesitto zum Pro- 
plieten Iesaias, Beihefte z. Zeitschr. f. alttest. Wissensch., VIII, Gies- 
sen, 1903. 

En terminant, nous complelons la mention de quelques-unes des 
notices que M. Adda'i Scher a publtees dans la Revue de VOrient Chre- 
tien, 1906, p. 1-32, en s'appuyant sur des manuscrits orientaux inedits. 
Nous n'avons connu ces notices qu'apres la mise en pages de notre 
Edition : 

Notice III, p. 4 : L 'attribution au patriarche Elis6e d'un commentaire 
sur Job et les Epitres paulines (voir ci-dessus, p. 72) est erron^e ; l'au- 
teur de ce commentaire est Elis6e bar Kozbaye que nous avons cite' a 
la page 71. Tres douteux. 

Notice VI, p. 10 : Issai ou Isaie 1'interprete, qui vivait au VI 8 siecle, 
est l'auteur d'un traits divisC en neuf chapitres sur la commemoraison 
des martyrs. Voir ci-dessus, p. 347, note 3. 

Notice XV, p. 15 : Un ms. de Seert renferme un traitede Barhad- 
beschaba sur la fondation des ecoles, lequel est moitie th^ologique , 
moitte historique. M. Adda'i Scher se propose de publier la seconde 
moitie. 

Notice XVI, p. 16 : Mikael l'interprete (cf . ci-dessus, p. 74 et 255) est 
encore l'auteur : d'un traits sur l'homme consider^ comme micro - 
cosme, lequel existe dans un ms. du couvent d'Honnizd ; d'un traite" 
sur l'ame de l'homme considere comme microcosme, lequel se trouve 
chez un particulier a Mossoul ; d'un livre de definitions dans un ms. du 
couvent d'Hormizd ; — mais ces livres ont pour auteur Ahoudemmeh, 
voir ci-dessus, p. 250-251 et la note 1 de la p. 251. Des fragments d'un 
livre de contro verse contre les h^re'tiques se trouvent sous le nom de 
Mikael a Seert, ainsi qu'un traits sur la fele de la Vierge faisant parti e 
du Recueil des Causes des fetes, voir ci-dessus, p. 347, note 3. 

Notice XVII, p. 17 : Gabriel Arya (voir ci-dessus, p. 72) et Gabriel de 
Kaiar (ci-dessus, p. 212) sont une seule personne vivantau VIP siecle. 
Douteux. 

Notice XXII, p. 22 : Sourin de Nisibe, qui vivait au VII e siecle, est 
l'auteur des ouvrages atlribues (voir ci-dessus, p. 381) a Sourin le pa- 
triarche, posterieur d'un sidcle. Douteux. 



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INDEX B1BLI0GRAPHIQUE 



A) Histoire litt6raire ] . 

J.-S. Assemaxt. — Bibliolheca orienlalisclemenlino-valicana, t. I-III, 

Rome, 1719-1728. 
frr.-£v. Ass£mani. — Bibliothecae Mediceae Laurentianae el Pa- 

latinae codicum ms. orientalium catalogue, Florence, 1742. 
IST.-fiv. Assemani et J.-S. Ass£mani. — Bibliothecae apostolicae 

valicanae codicum manuscriplorum catalogus, partis I, t. 1I-III 

(ms. syriaques), Rome, 1758-1759. 
F. Rosen et J. Forshall. — Catalogus codicum ms. orientalium 

qui in Museo britannico asservantur, Londres, 1838. 
Badger. — The Nestorians and their rituals, t. MI, Londres, 

1852. 
R. Payne Smith. — Catalogi codicum ms. Bibliothecae Bodleianae, 

pars sexta codices syriacos, carshunicos, mandaeos complec- 

tens, Oxford, 1864. 
W. Wright. — Catalogue of the syriac manuscripts in the British 

Museum acquired since the year 1838, t. I-III, Londres, 1870- 

1872. 
W. Wright et Stanley Cook. — Catalogue of the syriac manu- 
scripts of the University of Cambridge, I-II, Cambridge, 1901. 
Georg. £redj£su Khayyath. — Syri orientates, seu Chaldaei, 

Nestoriani et romanorum Pontificum Primalus, Rome, 1870. 
Gust. Bickell. — Conspectus rei Syrorum litterariae additis 

notis bibliographicis et excerptis anecdotis, Munster, 1871. 
H. Zotenrerg. — M anus cr its orientaux. Catalogues des manus- 

crits syriaques et sabiens (mandaites) de la BibliolMque na- 

tionale, Paris, 1874. 

4. Les Editions de textes syriaques ay ant 6t6 mentionne'es dans les 
notes du livre, il est inutile d'en rappeler ici les titres. On en trouvera 
la liste a peu pres complete dans les ouvrages de Nestle et Brockel- 
mann cites ci-dessous. 



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414 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE. 

Georg Hoffj/axn. — Ausziige aus syrischen Akten persischer 
Mdrtyrer, Leipzig, 1880, dansles Abhandlungen fur die Kunde 
desMorgenlandes, vol. VII, n° 3. 

Eberhard Nestle. — Syrische Grammatik mil Litteratur, Chres- 
tomathie undGlossar, zweite, vermehrte und verbesserte Auflage 
der Brevis linguae syriacae grammatica, Berlin, 1888. — Syrien 
et Syrische Uebersetzungen dans la Real-Encyklopedie fur 
protest. Theol. und Kirche, 3° edit., Leipzig, 1896. 

W. Wright. — SyHac literature. Encyclopedia Britannica, 
t. XXII, p. 824-856. Edition a part : A short History of syriac 
Literature by the tate William Wright, Londres, 1894. 

. V. Ryssel. — Der Einfiuss der syrischen Lilteralur auf das 
Abenland dans la Theol. Zeitschrifl aus der Schweiz, 1896, 
p. 43-66. 

Eduard Sachau. — Die Handscriften-Verzeichnisse der Kbnigli- 
schen Bibliothek zu Berlin; Band XXIII, Verzeichniss der syri- 
schen Handschriften, MI, Berlin, 1899. 

Carl Brockelmann. — Syrische Grammatik mit Litteratur, Chres- 
tomalhie und Glossar, Berlin, 1899. 

B) P6riodiques. 

Journal asiasiique, Taris, 1822 sqq. 

Revue semitigue, Paris, 1893 sqq. 

Revue de VOriejit chre'tien, Paris, 1896 sqq. 

Zeitschrift der deutschen morgenlQndischen Gesellschaft, Leipzig, 

1846 sqq. 
Zeitschrift fiXr die alltestamentliche Wissenschaft herausgegeben 

von Dr. Bernhard Stade, Giessen, 1881 sqq. 
Zeitschrift fur Assyriologie und verwandte Gebiete, Weimar, 

1885^qq. 
Wiener Zeitschrift fur die Kunde des Morgenlandes, Vienne, 

1887 sqq. 
Orientalische Bibliographic, herausgegeben von Dr. A. Mueller, 

Berlin, 1887 sqq. 
Giornale della Socield asiatica italiana, Florence, 1887 sqq. 
Transactions of the royal asiatic Society, Londres, 1827-1835. 
Journal of the Royal asiastic Society, Londres, 1834 sqq. 
The american Journal of Archaeology and of the History of the 

fine Arts, Baltimore, 1885 sqq. 
Hebraica, Chicago, 1884-1894. 
The american Journal of Semitic languages and literatures (con- 

tinuating « Helwaica »), Chicago, 1895 sqq. 
Oriens christianus, Rome, 1901 sqq. 



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INDEX GENERAL 



(Les petites capitales indiquent les noms dcs auteurs syriaqucs. Les chif- 
fres se reTerent aux pages du volume; les chiffres gras marquentles 
principaux passages. Les titres des ouvrages sont imprimes en itali- 
ques). 



Aaron, 204. ! 

Aaron bar Madani, 407. 
Aaron le prStre, 270/271. 
Mar Aba I, 53, 72, 165, 175, 209- 

210. 
Mar Aba II ou Mar Aba de Kasch- 

kar, 72 n. 3, 175 n. 1, 254, 310, 

380. 
Mar Aba, disc, d'fiphrem, 64, 335. 
Aba Zixat, voir Zinai. 
Abdallah ibn al-Mokaffa, 323. 
Abdmeschiha, 232. 
Abdochos ou Eudochus, 295. 
Abou Bischr, 300. 
Abou Bischr Mattai, 274. 
Aboulfaradj ibn at-Tayib, 166. 
Abou Halim, voir filias III. 
Abou'l-Hassan ibn al-Bahloul, 

voir Bar Bahloul. 
Abou-Nouh d'Anbar, 381. 
Abou Zacharia, 3C0. 
Abou Yahya al-Marwazi, voir 

Zacharie de Merv. 
Abraham l'abb4, 168-169, 214, 223. 
Abraham de Bassora, 314. 



Abraham bar Daschandad, 380. 

Abraham le diacre, 297-298. 

Abraham bar Kardahe", 347. 

Abraham de Kaschkar, 212. 

Abraham Katina, 347. 

Abraham de Nathpar ou Naphtar, 
144, 145, 213, 223. 

Abraham de Nisibe, 71, 212, 346, 
347. 

Abraham de Tortose, 274. 

Absamya, 336. 

Abzoud, 254. 

Acabius d'Amid, 343, 345. 

Acacius patr., 342-343. 

Actes de Mart, 101, 108-110. 

Ac les des martyrs de Palestine, 
141. • 

Actes des martyrs de la Perse, 
119-135. 

Actes des martyrs de Samosate, 
118. 

Actes des martyrs deSebaste, 142. 

Actes da S 1 Matlhieu etdeS* An- 
dre 1 , 89. 
Actes de Scharbel, de Barsamia, 



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416 



INDEX GfiNfiRAL. 



de Gouria el Schamona, et de 
Habib, 113-118. 

Actesde S l Silvestre, 185. 

Actes de S l Thomas, 89-92. 

Adam d'Akra, 18 n. 1, 208. 

Ahai le patr., 123. 

Ahob de Katar, 74. 

Ahoudemmeh, 250, 286, 364. 

Alahazeka, 203. 

Alexandre d'Alexandrie, 307. 

Al-Madjidi, 18 n. 5. 

Ambroise le philosophe, 157. 

Ambroise de Milan, 173, 174. 

Amr, 123, 134,200-201, 246. 

Anaphora Pilati, 89. 

Anatolius Vindanius de Bey- 
routh, 276, 277. 

Anaxagoras, 260. 

Andre, 291, 304. 

Andre" de Samosate, 314. 

Antoine le Rheteur ou Antoine 
de Tagrit, 18 n. 2, 300, 389- 
390. 

Aphmmaran, 214. 

Aphraate, 13, 16, 31, 33, 34, 217- 
222. 

Apocalypse de Baruch, 80. 

Apocalypse de S l Paul, 88. 

Apocalypse de S l Pierre, 88 n. 5. 

Apollinaire, 307. 

Apollonius de Tyane, 267. 

Apotogie d'Arutides, 155. 

Aputee de Madaura, 249. 

Ara, 346. 

Aristote, 9, 244, 246-257, 285, 
299, 300. 

ASKO AL-SCHABDAM, 18 n. 5. 

Atanos d'Amid, 269. 

Athanase d'Alexandrie, 69, 76, 

145, 163,308,309,312,313. 
Athanase de Balad, 251-252, 318. 

377. 



Athir ad-Din Mofaddal, 257. 
Atken, 204, 214. 
Avicenne, 257. 

Babai Tabbe* ou Babai le Grand, 

73, 135, 212, 223. 
Babai bar Nesibnaye, 225, 379 n. 

2. 
Babai de Gebilta, 379, 380. 
Babai le scribe des Grottes, 225. 
Balai, 13, 335. 
Baouth, 18 n. 1. 
Bar Ali, 22, 69, 272, 281, 297- 

298, 387. 

BarBahloul, 20, 22,69, 205, 271, 
272, 273, 275, 277, 297, 298- 

299, 380, 393. 

Bardesane, 4, 11, 12, 14, 235- 
240, 277. 

Bar Edta, 213. 

Barhadbeschaba, 71 n. 4, 72, 204, 
345, 411 notice X V. 

Barhatar fils d'Oudan, 147. 
Barhebr^us, 15, 23, 51, 61, 66, 
67, 69, 108, 110, 111, 126, 134, 
136, 167, 171, 198-200,205,232, 
235, 237, 244, 245, 250, 253, 
256-257, 263, 264, 269, 271, 274, 
281, 282, 288, 290, 293, 295, 301, 
309, 343, 348, 353, 357, 358, 396, 
397, 401, 402, 408-410. 

Barsahde, 203, 380. 

Bar Salibi, voir Denys bar Sa- 
libi. 

Barsauma archimandrite, 350. 

Barsauma frere de Barhebraeus, 
410. 

Barsauma de Nisibe, 165, 343. 

Bar Schakako, voir Jacques bar 
Schakako. 

Bar Soudaili, voir £tienne bar 
Soudaili. 



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INDEX GENERAL. 



417 



Basile, 60, 69, 163, 319 n. 2. 
Bar Zoubi, voir Jean bar Zoubi. 
Bazoud, 255. 

Berehjesu ou Berikjesu, 232. 
Bold, 250, 322. 

Callisthene (pseudo), 320, 322. 

Cassianus Bassus, 277. 

Causa causarum, 243, 281. 

Caveme des trdsors, 81, 82, 195. 

Chronique d'Edesse, 178-179. 

Chronique de pseudo-Josui le Sty- 
tile, 177, 195. 

Clement d'Alexandrie, 306. 

Clement de Rome, 86, 93, 304, 
305, 311. 

Colloque de S l Pierre avec Ne- 
ron, 92. 

Combat d'Adam el d'£ve, 81. 

Const axtin, disc, de Georges de 
Maipherkat, 378. 

Constitutions aposloliques, 86, 87. 

Cyprien de Nisibe, 203, 381. 

Cyriaque patr. d'Antioche, 171, 
384. 

Cyriaque ev. de Nisibe, 72. 

Cyrille d'Alexandrie, 9, 69, 77, 
'301, 340. 

Cyrillona, 335. 

Cyrus, 347 n. 3. 

Dada ft' Amid, 339. 

Dadjesu patr., 71. 

Dadjesu l'abbe, 169. 

Dadjesu de Katar, 143, 232. 

Damase de Rome, 163. 

Daniel le jeune (Apocalypse de), 

84. 
Daniel bar Maryam, 204. 
Daniel fils de Moise, 203, 383. 
Daniel de Salah, 65. 
Daniel bar Toubanita, 225, 227. I 



David de Beit-Rabban, fils de 

Paul, 279, 290, 384, 404 n. 2. 
David 6v. des Kartewaye, 145, 

214. 
David metropol. maronite, 168. 
D6ces de S l Jean, 89. 
Ddcouverte des reliques de S* 

ttienne, 186. 
Demonichus, 265. 
Demophilus, 259. 
Denha ou Ibas, 73, 254, 311, 388. 
Denha patr. (Histoire de), 210. 
Denha (Rabban), 292. 
Denha de Tagrit, 374. 
Denys d'Alexandrie, 307. 
Denys PArSopagite (pseudo), 60, 

92, 309, 314-316. 
Denys bar Salibi, 66,67, 146, 255, 

275, 307, 399-400. 
Denys de TellmahrS (et pseudo), 

136, 182, 190, 193-196, 388- 

389. 
Denys de Thrace, 285, 290. 
Diatessaron, 37-41. 
Didascalia Apostolorum, 94. 
Diodes, 192. 

Diodore de Tarse, 313, 314. 
Dioscoride, 9, 271,273, 274. 
Dirstarsinos, 74. 

DoctHne d y Addai, 95-109, 115. 
Doctrine dos Apdlres, 94, 110- 

111. 
Doctrine de S. Pierre, 95. 

£bedjesu bar Bahriz, 175, 395- 

396. 
Ebedjesu bar Schahhare', 18 n. 

2, 393. 
£bedjesu le moine, 227. 
£bedjesu de Nisibe, 20-21, 74, 77, 

158,166, 167,169,171,172,173, 

174, 190, 203, 204, 212, 224, 245, 



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418 



INDEX GENERAL. 



272, 280, 289, 291, 304, 314,323, 
342, 343, 344, 345, 346, &49, 
364, 369, 371, 380, 398, 404- 
405. 

Ebedjesu le patriarche ou Ebed- 
jesu de Gozarte, 18 n. 5, 296. 

Elias I ou Elias de Tirhan, 164, 
166, 173, 174, 175,290,291, 293, 
295, 304. 

Elias III, 398. 

Elias d'Anbar, 18 n. 2 et n. 5, 
204, 303. 

Elias bar Schinaya ou Elias de 
Nisibe, 18 n. 5, 21 n. 1, 166, 
173, 175, 201-202, 203, 244, 264 
n. 3, 290, 292, 295, 299, 305. 

Elias Djauhari, 166. 

Elias de Merv r 73, 204, 372. 

Elias patriarche d'AntiocHe, 378. 

Elias de Singar, 311. 

Elisee ou Osee de Nisibe, 343. 

Elisee bar Kozbay£, 71, 345, 411 
notice III, 

Elisee bar Saphanin, 72. 

Elisee patr., 72, 411 notice III. 

Emmanuel bar Schahhare, 280, 
303. 

Exanjesu, 113, 144-145, 253, 295, 
296, 371. 

Enfance de Nolre-Seigneur, 87. 

Entretien de Mo'ise avec Dieu, 

as. 

Efhrem, 11-14, 16, 17, 18, 30, 31, 
33, 34, 40, 63-64, 69, 75, 147, 
237, 210, 320-335, 339, 404 
n. 2. 

Epictete, 259. 

Epiphane, 69, 235, 313. 

Erostrophos, 264, 265. 

Esdras (4 e livre d'), 80. 

Esdras f Apocalypse d'), 84, 85. 

Esope, 263. 



Etienne d'Alexandrie, 256. 
Etienne bar Soudaili, 316, 356- 

358. 
Eudochus, voir Abdochos. 
Eusebe de Ce"saree, 26, 69, 76, 

97, 98, 141, 155, 156, 164, 188- 

191, 194, 236, 237, 238, 306, 

311, 312. 
Eustathius d'Antioche, 76, 309. 
Evagrius du Pont, 212, 228, 319 

n. 2, 353, 400. 
tivangUe des douze ApClres, 88. 
fivangile de Matthieu (pseudo), 

87. 
tivangile de la NativiU de la 

Vierge, 88. 
Exangile des textes mete's, voir 

Diatessaron. 
fivangile des textes sdpares ou 

tvangelion da-Mepharresche', 

37-40. 
fivangilede Thomas Vhtbreu, 87, 



F<§lix de Rome, 308. 

Gabriel, 56. 

Gabriel Arya, 72, 411 notice 

XVII. 
Gabriel Boktj^su, 271, 272, 297, 

385. 
Gabriel de Basso ra, 166. * 
Gabriel d'Edesse, 408. 
Gabriel de Hormiz., 348. 
Gabriel deKatar,211, 412 notice 

XVII. 
Gabriel Kamsa, 403. 
Gabriel Taureta ou Rabban 

Gabriel, 120, 214, 231. 
Rabban Gabriel (junior), 310. 
Galien, 9, 270, 271, 273, 278. 
Georges Boktje'su, 271. 



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INDEX GENERAL. 



419 



Georges de Saroug, 289, 351 n. 

6, 376. 
Georges de Schouster, 204. 
Georges de Scythopolis, 315. 
Georges, £v. des Arabes, 66, 75, 

171, 237, n. 2, 253, 279, 311, 

377-378. 
Georges, e>. de Maipherkat ou 

Martyropolis, 378. 
Georges, ev. de Resapha, voir 

Sergis de Resapha. 
Georges, martyr, 135, 212, 224. 
Georges, metropolitain d'Arbe- 

les, 172, 393. 
' GeoRGES patr. d'Antioche, 66. 

383. 
Georges, patr. de Seleucie, 371. 
Georges Warda, 403. 
Gerard de Crdmone, 274. 
Gesius Petraeus, 270-271. 
Gosius d'Alexandrie, 270. 
Gouria, 198. 
GREGOiREle Directeuroulemoine 

Gregoire, 222-223, 336. 
Gregoire l'£v6que, 269. 
Gregoire de Nazianze, 60, 69, 

163, 309-311,373, 374, 381, 392. 
.Gregoire de Neocesare'e ou Gre- 
goire le Thaumaturge, 260, 308. 
Gregoire de Nisibe, 205, 224. 
Gregoire de Nysse, 69, 76, 163, 

319 n. 2. 

Hannana d'Adiabene, 72, 224, 
226, 228, 347 n. 3, 348-349. 

Hariri, 20, 21. 

Harmonius, 12. 

Henanjesu I, 254, 372. 

Henanjesu II, 381. 

Henanjesu bar Seroschwai, 74, 
298, 392-393. 

Henanjesu, 6 v. de Hira, 204. 



HSracle'enne {version), 8, 50-52, 

288. 
Hesychius de Jerusalem, 77. 
Hexaples d'Origene, 27, 29, 50. 
Hexaplaire (version), 8, 25, 29, 

50-52. 
Hierothee, 357-358. 
Hippocrate, 271, 273, 274. 
Hippolyte, 69, 74, 306, 307. 
Histoire d'Ahikar, 85. 
Histoire d'Arsenius, 111. 
Histoire d'Azazail, 119. 
Histoire du moine Be hira, 214. 
Histoire de la ville de Beit-Slok, 

111, 121, 133. 
Histoire de S. Jean d Ephese, 89. 
Histoire de Joseph et Aseneth, 

83, 185, 365. 
Histoire de Joseph et du roi Na- 

buchodonosor, 263. 
Histoire de S* Marine, 215. 
Histoire deS. Pierre et Histoire 

de S.Paul, 92. 
Histoire du portrait de Jdsus fait 

par les Juifs, 88. 
Histoire de la transportation des 

Israelites, 85. 
Histoire des Rechabites, 86. 
Histoire de S* e Thecle, 89. 
Histoire des trente denier s de 

Judas, 101, 107. 
Histoire de la Vierge Marie, 87. 
Histoire de Yaballaha III, 211. 
Hobeisch, 245, 273. 
Honein, 205, 254, 270, 272, 274, 

290, 295, 296, 297, 299, 386. 
Houb de Katar, voir Ahob de 

Katar. 

Ibas, 56, 71, 76, -247, 314, 341- 

342, 345. 
Ibas ou Denha, voir Denha. 



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420 



INDEX GENERAL. 



lbn Bahloul,274. 
Ibrahim de Seleucie, 18 n. 5. 
Ignace d'Antioche, 15, 305. 
Ignace de Me4itene, 198. 
Iliade, 319, 323-324. 
Immanuel de Beit-Garmai, 208. 
Invention de la [Croix, 101-103. 
Invention de la Ute de S. Paul, 

92. 
S. Irenee,306. 
Isaac d'Antioche ou Isaac le 

Grand, 13, 14, 337-338. 
Isaac le Docteur ou Isaac d'A- 

mid, 12, 338. 
Isaac d'fidesse, 338. 
Isaac de Ninive, 225-226, 338. 
Isagoge, 247-257 passim. 
Isaie d'Arzoun, 120. 
Isa'ie l'ascete, 151. 
Isaie de Seleucie, 347 n. 3, 411 

notice VI. 
Ishak ou Isaac fils de Honein, 254, 

273. 
Isocrate, 264, 265. 
Israel d'Alkosch, 18 n. 1. 

Jacques Baradee, 150, 151, 360- 
362. 

Jacques bar Salibi, voir Denys 
bar Salibi. 

Jacques bar Schakako, 256, 280, 
283, 284, 292, 293, 404 n. 3, 
405-406. 

Jacques d'Edesse, 26, 30, 57, 66, 
69, 86, 141, 170, 171, 190, 192, 
222, 242-243, 251-252, 278, 286- 
287, 288, 289, 290, 292, 293, 
309, 317, 318, 337, 351/374- 
376. 

Jacques, 6v. de Khalat, 73. 

Jacques Philopoxus, 317, voir 
Jacques d'Edesse. 



Jacques de Saroug, 13, 14, 108, 

136, 140, 142, 148, 321-322, 

351-354, 357, 376. 
Januarius Caxdidatus, 310. 
Jardin des dilices, 72 n. 2 et 3, 

74. 
Jeax, 210. 
Jean, abb6 du couvent de Ken- 

nesre, 65. 
Jeax I, patr. d'Antioche, 371. 
Jeax bar Abgar, 171, 172. 
Jean bar Aphtonia, 317, 350. 
Jeax bar Khaldoun, 18 n. 1, 212. 
Jean bar Khamis, 291. 
Jeax bar Madani, 264. 
Jeax bar Maswai, 272, 386 . 
Jeax bar Phenkayg, 220-230, 

404 n. 2. 
Jean bar Sabouni, voir Said. 
Jean bar Schouschan, voir Jesu 

bar Schouschan. 
Jean bar Zoubi, 286, 289, 291, 

292, 293, 296, 300. 
Jean Chrysostome, 76, 144, 145, 

318 n. 2, 349. 
Jeax d'Apam^e, 226 (different de 

Jean d'Apame'e, 312). 
Jeax d'Asie ou Jean d'fiphese, 

150, 178, 181-184, 195. 358 

362-363. 
Jean de Beit-Garmai ou Jeax le 

moine, 204, 212, 223, 214, 

371. 
Jean de Dalyata, 226, 228-220. 
Jeax de Dara, 315-316, 300. 
Jean Ills de Serapion, 273, 386. 
Jean frere de Jean Saba, 229-230. 
Jean Grammaticus, 312, 317. 
Jeax, e>. de Harran, 399. 
Jean, 6v. de Jerusalem, 313 n. 1. 
Jean de Lycopolis ou Jean le 

moine, 312. 



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INDEX GENERAL. 



421 



Jean Maron, 378-379. 
Jean de Maron, 67, 396. 
Jean de Mayouma, 153. 
Jean le moine, voir Jean de Beit- 
Garmai et Jean de Lycopolis. 
Jeax de Mossoul, 404. 
Jean Philoponus, 60, 247, 253, 

316. 
Jean Psaltes, 141, 317. 
Jean Saba, 229-230. 
Jean le Scolastique de Scytho- 

polis, 315. 
Jean le Styliteou Jean de Litarba, 

198, 289, 376, 377. 
Jean supe>ieur du monastere de 

Beit-Aphtonia, 152. 
Jean de Telia ou Jean bar Cur- 

sus, 150, 151, 169, 359. 
S. Jerome, 144. 
Jesu bar Ali, voir Bar All 
Jesus bar Noun, 73, 174, 295, 

387-388. 
Jesu ou Jean bar Schouschan, 

172, 337, 396. 
Jesubokt m&rop. de Perse, 171, 

174, 254, 280. 
Jesudad de Merv, eV. de Haditha, 
28, 69, 71 n. 3, 72 n. 1, 2 et 3, 
73, 73 n. 1, 388. 
Jesudenah de Bassora, 203, 205, 

222, 224, 226, 227, 254. 
Jesuyab I, 158, 349. 
Jesuyab II ou Jesuyab de Gedala, 

73, 369-370. 
Jksvyab HI ou Jesuyab d'Adia- 

bene, 18 n. 1,135,231,370. 
Jesuzeka, 204, 349. 
Job de Katar, voir Ahob de Ka- 

tar. 
Joseph bar Malkon, 292, 398. 
Joseph d'Ahwaz, 56, 288, 295, 
346. 



Joseph de Diarb^kir, 162. 
Joseph Hazzaya, 145, 206, 226, 

227, 228, 349. 
Joseph le moine, 168. 
Joseph patr., 348. 
Josue le Stylite (pseudo), 178, 

196, voir Chronique de pseudo- 

Josue le Stylite. 
Jules Africain, 194. 
Jules de Rome, 308. 
Julien d'Halicarnasse, 316, 317. 
S. Justin, 306. 

Kalila et Dimna ou Kalilag et 
Damnag, 9, 320, 322-323. 

Kamal ed-Din ibn Younous, 405. 

Karkaphienne (la tradition), 58; 
Karkaphiens (moines), 288. 

Kencfi, 388 n. 5. 

Khamis bar Kardah£, 403. 

Kosta ben Luca, 276. 

Koumi, 247. 

Koure de Saroug, 197. 

Kouzma, 148. 

Lazare bar Sabta, 390. 
Lazare de Beit-Kandasa, 66, 383. 
Le'gende d'Abgar, 26, 30. . 
Le'gende de Bahira, 86. 
Legende de Vhomme de Dieu, 149. 
Le'gende des sept dormanls d'is'- 

phise, 135, 186, 195. 
Leon disc, de Georges de Mai- 

pherkat, 378. 
Lettres d'Abgar et de J4sus, voir 

Doctrine d'Addai. 
Lettre d'Abgar au roi Narsai, 

103. - 
Lettres d'Abgar el de Tib&re f 

104. 
Lettre d 'Alexandre d Aristole, 

275. 

24 



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422 



INDEX GENERAL. 



Letlre de Jacques de Jerusalem, 

105. 
Letlres de Notre-Seigneur des- 

cendues da del. 111. 
Livve d'Ezra le Scribe, 85. 
Livre des Jubiles, 80, 81, 107. 
Lucien, 265,. 267. 
Lucien d'Antioche, 23. 

MacchaUes (-4° livre des), 80. 

Mana, 34 n. 1,345-346. 

Mar Aba, voir Aba. 

Mara d'Amid, 65 n. 3, 359-360. 

-Mara l'archidiacro, 134. 

Mara fils de Serapion, 241-242. 

Mar Balai, voir Balai. 

Marc bar Kiki, 396. 

MARide Beit-Ardaschir, 71. 

Mari fils de Salomon ou-Mari ibn 

Soleiman, 108, 200. 
Marouta de Maipherkat, 122, 

123, 159. 
Marouta de Tagrii, 61, 373. 
Martyre de S. Clement, 93, n. 3. 
Marlyre de S. Jacques, 93. 
Mar tyres de S. Pierre, deS. Paul 

et de S. Luc, 93. 
Marlyre de Simon fils de Clio- 

phas, 93. 
Martyrs du Ytmen ou Martyrs 

homerites, 136-141, 186. 
Martyrium Aretx, 139. 
Masoud ibn al-Kass, 403. 
Massardjawihiou Masardjis, 271. 
Massore syrienne, 55-61. 
Maximus, 315. 
Mazurteus, 272, voir Zacharie de 

Mcrv. 
Meliton de Sardes, 26, 156. 
Menandre, 258, 260, 261. 
Meschihazeka,. voir Jesuzeka. 
Methodius, 309. 



Michel le Grand ou Michel le 

Syrien, 153, 190, 196, 197, 198, 

203, 401. 
Mika le Docteur, 71, 203, 346. 
Mika de Laschom, 346. 
Mikael Finterprete, 74, 255, 411, 

notice XVI. 
Mikael de Tinnis, 313. 
Miles, 126. 

Moise d'Aghel, 50, 364-365. 
Moise bar Kepha, 25, 29, 67, 69, 

205, 244, 253, 279, 391-392. 
Mousa, 323. 
Mousa ben Ibrahim al-Hadith, 

274. 

Narses, 10 n. 2, 12, 13, 16, 17 

n. 2, 56, 71, 344-345. 
Nathaniel, 73. 
Nestorius de Beit-Nouhadre\ 

228, 
Nicomaque, 283. 
Nonnus d'Edesse, 149. 
Nonnus de Nisibe, 390. 

Obseques de Notre-Dame Marie, 

88. 
Odyssee, 319, 323-324. 
CEcumenius, 77. 
Olympiodore d'Alexandrie, 77. 
Organon,9, 253, 255. 
Origene, 27, 28, 33, 4$, 69. 
Osee, voir £lisee ou Osee de 

Nisibe. 

Palladius, 143-146, 329. . 
Palout, 6v. d'fidesse, 39. 
Paphnutius, 364-365. 
Paradosis Pilati, 89. 
Parva Genesis, 80. 
Patros (Pierre), 210. 
Paul l'abbe, 309, 310, 317, 318, 
373. 



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INDEX GENERAL. 



423 



Paul de Callinice, 316, 360. 
Paul d'Edesse, 141, 352. 
Paul d'figine, 9, 271, 273. 
Paul de Nisibe, 72, 347. 
Paul le Perse, 250. 
Paul de Telia, 26, 50, 373. 
Paulonas ou Paulixus, 335. 
lisp toSoi de S. Philippe, 89. 
Peschitto de VA. T., 8, 25-35, 

49,50. 
Peschitto du N. T., 37-42. 
Pethion, 203. 
Pethion patr., 379. 
Philagrius, 269. 
Philoxene de Mabboug, 13, 50, 

64, 69, 221-222, 354-356,357. 
Philoxenienne (version), 50-52, 

222, 365. 
Phocas bar Sergius, 315. 
Photius, 277. 
Physiologus, 275. 
Pierre d'Alexandrie, 163, 307. 
Pierre de Callinice, 365-366. 
Platon, 258, 259. 
Plutarque, 264, 266, 267. 
Podme sur Joseph fits de Jacob, 

14, 334. 
Polycarpe choreVeque, 50. 
Posi, 347 n. 3. 
Probus, 247. 
Proclus, 314. 
Protagoras, 260. 
ProUvangile de S. Jacques, 87, 

88. 
Psellus, 260. 
Ptotemee, 187, 278, 279. 
Pythagore, 258. 

Question d'Ezra le Scribe (Apo- 
calypse), 84. 

Rabban Denha, voir Denha. 



Rabban Gabriel, voir Gabriel. 
Rabban Sergius, voir Sergius. 
Rabboula, e"v. d'Edesse, 38,39, 

41, 148, 168, 170, 186, 304, 

339-341. 
Ramjesu, 56. 

Revelation de Methodius, 82. 
Roman d' Alexandre le Grand, 9, 

195,319-321. 
Roman de Julien VApostat, 180- 

181. 
Romaxus, voir Theodose patr. 
Rostam, voir Sabrejesu Rostam. 
Rufm, 143. 

Saba, 59. 

Jean Saba, voir sous Jean. 

Sabrejtsu (Actes de), 21Q. 

Sabrejesu Rostam, 213. 

Sabrowai, 56. 

Sahdona, 213,230-231, 370. 

Said ou Jean bar Sabouni, 397. 

SALiBAal-Mansonri, 18 n. 2, 388. 

Saliba ibn Yohanna, 200-201. 

Salomon de Bassora, 15, 82, 280, 

402. 
Salomon bar Garaph, 214. 
Salomon de Haditha, 204. 
Samuel, 350 n. 2. 
Sauma (Histoire de Rabban), 

211. 
Mar Schoubhalmarax, 224. 
Secundus, 259, 260. 
Septante {version des), 8, 25, 26, 

28,29,31,32,33,50. 
Serapion l'alne\ 273. 
Se>apion de Thmuis, 309. 
Sergis, 22. 

Sergis bar Karya, 152. 
Sergis (ou Georges?), e>. de Re- 

sapha, 139. 
Rabban Sergius, 213. 



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424 



INDEX GfiNfiRAL. 



Sergius d'Adiabene, 72. 
Sergius Grammaticus, 317. 
Sergius de Reschaina, 3, 247, 

249, 266, 267, 260-270,271, 273, 

276, 278, 315, 363-364. 
Sermon de S. Pierre, 93. 
Sermon de Simon fils de CUo- 

phas, 93. 
Severe bar Schakako, voir Jac- 
ques bar Schakako. 
Severe, moine d'Antioche, 63, 

66. 
Severe, patr. d'Antioche, 60, 69, 

152, 164, 306, 312, 316-319, 

373, 376. 
Severe Sebokt, 205, 251,278,292, 

300, 374. 
Sextus, 261. 

Simeon fils d'Apollon, 147. 
Simeon bar Sabbad, 123. 
Simeon de Beit-Arscham, 132-139, 

150, 188, 195, 342, 358-359. 
Simeon de Beit-Garmai, 190. 
Simeon diacre Jacobite, 204, 394. 
Simeon de Karka, 204. 
Simeon de Kaschkar ou Simeon 

bar Tabbahe", 204, 380. 
Simeon de Rivardaschir, 170. 
Simeon de Schanklava, 203, 398. 
Simeon le Stylite, 147-148,350- 

351. 
Simeonde-Taibouteh, 171,232,269, 

271. 
Simon disc, de Mar Yozadak, 207. 
Sindbdn ou Sindibadh (Roman 

de), 9,320,323. 
Sixte, 258, 261, voir Sextus. 
Socrate le philos., 264, 265. 
Socrate (l'historien), 187, 188, 

195. 
Sourin, 380-381, 411 notice XXII. 
Staluts de V.tcole de Nisibe, 208. 



Tatien, 38. 

Testament d'Adam, 81. 
Testament de tevi, 83. 
Testament de Notre-Seigneur, 86, 

87. 
Testament de Salomon, 83. 
Th&mo, 258, 259, 260. 
Themistius, 265, 267. 
Theocrite, 260. 
Theodore bar Koni (ou K6\vani ?), 

73, 204, 368-369. 
Theodore bar Wahboun, 401. 
Theodore de Merv, 72, 248, 249, 

347,363. 
Theodore de Mopsueste, 9, 32, 

56, 76, 247, 313, 314, 339, 349. 
ThSodoret, 41, 77, 147, 187, 188. 
Theodose d'Alexandrie, 163. 
Theodose d'Edesse, 190 n. 2, 310, 

389. 
Theodose patr. ou Romanus, 262, 

269,271,285,357-358,391. 
Th6odotion, 48. 
Theophile, 115. 
Theophile d'Edesse, 205, 288, 323- 

324, 383. 
Theopiste, 209. 
Thidas, 151 n.2. 
Timachus, 260. 
Timothee 1, 158, 165, 175, 227-229, 

278, 310, 382. 
Timothe'e II, /405. 
Timothee d'Alexandrie, 163, 1G4, 

306. 
Timothee de Karkar, 18 n. 3. 
Titus de Bostra, 311. 
Thomas le diacre, 288, 289. 
Thomas d'fidesse, 347. 
Thomas d'Harqel, 52, 288, 373. 
Thomas 6v. de Kaphartab, 168. 
Thomas de Marga, 143, 169, 205, 

206-207, 212, 379, 390. 



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INDEX GENERAL. 



, 425 



Toubana, 58-59. 

Transitus Beatae Mariae, 88, 
101, 104. 

Venue du Christ (Apocryphe de 

la), 111. 
Version syropalestinienne de VA. 

etdu N. 7\, 43-48. 
Vie de Mar Bischo'i, 215. 
Vie de Daniel le Scitiote, 215. 
Vie de S. Malchus, 215. 
Vie de Nestorius, 208. 
Vitae Prophetarum, 83. 
Vie de Schenoudi, 215. 



Xystus, 262, voir Sextus. 

Mar Yahb Tanachorete, 223. 
Yahya ben Maswaih, voir Jean 

bar Maswai. 
Yazidad, 356. 

Zacharie de Merv, 255, 297, 387. 
Zacharie le Rh&eur, 101, 136, 

184-187, 363, 364, 365. 
Zacharie le Scolastique, 151,152. 
Zadoe, 146, n. 6. 
Zekajesu, voir J^suzeka. 
Zenobius, 335. 
AbaZiNAi, 224. 



24. 



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TABLE DES MATIERES 



Pages. 
AVANT-PR0P0S IX 

PREMlfiRE PARTIE 
LA LITERATURE SYRIAQUE ET SES DIFFERENTS GENRES 

I 
Les origines de la litterature syriaque,.. 3 

II 

Caracteres generaux de la litterature 
syriaque. — La poesie. 

§ 1 . Caracteres de la litterature syriaque 7 

S 2. La poesie 10 

III 
Les anciennes versions de r A. et du N. Testament. 

S 1. La version de FA. T. dite la Peschitto 25 

§ 2. Les anciennes versions du N. T 37 

IV 
La version syropalestinienne de FA et du N. T. 43 

V 
Les versions posterieures de FA. et du N. T. 48 



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428 TABLE DES MATIERES. 

Paget. 

VI 
La massore syrienne 56 

VII 
Les commentaires de la Bible 63 

VIII 
Les apocryphes de FA. et du N. T. 

S 1. Les apocryphes de FA. T : . . 79 

S 2. Les apocryphes du N. T. . . 86 

IX 
Les actes des martyrs et des saints. 

S 1. Les Actes des martyrs de la MSsopotamie occidentale. 113 

S 2. Les Actes des martyrs de la Perse 119 

§ 3. Les textes syriaques sur les martyrs en dehors de la 

M£sopotamie et de la Perse 135 

S 4. Vies des saints et des ascetes 142 

X 

Les textes apologetiques 155 . 

XI 
Les canons ecclesiastiques et le droit civil. 

S 1. Canons ecclesiastiques traduits du grec 159 

§ 2. Canons ecclesiastiques syriaques 164 

S 3. Le droit civil 172 

XII 

Les historiographes. 

§ 1. Histoire generate 177 

S 2. Histoires particulieres 205 



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TABLE DES MATIERES. 429 

XIII 

Pages 

La literature ascetique 217 

XIV 
La philosophic 

S L La philosophie syriaque 235 

S 2. La philosophie aristotelienne — ' 246 

§ 3. Versions syriaques de la philosophie grecque 258 

XV 
Les sciences chez les Syriens 

S 1. La medecine 269 

S 2. L'histoire naturelle . 274 

S 3. L'astronomie, la cosmographie et la geographie 277 

S 4. La chimie 282 

$ 5. Les mathematiques 283 

XVI 

La grammaire, la lexicographic, la rhetorique 
et la poetique. 

S 1. La grammaire 285 

S 2. La lexicographie , 294 

§ 3. La rhetorique et la poetique 299 

XVII 
Traductions syriaques. 

S 1. Traductions d'ceuvres des Peres grecs 304 

S 2. Traductions d'ceuvres profanes 319 



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430 TABLE DES MATIEKES. 

DEUXIEME PARTIE 
NOTICES SUR LES ECRIVAINS SYRIAQDES 

I 
Les ecrivains jusqu'au V° siecle 329 

II 
Les Ecrivains jusqu'au VII siecle. 

;; 1. Les Orthodoxes .* 337 

$ 2. Les Nestoriens t 341 

;* 3. Les Monophysites 350 

III 

Les ecrivains sous les Arabes. 

;; 1. Le VIl e siecle '. . i 367 

S 2. Le VHP siecle 379 

;; 3. Le IX e siecle 385 

£ 4. Le X° siecle 392 

S 5. Le XI 6 siecle 394 

:; 6. Le XII 6 siecle. ; 397 

$ 7. Le XIII e siecle et la fin de la literature syriaque 402 

Index bibliographique 413 

Index o£x£ral 415 



Typographic Firmin-Didot et C l % — Mesnil (Eure). 



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